The Do à l’EMB – Sannois

By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord

sept 28 2007

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Catégorie: Papotages...

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Vendredi 28 septembre, 19h30, à l’EMB – Sannois.

Le micro dans une main, le cahier dans l’autre, l’angoisse titillant mon estomac, je m’apprête à réaliser la première interview pour la nouvelle émission de RadioCampus, Iconoclash.
Tout va bien, l’heure passe, l’interview se déroule correctement dans la joie et la bonne humeur, lorsqu’au bout de 25 minutes je me rend compte que je n’avais appuyé sur “rec”…
The Do, aka Dan Levy, Olivia B Merilaht, et Jérémie Pontier, pas perturbés le moins du monde par cette nouvelle, alors que je traverse un grand moment de solitude, acceptent de refaire une interview “pour que je ne finisse pas dans La Croix ou Radio Camping Sauvage”.
Voilà la retranscription fidèle de nos discussions, avec tous ses ratés, ses tics de langages, ses questions mal formulées…, mais aussi ses moments amusants. Merci à eux.

Mauve : The Do c’est qui ?

Dan : C’est Gérard Blanc et…
`

Olivia : et Henry 4… (rires)

D : à cheval… (rires) Non alors The Do c’est qui ?

O : Il y a 2 The Do. A la base c’est Dan et Olivia.

D : Pourquoi ?

O : euh…

M : parce que vous étiez deux ?!

D : Parce qu’on s’est rencontré sur une musique de film, on a fait 4 longs métrages ensemble. On a fait plein de musique pour de la danse contemporaine, on a fait de la musique pour le théâtre, pour la Comédie Française, on a fait euh… pleins de trucs. Et petit à petit on faisait des chansons comme ça euh, toujours une chanson soit pour un film, soit pour se détendre, soit pour oublier le stress du cinéma et…

O : parce que ce n’est pas facile non plus d’être au service des gens

D : Jusqu’au jour où l’on a rencontré MonteCristo – qui a fait les contes (rires étouffés et rires francs) – a qui on a demandé un jour : « Voilà –on était dans un restaurant – on lui dit Monte ce serait très intéressant pour nous de faire un album un jour ». Et là il a été très dur avec nous, et il nous a dit « mais avant de faire un album, faut faire des chansons les cocos. » Donc on n’avait que 5 chansons en oubliant tout ce qu’on avait fait pour le cinéma. Donc on s’est mis à travailler, travailler, et on a commencé à voir plus clairement ce qu’allait être le projet The Do. Sauf que moi je n’avais aucune expérience de la scène, Olivia elle en avait…

O : …un petit peu

D : Et du coup une fois qu’on avait fini l’album il fallait monter sur scène. Et sur scène The Do a pris une autre ampleur et une autre profondeur. Et on a rencontré Jérémie Pontier, qui est notre batteur, et ça pas été (rire) tous les jours facile pour lui de travailler avec nous parce que là pour le coup on était un peu…euh… relous et barrés. On l’a entouré de casseroles, je voulais absolument des casseroles, je lui ai fabriqué des instruments avec des clés de 12, des cloches de vaches, et il a une espèce de soucoupe volante au-dessus de sa tête ».

M : C’est donc comme cela qu’il s’est retrouvé avec une batterie plus une batterie de cuisine…

D : C’est comme ça que The Do c’est aussi Dan, Jérémie et Olivia sur scène. C’est sùr que jusqu’à aujourd’hui l’album on a été connu que par nos chansons et pour une publicité

M : …pour des cahiers…

O : … que tu tiens dans les mains… pas tout à fait…

 

M : Ca ne m’empêchera pas de vous poser mes questions décalées. La scène ça quelle odeur ?

O : ça dépend quelle scène, cela dépend d’où l’on se place…

D : des marées aussi… Je ne me baignerais pas dans la Seine…
Jérémie : ça dépend à quelle heure aussi parcequ’à un moment on commence à sentir plus fort

D : Non non coupes tout ça, reposes ta question…

[toc toc, là quelqu'un entre dans la pièce pour demander des précisions pour l'installation sur scène]

O : …une odeur de lumière et de poussière…c’est difficile…

D : En fait sur scène t’es tellement concentré sur la musique et sur ce qu’on va faire que… Sur scène t’es aveugle et sourd… Ah non peut-être pas sourd non plus quand même

Jérémie et Olivia : non ! (rires)

O : Non justement c’est la dernière chose qu’il te faut…

D : Non t’es aveugle, t’as pas de nez non plus, et t’es juste rempli de musique

M : Donc il ne vous arrive jamais d’avoir envie de croquer le public ?

D : Non pas moi

O : Non

M : Et vous pensez qu’il aurait quel goût ? D’autant plus que toi Dan tu as grandi dans un univers plutôt gastronomique alors tu devrais savoir…

D : Mais comment tu sais ça toi ?

O : T’inquiètes, ils savent tout. Donc non on n’a pas trop envie de croquer le public même s’ils sont…

D : Par contre moi j’en connais qui voudraient bien te croquer Olivia… après les concerts
(rires)

O : Bah toi aussi alors…

D : Non pas moi, enfin ça ne m’est encore jamais arrivé, on ne veut pas trop me croquer moi…

J : Ouahhhh…

O : Pff ! (rires) Tu verras ça arrivera bientôt…

 

M : Est-ce que les mots ont une place particulière dans vos chansons, vous ne chantez pas en français alors que vous le parlez parfaitement, et l’on croit souvent que vous n’êtes pas francophones …

O : J’ai toujours écrit mes chansons en anglais, un peu en finnois, mais c’est la langue que je préfère pour chanter. J’ai toujours écouté de la musique anglo-saxonne, je n’ai pas vraiment d’affinités avec le français chanté en fait. Je pense que c’est très compliqué et je pense que les artistes qui arrivent à faire sonner le français sont des héros aussi…

D : Et moi je peux dire aussi ce que je pense, même si ce n’est pas moi qui écrit les paroles.

O : Oui…

D : Pour moi écouter Olivia chanter en anglais ou en finnois, c’est la continuité de la poésie. C’est-à-dire qu’il y a un mystère qui perdure, c’est la continuité du mystère. On ne comprend pas forcément tout ce qui se passe. Et c’est marrant parce qu’on revient de Londres où les ingénieurs du son m’expliquaient qu’ils n’écoutaient pas forcément les paroles, même si c’était en anglais. C’est-à-dire qu’il y a un truc entre l’anglais et la musique, et le français et la musique. En France, on parle de chanteurs à texte et on s’occupe une peu moins de la musique. En Angleterre on s’occupe beaucoup plus de la musique et la voix devient un truc vraiment très musical. Et c’est vrai que ce qui est beau dans le chant en anglais, ou en finnois, voilà c’est cette part de mystère aussi qui est aussi valable pour les anglais ou les américains.

O : Oui moi ce qui me plaît aussi c’est que cela reste la langue universelle aujourd’hui. Peut être que bientôt ce sera le chinois ou le finnois et peut-être qu’il faudra que je change (éclats de rires), mais j’aime cette idée d’universalité, et c’est ce que l’on recherche dans la musique, essentiellement dans les textes.

J : voilà

D : Tout à fait, c’est vrai

 

M : Alors on va terminer avec…

D : Oh non…

M : …votre album, on sait qu’il sortira en janvier prochain. Est-ce que vous lui avez donné une dominante ou est-ce vraiment touche à tout, expérimental, un premier album quoi ?

D : On ne réfléchit absolument pas à cela, c’est un problème de maison de disque et de journalistes. Nous notre premier truc c’est de faire de la musique. Dans l’album, Olivia rappe aussi…

O : On est partis un peu dans tous les sens, on a fait énormément de chansons depuis qu’on se connaît, et on en a gardé 15… 13 ?

D : Et puis on fait de la musique voilà c’est tout, c’est pas une histoire de quel style, de comment on peut absolument nous… nous… comment on dit…

O : …nous fixer, nous cataloguer dans un style particulier, on ne peut pas, on se sent claustrophobes.

 

M : Et donc aujourd’hui, vous souhaitez donner la priorité au groupe, à la scène donc, plutôt qu’aux collaborations cinématographiques et publicitaires ?

D : Truc incroyable, c’est que moi je n’ai travaillé que pour les autres jusqu’à avant The Do. C’est-à-dire que c’était des réalisateurs qui venaient me voir et qui me disaient « Je veux ça », jusqu’à il y a peu de temps puisque je viens de finir une musique de film. Et là c’est la première fois de ma vie où j’ai l’impression de faire ma propre musique, avec Olivia. Mais vraiment c’est un truc où on est libre à 100%, c’est-à-dire qu’il n’y a aucune barrière. Et je pense que dès que l’on touche à ça on a plus envie de revenir à un truc où l’on essaye de nous…encore une fois de nous enfermer dans des directives qui ne sont pas forcément artistiquement les bonnes pour nous. Et c’est ça qui est très frustrant dans le cinéma, et dans le théâtre, et… et qui était très bien car finalement cela me permettait de faire tout sans complexes. C’est-à-dire pour le cinéma on peut aussi bien faire de la musique symphonique que du jazz, que de la musique électronique, sans qu’on nous montre du doigt. Là quand même, on a l’impression de faire vraiment notre musique mais à 100%, et c’est une liberté qui n’a pas de prix, franchement.

O : Hmm Hmm

D : Et là je pense qu’on aura du mal à ce qu’on nous demande une musique de film sans qu’on pense à The Do. Maintenant que les gens commencent à penser à The Do, ils veulent du The Do. Là on nous a appelé pour une pièce ede théâtre mais ils veulent du The Do. Ca va se croiser cette idée de faire de la musique pour quelqu’un, et le grand public qui va commencer à nous connaître avec la sortie de l’album, et c’est ça qui va faire que les gens vont nous demander aussi de… choisir notre propre liberté de choisir dans la directive et nos choix artistiques.

M : Pour finir, pourriez-vous me donner 3 albums sortis en 2007 que vous avez vraiment apprécié ?

O : Le premier, c’est celui qu’on vient d’acheter hier, le dernier PJ Harvey.

D : …qui est extraordinaire…

O : …qui est vraiment beau, White Chalk

D : L’autre qui nous a rendus fous c’est le dernier Beck, The information,

O : Mais il est de fin 2006

D : mais on l’a écouté en 2007. Et sinon on écoute des choses qui ne sont pas forcément sorties comme quelqu’un qui fait de la musique dans notre entourage qui s’appelle Arthur Bibiche, et qui est extraordinaire… Un auteur-compositeur-interprête qu’on écoute en boucle. On est parti en Finlande cet été, on l’a écouté en boucle ce garçon… qui n’a pas d’album encore…

M : …mais cela va venir. C’était donc The Do, pour Radio Campus Paris, merci.

O : Merci !

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