
LE FIL SOUS LA NEIGE @ La Villette
By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord
Tags:Antoine Rigot, cirque, Compagnie Les Colporteurs, La Villette, Le fil sous la neige
Catégorie: du théâtre...
Cirque moderne / Les Colporteurs / France / 12/12/2008
Il y a quelques années je découvrais avec fascination la Compagnie Vent d’Autan dans Pas touche terre où l’on assistait durant une heure à un ballet acrobatique pendant laquelle une jeune femme ne mettait pas le pied au sol une seule fois. Le fil sous la Neige des Colporteurs pourrait en être une sorte de réplique funambule.
Un spectacle sombre tout d’abord, puisqu’il est introduit par le témoignage tragique d’Antoine Rigot – fondateur de la Volière Dromesko en 1990 puis des Colporteurs en 1996 et fildefériste déchu – réservé à une trop grande part des circassiens : la chute. Lorsqu’on tombe de haut, on se fait mal et on ne remonte que rarement exercer sa passion. Dans ces cas là, on peut encore créer, imaginer, rêver pour les autres et Antoine Rigot le fait avec brio.
Un spectacle touchant également par la légèreté avec laquelle est abordé le thème principal retenu : la complexité des rencontres et relations amoureuses. Les sept artistes se cherchent, se coursent se repoussent et s’aiment, le tout sur un enchevêtrement de câbles d’acier de douze millimètres à diverses hauteurs : l’une fait des pointes, l’autre marche en talons hauts, une troisième saute et virevolte, un quatrième fait des pirouettes… A noter aussi l’excellente création des trois musiciens qui accompagnent les funambules avec beaucoup de grâce.
Un spectacle néanmoins imparfait puisque son créateur prend une heure et demi pour raconter sa fable. Or une heure n’aurait pas été trop courte. Il est rare de voir un spectacle de cirque aussi long pour une raison simple et louable : éviter l’essoufflement. Essoufflement physique des artistes, même à sept, cela constitue tout de même 13 minutes de performance chacun et c’est dangereux. Essoufflement du scénario puisqu’une heure d’amour c’est chouette, une heure et demi ça tourne facilement au cul-cul. Les artistes n’incarnent pas toujours suffisamment leurs personnages, les émotions ne passent pas autant qu’il le faudrait. D’autant plus qu’il y avait beaucoup d’autres trouvailles à intégrer sur des câbles (jonglage, monocycle, acrobatie, contorsion…).
Conclusion, un beau spectacle à voir, mais qui en fait un peu trop pour la durée et un peu désincarné.
Note : 7,5/10.


