THE SPIRIT – Frank Miller

Film US / bande dessinée de super héros / 2008

The Spirit, ombre justicière, ou Denny Colt, simple lieutenant de police, est né de l’imagination et des dessins de Will Eisner au début de la Seconde Guerre Mondiale. C’est un des rares super-héros à être issu de la classe moyenne (Batman est un riche héritier, Superman est un prince venu d’une autre planète…). C’est aussi un être qui a perdu son enveloppe charnelle, il est mort alors que les autres super-héros sont invincibles. Lorsque Frank Miller décide d’adapter la bande dessinée du Spirit, on se dit qu’il y a matière à réaliser un travail de toute beauté, une complexité du personnage à étoffer et exploiter. Mais au lieu de cela, on a droit à un film hollywoodien qui mise sur un casting de stars et des images de synthèses alambiquées…

Disons le d’emblée, si Samuel L. Jackson n’interprétait pas le méchant Octopus, le film serait du niveau de l’adaptation pitoyable de Daredevil (incarné par un Ben Affleck affligeant et dont Frank Miller était scénariste). Donc le seul atout d’avoir choisi quelques stars pour ce film réside dans la prestation de Samuel L. Jackson, bien que son rôle ne fasse pas honneur à la série d’Eisner puisqu’on ne devrait jamais voir autre chose que les mains gantées de ce personnage. Eva Mendès, incarnant Sand Saref l’amour de jeunesse du Spirit, remplit comme elle peut le rôle bancal qu’on lui fait incarner mais ne convainc pas. Mais la palme du mauvais gout reviens à celle qui incarne Silk N Floss, je trouvais déjà Scarlett Johansson mauvaise actrice et chanteuse imbuvable, cette fois c’est définitif, elle est risible. Il est d’ailleurs à parier que ces tasteless d’Inrocks auront aimé le film pour la raison même pour laquelle je ne l’ai pas aimé.

Ensuite, faire une réinterprétation de la bd grâce aux images de synthèse pourquoi pas, mais il faudrait réfléchir un minimum avant d’opter pour un « tout fond vert ». Lorsque Frank Miller dirigeait Sin City, non seulement il adaptait son propre travail et risquait moins d’en trahir l’esprit de départ, mais surtout il était entouré de bons réalisateurs comme Q. Tarantino, qui l’aidèrent a créer un ovni cinématographique : une bande dessinée animée et filmée. Cette fois, la scène aquatique d’Eva Mendès pue le jeu vidéo, les scènes de batailles avec plein de flingues sont stériles, les dialogues sont dignes de spot publicitaires… Seules les scènes en noir et rouge où le Spirit parcoure la ville par les toits sont vraiment plaisantes, mais là ce ne sont que des scènes en 2 dimensions… et on ne construit pas intégralement un film là-dessus.

The Spirit est déplorable, il y a fort à parier que le second volet de Sin City ne vaudra pas la peine d’être vu. Un film à voir si l’on a du temps à perdre et un verdict définitif cette fois : Frank Miller devrait se contenter de faire ce pour quoi il est doué : des bandes dessinées et non des films.

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