
SLUMDOG MILLIONNAIRE – Danny Boyle
By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord
Tags:Danny Boyle, film, Jamal Malik, M.I.A, Slumdog Millionnaire, synthèse cinématographique
Catégorie: des films...
Film anglo-indien / tragi-comédie / 2009
Meilleur film, Meilleur réalisateur, Meilleur scénario et Meilleure musique originale… Je ne prête d’ordinaire pas attention aux prix cinématographiques mais cette fois, ces quatre récompenses aux Golden Globes m’ont fait réviser le jugement hâtif que j’avais de Slumdog Millionnaire : la bande annonce et l’affiche font penser à une success-story sans intérêt, ce film est bien plus que cela, c’est une synthèse inédite de deux grandes traditions cinématographiques.
D’un côté le cinéma occidental avec Danny Boyle, ses plans réfléchis et sombres, ses scénarios évoluant dans des mondes illégaux (meurtres, drogues…), sa vision au vitriol d’une société corrompue et décadente… De l’autre, la tradition du chant et de la danse pour habiller des scénarios Harlequin (Deux jeunes s’aiment, mais l’un ou l’autre et promis à quelqu’un d’autre, ils se déchirent et se morfondent pendant des heures avant que tout finisse pour le mieux dans le meilleur des mondes), des films fleuves (3h30 en moyenne), des plans colorés et réalisés rapidement.
Slumdog Millionnaire réussit la synthèse difficile d’intégrer toutes ces caractéristiques. Cela donne un film au scénario à première vue très pauvre, mais qui retrace finalement les 20 dernières années de la vie trépidante de Mumbaï (ex Bombay) à travers les souvenirs d’un jeune homme issu des bas-fonds de la ville et en passe de gagner 20 millions de roupies (ce qui équivaut à 300 000 euros). Ca a l’énergie et la joie des films indiens, tout en retraçant des événements violents, mafieux et tragiques. La durée du film, 2h, est un compromis parfait : ni trop, ni trop peu, on ne s’ennuie pas une seconde pendant une scène romantique, on ne se lasse pas des échanges de coups de feu … Les liaisons introduisant chaque souvenir de l’orphelin Jamal Malik sont habiles. La scène finale de danse en couple et en tableau, à 15 ans d’intervalle est la touche Bollywood qu’il eût été dommage d’oublier. Le choix judicieux de confier la bande-son à des musiciens ayant eux-mêmes impulsé cette volonté de synthèse culturelle, notamment la belle et talentueuse M.I.A., parachève l’œuvre.
Ce qui est fascinant c’est que rien ne semble laissé au hasard alors que tout le film l’est. Mumbaï vit d’elle-même, le scénario se construit et s’étoffe seul, sans aide. L’alternance des plans plus ou moins larges rend compte de cette gigantesque fourmilière en perpétuelle évolution. L’intelligence de Danny Boyle a été de laisser les locaux s’emparer du film : seuls 10 occidentaux auront travaillé à ce projet. Les acteurs ne sont pas parfaits mais simplement égaux à eux-mêmes.
2009 commence avec un coup de cœur, un film qui reconnaît et ouvre les bras à l’Inde comme grande puissance artistique de ce monde. Ces quatre Golden Globes sont plus que mérités.
Note : 9/10



C’est étrange ce film, je ne peux pas dire qu’il m’a déplu, car je ne me suis pas ennuyée, mais il ne m’a pas non plus transcendée… Pourtant j’apprécie énormément les productions bollywoodiennes. Le mystère des goûts et des couleurs, ou peut-être l’effet post toutlemondeletrouvetropgénialetducoupjem’attendsaufilmdusiècle.
Dommage.