
TUCUMCARI – Sammy Decoster
By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord
Tags:Ballade, Baschung, chronique, disque, premier album, rock, Sammy Decoster, Tucumcari
Catégorie: des disques...
Rock et balade franco-américaine / 2009 / Barclay
Il y a 2 ans je découvrais l’EMB-Sannois (salle géniale, je ne me lasserai jamais de le dire) et sur scène un jeune homme, un peu hésitant, un peu maladroit, qui semblait néanmoins ne faire qu’un avec sa guitare… et terriblement émouvant ! Parce que voilà, la chanson française ce n’est pas mon très grand dada, mais il y en a quelques uns capables de me toucher. Et puis, d’un coup, plus rien, coupure de son, plus de Sammy… jusqu’aux Transmusicales 2008 et la sortie de son premier disque.
Pendant ¾ d’heure, le premier album de Sammy Decoster vous embarque dans un road-movie (à la fois en voiture, en bus et à cheval) un peu mélancolique à travers les états d’âmes de ce jeune chanteur. Rien de pleurnichant, rien de gnan-gnan, non, seuls les textes laissent transparaître une douleur lancinante. Les mélodies elles, restent entrainantes, alternant doux arpèges de guitare acoustique et chœurs (Venaco), de piano désaccordé (Mon dernier rêve), scie hurlante (Tu me hantes), ou banjo (Savannah Bay), avec des passages plus nerveux guitare-batterie (L’Exil). Le tout est extrêmement dynamique, dansant et émouvant. Que dire de la voix ? Sammy nous annoncerait qu’il s’est fait greffer les cordes vocales d’Elvis que cela ne nous étonnerait pas. Donc nous voilà transportés au Nouveau Mexique par un jeune français qui revisite le(s) rock(s) à l’américaine tout en chantant en français… à mi-chemin entre Memphis et Los Angeles.
Mais la cerise sur le gâteau, c’est bien la beauté des textes. Cela ne m’avait pas frappé auparavant, mais à présent qu’on prédit macabrement la fin imminente du génial M. Bashung, voilà enfin quelqu’un qui serait digne de lui succéder, qui aurait la classe et la carrure pour continuer de tracer une route que je ne souhaite pas voir s’arrêter en 2009 (au moins jusqu’à ce que je le vois en concert). Fantasques, emplis de spleen et faisant fondre le cœur, c’est ainsi que j’ai toujours considéré les textes de M. Bashung. Sammy Decoster peut relever le défi : il crève de trouille à Tucumcari, voit le reflet de l’homme qu’il n’est pas lorsqu’il se regarde dans les yeux (une histoire qui s’achève sur un grand champ de Colza, c’est un choix), met le « feu au couple » et part se suicider à Hawaï, discute avec Satan de ses rêves, quitte tout sans dire Adieu et reste hanté par tout ce qu’il a laissé en plan.
Sûrs de nous, on a attendu Sammy Decoster, on l’a attendu 2 ans et ça en valait la peine. Il revient avec un premier opus poignant, très bien fini (signer directement chez Barclay n’est pas donné à tout le monde) et il est prêt à prendre sa place dans le paysage de la chanson française : la meilleure. Bon vent joli cœur !
Note : 8 ,5/10
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Yes j’aime beaucoup, c’est tout en douceur cet album thanks pour la découverte
Belle découverte, merci Violette
Mais stp, Alain Bashung sans C ! 2 fois
)
J’ai mis des “C” à Bashung ??? Wow ! je ne m’en étais jamais rendu compte, merci !