
FRERE ANIMAL @ L’Européen
By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord
Tags:Arnaud Cathrine, Florent Marchet, Frère Animal, L'Européen, Nicolas Martel, Valérie Leulliot
Catégorie: des concerts...
Chanson, ballade, folk / quatuor français / 26/01/2009
Lorsque Florent Marchet s’associe à Arnaud Cathrine pour écrire un bouquin, c’est une bonne idée. Lorsqu’ils décident de le chanter, accompagné par Valérie Leulliot et Nicolas Martel, ça donne encore plus de consistance au projet. Cependant, cela ne suffit pas tout à fait pour produire le chef d’œuvre : où est le problème ?
Sur la partie texte, rien à redire, c’est poignant, c’est intelligent (et intelligible), c’est émouvant bien qu’un peu glauque (états d’âme et suicide d’un jeune homme de vingt ans qui rêve d’échapper à la seule industrie du coin), c’est amusant… Arnaud Cathrine écrit bien, est un véritable écrivain et ça se sent. Florent Marchet et Arnaud Cathrine partage leurs expériences similaires d’enfance dans des bleds moroses, d’ennui et de mise à l’écart à l’école (pas le physique ni l’intellect des joueurs de foot), il était donc logique que ces deux là finissent par se rencontrer et coopérer.
Leurs acolytes sur scène ? Rien à redire non plus. Si je n’apprécie pas Valérie Leulliot en solo, elle a parfaitement trouvé sa place ici. Quand à Nicolas Martel, ses courtes chorégraphies agissent comme des respirations bienvenues dans ce spectacle angoissant et torturé.
Musicalement ? Nous y voilà… Les quatre protagonistes de ce spectacle sont tous doués musicalement : guitare, banjo, piano, synthé, batterie, rythmiques, clap-clap… ils jonglent avec dextérité entre les instruments. Sauf que… Florent Marchet aime les mélodies déprimantes, il les aime un peu trop au point qu’on n’entend plus que ça sur scène. Les accords sont souvent les mêmes, les timbres de voix sont monocordes, allant jusqu’à se confondre. On assiste à Frère Animal et on a l’impression d’entendre Rio Baril avec d’autres paroles… et du coup on s’ennuie ferme et on compte les minutes. Le passage le plus dynamique et sympathique arrive dès le second titre, La chanson du DRH, interprétée par Arnaud Cathrine.
Alors évidemment le public de ce soir là ne partagera pas mon avis puisqu’il était conquis d’avance : pour l’essentiel des amis des artistes et des trente-quarantenaires Télérama-bobos-Je viens à un concert comme au théâtre : pour digérer, bien engoncé dans mon fauteuil et en applaudissant mollement. On va me reprocher d’être dure envers eux, de jeunes artistes qui représentent un avenir de la scène française… Je répond simplement non, puisqu’en trois album Florent Marchet n’a pas su se renouveler ; non car je ne fais pas partie de ceux qui souhaitent que la scène française soit dominée par la dépression et le chant mou et sucré comme un caramel au beurre salé.
Frère Animal est un beau spectacle, à ne voir qu’une fois c’est amplement suffisant.
Note : 6,5/10



Je vais apporter à cette soirée un éclairage sensiblement différent du tien !
C’est-à-dire que Frère Animal n’est pas un album de pop songs entêtantes, ca n’est d’ailleurs pas un album tout court, puisque c’est un “roman musical”.
Sur scène, on n’a donc pas tout à fait affaire à un “concert”. Et musicalement, on vient plus de la lecture sur bande son, même si au final, le résultat a la forme d’un concert.
Certains morceaux sont lus… Mais “le viel enfant”, par exemple, me captive infiniment plus que “la chanson du DRH”. Pour moi, la dimension supplémentaire première de Frère Animal tient vraiment à la qualité du texte… encore ce soir-là, bien qu’ayant déjà lu/écouté le roman plusieurs fois, bien qu’ayant vu le spectacle au Café de la Danse en avril, j’ai été attentif chaque seconde. Et touché – à nouveau – par beaucoup de passages / situations, servis (question de goût) par la musique de Florent Marchet
A signaler tout de même qq ajouts dispensables (“la charette”…).
L’autre dimension est d’après moi celle de l’interprétation (un terme qui, il faut bien le dire, est plus d’usage dans les cours d’interprétation scénique de la Star Academy, que dans la sphère de la musique “indé”). Valérie Leulliot s’y essaie, Florent Marchet bien que les mains prises par sa guitare ou son piano parvient à adopter différents tons ; Arnaud Cathrine interpète vraiment -physiquement- le DRH ou le frère de Thibaut, et surtout, Nicolas Martel (comédien) est incroyable, qu’il soit au micro ou occupe l’espace pendant les morceaux des autres…
Bon, c’etait juste pour que tes lecteurs aient un autre avis. J’aime beaucoup Florent Marchet, pour autant, je n’étais pas conquis d’avance, m’étant ennuyé ferme à sa carte blanche au Café de la Danse en décembre.
Public télérama (aux tempes grises), je te l’accorde. Quant aux trente-quarantenaires, possible que les affres de la vie dans l’Entreprise les concernent d’avantage que les 18-25 ans.