
ESPION(S) – Nicolas Saada
By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord
Tags:espionnage, film français, Géraldine Pailhas, Guillaume Canet, Hippolyte Girardot, Nicolas Saada, premier film, romantisme
Catégorie: des films...
Film français / Action, espionnage, romantisme / 2009
Premier film, excellent casting, film français, polar… C’est suffisant pour aiguiser la curiosité, surtout que le cinéma ne présente pas grand chose de passionnant ces dernières années. Défi remporté pour Nicolas Saada (ancien critique cinématographique des Cahiers du Cinéma).
D’abord il y a ce beau casting. Certes le casting ne fait pas tout, mais il fait beaucoup. Les premiers rôles sont parfaitement interprétés par Géraldine Pailhas et Guillaume Canet (qui prend ici sa revanche car la belle avait refusé de jouer dans Mon idole). Avoir Géraldine Pailhas pour un premier film (et avoir eu la certitude qu’elle était la bonne personne pour ce rôle) relève du bon gout et de l’intelligence. Elle est Claire, une femme un peu paumée, un peu fragile et bousculée par la vie, qui se retrouve piégée par les services secrets, sommée de fournir des renseignements sur les activités son mari. Tout autant coincé que Vincent (Guillaume Canet), forcé de coopérer avec la DST sous peine de moisir en prison. Les second rôles sont tout aussi chouette : Hippolyte Girardot est un bon chef cynique et laconique de la DST, Stephen Rea est un directeur du MI5 débonnaire, Alexandre Steiger a un tout petit rôle mais toujours autant de talent.
Et puis il y a les lieux choisis. Londres et ses bas-fonds, les aéroports et leurs magouilles, les transports en communs et leur complexité… Plusieurs scènes ne servent pas directement le scénario mais une volonté de prendre le temps de regarder autour de soi au lieu de toujours foncer tête baissée. Les personnages sont maladroits et paumés, ils sont contraints de travailler avec les services secrets, ils ne sont même pas « agents » comme l’explique bien H. Girardot. Il est donc normal que leurs actions soient flottantes parfois, ils prennent des décisions sans vraiment avoir les clés pour réfléchir correctement dans les situations auxquelles ils sont confrontés. Ils ne sont tellement pas préparés qu’ils tombent amoureux…
Dans Secret Défense, Philippe Haim dénonçait déjà les rouages d’une administration qui n’utilise les humains que comme des pions et les balade à son gré comme sur un échiquier. Il n’y a pas d’alternative : on coopère ou l’on disparaît. Il n’existe pas de notion d’héroïsme dans ces missions, seulement de la soumission. Contrairement à Philippe Haim qui signait un film dynamique, N. Saada a choisit de mettre en relief l’inactivité : ces pions passent 90% de leur temps à attendre et le reste à mentir et souffrir. Il est donc parfois difficile de ne pas souhaiter avoir un bouton « avance rapide », parce que personne n’aime vivre ces moments d’incertitude. Mais il est tout aussi plaisant de ne pas avoir ce bouton, d’avoir un film qui prend son temps, ne bâcle pas les plans.
Un premier film plaisant, mais on attend un second film plus rythmé pour ne pas devoir classer Saada dans la case des « irrécupérables des Cahier du cinéma ».
Note : 7/10



J’y vais ce soir. Je m’attends à un truc 10 fois plus ambitieux que Secrets Défense, j’espère ne pas être déçu.
Bisous gamine
Ce sont simplement des styles et des esthétiques très différentes… j’aime bien les 2.