VIDES : une rétrospective

By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord

mar 03 2009

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Catégorie: des expos...

2 Commentaires

Centre Georges Pompidou – Paris – du 25/03/2009 au 23/03/2009

« Pour la première fois au sein d’un musée d’art moderne, le Centre Pompidou propose de faire découvrir une page essentielle de l’histoire de l’art ». Pas moins de six commissaires, un scénographe et deux graphistes ont travaillé au projet de cette nouvelle exposition. Annoncé de la sorte, grande est l’envie de ne pas se sentir trop inculte et de connaître ce qu’est le Vide en art… On reconnaît bien là l’esprit Beaubourg, de bonnes idées mais rien pour être capable de les matérialiser convenablement, d’où une exposition incomprise et inintéressante.

Le Vide est un concept certes difficile à exprimer en art mais dont les artistes contemporains se sont déjà régulièrement emparés au cours du XXe siècle, notamment Yves Klein en 1958. Avec La Spécialisation de la sensibilité à l’état matière première en sensibilité picturale stabilisée [attention respirez bien si vous parlez de cette expo à l’oral] l’artiste avait entièrement repeint la galerie Iris Clert en blanc pour créer « une ambiance, un climat pictural sensible et à cause de cela même invisible ». De la même manière, l’exposition de Beaubourg souligne le travail dans le domaine de Laurie Parsons, Robert Barry, Roman Ondak, Robert Irwin, Bethan Huws, Maria Eichhorn ou du collectif Art et Language, groupe fondateur de l’art conceptuel fin 60’s.

Le problème de l’exposition du Centre Pompidou vient essentiellement de son manque total de mise en valeur, ne faisant que renforcer l’idée que l’art moderne est réservé à un petit cercle d’excentrique.

Ainsi l’exposition se trouve au fond du niveau 4, en bout de musée, donnant l’impression que les toiles ont été décrochées pour un nouveau chantier et non laissant penser que ces salles sont « pleines ». En les mettant au centre du musée, cernées de pièces regorgeant d’œuvres picturales visibles, le message aurait déjà bien plus explicite.

Deuxième erreur majeure, aucune explication hormis un A5 recto-verso n’est mise à disposition du public. Doit-on rappeler que l’une des missions d’un musée est d’être pédagogique ? Si le vide est une page essentielle de l’histoire de l’art comme ils se plaisent à l’affirmer, il serait bon d’expliquer en quoi c’est si intéressant, non ? On ne sait même pas ce que les auteurs ont voulu exprimer ici.

On peut aussi ajouter au chapitre pessimiste que le titre de l’exposition est mal choisi. S’il s’agit d’une rétrospective, pourquoi les commissaires n’ont-ils pas pris la liberté de faire une exposition retraçant les expositions de vide en art pictural ? Des photos, des vidéos, des croquis qui montreraient que le vide se pense, s’appréhende longuement ? Les visiteurs sont ici livrés à eux-mêmes, incapables de discerner quoi que ce soit. Les espaces n’ont pas été modulés spécialement pour l’exposition, il ne retracent finalement absolument pas les travaux réalisés par ceux qui sont exposés. Car chaque exposition de vide en art pictural a une histoire différente. C’est bien parce que Bethan Huws était émerveillée de la beauté du bâtiment de Mies Von der Rohe (il s’agissait de la Haus Ester de Krefeld, Allemagne) qu’elle décida de le laisser un vide dans l’exposition personnelle qu’elle était invitée à réaliser. Or Beaubourg n’est pas un bâtiment de Mies Von der Rohe, n’a d’ailleurs pas grand chose à voir avec… De même Maria Eichhorn avait laissé vide son espace d’exposition pour consacrer le budget qui lui était alloué à la rénovation de la Kunsthalle de Berne ! Où sont les parallèles dans cette rétrospective ? Des fonds ont-ils été mis de côté pour la rénovation de Beaubourg ? J’en doute fortement… On ne ressent strictement rien dans cette exposition hormis de l’agacement et du dépit.

On pourrait continuer ainsi très longuement, tout ce que les commissaires ont été capables de faire correctement ici est peut-être le catalogue d’exposition qui en ressort. 540 pages consacrées au sujet, preuve que le Vide fait couler de l’encre (un dernier reproche pour la route, ce catalogue n’était même pas consultable dans l’exposition).

Cette rétrospective du Vide en art pictural est un tollé général, ne faisant que renforcer l’idée reçue que l’art moderne est une masturbation intellectuelle stérile.

Note : 1/10

2 comments on “VIDES : une rétrospective”

  1. Bonjour. Sur le sujet, je vous invite à lire une “Lettre ouverte au Centre Pompidou” :

    http://syrena.canalblog.com/archives/2009/03/20/13074655.html

  2. Ce n’est pas tous les jours qu’une exposition pose des questions aussi intéressantes. On attend des réponses sur le blog :
    http://questionssurlexpositionvides.blogspot.com


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