Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord

Archives pour avril 2009

THE NOISETTES @ La Boule Noire

In Chroniques Concerts on avril 29, 2009 at 8:31

Pop / Groupe anglais / 23/04/2009

La grosse machinerie anglaise attendue au virage… D’un trio prometteur qui savait se démarquer de la pop abrutissante venue d’Angleterre, on sentait que le vent avait tourné dans le second opus des Noisettes (cf. chronique du disque). Des attentes en partie satisfaites.

A la tête des Noisettes il y a une sirène noire, Shingai Shoniwa, belle plante branchée sur 2000 volts. Sans elle ce groupe ne serait rien, le problème c’est qu’elle le sait un peu trop. Elle délaisse son instrument pour ne se consacrer qu’au chant, aux chorégraphies minutées et à la gesticulation pseudo-naturelle. La Dame ira même s’accrocher aux rampes de spots… Un peu mégalo, elle aime se faire prier par ses choristes, siffler, fendre la foule, jouer de tous ses charmes. Un spectacle minuté ne laissant pas une seule opportunité à l’improvisation et la spontanéité. Si j’avais rédigé cette chronique à chaud, dix minutes après le show, mes conclusions seraient quelque peu différentes car Shingai Shoniwa reste vraiment envoûtante.

 

La setliste chronométrée du soir, pas une minute de plus...

La setliste chronométrée du soir, pas une minute de plus...

Pourtant, The Noisettes risque définitivement d’avoir perdu sa place parmi les bons groupes de pop. Il n’y a qu’à jeter un œil à la setliste pour se rendre compte que les titres du premier album sont bien meilleurs. Ce second opus est mou et toutes les gesticulations du monde n’en rendront pas les rythmes plus dynamiques…

 

Note : 7/10

 

 

 

 

 

 

 

Un mot sur la première partie :

THE RODEO vaut le coup d’œil et d’oreille. Jeune dame du sud des USA, sa voix chaude et rocailleuse rappelle My Brightest Diamond ou Phoebe Kildeer (dont elle a d’ailleurs assuré les premières parties). Ses ballades folk sont simples et amusantes. Son air mutin révèle son amour de la scène. La présence de Jean Thévenin, batteur de trop nombreux groupes parisiens (à commencer par Toy Fight et Tahiti Boy), ajoute une touche foutraque à l’univers de The Rodeo. Une première partie trop courte pour permettre d’apprécier pleinement ses capacités, à suivre !

Crédits photos : Michaurel

HJALTALIN @ Nouveau Casino

In Chroniques Concerts on avril 28, 2009 at 1:25

Groupe Islandais / Pop-rock / 21/04/2009

Pas facile de se faire une place dans le panorama de l’indie pop-rock venue d’Islande tant Sigur Rós époustoufle toujours et s’impose comme la référence en la matière. Pas évident non plus de sortir du lot de la musique pop-rock en général tant elle prolifère à travers les continents… Bref les Hjaltalin avaient du pain sur la planche pour satisfaire le public parisien. Défi remporté.

Après un départ un peu timide (guitare-voix du chanteur tout seul), les cinq membres présents (parmi 9) de Hjaltalin balancent la sauce. Ils ont le bon goût d’avoir demandé des renforts de cuivre pour leurs tubes. The trees don’t like the smoke est de ce fait particulièrement réussi. Le spectacle évolue entre pop-jazzy, grands mouvements rappelant symphonie classique et opéra, ou encore rock psyché pas très éloigné des Arcade Fire auxquels on les compare beaucoup trop et à tort.

Après avoir pensé à traduire dans les grandes lignes de quoi parlent leurs chansons en islandais (parce que Sigur Rós on n’a pas encore tout saisi hein…) – et en français s’il vous plaît ! – les Hjaltalin ont démontré qu’ils n’ont pas volé leur succès naissant. Derrière ce joyeux bazar, il y a du travail, de la rigueur et du talent… et pas mal de charme. A suivre de près.

Note : 8/10

Crédits photos : Michaurel

TOY FIGHT – Interview de Joujoux très choux @ Coop QG

In Interviews on avril 23, 2009 at 3:36

21/04/2009 – QG de Cooperative Music

Lorsque j’arrive, Maxime, Sébastien et Jean jouent aux billes. Ils ont l’air content de voir une nouvelle tête et trouvent qu’on pourrait se servir du zoom comme d’un Taser ou d’un Rasoir Electrique. Je leur ai apporté un casse-tête, Jean s’en empare tout content de pouvoir s’occuper. On s’installe, ils essayent de me vendre un disque d’or incrusté dans un parquet.

Interview Hibou, Caillou… Pleine de Joujoux et très Chou, où l’on se retrouve débordés de partout.

Round 1

Round 1

M : Bon allez hop, play, on attaque direct, perso je ne m’attendais plus du tout à votre retour…

(rires) Sébastien : Il est vrai que ça en a surpris plus d’un…

M : Ils ont utilisé quoi chez CitySlang pour vous faire changer d’avis, un jouet hi-Tech ?

Maxime : Ben… ils ont été gentils, ça a suffit !

Sébastien : Ils ont été assez gentils puisqu’au départ on leur a pas forcément donné envie de nous signer vu qu’on faisait partie de plein d’autres groupes, qu’on ne faisait plus de concerts ce genre de choses – et donc ils ont été quand même assez gentils pour continuer à s’intéresser à nous, à bien vouloir nous donner un peu de sous pour faire un disque… donc en fait ça a suffit et c’est déjà pas mal (rires) !

M : Et donc vos projets parallèles c’est encore d’actualité ou ce n’était que des amusements éphémères ?

Maxime : Dans mon cas c’est encore d’actualité avec Please Don’t Blame Mexico ! Dans le cas de David, The Limes c’est plus que jamais d’actualité et puis ben Jean… et sa pléthore de groupe…

Sébastien : C’est la star ! Qui joue dans plein de groupes !

Jean : Je joue dans d’autres groupes, Tahiti Boy… Fugu…

[…]

M : Ok donc c’est toujours d’actualité…

Maxime : oui oui surtout les groupes de Jean…

Jean : Bah toi aussi en ce moment… alors je te retourne le compliment ! (rires)

M : Donc, moi j’avais chroniqué Péplum il y a un petit moment maintenant et…

Sébastien : Non pas Péplum, Anagram Dancies

M : Non Péplum et…

Sébastien : Celui qui va sortir là ? Mais comment tu fais ? Il est même pas sorti ? C’est quoi ton truc ?

M : Coop sont des gens formidables tu sais…

Maxime : ah mais c’est toi Violette !

Sébastien : Ah mais oui merci, en plus elle est bien cette chronique ! Mais t’es hyper en avance sur tes collègues toi ! (rires)

Maxime : … sur ton temps

Jean : … sur ton siècle j’ai envie de dire (rires)

M : Bref (rires) je voulais savoir pourquoi vous l’avez appelé comme ça ce disque, quelle est votre version du Péplum ?

Maxime : Alors l’histoire du titre qui est… cocasse (rire). C’est à dire que une après-midi avec David qui n’est pas là, on avait trouvé comme titre d’album… Contredanse. Et donc le soir on avait l’anniversaire d’une amie, et donc tous nos amis étaient réunis, et on est allé vers une… une amie ! – Puisque toutes mes phrases se finissent par « ami » (rires) ! -qui s’appelle Marika. Et on est donc arrivé vers elle et on lui dit « tiens on a trouvé un titre pour notre album, ce sera Contredanse ». Et à ce moment là elle a répondu « Wow Contredanse, j’sais pas, ça fait un peu pompeux, ça fait un peu péplum ». Et là, on était là avec Seb et David et on s’est dit que c’était ça le mot, et voilà.

Sébastien : Mais du coup y’a pas de rapport vraiment direct avec un amour pour le… genre. C’était plus une association d’idées, on s’est dit que ça convenait bien.

Maxime : En fait c’est le côté archi-prétentieux de ce à quoi ça renvoie le péplum, ce côté surproduction et tout ça… comparé à la relative humilité – et pas humidité (rires) – de la façon dont on a conçu l’album. Le contraste était marrant.

Jean, Sébastien : cocasse.

M : ok, moi je croyais qu’il y avait un lien entre Toy Fight et le fait que le Péplum soit un combat, et puis comme vous n’étiez pas censés revenir alors vous revenez avec grandiloquence, vous faites les choses avec panache… tout ça tout ça…

Sébastien : Pas mal du tout, tu as poussé encore plus loin l’éxégèse que nous en fait !

Maxime : C’est pas mal on le ressortira dans une prochaine interview… (rires) Le prochain album va s’appeler Armageddon en fait… (rires)

M : Bien… Revenons à l’album, j’ai relevé une multitude d’instruments dans cet opus (Sébastien : c’est bien tu as bien écouté !) …et je me demandais si vous étiez plutôt « jouets en bois » – à l’ancienne, classique tout ça – ou jouets super perfectionnés – qui se bidouillent, on peut expérimenter des trucs… ?

Jean : Je tiens à dire qu’on peut expérimenter des trucs avec des jouets en bois (rires) Non mais c’est vrai ! Par exemple tu prends une petite voiture en bois, et ben si t’as une scie par exemple, tu peux la scier et en faire autre chose et…. Tu vois ? (rires) Non mais c’est vrai !

M : Elle ne fonctionne plus ta p’tite voiture si tu la coupes en deux !

Jean : Mais non si tu coupes le dessus tu changes la forme mais elle roule encore ! (rires)

Maxime : Mais comment tu fais de la musique avec une demie voiture en bois ? (rires)

Jean : Non mais ce que j’veux dire c’est que tu peux prendre des choses en bois et expérimenter quand même avec. (rires)

Maxime : Mais ça n’a rien à voir ! (rires) Tu racontes n’importe quoi !

Jean : Mais non parce que tu avais l’air de dire qu’on ne pouvait expérimenter qu’avec des choses très technologiques dans ta question…

Sébastien : Et là je m’inscris en faux (rires) ! Je dis non (rires x10) ! Une voiture en bois sert à expérimenter !

Maxime : Une voiture en bois, une scie et c’est parti !

Fou-rire généralisé… Qu’est-ce qui m’a pris de poser une question aussi déplacée ?

Note à l’attention de Coop : êtes-vous certains de n’avoir mis que de l’eau dans les verres de ces jeunes ??

Jean : Non mais en fait tu voulais parler des instruments acoustiques et des instruments électroniques… C’est pas mal ça comme question… D’où ma réponse, je pense qu’on peut faire de l’électronique avec des instruments d’acoustique… Je pense qu’on peut utiliser un instrument acoustique différemment comme les mecs qui jouent de la guitare à l’archet ou…un Ukulélé avec une baguette quoi !

M : Voilà mais justement vous faites ce genre d’expériences ou pas ? Parce que c’était ça la question ! (rires)

Sébastien : Guitare à l’archet non en l’occurrence.

Maxime : Non non mais en fait de part la limite de nos connaissances en la matière on n’est pas très euh… On n’est pas très matos quoi en fait. C’est juste qu’on s’y connaît assez peu, on va pas tous les après-midis à Pigalle pour chercher les derniers trucs… (petit silence) Non non, t’as eu peur hein ! (rires) On n’est pas des nerds d’instruments, on a quelques petites bricoles avec lesquelles on essaye de tirer le plus de possibilités, desquelles on essaye de tirer le plus de…

Sébastien : Par exemple des boîtes de conserves Jean !

Jean : Y’a des boîtes de conserves et des casseroles qui ont été essayées sur ce disque…

Sébastien : C’est un peu jouet en bois ça non ?

Jean : Sur Minute Song notamment, y’a 2 doubles croches à la boîte de conserve… (rires)

Round 2

Round 2

M : Et sur cet album il y a 16 titres et… (Sébastien : enfin ça ne fait que 35 minutes hein…) je voulais savoir pourquoi il y a ces trois petits teasers : David, Maxime et Sébastien présentent…

Maxime : Alors, l’histoire des interludes… Il se trouve que Toy Fight est un groupe qui polémique énormément et qui débat beaucoup. Donc on passe beaucoup de temps, on a beaucoup passé de temps pendant l’enregistrement à juste discuter.

Sébastien : A débattre des options, à ne pas être d’accord…

Jean : D’ailleurs il y a un ouvrage (rires) qui va sortir, que sont les débats de Péplum (rires), c’est un livre gros comme ça (il écarte les doigts de 10 cm) sur tous les débats…

Maxime : Et Jacques Attali préface hein… ! (rires) … Et donc voilà, quitte à ce qu’on « perde beaucoup de temps » – mais ce n’est pas du temps perdu, sauf qu’on s’en rend compte qu’après mais… Bref, au bout d’un moment, outre parfois l’agacement ou la perte de patience que peut occasionner les débats comme ça, c’est devenu une blague entre nous de toujours tout remettre en cause et tout ça. Et pour prendre le contre-pied radical de ça,  est venue l’idée à un moment de s’accorder dans l’album 33 secondes chacun où l’on ferait absolument ce qu’on veut.

Sébastien : L’idée c’était que les autres n’aient rien à dire, clairement chacun avait son espace de liberté, a seule contrainte étant que cela fasse 33 secondes.

Maxime : 33 secondes voilà… Donc c’étati pensé comme un espace de pure liberté à chacun de nous 3.

M : Et en plus de vous trois, fondateurs du groupe, vous vous êtes fait de nouveaux copains… – Maxime  : Enfin ce sont plus juste des musiciens que des potes hein… / Sébastien : des collègues oui ! (rires) – et vous êtes à présent six dont une fille. Vous avez donc cassé le mythe des garçons qui jouent ensemble, est-ce qu’il y a des jeux de filles et des jeux de garçons ?

Sébastien : Ah ouais en fait tu fais toute l’interview sur le thème du jeu et du jouet c’est pas mal !

M : Oui original hein…

Sébastien : Disons que quand on a décidé de faire ce disque pour CitySlang, on est tombé d’accord assez vite avec Maxime et David pour dire qu’on avait envie d’élargir un peu le groupe… Avoir une vraie batterie, avoir un bassiste et tout. Pauline c’est un peu différent car on la connaît depuis longtemps… elle avait un peu chanté avec nous

Ici digression Classe Prépa ou lorsque l’interview part définitivement en sucette… :

M : en prépa ? Parce que c’est ça, officiellement vous avez fondé Toy Fight en Prépa…

Sébastien : non au lycée. Oui on a fondé Toy Fight en prépa.

M : Littéraire ou Scientifique ?

Maxime : On essaye de le cacher…

Sébastien : oui mais tout le monde le sait (rires). Littéraire.

M : Où ça au fait ?

Sébastien : du coup du coup…

Jean : Où ça elle a dit ! Fais pas la sourde oreille ! (rires) Change pas de sujet tu vas pas t’en sortir comme ça !

Sébastien : Ahhh Où ça ? A Fénelon.

[…]

Maxime : On a des têtes de Féneloniens, « ils ont l’œil droit qui part en vrille c’est des Féneloniens ! ». (rires)

M : Ah et vous ne connaissiez pas une Maroushka.. ; Elle vous aurait plu, elle était complètement barrée, adoratrice de philosophes comme Spinoza et Deleuze. Elle jouait du Bob Dylan et elle venait toujours en cours avec une guitare et son harmonica accroché… Et elle ressemblait à…

Maxime : à rien (rires) ! Non je vois pas mais effectivement ça aurait été un bon sujet d’étude ! C’est donc ton ennemie cette fille ? (rires)

M : Non j’men fiche, ça vient seulement de me revenir (rires)

Maxime : Oh non non j’men fout de cette fille, c’est juste que je la cite dans chacune de mes chroniques, cette chanson est vraiment nulle à chier, ça me rappelle d’ailleurs Maroushka ! » (rires) C’est un peu comme Murat avec Dao quoi, tu la places à chaque fois…

D’accord… Bah c’est marrant. Donc euh…

M : Oui revenons à nos moutons, (rires)

Sébastien : Donc voilà, je reviens à mes moutons. Pauline on la connaît depuis longtemps, elle chantait un peu sur Anagram Dancies, et Jean et Bertrand on les a rencontré plus récemment pour l’album… Donc on cherchait des musiciens on a trouvé des amis… Non je rigole ! (rires)

Maxime : Jacques Ségéla ! (rires)

Sébastien : Bah voilà et puis du coup ça s’est fait assez naturellement…

M : C’était pas une commande de CitySlang par exemple…

Sébastien : Non non c’est nous qui avons décidé qu’on voulait d’autres musiciens.

Jean : Une team

Maxime : Un Krew quoi !

M : D’accord, vous savez quoi c’est la dernière question…

Maxime : Non mais c’est scandaleux c’est quoi cette interview !

M : On continuera autant que tu veux si tu y tiens ! En attendant je termine toujours mes interviews en demandant quels sont les 3 derniers albums qui vous ont marqué ?

[Enorme et long silence]

Maxime : Bon, ce n’est pas du tout du désintérêt pour la question de notre part, on ne répond pas mais c’est parce qu’on est les plus gros nerds de la terre et ça nous prend du temps de répondre à ça…

Donc moi je vais dire Se O Caso E Chorar de Tom Zé. C’est un album de pop brésilienne si on peut appeler ça comme ça. Un album écrit à la fin du mouvement tropicaliste. Des titres assez court de 2-3 minutes maxi. Où effectivement il mêle tradition brésilienne, changement d’accords assez brésilien, perçus et sens du rythme brésilien avec des formats Pop couplet-refrain. Ce qui me plaît c’est la pétulence (rires) Non mais hé ! L’espèce de joie assez enthousiasmante, la façon de jouer et chanter assez vivifiante sur cet album.

Jean : Un peu comme dans le gel douche Ushuaia, il est pétulant… (rires) Bah moi pour prendre quelque chose de plus moderne je dirais le dernier album de Dan Deacon.

Sébastien : et un dernier qui fait consensus auprès du groupe et parce que je trouvais rien d’autre, c’est le dernier album des Walkmen, You and Me, qui est vraiment un de nos albums préférés de l’an dernier.

M : Bon super ! Vous avez autre chose à ajouter ?

Maxime : Non que… Je conseille à tout le monde d’acheter notre disque mais surtout d’écouter les groupes parisiens qui ne sont pas signés comme nos amis de Maison Neuve et Orouni. Et… que y’a plein de choses qui se passent en ce moment en France et à Paris et qu’on espère que les labels vont s’en rendre compte !

M : C’était donc le mot de la fin ! Merci, stop !

Round 3

Round 3

Fin des hostilités, chacun range ses jouets et va chahuter ailleurs que dans les locos de Coop :) ! Maintenant il ne reste plus qu’à aller juger de la performance scénique en mai !

Merci à Michael – Coop, qui a permis cette interview rocambolesque.

Crédits photos : ElDave

THE NOISETTES – Wild Young Hearts

In Chroniques Musique on avril 22, 2009 at 1:08

Trio anglais / Rock-pop / Mercury

En février 2007, on découvrait le premier album des Noisettes avec enthousiasme : un équivalent de Bloc Party version féminine ? Un The Gossip anglais et plus sexy ? L’album était vitaminé et terriblement rock grâce à la voix de Shingai Shoniwa, faisant office de dynamite. Le virage difficile du second opus est en partie surmonté mais convainc relativement…

Si The Noisettes a su garder les qualités qu’on avait cru déceler telles l’influence Riot Grrrl (Don’t Upset the Rythm, Saturday Night) ou la qualité des refrains hautement addictifs (Every Now and Then, Never Forget You, So Complicated) ; le groupe a pris un virage plus lent / calme dans ses chansons, ce qui déçoit un peu puisque c’était justement cette énergie supra-vitaminée qu’on louait. Certains titres sont délicats et pleins d’attentions intéressantes comme Atticus et Cheap Kiks où l’on ne finit pas de se délecter des modulations de la voix soul d’une pureté qui fait vibrer le creux du ventre. Mais le premier tiers de l’opus ne relève que d’une électro-pop banale et sur-entendue ces derniers mois. Ajoutons à cela une batterie qui reste encore un peu trop jouée par des gros bras (le titre éponyme de l’album est d’ailleurs l’un des plus décevants de l’opus), une pochette de disque plutôt laide comparée au pétillant et humoristique What’s the time Mr Wolf ? et un second disque moins long que le premier (on pardonne un 35 minutes à un premier album, moins à un second)…

Cet album relève finalement d’une pop beaucoup plus consensuelle que le précédent, le premier opus ne faisait pas état d’une originalité à toute épreuve mais un petit quelque chose qui présageait que The Noisettes résisterait à l’envie de faire comme tout le monde… Une déception qui ne nous empêchera de l’écouter pour l’été ! Et les concerts promettent mieux que cela.

Note : 7/10

Player The Noisettes

MATT BAUER & TROY VON BALTHAZAR @ Nouveau Casino

In Chroniques Concerts on avril 21, 2009 at 5:27

Artistes USA / Folk / 17/04/2009

Après un interlude guitare-voix de 20 minutes de Benjamin Oak Goodman et Alina Hardin, respectivement batteur et choriste d’Alela Diane, qui remplaçait au pied levé Thos Hensley et sautaient dans un avion quelques heures plus tard, Matt Bauer a captivé la salle de sa seule présence et Troy Von Balthazar a fait le pitre pour le plaisir de nos oreilles et de nos zygomatiques…

Matt Bauer sur disque c’est génial, Matt Bauer en interview ça vous fait chavirer le cœur, mais alors Matt Bauer sur scène en acoustique tout seul avec un banjo, c’est encore plus fort. Il y a d’abord ce personnage très grand qui occupe la scène sans problème, dont les yeux bleus vous hypnotisent en moins d’une minute. Il y a ensuite ce moment où Matt ouvre la bouche et livre un chant d’une voix à la fois rauque et très douce qui rappelle l’enfance et les berceuses des parents attentionnés, qui vous donnent une confiance et une assurance incroyable auxquelles il faudra s’accrocher tout le reste de sa vie. Et puis ces mélodies folks simples mais efficaces, de celles qui vous font frissonner l’échine délicatement. Le Vj-ing préparé par Matt lui-même, mettant en scène différents éléments récurrents dans son dernier opus (l’eau, la pâleur livide de la peau, des faisceaux de lumière intimes et inquiétants…) accompagnait parfaitement l’ensemble. Lorsqu’il quitte la scène, on est encore bien loin de la salle de spectacle…


Il faut l’énergie et l’univers déglingué de Troy Von Balthazar pour revenir à la réalité. Doté d’un charisme à toute épreuve, l’homme joue avec tout ce qui l’entoure : le public, sa voix, sa guitare, son sampler… Sa folk-rock est toujours aussi amusante. Le Monsieur se permet même un interlude où il fait des claquettes, déguisé en lapin… Seul reproche, je crois que le bonhomme joue un peu trop de ses acquis, pas de grandes nouveauté là-dedans…

Une excellente soirée, concoctée par Pousse Elvis, une structure qui monte qui monte !

Retrouvez les concerts de Matt Bauer et Troy Von Balthazar dans Campus Live sur Radio Campus Paris

T.A.G. @ Grand Palais

In Chroniques Expositions on avril 21, 2009 at 10:41

Arts graphiques de rue exposés dans un Musée / Grand Palais – Paris / jusqu’au 3 mai

 

Après la tentative ratée et ridicule du Louvre d’attirer des publics plus jeunes au Musée par le biais de la bande dessinée (cf. chronique Le Petit Dessein), voilà l’expo démago pour attirer les « jeunes voyous » susceptibles de saloper les murs des villes…

Plus sérieusement, l’idée de départ est intéressante, il s’agit de donner une opportunité au grand public d’avoir un regard différent sur les Tags et Graffitis qui fleurissent nos espaces urbains. L’idée de reconnaître ces arts graphiques non pas comme une pollution mais bien come une forme d’expression artistique supplémentaire de notre paysage culturel… Mais plusieurs problèmes viennent plomber cette exposition.

L’idée de départ, si vous visitez l’expo vous comprendrez bien, est venue d’un architecte, Alain-Dominique Gallizia. Ce type est imbu de sa personne comme il est rare de le voir dans un Musée. Monsieur Mégalo a donc commencé à collectionner les tags en demandant aux artistes de rues de s’exprimer sur des toiles de taille identique et sur des sujets imposés : Amour et Identité. Donc là, vous l’avez compris, le type a fait cette expo d’abord pour parler de lui et probablement pour faire monter le buzz sur son nom et sa coolitude pour mieux faire accepter des projets architecturaux aux collectivités territoriales… Ensuite la taille des toiles retenue est parfaitement absurde, beaucoup trop petite, cela correspond à peu près à l’idée de demander à un peintre de fresque de réaliser un travail sur un timbre poste. Enfin que penser des thèmes imposés ? Ils ont quitté l’école trop tôt alors on leur fait faire une dernière rédac pour s’autoriser à leur dire que « oui, ce qu’ils font est chouette et a de la valeur » ??

Les responsables de l’exposition insistent beaucoup sur le fait qu’il y ait 300 toiles (donc 150 artistes puisqu’ils ont 2 toiles chacun) mais il serait plus pertinent d’exposer de la qualité et non de la quantité. Un bon tiers des toiles n’étaient pas spécialement intéressantes, ce qui pouvait venir du manque d’inspiration de l’artiste sur le sujet, du handicap lié au format ou… d’un manque de qualité (ou encore d’un jugement esthétique de ma part).

Pour couronner le tout, il eut été pertinent de retracer un peu plus l’histoire du Tag et de resituer quelques contextes sociaux / politiques. On prétend nous retracer l’histoire du Tag sur 3 générations et on ne nous fournit qu’une origine nationale ? Il est pourtant évident que les sujets de préoccupation du Bronx il y a 15 ans n’ont rien à voir avec les sujets chers aux grapheurs actuels iraniens ou du 93…

Une exposition qui aurait pu être un carton et vraiment géniale mais qui, au lieu de ça, ressemble à une pub géante pour le politiquement correct impulsée par le Ministère de l’Egalité des chances et contre les discriminations… dommage.

Note : 5/10

TURZI & ETIENNE JAUMET @ Point Ephémère

In Chroniques Concerts on avril 17, 2009 at 1:50

Duo / Electro-krautrock psychédélique / 16/04/2009

Lorsque Romain Turzi – petit Prince des guitares apocalyptiques et actif participant au renouveau du Krautrock, s’associe à Etienne Jaumet – aka une moitié de Zombie Zombie et un membre des dégingandés Married Monk – pour interpréter des titres sur la thématique « A Psychedelic Night », on se doute que ça risque d’être intéressant. Pour assister à ce nouveau projet à deux têtes et multiples machines, il a fallu prendre son mal en patience*… mais cela valait vraiment le coup d’oreille.

Dos au public, alignant clopes sur clopes, cernés de machines compliquées (comprendre ici : pleine de câbles, de boutons et de trucs bizarres dans tous les sens), armés de claviers, guitare et saxophone, Jaumet et Turzi avaient sorti la grosse artillerie. Machine à fumée qui fait planer et c’est parti pour un set d’une heure ultra-hypnotique. Les partitions de saxophone d’Etienne et les riffs de guitare de Turzi se marient avec brio aux bidouillages électroniques permanents. La progression des quatre morceaux était très bien choisie, transportant vers des univers bien lointains, un peu soporifiques, mais venant d’une insomniaque, la remarque est un grand compliment.

Après avoir aperçu une collaboration moins travaillée entre Turzi et Jaumet à l’occasion du Festival Jazz à la Villette (septembre 2008), on avait pu saisir l’étendue des possibilités qui s’offrait alors. Une collaboration très intéressante, dont je serais curieuse de voir sortir un opus.

Note : 8,5/10

: Démasquée par Etienne Jaumet lui-même, j’ai dû reconnaître que mes oreilles saignaient trop à l’écoute de l’infâme projet Big Daddy’s Dead. « Dans ces cas-là, il faut prendre son mal en patience. Le bar est sympa à côté » dixit E. Jaumet. Ne prenez pas la peine d’aller vous infliger Big Daddy’s Dead qui vous propulse dans un bar gay ringard des années 80 : pas de voix, pas de disco digne de ce nom, pas de mise en scène, pas de costumes… On suppose que la présence de Tania Bruna-Rosso n’était pas étrangère au buzz autour de cette insulte à la musique, il serait temps qu’elle comprenne qu’elle n’a pas de talent ni pour la radio, ni pour la télé, ni pour la musique. Exit !

KREYOL FACTORY @ La Villette

In Chroniques Expositions on avril 16, 2009 at 2:10

Art contemporain créole / La Villette, jusqu’au 5 juillet 2009

En pleine tourmentes et insurrections en Guadeloupe et Martinique, l’exposition commandée par La Villette il y a plus d’un an a une saveur étrange…  Non seulement elle tombe très à propos mais elle est d’une qualité rare et appréciable par les temps qui courent.

Organisée en sept espaces, sur plus de 3500 m2, nul va sans dire qu’il vous faudra consacrer au minimum deux heures et demi à cette exposition qui vaut le coup d’œil. Au delà de l’appréhension des complexités d’un questionnement identitaire liées à l’histoire, à des processus de créolisations et aux effets de la mondialisation à travers un support protéiforme, il s’agit avant tout d’une très rare exposition consacrée à l’art contemporain caribéen. Costumes, peintures, sculptures, films, photographies, musique… tout y est pour tenter de cerner les malaises et les spécificités d’une autre culture émergée de la colonisation. Les traversées d’abord ou comment sont arrivés de nouveaux peuples sur des espaces insulaires ; le trouble des genres moins accessible peut-être sur les différences génétiques et morphologiques des communautés ; L’Afrique communauté imaginée où l’on tente d’abattre enfin ce préjugé Noir = Africain ; Noir Comment est évidemment la suite logique du questionnement précédent où l’on met en relief la multitude des différences de couleurs de peau liées aux multiples métissages ; des îles sous influence ou le portrait des rapports de forces et enjeux géopolitiques existants ; Les nouveaux mondes donnent un aperçu de ce qu’on pu devenir les différents territoires caribéens au fil du temps, quelles  quelles cultures nouvelles (langues, manière de penser…) ont pu émerger… et enfin Chez soi de loin est consacré aux immigrés dans leur propre nation (la même nation mais pas la même culture). Chapeau bas aux commissaire  d’expo et chefs de projet (Yolande Bacot, commissaire, Claude Archambault et Christian Coq, chefs de projet).

Soulignons aussi la scénographie ingénieuse et splendide signée Raymond Sarti, mer de carton ondulé s’appréhendant de différentes façons, à la fois support et ornement de l’exposition. Les univers visuels et sonores sont impressionnants. On ne peut reprocher qu’une seule chose : ne pas avoir insisté plus encore sur les odeurs propres à ces territoires : que ce soit lié aux épices, aux plantations, à l’humidité et au Ph des terres, il y a bien des senteurs qu’on ne retrouve pas ailleurs.

Une exposition à voir avec attention, en ayant du temps devant soi et de quoi cuisiner un Cari de poisson ou un Colombo d’agneau en rentrant ;) !

Note : 9,5/10

BABY DOLL @ Théâtre de l’Atelier

In Chroniques Théâtre & Cirque on avril 16, 2009 at 10:07

De Tennessee Williams – mise en scène Benoît Lavigne / 2009

Comme toutes les pièces de Tennessee Williams, Baby Doll met en scène des personnages sur qui le lourd soleil tape un trop sur la tête. Mi-bons, mi-mauvais, ces êtres nous plongent au cœur de l’Amérique profonde des années 40, avec ses rixes entre fermiers, ses mariages arrangés… Baby Doll est une jeune femme-enfant, on l’a mariée trop jeune, elle n’était pas prête et en fait voir de toutes les couleurs à son cuistre de mari, le fermier ruiné Archie Lee. En revanche, le voisin plus jeune et d’origine italienne, M. Silva Vaccaro, ne la laisse pas indifférente…

Au delà du texte, joué ici dans une traduction et adaptation intéressante, les décors sont assez intelligents et exploitent bien le Théâtre. La Maison d’Archie comporte le rez-de-chaussée, la chambre d’enfant et le grenier à l’étage. Quelques portes, une carcasse de voiture… le tout est en bois, respectant l’esprit des constructions américaines. Benoît Lavigne est avant tout cinéaste, cela se voit, les scènes et décors sont pensés plan par plan.

Mais il faut souligner des incohérences et fautes notoires qui font que cette pièce n’est pas à la hauteur de ce qu’on pouvait espérer. Tout d’abord, nous sommes au cœur de l’Amérique en été, il fait une chaleur écrasante. Si les jeux de lumières respectent correctement les variations solaires, le jeu d’acteur ne convient absolument pas : cris permanents, énervements, cavalcades… Le rythme impulsé est bien trop rapide, les personnages sont censés étouffer. Seule la trouvaille de la pompe à eau et du jeu aquatique qui s’ensuit est crédible. Notons également que l’univers sonore aurait pu être bien mieux développé.

A cela s’ajoute un choix d’acteurs maladroit pour moitié. Archie Lee (Chick Ortega) joue atrocement mal, oubliant d’articuler et de faire sortir des expressions de son corps. Baby Doll (Mélanie Thierry) surjoue toute la première partie de la pièce, est usante et crispante alors que son rôle lui demande d’être facétieuse et insoumise. La seconde partie de la pièce est largement plus réussie grâce à l’arrivée de Silva (Xavier Gallais) qui a su lui faire ressortir tout la piquant des textes, la souplesse des gestes et de l’esprit de ce jeune immigré italien attendri par Baby Doll.

Une interprétation de Baby Doll séduisante mais qui manque d’un peu de piquant du fait d’une première partie mal interprétée et d’une grave erreur de casting (Mélanie Thierry est parasitée par son mauvais chanteur de mari…).

Note : 6,5/10

LE SENS DE LA VIE POUR 9$99 – Tatia Rosenthal

In Chroniques Cinéma on avril 15, 2009 at 6:12

Film d’animation australo-israélien / 2009

En dehors de Wallace & Gromit, j’avais toujours eu du mal avec les longs-métrages d’animation. Jusqu’à ce que je vois Le sens de la vie pour 9$99, bijou de création sarcastique.

Dave Peck est un jeune homme au chômage vivant chez son père et refusant de faire le boulot de son frère : huissier de justice. Dans son immeuble se côtoient un magicien endetté, un top model allergique aux poils, un étudiant en pleine rupture amoureuse et en proie à de jeunes alcooliques de 5 cm ; un vieillard qui s’ennuie et rêve de Paradis, ou encore un petit garçon qui se prend d’amitié pour son cochon tirelire… Ce qui va changer la vie de Dave Peck, c’est la commande d’un livre sur le sens de la vie au prix exceptionnel de 9$99… Quels rapports ? Aucun, sinon des saynètes aussi loufoques et inattendues que la première collaboration cinématographique entre une australienne  (Tatia Rosenthal) et un israélien (Etgar Keret).

 L’excellence de la manipulation des marionnettes, la splendeur des décors ou la justesse de la façon de filmer adoptée ici sont quasiment dérisoires comparés à la vigueur poétique et la pertinence cynique des sujets et dialogues. Le sens de la vie ne coûte pas cher effectivement, ce qui est onéreux, c’est de réussir à faire en sorte que le sens que avez choisi soit animé de vitalité. L’ennui et la platitude de l’habitude font la morosité de ce siècle. Il aura fallu plus de 10 ans aux créateurs de ce projet pour parvenir à leurs fins. Ca valait le coup de s’accrocher. 

A découvrir absolument, pour tout adulte consentant à égayer sa vie.

Note : 9/10

MATT BAUER – interview café serré au Père Lachaise

In Interviews on avril 14, 2009 at 9:20

Paris, 9 avril, début d’après midi. Il fait beau, je retrouve Matt Bauer aux pieds du cimetière du Père Lachaise. Toutes les terrasses de cafés sont prises d’assaut étant donné que le soleil a décidé de pointer le bout de son nez. Je demande à Matt Bauer s’il sait qui est Bashung – qui vient d’être enterré quelques semaines plus tôt – il n’en a jamais entendu parler. Alors je lui raconte les grandes lignes et il prend des notes, consciencieusement. 


Interview café serré, mal préparée.

Salut Matt, comment tu te sens ici à Paris, ça va ?

M.B. :  C’est super, j’aime vraiment cette ville. J’ai de la chance c’est une très belle journée de printemps. C‘est ma troisième fois depuis l’année dernière. J’ai l’impression que les gens sont très gentils et j’ai toujours passé des super moments.

Est-ce très différent de Brooklyn – où tu vis maintenant – ou du Kentucky – où tu as grandi ?

M.B. :  Oui c’est sûr que mon enfance dans le Kentucky à la campagne, près d’une petite ville et également très différent de Brooklyn. New York est aussi une grande ville mais les atmosphères sont très différentes.

Revenons au Kentucky, et parlons de la pochette de ton album. J’ai lu que c’était inspiré du fait divers de The Tent Girl. Lorsqu’on la regarde la première fois, c’est assez frappant. Tu tiens une jeune femme dans tes bras, elle semble morte. Je me demandais si la fille que tu tiens est The Tent Girl, si pour toi la fille est morte ou est-ce qu’elle vit encore ? Est-ce plein d’espoir ou bien de tristesse ?

M.B. :  Je crois que c’est plein d’espoir, sur la pochette je suis censé trouver The Tent Girl et la sortir de l’eau. C’est une fiction car on l’a trouvé emballée dans un drap qui l’empêchait d’être vue. La question reste ouvert car certains pensent que je sauve cette fille et d’autres pensent – vu ma tête (rires) – que je l’ai tuée ou que je la retrouve morte.

Pour moi elle vit, mais c’est parce que j’ai écouté l’album… Car lorsqu’on reçoit le disque au départ, c’est un peu inquiétant. Je me suis demandée quel genre de musique allait ressortir d’un disque avec une telle pochette. Tu as choisi cette image ?

M.B. :  Oui je suis très satisfait de la pochette – réalisée par mon ami Michael Kennedy. On a fait cette série de photos parce que je n’aime pas les photos de promo ou les pochettes classiques des groupes actuels, du style des mecs sont appuyés à un mur et un type les prend en photo comme ça. On voulait quelque chose qui ressemble à la fois à une image extraite d’un film et qui inspire une musique.

Un de mes titres préférés dans ton album est Rose and Vine, Tu peux m’en dire un peu plus à ce propos ?

M.B. :  L’histoire de Rose and Vine – comme toutes mes chansons – est en partie vraie et en partie fictive. J‘aime mélanger 2 ou 3 histoires et qu’il en ressorte une nouvelle version. Rose and Vine est à propos d’un ado qui fuit la maison et il va voir les chevaux et monte une dernière fois avant de partir. Et ma mère et moi avions un cheval que nous avons élevé. Donc pendant cette chanson je pense à mon cheval durant mon enfance mais j’imagine aussi l’histoire de Barbara Taylor – The Tent Girl. On ne sait pas trop si elle s’est enfuie de chez elle mais on ne sait pas exactement où elle était les derniers jours avant sa mort, on l’a aperçu pour la dernière fois dans la ville où j’ai grandi. Donc j’ai pris des tranches de vie de ces différentes histoires et voilà…

Tu étais gamin quand on a retrouvée cette femme ?

M.B. : On l’a retrouvé en 1968 (rires) donc non. Ce qui était intéressant dans cette histoire c’est que personne n’a su qui elle était pendant environ 30 ans après sa mort. Après un homme qui pensait savoir qui elle était a obtenu le droit d’exhumer le corps et de faire des tests ADN et confirmer son identité. Je n’étais pas né lorsqu’elle est morte.

Tu as dit que tu vis à présent à Brooklyn, est-ce que tu as là-bas des amis musiciens ?

M.B. : Oui… en fait j’ai une tonne de super amis (rires). Une de mes préférées, c’est Sharon Beneton. Ses chansons  sont géniales mais sa voix plus encore est fascinante. Je ne peux pas dire à qui elle ressemble, mais sa voix porte tellement… c’est vraiment une de mes préférées. Qui d’autre ? Il y a énormément de très bons musiciens qui jouent dans différents groupes. Je joue souvent avec deux frères, Jay et Alex Foot. Jay joue de la upright basse et Alex de la guitare. Récemment nous avons beaucoup joué en trio. Ils sont vraiment géniaux. Laisse moi trouver d’autres groupes… hem Cristal Stilts est excellent, John Black, Lewis and Clark… pas exactement de New York, mais ils sont bons quand même (rires) ! She Keeps Bees en est un autre, un duo et… il y en a tellement !

Sur ce dernier album, tu as collaboré avec Alela Diane et Mariee Sioux, c’est nouveau ? Tu aimerais continuer de travailler avec des voix féminines ?

M.B. : Oui, Alela interprète un titre sur le dernier, et Mariee chante sur le dernier et le précédent aussi. Je crois que ces voix complètent bien la mienne. J’aimerais réentendre mes chansons sans les voix juste pour voir (rires). Il y a aussi d’autres interprètes comme Angel (Deradoorian, ndt), elle est aussi vient d’un autre groupe génial de New York – des Dirty Projectors que j’aime beaucoup – mais elle chante entièrement sur Sheltering Dark tout au long du titre, sans aucune harmonie. Et lorsque je mixais l’album et que j’ajoutais ma voix, je n’arrêtais pas de penser « cette voix est mieux que la mienne ! » (rires), c’est plus marrant d’écouter les autres (rires).

Lorsque je t’ai vu la première fois, je sortais du concert de Mariee Sioux et je n’avais pas reconnu que c’était la même qui chantait sur ton album, sa voix était différente.

M.B. : Tu as raison, j’ai adoré notre collaboration. Je crois que les gens chantent différemment suivant leurs collaborations. Je chante très calmement et elle réalise des chansons très différentes de cela habituellement. Il s’est passé la même chose avec Alela. Pour le titre avec Alela, elle l’a enregistré lorsqu’elle est passée à New York. Et lorsque je lui ai fait écouter le montage final elle m’a demandé quelle fille chantait (rires) ! Et je lui ai répondu que c’était elle (rires) ! La façon dont elle chante est très calme, nos façons d’enregistrer sont très différentes, là on était dans une toute petite pièce, elle chantait très calmement donc je crois qu’elle n’était pas dans ses conditions habituelles, ça a modifié sa voix et c’est probablement la même chose qui s’est passé avec Mariee. Je crois que c’est d’ailleurs ce qui fait un bon chanteur, capable de chanter différemment, de s’adapter aux chansons au lieu de faire seulement ce qu’il a l’habitude de faire.

… et sans transition (rires) tu joueras la semaine prochaine avec Troy Von Balthazar au Nouveau Casino, est-ce que tu l’as déjà rencontré ?

M.B. : Non je ne l’ai encore jamais rencontré. Mais je suis assez impatient car j’aime beaucoup ce qu’il fait. Je l’ai vu dans quelques spectacles et c’était bien (rires).

Tu prévois de faire quelques titres avec lui ?

M.B. : (rires) J’y avais pas réfléchi mas oui ce serait génial ! Je ne sais pas du tout si on aura cette possibilité ! Viens le 17 pour vérifier toi-même (rires) !

Et pour finir, pourrais-tu me dire quels sont les 3 derniers albums que tu as écouté et qui t’ont marqués ?

M.B. :  J’ai écouté The Pupils de Daniel Higgs et un autre qui viennent tous les deux du groupe de post-punk Lungfish. C’est sorti en 2002 ou 2003 mais je viens seulement de l’écouter (rire). J’ai aussi écouté un artiste de Californie, Garrett Pierce, il sort un nouvel album en ce moment même, ça s’appelle All Masks. Ses titres sont supers et une tonne de supers artistes y ont participé. Et pour finir je recommanderais le nouvel album de Jolie Holland, The living and the Dead, et je ne dis pas ça parce que c’est mon amie (rires). J’adore sa voix mais son écriture est tellement géniale, c’est rare et généreux, je dirais qu’il faudrait l’écouter un million de fois… ! (rires)

Fin du quart d’heure, le rayon de soleil se cache, je raccompagne Matt chez Zamora, il me raconte ses mésaventures liées au jetlag de la veille et ses interrogations quant à la pertinence de ses interventions sur d’autres radios… Radio Campus Paris est finalement la première radio à vraiment s’intéresser à lui en France, ahahah…

Petite digression sur la barbe : après avoir testé la douceur soyeuse de la barbe de Sébastien Tellier, celle de Matt Bauer était plus rêche mais aussi plus moelleuse… 

Pour le plaisir des oreilles, la sélection musicale de Matt Bauer , du punk, du rock, de la folk… bien énergique dans l’ensemble pour quelqu’un d‘aussi calme et doux.

www.myspace.com/crystalstilts

www.myspace.com/shekeepsbees

www.myspace.com/lewisclarke

www.myspace.com/dirtyprojectors

www.myspace.com/garrettpiercemusic

www.myspace.com/jolieholland

CHINESE MAN @ La Maroquinerie Vs YUKSEK @ La Cigale

In Chroniques Concerts on avril 10, 2009 at 11:12

Artistes français / Electro / 09/04/2009

Incapable de me décider entre deux concerts ce jeudi soir, j’ai finalement choisi d’aller voir un bout de chaque. Verdict express.

Chinese Man : ils sont trois, leur électro groove et funk comme il faut. Mise en scène intimiste vous plongeant sous une pagode, de lanternes chinoises ornent la scène un peu partout. Il faut souligner un Vj-ing de très grande qualité, utilisant à la fois collages, pâte à modeler, animations psychédéliques, superposition de films et dessins animés… La musique est de qualité, le public très réceptif, et cerise sur le gâteau, le Vj-ing est en 3 dimensions grâce aux ports de lunettes gracieusement distribuées à l’entrée.

Un reproche cependant, hormis du sample, rien de très « live » finalement, les mecs connaissent leurs samples et leurs effets par cœur, chantonnent en agitant les bras… Ca sent la préparation un peu trop poussée, c’est finalement un peu trop lisse… Et surtout, comparé à l’album ça n’apporte pas grand chose de plus.

Pas encore totalement conquise… 7/10

Yuksek : j’arrive au milieu de sa prestation et il ne me faudra pas plus de 15 secondes pour entrer dans le show. Ici le public est plus propre sur lui (genre droite chaudasse), se tient comme un public parisien – c’est-à-dire statique alors qu’on leur balance de l’electro dansante – je commence à regretter d’être venue. Mais il suffit de regarder le jeune Rémois se dépatouiller tout seul sur scène pour comprendre que le spectacle vaut le détour. Ici aussi tout est très préparé, mis en scène de manière un peu mégalo (pyramide de néons clignotant son nom), tables de mixages à la verticale, synthés et ordi en arc de cercle, Yuksek est cerné de machine, il n’a plus qu’à jouer et on sent qu’il prend du plaisir à le faire.

Première satisfaction, Yuksek a un micro et ne se contente pas de passer ses samples. Sa voix vocodée épouse les volutes sonores de ses titres. Parenthèse virant à la techno, le public s’agite toujours aussi mécaniquement, je commence à m’ennuyer. J’ai alors une idée qui a sauvé ma soirée, je chausse les lunettes rouges et bleues de Chinese Man et regarde soudain le spectacle d’un œil meilleur. Après tout, la pochette de l’album de Yuksek met bien en valeur ces lunettes… il devrait en distribuer !

Rappel ultra-préparé, Yuksek ne jouera qu’un titre mais c’est assurément le meilleur de son album. Il revient donc accompagné de la première partie Bewitched Hands On The Top Of Our Head (que je regrette de ne pas avoir vu) et ils interprètent tous ensemble Away From The Sea.

De l’electro accessible pour un public un peu jeune et ignare, mais un excellent moment… pas assez convaincue cependant pour suivre à l’aftershow au Social Club.  7/10

Conclusion : voir deux spectacles dans la même soirée ce n’est jamais une bonne idée, Chinese Man devrait céder son idée des lunettes à Yuksek, lequel pourrait en retour leur apprendre à chanter un peu pour animer leurs spectacles…

Crédits photos : Michaurel and Romain Bourven

AU REVOIR SIMONE – Still Night, Still Light

In Chroniques Musique on avril 8, 2009 at 3:42

Trio américain / Pop Aérienne / Moshi Moshi – Cooperative Music

 

Deux ans après The Bird of Music, les Au Revoir Simone remettent ça avec un album printanier toujours aussi léger…

Ce nouvel album a un titre de plus que le précédent mais est moins long… arf. Ça commence moyen c’histoire… A priori, il ne faut pas s’attendre à un grand renouvellement de la part des trois Miss de Brooklyn, d’ailleurs la couleur est annoncée dès le début, il ne s’agit que d’une Another likely story. On retrouve donc les claviers, les voix claires en chœur, la boite à rythmes… et leurs thèmes favoris reviennent également : la perte amoureuse, le questionnement, l’inquiétude, la solitude…

Mais si on pouvait se montrer sceptiques à l’idée de se faire à nouveau envahir par la vague électro aérienne américaine copiée-collée de nos frenchies Air (dont elles avaient d’ailleurs assuré les premières parties), on ne peut finalement que succomber une fois de plus et se laisser embarquer dans les épopées éthérées d’Au Revoir Simone. Knight of Wands révèle vos rêves les plus enfouis de Magicien d’Oz, Take Me As I Am est ce vous aimeriez dire en cas de scène de ménage et Organized Scenary vous plonge dans un délicieux sommeil lorsque vous peinez à le trouver.

Douze titres qui fleurent bon le soleil, les arbres bourgeonnants et les robes légères en coton s’agitant dans la brise matinale, délicatement parfumées de senteurs boisées. A écouter à la tombée de la nuit, appuyé à la balustrade de la fenêtre de votre chambre. Fermez les yeux et, oui, vous sentirez la morsure des températures qui déclinent légèrement après une belle journée… Still Light, Still Night.

Note : 8/10

THE NOTWIST @ Trabendo

In Chroniques Concerts on avril 6, 2009 at 2:55

Groupe allemand / Rock – Electro / 05/04/2009

Après que le trio Saroos a assuré une excellente première partie, les cinq allemands de The Notwist ont honoré le spectacle qu’ils avaient annulé en décembre dernier. Assurément l’un des meilleurs concerts de l’année.

Il y a plusieurs choses fascinantes dans The Notwist. D’abord leur grande capacité de renouvellement musical. Ingénieux, créatifs et appliqués, ces allemands ont réussi à éviter l’écueil d’un Radiohead ou d’un Flamming Lips : savoir dépasser ce qu’on considérait déjà comme un chef d’œuvre. Après Kid A point de Salut pour Radiohead (je vais encore me faire des amis moi…), mais après Neon Golden (2002), The Notwist nous a scotché avec The Devil, You + Me (2008). Alors sur scène forcément, c’est aussi génial. Ils ne sont que cinq mais leurs instrumentations ont la complexité d’un orchestre, ils évoluent entre leurs différents instruments (claviers, guitare, basse, voix…) avec une habilité déconcertante. Et si le batteur ne quitte pas son poste, sa batterie semble être un prolongement de son bras… Et surtout il y a cette fantastique réinterprétation de l’utilité de la console de jeux la plus familialo-ringarde : la Wii. Qui aurait cru qu’on pourrait un jour magnifié cet outil de la sorte ? Martin Gretschmann crée des accompagnements électro en direct à l’aide de 2 remote à ses poignets, durant deux heures le public fasciné du Trabendo a pu observer, médusé, un homme grand et filiforme semblant faire des incantations en gesticulant les bras.

Air du temps qui change ou public averti, plus de la moitié des présents portaient des filtres audio pour mieux apprécier le spectacle. Et ce n’était pas de trop pour pouvoir profiter des simili-improvisations permanentes sur chaque titre. Rien à voir avec les disques, ici les titres sont réinterprétés en permanence. A noter ce merveilleux edit de plus de vingt minutes de Pilot qui a évolué en électro minimale avant de revenir à du rock. Vous aviez oublié qu’ils sont allemands ? Voilà qui est réparé !

Ces gens là ne sont pas de notre planète, il y a bien quelque chose de rageant et de démoniaque dans cette électro-folk triste, une fureur rentrée qui rappelle leur passé punk (comme l’indique encore leur myspace d’ailleurs). Et pour couronner le tout, comme si nous n’en avions pas pris assez pour notre grade, The Notwist s’est payé de luxe de faire un rappel de quarante minutes.

La perfection au delà de la perfection, ça existe presque, du moins est-on tenté de le penser avec ce groupe… Qu’ajouter à cela sinon qu’il faut vous précipiter sur la prochaine vente de billets ?

Note : 9,5/10 (je ne peux pas mettre 10 car les éclairages faisaient un peu mal au crâne, mais à part cela…)

Crédits photo : Michaurel

Set-liste :

Boneless

Pick Up The Phone

Where In this world

This room

Puzzle

Sleep

On Planet Off

Gloomy Planets

Neon Golden

Pilot

Gravity

The Devil, You + Me

Good Live

Chemicals

One With the Freaks

QUI TOUCHE A MON CORPS JE LE TUE – Valentine Goby

In Chroniques Littérature on avril 6, 2009 at 9:27

Roman français / 2008 / 136 pages

A la lecture du titre, ce livre attrapé par erreur dans un rayonnage ne m’a pas quitté avant le point final. Le titre interpelle, le sujet tout autant, et lorsque c’est une femme qui s’empare du sujet en prime, on ne peut plus reculer.

Heureusement que l’opus est court, ça limite les dégâts est la première idée qui m’a traversé l’esprit en referment le livre. Septième ouvrage de cette jeune auteure, pas de raison d’être clément quant à la qualité d’écriture et de narration. Descriptions trop abondantes, énumérations à n’en plus finir, comparaisons surfaites… on peut reprocher beaucoup de détails à Valentine Goby qui ne propose pas un roman fluide mais une écriture chaotique et cahotante parfois un peu pénible.

Cependant, rapporté au sujet dont traite l’ouvrage, il s’agit d’une écriture finalement assez subtile. Trois personnes ont en commun la mort. L’une – Marie G . alias Marie-Louise Giraud, seule femme de France à avoir jamais été condamnée pour être faiseuse d’anges et parallèlement mère de deux enfants – va avoir la tête tranchée. L’autre – Lucie L. – ne vit plus depuis qu’elle s’est débarrassée de son deuxième fœtus. Le troisième enfin – Henri D. alias Jules-Henri Desfourneaux, exécuteur servile responsable de plus de 350 têtes dans le panier – est le bourreau ayant la lourde charge d’exécuter la première. Nous sommes en France il n’y a pas si longtemps. 1943. La narration est à la fois intérieure et extérieure et si l’on peut se demander si ce choix est pertinent, il apparaît rapidement assez intéressant. Parce que Valentine Goby est une femme. Elle peut comprendre ce qu’est la construction ou la perte d’une chose à l’intérieur de soi. Qu’une femme, même sous le Régime Travail-Famille-Patrie peut avoir envie de ne pas fonder de famille. Que la sacralisation de la mère est un des maux les plus graves du statut de la femme. Et que ce sujet est malheureusement toujours d’actualité. Elle ne peut en revanche qu’imaginer ce qui se passe dans la tête d’un bourreau, un homme qui a perdu son fils (suicide) mais qui continue machinalement d’ôter des vies. C’est bien le thème de la liberté qui s’ébauche peu à peu : liberté de vie ou de mort sur son corps et sur le corps des autres. On exécute la femme qui fait avorter mais pas les femmes qui avortent ? On ne peut pas à la fois avorter, faire avorter et être une bonne mère ? Dans quelles mesures peut-on légiférer, dans quelles limites ? Pour quels résultats et quelles souffrances / joies ? Toutes ces questions sont comme les soubresauts de l’écriture de V. Goby, complexes et indigestes.

Mi-fiction, mi-documentaire, V. Goby a très probablement pris plus de plaisir à rédiger son roman que ses lecteurs à le lire. Elle aborde néanmoins un sujet toujours épineux de nos jours. Aujourd’hui, en France, la peine capitale est abolie, l’avortement est autorisé sous cadre juridique strict (limite entre avortement et infanticide). La culpabilité de ne pas être mère elle, demeure. Celle de ne pas parvenir à être de “bons parents” également. Résolution partielle d’un problème, qui en fait surgir de nouveaux : la question de l’euthanasie, de l’internement psychiatrique, de la détention à vie… On a encore du pain sur la planche.

Note : 7/10

KRAZY BALDHEAD – The B Suite

In Chroniques Musique on avril 4, 2009 at 11:43

Dj français / Electro / Ed Bangers – Because

Ed Banger sait régulièrement redorer son blason un peu trop fluokids en livrant de belles productions électro. Pierre-Antoine Grison, aka Krazy Baldhead, fait partie de ceux-là. Après des remixes (dDamage, Aufgang) et des EP’s (Bill’ s Break – 2004 et Dry Guillotine – 2007) très efficaces depuis 2004, voilà enfin le premier album solo, orné de quelques collaborations intelligentes.

The B Suite comporte seize titres présentés avec une géométrie parfaite en quatre mouvements, rappelant par là la formation classique de l’artiste. Quatre thèmes donc, aux pieds simples et rigoureux, déclinés avec brio grâce aux incorporations de jazz, hip-hop (Third Movement – First part) ou funk. Le Second Movement – Second Part offre à cet égard une belle synthèse des genres. L’album s’écoute en entier, pas de zapping de titres, la progression s’apprécie dans sa totalité. Le quatrième mouvement présente les titres les plus intéressants, paradoxalement moins mainStream, adoptant presque des rythmiques post-rock, jouant de décompositions et distorsions sonores, réintégrant des plages de scratch, pour terminer sur un featuring de Beat Assaillant assez réussi au cut très sec.

Ed Banger Records a encore quelques atouts en main, Krazy Baldhead ne devrait pas avoir de difficultés à trouver sa place sur la scène électro. Avec des influences à mi-chemin entre les Chemical Brothers et Miles Davis ou Bill Evans, son album electro a la capacité de réconcilier des genres parfois fâchés, c’est aussi ça la tolérance sur un dancefloor… Nul doute que la suite de la B suite sera tout aussi intéressante.

Note : 8/10

TOY FIGHT – Peplum

In Chroniques Musique on avril 3, 2009 at 1:55

Groupe parisien / Pop-rock / Cityslang

Trois ans qu’on attendait la suite des aventures d’un groupe parisien qui mérite d’être connu et reconnu… Sébastien Broca, David Simonetta et Maxime Chamoux passent avec brio le périlleux exercice du second opus.

Sortir un bon premier album lorsqu’on est un groupe de rock-pop parisien, ce n’est pas gagné. Il faut éviter le piège des baby-rockers (Second Sex, BB Brunes …ou pire, les Naast) et des groupes bankable dénaturés (The Do). Mais également se démarquer des proches ainés talentueux (Syd Matters). Autoproduit, le premier opus de Toy Fight (Anagram Dances) avait ravi nos oreilles en 2006, restait alors l’épreuve la plus difficile : le retour de bâton de la critique lors du second album labellisé. Après avoir longtemps hésité à tout plaquer, le groupe livre finalement seize titres qui vous embarquent dans une aventure musicale, entrecoupée de trois teasers d’une demi-minute (David Simonetta présente, Maxime Chamoux présente et Sébastien Broca présente).

Dans un bon Peplum, il y a d’abord des costumes. La pop de Toy Fight s’est parée de tous les atours nécessaires pour livrer bataille à la médiocrité : voix, guitares, mandoline, banjo, glockenspiel, piano, farfisa, claviers, mélodica… Et puis, pour mieux se battre, notre trio a recruté trois nouvelles têtes pour leur prêter main forte : Bertrand Faure-Brac (bassiste ingénieux), Jean « Jaune » Thévenin (batteur humble), et Pauline De Lassus (voix féminine bienvenue).

Après évidemment, il faut des grands discours de valeureux guerriers, toujours un peu mystérieux et très poétiques. Le respect des aînés d’abord, la britpop, le Velvet Underground, la vague scandinave sont des influences qui sont respectées sans être plagiées ou dénaturées. Les paroles aussi, encore une fois notre groupe parisien s’en sort très bien : lorsqu’on chante dans une autre langue que son langage maternel, on ne conceptualise pas exactement les idées comme un natif le ferait. Cela donne lieu à des paroles fantastiques et surprenantes (Les Indes Noires) et terriblement craquantes (Golden Make Up).

Enfin, dans tout Peplum se dissimule toujours une histoire d’amour. La déclaration de Toy Fight va droit au cœur, ils aiment trop la musique pour la quitter. Dépêchez-vous donc de les accueillir comme il se doit, le paysage musical de notre vieille capitale en a bien besoin.

Toy Fight était un trio autoproduit, trois ans après c’est un beau groupe signé chez Cityslang. Bis repetita placent, ce second opus est leur victoire.

Note : 8,5/10

Retrouvez aussi : l’interview et la chronique du concert