MATT BAUER – interview café serré au Père Lachaise

By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord

avr 14 2009

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Catégorie: Papotages...

1 Commentaire

Paris, 9 avril, début d’après midi. Il fait beau, je retrouve Matt Bauer aux pieds du cimetière du Père Lachaise. Toutes les terrasses de cafés sont prises d’assaut étant donné que le soleil a décidé de pointer le bout de son nez. Je demande à Matt Bauer s’il sait qui est Bashung – qui vient d’être enterré quelques semaines plus tôt – il n’en a jamais entendu parler. Alors je lui raconte les grandes lignes et il prend des notes, consciencieusement. 


Interview café serré, mal préparée.

Salut Matt, comment tu te sens ici à Paris, ça va ?

M.B. :  C’est super, j’aime vraiment cette ville. J’ai de la chance c’est une très belle journée de printemps. C‘est ma troisième fois depuis l’année dernière. J’ai l’impression que les gens sont très gentils et j’ai toujours passé des super moments.

Est-ce très différent de Brooklyn – où tu vis maintenant – ou du Kentucky – où tu as grandi ?

M.B. :  Oui c’est sûr que mon enfance dans le Kentucky à la campagne, près d’une petite ville et également très différent de Brooklyn. New York est aussi une grande ville mais les atmosphères sont très différentes.

Revenons au Kentucky, et parlons de la pochette de ton album. J’ai lu que c’était inspiré du fait divers de The Tent Girl. Lorsqu’on la regarde la première fois, c’est assez frappant. Tu tiens une jeune femme dans tes bras, elle semble morte. Je me demandais si la fille que tu tiens est The Tent Girl, si pour toi la fille est morte ou est-ce qu’elle vit encore ? Est-ce plein d’espoir ou bien de tristesse ?

M.B. :  Je crois que c’est plein d’espoir, sur la pochette je suis censé trouver The Tent Girl et la sortir de l’eau. C’est une fiction car on l’a trouvé emballée dans un drap qui l’empêchait d’être vue. La question reste ouvert car certains pensent que je sauve cette fille et d’autres pensent – vu ma tête (rires) – que je l’ai tuée ou que je la retrouve morte.

Pour moi elle vit, mais c’est parce que j’ai écouté l’album… Car lorsqu’on reçoit le disque au départ, c’est un peu inquiétant. Je me suis demandée quel genre de musique allait ressortir d’un disque avec une telle pochette. Tu as choisi cette image ?

M.B. :  Oui je suis très satisfait de la pochette – réalisée par mon ami Michael Kennedy. On a fait cette série de photos parce que je n’aime pas les photos de promo ou les pochettes classiques des groupes actuels, du style des mecs sont appuyés à un mur et un type les prend en photo comme ça. On voulait quelque chose qui ressemble à la fois à une image extraite d’un film et qui inspire une musique.

Un de mes titres préférés dans ton album est Rose and Vine, Tu peux m’en dire un peu plus à ce propos ?

M.B. :  L’histoire de Rose and Vine – comme toutes mes chansons – est en partie vraie et en partie fictive. J‘aime mélanger 2 ou 3 histoires et qu’il en ressorte une nouvelle version. Rose and Vine est à propos d’un ado qui fuit la maison et il va voir les chevaux et monte une dernière fois avant de partir. Et ma mère et moi avions un cheval que nous avons élevé. Donc pendant cette chanson je pense à mon cheval durant mon enfance mais j’imagine aussi l’histoire de Barbara Taylor – The Tent Girl. On ne sait pas trop si elle s’est enfuie de chez elle mais on ne sait pas exactement où elle était les derniers jours avant sa mort, on l’a aperçu pour la dernière fois dans la ville où j’ai grandi. Donc j’ai pris des tranches de vie de ces différentes histoires et voilà…

Tu étais gamin quand on a retrouvée cette femme ?

M.B. : On l’a retrouvé en 1968 (rires) donc non. Ce qui était intéressant dans cette histoire c’est que personne n’a su qui elle était pendant environ 30 ans après sa mort. Après un homme qui pensait savoir qui elle était a obtenu le droit d’exhumer le corps et de faire des tests ADN et confirmer son identité. Je n’étais pas né lorsqu’elle est morte.

Tu as dit que tu vis à présent à Brooklyn, est-ce que tu as là-bas des amis musiciens ?

M.B. : Oui… en fait j’ai une tonne de super amis (rires). Une de mes préférées, c’est Sharon Beneton. Ses chansons  sont géniales mais sa voix plus encore est fascinante. Je ne peux pas dire à qui elle ressemble, mais sa voix porte tellement… c’est vraiment une de mes préférées. Qui d’autre ? Il y a énormément de très bons musiciens qui jouent dans différents groupes. Je joue souvent avec deux frères, Jay et Alex Foot. Jay joue de la upright basse et Alex de la guitare. Récemment nous avons beaucoup joué en trio. Ils sont vraiment géniaux. Laisse moi trouver d’autres groupes… hem Cristal Stilts est excellent, John Black, Lewis and Clark… pas exactement de New York, mais ils sont bons quand même (rires) ! She Keeps Bees en est un autre, un duo et… il y en a tellement !

Sur ce dernier album, tu as collaboré avec Alela Diane et Mariee Sioux, c’est nouveau ? Tu aimerais continuer de travailler avec des voix féminines ?

M.B. : Oui, Alela interprète un titre sur le dernier, et Mariee chante sur le dernier et le précédent aussi. Je crois que ces voix complètent bien la mienne. J’aimerais réentendre mes chansons sans les voix juste pour voir (rires). Il y a aussi d’autres interprètes comme Angel (Deradoorian, ndt), elle est aussi vient d’un autre groupe génial de New York – des Dirty Projectors que j’aime beaucoup – mais elle chante entièrement sur Sheltering Dark tout au long du titre, sans aucune harmonie. Et lorsque je mixais l’album et que j’ajoutais ma voix, je n’arrêtais pas de penser « cette voix est mieux que la mienne ! » (rires), c’est plus marrant d’écouter les autres (rires).

Lorsque je t’ai vu la première fois, je sortais du concert de Mariee Sioux et je n’avais pas reconnu que c’était la même qui chantait sur ton album, sa voix était différente.

M.B. : Tu as raison, j’ai adoré notre collaboration. Je crois que les gens chantent différemment suivant leurs collaborations. Je chante très calmement et elle réalise des chansons très différentes de cela habituellement. Il s’est passé la même chose avec Alela. Pour le titre avec Alela, elle l’a enregistré lorsqu’elle est passée à New York. Et lorsque je lui ai fait écouter le montage final elle m’a demandé quelle fille chantait (rires) ! Et je lui ai répondu que c’était elle (rires) ! La façon dont elle chante est très calme, nos façons d’enregistrer sont très différentes, là on était dans une toute petite pièce, elle chantait très calmement donc je crois qu’elle n’était pas dans ses conditions habituelles, ça a modifié sa voix et c’est probablement la même chose qui s’est passé avec Mariee. Je crois que c’est d’ailleurs ce qui fait un bon chanteur, capable de chanter différemment, de s’adapter aux chansons au lieu de faire seulement ce qu’il a l’habitude de faire.

… et sans transition (rires) tu joueras la semaine prochaine avec Troy Von Balthazar au Nouveau Casino, est-ce que tu l’as déjà rencontré ?

M.B. : Non je ne l’ai encore jamais rencontré. Mais je suis assez impatient car j’aime beaucoup ce qu’il fait. Je l’ai vu dans quelques spectacles et c’était bien (rires).

Tu prévois de faire quelques titres avec lui ?

M.B. : (rires) J’y avais pas réfléchi mas oui ce serait génial ! Je ne sais pas du tout si on aura cette possibilité ! Viens le 17 pour vérifier toi-même (rires) !

Et pour finir, pourrais-tu me dire quels sont les 3 derniers albums que tu as écouté et qui t’ont marqués ?

M.B. :  J’ai écouté The Pupils de Daniel Higgs et un autre qui viennent tous les deux du groupe de post-punk Lungfish. C’est sorti en 2002 ou 2003 mais je viens seulement de l’écouter (rire). J’ai aussi écouté un artiste de Californie, Garrett Pierce, il sort un nouvel album en ce moment même, ça s’appelle All Masks. Ses titres sont supers et une tonne de supers artistes y ont participé. Et pour finir je recommanderais le nouvel album de Jolie Holland, The living and the Dead, et je ne dis pas ça parce que c’est mon amie (rires). J’adore sa voix mais son écriture est tellement géniale, c’est rare et généreux, je dirais qu’il faudrait l’écouter un million de fois… ! (rires)

Fin du quart d’heure, le rayon de soleil se cache, je raccompagne Matt chez Zamora, il me raconte ses mésaventures liées au jetlag de la veille et ses interrogations quant à la pertinence de ses interventions sur d’autres radios… Radio Campus Paris est finalement la première radio à vraiment s’intéresser à lui en France, ahahah…

Petite digression sur la barbe : après avoir testé la douceur soyeuse de la barbe de Sébastien Tellier, celle de Matt Bauer était plus rêche mais aussi plus moelleuse… 

Pour le plaisir des oreilles, la sélection musicale de Matt Bauer , du punk, du rock, de la folk… bien énergique dans l’ensemble pour quelqu’un d‘aussi calme et doux.

www.myspace.com/crystalstilts

www.myspace.com/shekeepsbees

www.myspace.com/lewisclarke

www.myspace.com/dirtyprojectors

www.myspace.com/garrettpiercemusic

www.myspace.com/jolieholland

One comment on “MATT BAUER – interview café serré au Père Lachaise”

  1. Il sera en concert à Lyon, au Kao, ce jeudi 23 avril, avec, excusez du peu, Hugh Coltman et H-Burns. Ca promet une belle soirée folk tout ca!


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