BABY DOLL @ Théâtre de l’Atelier

De Tennessee Williams – mise en scène Benoît Lavigne / 2009

Comme toutes les pièces de Tennessee Williams, Baby Doll met en scène des personnages sur qui le lourd soleil tape un trop sur la tête. Mi-bons, mi-mauvais, ces êtres nous plongent au cœur de l’Amérique profonde des années 40, avec ses rixes entre fermiers, ses mariages arrangés… Baby Doll est une jeune femme-enfant, on l’a mariée trop jeune, elle n’était pas prête et en fait voir de toutes les couleurs à son cuistre de mari, le fermier ruiné Archie Lee. En revanche, le voisin plus jeune et d’origine italienne, M. Silva Vaccaro, ne la laisse pas indifférente…

Au delà du texte, joué ici dans une traduction et adaptation intéressante, les décors sont assez intelligents et exploitent bien le Théâtre. La Maison d’Archie comporte le rez-de-chaussée, la chambre d’enfant et le grenier à l’étage. Quelques portes, une carcasse de voiture… le tout est en bois, respectant l’esprit des constructions américaines. Benoît Lavigne est avant tout cinéaste, cela se voit, les scènes et décors sont pensés plan par plan.

Mais il faut souligner des incohérences et fautes notoires qui font que cette pièce n’est pas à la hauteur de ce qu’on pouvait espérer. Tout d’abord, nous sommes au cœur de l’Amérique en été, il fait une chaleur écrasante. Si les jeux de lumières respectent correctement les variations solaires, le jeu d’acteur ne convient absolument pas : cris permanents, énervements, cavalcades… Le rythme impulsé est bien trop rapide, les personnages sont censés étouffer. Seule la trouvaille de la pompe à eau et du jeu aquatique qui s’ensuit est crédible. Notons également que l’univers sonore aurait pu être bien mieux développé.

A cela s’ajoute un choix d’acteurs maladroit pour moitié. Archie Lee (Chick Ortega) joue atrocement mal, oubliant d’articuler et de faire sortir des expressions de son corps. Baby Doll (Mélanie Thierry) surjoue toute la première partie de la pièce, est usante et crispante alors que son rôle lui demande d’être facétieuse et insoumise. La seconde partie de la pièce est largement plus réussie grâce à l’arrivée de Silva (Xavier Gallais) qui a su lui faire ressortir tout la piquant des textes, la souplesse des gestes et de l’esprit de ce jeune immigré italien attendri par Baby Doll.

Une interprétation de Baby Doll séduisante mais qui manque d’un peu de piquant du fait d’une première partie mal interprétée et d’une grave erreur de casting (Mélanie Thierry est parasitée par son mauvais chanteur de mari…).

Note : 6,5/10

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