Film germano-britannique / Comédie biopic / 2009
Au moment où le CSA se targue d’imposer la RNT (Radio Numérique Terrestre) comme nouvelle norme d’ici 2012 et pense supprimer la fm d’ici un même laps de temps ; le talentueux Monsieur Curtis revient sur une autre page de l’histoire de la radio, la disparition des radios pirates en Grande Bretagne à l’aube des années 70.
Affublé d’un titre ridiculement « anglicisé » en français (le titre original étant The Boat That Rocked), je n’ai pas grand-chose de plus à dire que Rob Gordon sur ce film très agréable que j’aurais adoré voir sortir en feuilleton télé.
Note : 8 ,5/10
En revanche, en tant que Vice-présidente d’une Radio Indépendante, je n’ai pu m’empêcher d’avoir un pincement au cœur particulier pendant le film. Si les clopes et l’alcool n’ont plus le droit de séjour dans les studios depuis bien longtemps (la coke elle, a encore des accès VIP), le matériel n’a qu’assez peu changé à cela près qu’on passe surtout des titres numériques contre quelques vinyles. Les radios pirates ont rendu l’âme après que le gouvernement s’est acharné à les faire disparaître. Aujourd’hui un scénario similaire se joue : le passage à la radio numérique sera si coûteux que seules les ondes de classe B (dans une logique mercantile donc) pourront se permettre un tel investissement. Cela signifie clairement une disparition progressive des programmes radiophoniques originaux, produits dans le seul but de leur qualité, leur originalité et leur diversité ; ils sont voués à disparaître ou au mieux, à être relégués à des heures de faible écoute.
Il y a trente ans, le message des radios pirates était que les gouvernements pouvaient pondre toutes les lois qu’il leur plairait, la musique rock ou pop ne mourrait pas pour autant, bien au contraire. Aujourd’hui, le rock et la pop sont bien présents sur les ondes, mais leur diversité n’est que très peu mise en valeur. Le pont de plus en plus fréquent entre les animateurs radios et leur apparition sur des chaînes télévisées privées de piètre qualité (comme M6 ou TF1) n’est qu’un indicateur parmi d’autres : les mêmes animateurs sont présents à l’antenne et sur les écrans plats (Le Mouv’, France Inter ou France Culture se prêtent allégrement à ce petit jeu pitoyable).
Lorsque Nova introduit un nouveau titre à sa playlist, Radio Campus Paris en insère une centaine. Et pourtant ceux qui écoutent Nova, ils ont déjà l’impression que la playlist est plus originale que celle de Skyrock ou NRJ… Cela laisse imaginer ce que seront les programmes en 2012 : lisses, uniformes, sans âme. Un peu comme ces derniers jours où tous les canaux se sont sentis obligés de passer du Michael Jackson en boucle…
Je ne suis pas si pessimiste, je ne pense pas que le monde radiophonique va s’écrouler totalement. La fm ne disparaîtra pas aussi facilement que le pense le CSA et les lobbys qui vont avec. Et les nouvelles habitudes de podcast des émissions donneront aux web-radios un avenir à la résonnance différente, sinon plus radieux. Aujourd’hui cet esprit de résistance à une logique du « produire plus pour rapporter plus » est certes organisé et solide mais absolument pas médiatisé. Le mythe du village d’irréductibles Gaulois résistant à l’expansion romaine ne cessera jamais de vivre, il faudra simplement faire des efforts de plus en plus importants pour parvenir à entretenir la diversité et l’exclusivité des programmes.
Le plus beau moment de ce film se situe pour moi à la toute fin du générique, lorsque chaque animateur raccroche son casque. Chacun quitte le studio très différemment car chacun s’occupe de musique et de propos très différents. Mais tous le font comme s’ils venaient de faire leur émission pour la dernière fois. Si pour continuer de préserver cet esprit d’une radio éclectique et surprenante je dois rentrer dans la case des marginaux, alors comptez là-dessus, je n’ai pas peur des étiquettes, pas plus que des menaces de licenciement, je suis déjà au chômage sans indemnités comme beaucoup trop de jeunes diplômés en France…
Jeudi 11 décembre 2008, je viens de renverser mon café sur les rails pour réussir à attraper le TGV, début d’une journée bien remplie. Il est à peine 8h30 et je tente de reprendre mon souffle. Lorsque je regagne ma place, l’homme en face de moi me dévisage, un sourire bienveillant au coin des lèvres. Ses yeux noirs pétillent, il discute avec entrain avec ses deux collègues, son français est impeccable. Nous plaisantons depuis trente minutes lorsque je réalise que si ce visage m’est familier, c’est simplement parce qu’il fait toutes les couvertures des magazines littéraires de ces dernières semaines : j’ai pour interlocuteur pendant les quatre heures à venir Atiq Rahimi, le nouveau Prix Goncourt. Six mois plus tard, j’ai dévoré Syngue Sabour avec autant d’entrain et cette même impression de bien-être que lors de cette rencontre impromptue.
Chacun a encore en tête L.E.S. Artistes de Santigold et la reprise qu’en avait fait Lilly Wood and the Prick est probablement l’une des plus touchantes. Derrière ce patronyme au nom dans la mouvance des groupes anglo-saxons de pop – folk actuels (Tilly and the Wall, Noah and the Whale…) se cache un jeune couple parisien, Ben et Nili. Leur premier EP mérite d’être chroniqué pour des tas de raisons.
Dans la série Je suis jeune et je veux bouger mon corps sur autre chose que punk-hardcore de mauvaise facture ou de l’electro sans âme, Kap Bambino constitue un bon exemple français d’une relève énervée de qualité.
Le jour de mon cinquième anniversaire, ma mère m’a offert un livre sur Calder, me rendant accro à jamais aux mobiles colorés à la fois fragiles et majestueux d’un artiste américain hors-norme. L’exposition consacrée à l’artiste est originale, présentant seulement sa période dans la capitale française durant laquelle il s’est consacré essentiellement à la caricature.
Alors que le Lipopette Bar et son rap-jazz a encore sa place dans les playlistes, Oxmo Puccino livre une nouvelle perle et repart au combat, bien décidé à abattre les idées reçues.
Le soleil, les vacances, la voiture décapotée… et pas de son un peu m’as-tu-vu intéressant à balancer ? Alors optez donc pour le dernier petit AutoKratz des familles et évitez ainsi d’être assimilés à tous ces beaufs et leurs voitures tunées.
Nouvelle curiosité retrouvée grâce au déménagement, Le Livre des Listes date de 1977 (1980 pour l’adaptation) et s’avère aussi inutile qu’instructif. En effet, il s’agit d’une compilation de listes en tous genres, classées selon 20 catégories. Cela rappelle le bon vieux temps des classes prépas où l’on ingurgitait la « culture » à grand coup de bachotage et cela s’apparente parfois à un livre des records…
Si l’on continue notre panorama musical des arrivages estivals 2009, alors nul doute que votre petit corps se déhanchera très prochainement sur Major Lazer. Et si ne suis pas particulièrement adepte des gros lascars et de leurs sons « move your booooooty », je vous rejoindrai cette fois sans peine au milieu du dancefloor.
L’été revient plus ou moins et les productions sexy – fleuries – glossy font comme chaque année leur come back. Alors si l’on vous parle d’une jeune mannequin qui se met à fricoter avec la musique, vous pensez à une australienne et ses tee-shirt blanc… et vous avez tort. Car il y a plus prometteur, il y a Lissy Trullie.
Les déménagements servent à retrouver quelques petits trésors. Il y a plusieurs années, j’avais dévoré d’affilée quatre romans de Nick Hornby (High Fidelity, About a boy, Carton Jaune) je les avais tous apprécié pour des raisons différentes. Mais rétrospectivement, seul How to be good me posait ce problème assez récurent lorsqu’on lit beaucoup : pourquoi donc j’ai aimé ce bouquin ? De quoi ça parle ? Alors lorsque j’ai retrouvé une traduction dans un des cartons, j’ai relu… et je n’ai pas changé d’avis. La Bonté : mode d’emploi compte parmi les belles parures de la collection de bijoux de Nick Hornby.
Tout comme la tradition du cinéma anglo-saxonne se plaisait à dépeindre les problématiques sociales britanniques sous le prisme comique (The Full Monty, Billy Elliot, les Ken Loach ou plus récemment Boy A), on assiste également depuis quelques années à des monographies de quotidiens sordides de l’Amérique profonde tournés en dérision. Ainsi, on avait pu se délecter de l’inattendu Little Miss Sunshine l’année dernière ou, dans un tout autre genre, de Mystic River. Christine Jeffs se frotte à son tour à l’exercice avec Sunshine Cleaning et revisite le monde du nettoyage post-mortem.
Après un album prometteur il y a un an (All The People On The Ship Say), eLdiA sort un EP en avant goût d’un nouvel opus à venir pour l’automne. Des chansons pop-rock qui balancent bien comme il faut.
