
SUNSHINE CLEANING – Christine Jeffs
By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord
Tags:Alan Arkin, Amy Adams, Christine Jeffs, Emily Blunt, film américain, Sunshine Cleaning
Catégorie: des films...
Film américain / Tragi-comédie / 2009
Tout comme la tradition du cinéma anglo-saxonne se plaisait à dépeindre les problématiques sociales britanniques sous le prisme comique (The Full Monty, Billy Elliot, les Ken Loach ou plus récemment Boy A), on assiste également depuis quelques années à des monographies de quotidiens sordides de l’Amérique profonde tournés en dérision. Ainsi, on avait pu se délecter de l’inattendu Little Miss Sunshine l’année dernière ou, dans un tout autre genre, de Mystic River. Christine Jeffs se frotte à son tour à l’exercice avec Sunshine Cleaning et revisite le monde du nettoyage post-mortem.
Le premier problème de Sunshine Cleaning se trouve dans son titre. On nous sert du sunshine à toutes les sauces, comme s’il s’agissait d’un label valorisant (l’affiche ne manque pas de nous rappeler et souligner en gras que les producteurs sont les mêmes que pour l’histoire de la jeune Reine de Beauté). Ce n’est pourtant pas toujours brillant : si cela fonctionnait pour la Little Miss ou Eternal Sunshine of the Spotless Mind, c’est loupé pour le film qui nous préoccupe dans cette chronique. Le postulat de départ était sympathique : deux sœurs dans la dèche montent une boite d’assainissement de scènes de crimes afin de pouvoir financer l’école privée du fils / neveu un peu lunatique et bourré d’imagination. Elles se retrouvent donc confrontées à diverses situations glauques. Sauf que pour que le tout fonctionne correctement, il aurait fallu rendre les situations à la fois vraiment cocasses et dynamiques. Le film s’essouffle dès la première demi-heure, une fois passé la succession de découvertes très subtiles du type « le sang ça tache très fort », « les cadavres ça pue et ça pourrit vite, surtout quand il fait chaud » ou encore « ah bon ? il existe une règlementation qui fait qu’on ne pas jeter les résidus humains comme de banals déchets ? ».
Ce qui m’amène au second problème du film qu’est un manque flagrant de rythme et d’énergie des personnages. Le jeu du premier rôle tenu par Amy Adams vacille trop souvent du côté pathos pleurnichard pour être complément convaincant. Le second rôle incarné par Emily Blunt (petite sœur un peu rebelle, un peu rigolote, un peu grincheuse, complètement paumée) s’en sort plus honorablement. La prestation d’Alan Arkin en père faisant constamment des promesses dans le vent – sauf pour respecter un happy end aussi délicat et travaillé qu’une marre de sang au milieu d’une moquette blanche – est tout aussi décevante.
Le parallèle entre le fait de nettoyer et de remettre de l’ordre dans sa vie fait difficilement sourire tant le film peine à lessiver toutes les approximations et négligences de réalisation. Un film qui n’a pas vu sa matière et son potentiel suffisamment mis en valeur pour séduire.
Note : 5/10



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