
ALEXANDER CALDER – Les années parisiennes
By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord
Tags:Alexander Calder : les années parisiennes, Art contemporain, Centre Georges Pompidou, Poésie, Sculpture
Catégorie: des expos...
Art contemporain / Centre Georges Pompidou / 18 mars – 20 juillet 2009
Le jour de mon cinquième anniversaire, ma mère m’a offert un livre sur Calder, me rendant accro à jamais aux mobiles colorés à la fois fragiles et majestueux d’un artiste américain hors-norme. L’exposition consacrée à l’artiste est originale, présentant seulement sa période dans la capitale française durant laquelle il s’est consacré essentiellement à la caricature.
Des cahiers de croquis, des caricatures délicates… et les sculptures qui s’en dégagent. Calder ne garde que les lignes fortes des corps et visages : une série de côtes, l’arrête d’un nez, la proéminence d’une poitrine… Véracité déconcertante. Dessins et sculptures métalliques semblent tracées d’un seul trait et laissent imaginer tout le reste. Calder sculpte des croquis. Tout son talent de portraitiste au regard incisif sur le monde qui l’entoure en émane.
Et surtout, il y a cette parenthèse circassienne, émouvante aux larmes grâce aux petits films où l’artiste joue avec ses créations. Un cirque de marionnettes, carcasses métalliques habillées de laine, jute et caoutchouc. Une danseuse orientale, un géant avaleur de sabres, un kangourou, des trapézistes et funambules… Calder est l’un des meilleurs designers de jouets que le 20ème siècle a vu naître. On ne peut qu’envier cet homme qui crée et joue toute la journée, clairvoyance d’une âme sensible qui sent le climat politique se durcir.
Le seul point noir de cette exposition est la foule trop nombreuse qu’il faut réussir à supporter. Trop de monde, trop de flot de paroles qui empêchent de pouvoir se concentrer autant qu’on le souhaiterait, qui contrecarrent l’envie de laisser son esprit vagabonder. A noter aussi cette mauvaise idée de présenter l’exposition en deux parties qui cassent la progression naturelle où la tête, à force de voir des squelettes métalliques osciller, parvient à s’envoler elle aussi.
A peine sorti, on n’a qu’une envie : replonger dans le monde onirique d’un doux rêveur qui gardait une vision acerbe et insolite sur ses contemporains. Cet esprit qui dérange par sa clairvoyance déconcertante, pour se rassurer on appelle cela un artiste ou un fou…
Note : 9/10


