LE CONTRAIRE DE LA MORT – Roberto Saviano

By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord

juil 22 2009

Tags:, , ,

Catégorie: Ce que je lis

Laisser un commentaire

Auteur italien / Nouvelles, documentaire / Traduction Vincent Raynaud / 2009

En publiant Gomorra  Roberto Saviano a accepté de mettre fin à sa vie. Pour avoir dénoncé en détail les pratiques de la mafia napolitaine, il a donné sa vie. Il n’est pas encore mort, mais déménage chaque semaine, ne sort jamais seul et est privé de toutes les petites surprises qui donnent à nos existence un soupçon de frisson et d’humanité nous distinguant ainsi des robots, esclaves ou animaux. Condamné à perpétuité à mener une vie austère et rigoureusement monotone pour avoir osé décrire le calvaire des populations italiennes sous le joug de la mafia… C’est tout cela qui ressort des deux courtes nouvelles, Le contraire de la mort et La Bague, à travers le prisme d’une jeune femme ayant perdu son fiancé en Afghanistan et le destin tragique de deux jeunes hommes morts pour avoir voulu résister à leur enrôlement dans la Camora.

Efficaces et justes, les mots choisis par R. Saviano décrivent, expliquent et déplorent avec une rigueur implacable les logiques mafieuses de la région napolitaine. Le tout est très court, probablement car l’auteur sait que sa vie, comme celles des populations qu’il décrit, sera de courte durée. Et lorsqu’il fait s’exprimer des personnes âgées, ce n’est pas plus heureux : « Ils aimeraient pouvoir dire que tout a changé, qu’ils ne reconnaissent plus les lieux de leur jeunesse. Mais ils les reconnaissent. C’a toujours été ainsi. Peut-être même était-ce pire avant. Le cliché du vieillard qui regrette le bon vieux temps s’effondre lamentablement, par ici. »

A la lecture de ces quatre-vingt pages, on se dit que ce que Roberto Saviano décrit a lieu pendant un autre siècle ou à des milliers de kilomètres. Et pourtant c’est bien actuellement chez nos voisins que des milliers de personnes subissent chaque semaine des violences et humiliations à doses homéopathiques. Vivre soumis et dans la crainte est le lot quotidien de chaque napolitain, cela ronge un peu plus chaque jour le moral et l’espoir de vivre comme on le souhaite. Il y a pire que la mort lorsqu’on vit sur un territoire où se côtoient les mafias, la vie n’y est pas le contraire de la mort mais un calvaire bien pire : « Silence à gauche, à droite, au centre. Tous muets. Ils sont nés dans le village de la faute, ils ne pouvaient se prétendre innocents. »

Note : 9/10

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 784 followers