Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord

Archives pour septembre 2009

ETIENNE JAUMET – Night Music

In Chroniques Musique on septembre 30, 2009 at 12:32

Artiste français / Expérimentations Electroniques / Versatile

On le connaissait Married Monk, on le savait Zombie (l’autre Zombie étant Cosmic Neman), il nous flanquait régulièrement la chair de poule lorsqu’il accompagnait Turzi au point FMR. Le voilà seul, prêt à étaler son talent à la face d’un monde en mal de musique audacieuse. Accrochez bien vos oreilles, ne paniquez pas si vos sens sont détraqués, les baptêmes de la NASA à côté du Voyage Jaumet sont des parcours de santé pour débutants.

Pour assurer un envol de qualité, notre savant agitateur de machines électroniques s’est entouré d’un copilote de choix, Carl Craig. Appréhension au moment d’introduire le disque : le premier titre dure 20’26. Je ferme les yeux, ça ira mieux. Décollage en douceur mais ferme, en moins de quinze secondes votre cerveau navigue déjà ailleurs. Le micro crachouille, Etienne nous livre son plan de vol à travers les univers parallèles : For Falling Asleep, Mental Vortex, Entropy, Through the strata, At the Crack of Dawn… Je tente d’émettre une protestation à l’énoncé de ce dernier lieu, je crève de trouille : Jaumet je t’aime beaucoup mais je ne veux pas y passer ce soir / Soit humain et tais-toi, écoute. Pauvre être que je suis, je me fais happer avec délectation par les boucles hypnotiques. La sirène Emmanuelle Parrenin me tient la main et chante pour moi. Les premiers Ovni commencent à croiser notre route, les battements de cœur s’espacent, le plexus se libère, le cerveau laisse les pleins pouvoirs au reste du corps. Je suis le saxophone, à demi-rassurée, au bord du gouffre qui me sépare de la population terrienne, bordel ce que c’est beau !  Parlementations avec d’autres formes de vie, reflexe terrien que de vouloir se réfugier dans le paracétamol. Geste ferme d’Etienne, Ne touche à rien, tu as seulement le cerveau en ébullition, c’est que du bon. Une guitare retentit pleine de douces sonorités, les aliens ont compris, s’amusent et nous laissent nous poser.

Soudain, on se saisit de mon crâne, on y place des électrodes, je ressemble à une méduse avec tous ces câbles. On me retire du fluide formaté, on m’insère des vagues de nouveauté. C’est rond, c’est doux, c’est régulier… on va me laisser essayer de prendre les commandes du vaisseau ? Clignotants, klaxon, train d’aplanétage… Non ! il ne fallait pas toucher à ça ! Ah décidément, retourne à ta place ou je te renvoie à ta misérable vie !

Assoupissement, notre multi-instrumentiste et ingénieur du son hors-pair a tout réparé, on a quitté une galaxie pour une autre, je me réveille sous un néon violent, les pieds se muent en Minimal, je suis reliée à un défibrillateur « au cas où ».  Les tressaillements de mon corps sont normaux, je me gave de nouvelles manière de me déplacer paraît-il…

Allez j’ai été sage, j’ai gagné le droit de visiter le temple des illuminations suprêmes. Marrant car jusque là j’avais toujours eu un mauvais à-priori des sectes, celle-là est remarquable. On m’inocule le bacille de la musique psychique. Les cornemuses acclament l’arrivée d’un des leurs, Emmanuelle Parrenin entre en transe devant cet apôtre. Dieu n’existe pas, Etienne Jaumet si.

Notre dernière escale est trop courte, je ne veux plus sortir, Etienne me fiche à la porte, m’ouvre les yeux, rallume la lumière. Il a promis de revenir, de m’emmener découvrir de nouveaux horizons… Seule, hébétée, je range le précieux sésame dans mon étagère aux trésors, à côté de Turzi et Aufgang. Night Music s’écoute le jour, pour prolonger l’expérience psychédélique. Cet homme vient d’ailleurs, la planète Splendeur ?

Note : 9/10

Sortie le 5 octobre

En concert le 28 octobre au Point FMR.

Cette chronique est aussi sur Le HibOO

NOAH AND THE WHALE @ Café de la Danse

In Chroniques Concerts on septembre 28, 2009 at 2:32

Quartet britannique / Pop-rock / 18/09/2009

Précédés d’une première partie un peu décevante, le quartet masculin de Noah and the Whale a transporté le Café de la Danse et est probablement reparti avec un bout de nos cœurs…

Le duo Blue Roses et sa pop gentillette avait ouvert la soirée et manquer de nous mettre de mauvaise humeur pour le restant du spectacle. Seul leur dernier morceau constituait une base très intéressante pour pouvoir construire un morceau intéressant. Ce dont aurait justement été capable Noah and the Whale.

Chaleur assez étouffante,  la salle est un peu amorphe. Charlie Fink prend place avec ses acolytes et transforme l’atmosphère en un instant. Et pourtant, on les attendait au tournant, sans les cœurs féminins, la testostérone braillant sa douleur amoureuse… Que neni, parcours sans faute avec alternance du premier et second disque. Le violon se fait juste ce qu’il faut de plaintif, les guitaristes glissent quelques blagues british timidement et font immédiatement fondre les cœurs, le batteur a un sourire qui semble vissé aux lèvres. Bref, ils sont jeunes, ils sont mimi tout pleins, ils sont heureux de jouer et leur musique est si impeccable qu’on se demande parfois s’il n’y a pas un trucage…

On ne peut que souligner leur talent et bonne idée d’avoir en quelque sorte remasterisé Shape of my Heart en version très électrique et transformé 2 atoms in a molécule en 2 bodys and one heart. Plus le spectacle avance, plus les élans jazz et les parties ressemblant à de l’improvisation sont prononcés sont prononcés.

Noah and the Whale confirme son talent musical et sa forte attirance pour les univers cinématographiques, le groupe aurait pu souffrir d’un abandon des touches féminines, mais c’est bien l’inverse auquel on assiste : un groupe de plus en plus sûr de lui, capable d’asseoir un univers très personnel, terriblement émouvant et incroyablement délicat. L’amour et ses issues heureuses et malheureuses, c’est franchement génial sans les gros sabots !

Note : 8,5/10

Chronique du premier disque Peacefull the World Lays Me Down

Chronique du second disque The First Day Of Spring

Set-liste :

Give a little love

Blue Skies

Shape of my Heart

Love of an Orchestra

My Brocken Heart

Our Window

2 atoms in a molécule

5 Years Time

Rocks and Daggers

Stranger

Hold my hand as I’m lowered

My door is always open

The First Day Day Of Spring

Jocasta

My Brocken Heart (acoustic version)

YACHT – See Mystery Lights

In Chroniques Musique on septembre 16, 2009 at 3:33

Duo américain / Psyché – Pop / DFA Records – Cooperative Music

Attention musique à danser ! Yacht déboule pour énergiser les dancefloors un peu mollassons de rentrée. Comment faire du neuf avec du vieux…

Yacht n’a rien inventé mais sait parfaitement exploiter et digérer différentes influences actuelles pour proposer de nouveau morceaux qui ne manquent pas de charme. Prenez l’énergie d’Architecture In Helsinki, la structure régulière de la house et du phrasé de LCD Soundsystem, la voix de Kevin Barnes (Of Montreal), quelques soupirs érotiques 70’s (Gainsbourg au hasard). Vous obtenez un bon petit cocktail pétillant, dynamisant et qui se laisse très bien écouter. Certains titres laissent songeurs comme I’m in Love with a Ripper avec son vocodeur et sa rythmique disons basique, ou It’s Boring / You can live anywhere you want et ses guitares électrisantes. Dans l’ensemble ce n’est pas transcendant mais on a quand même envie de réécouter le disque une fois de plus. Ca n’a pas la qualité de Hot Chip, ni la classe dégingandée de Metronomy mais on en retrouve certains aspects.

Vos oreilles tomberont tôt ou tard sur Yacht un soir de sortie, dans ce cas ouvrez les bien grandes car vous pouvez jouer à retrouver toutes les influences dont ils sont pétris. Le concert pourrait s’avérer intéressant aussi. Un album convainquant mais qui demande plus de perfection pour la suite.

Note : 6,5/10

Sortie le 14 septembre

LE CONCERT – Radu Mihaileanu

In Chroniques Cinéma on septembre 16, 2009 at 10:59

Film franco-roumain / Drame comique / 2009

A première vue de l’affiche faisant penser à un mauvais film français avec Timsit, on regrette déjà d’avoir accepté d’aller voir Le Concert, d’autant plus que la grippe A rôde ces derniers temps… Mais il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis et dès les premières minutes du film, on révise notre jugement. Radu Mihaileanu signe ici un film mûri, abouti et avec juste ce qu’il faut d’humour, de contexte historique et de tacle à certains travers des sociétés françaises et russes.

Andrei Filipov (Aleksei Guskov) est un chef d’orchestre déchu sous Brejnev pour avoir refusé d’arrêter de travailler avec des musiciens juifs. Arrêté en plein récital de Tchaïkovski, le traumatisme de l’homme qui brise sa baguette le hante. Il est donc homme de ménage du Bolchoï et tous ses anciens amis musiciens occupent autant de métiers aussi dévalorisants. Mais si tous ont renoncé depuis 29 ans à pouvoir rejouer sur des scènes prestigieuses et en orchestre, cet ex-chef d’orchestre garde au plus profond de son être l’idée de rejouer Tchaïkovski. Un jour, par un hasard des plus loufoques, on lui donne la possibilité d’aller jouer au Théâtre du Chatelet à Paris. Il exigera que la jeune violoniste française Anne-Marie Jacquet (Mélanie Laurent) soit la soliste de ce concert unique et emmène avec lui tous ses amis souhaitant ressusciter leur passion.

Le Concert présente un savant dosage d’ingrédients récurrents chez R. Mihaileanu : mise en valeur de cultures et ethnies minoritaires (tziganes), humour par le biais de la langue (« Je vous baise chaleureusement »), moqueries sympathiques et néanmoins acides sur le communisme (Scène jubilatoire où le communiste russe rend hommage au siège de Colonel Fabien juste avant d’apprendre que le parti compte vendre et n’a même pas 1000 adhérents), dénonciation des tortures faites aux juifs, plaisanteries sur le français critique insatiable, ronchon et ridiculisation de « la Culture » (incarnés ici par Guillaume Galienne et François Berléand).

Le film atteint son climax durant dans sa dernière scène, le Concerto pour violon de Tchaïkovski devient le personnage central de l’intrigue : c’est lui qu’on écoute, c’est lui qu’on regarde être joué, chaque main, chaque tête n’est plus concentrée que sur l’exécution d’un des morceaux les plus difficiles au monde dans le but d’atteindre une harmonie parfaite. On ne rend pas toujours chaque musicien autant à l’écoute l’un de l’autre.  La grande qualité de R. Mihaileanu est de ne pas avoir succombé à la tentation actuelle de couper la musique pour enchaîner sur la suite plus rapidement. Non, on savoure chaque note, la tension du film se focalise sur l’agilité des doigts des violonistes. Très vite, on ne sait plus si l’on regarde un film, un documentaire sur un orchestre ou si l’on assiste à un concert dans la salle du Chatelet car l’ambiance est parfaitement rendue.

Il faut ici saluer la prestation de chacun des acteurs qui, comme leur nom l’indique, sont acteurs et non musiciens professionnels. François Berléand semble avoir accepté de jouer son rôle de directeur du Théâtre du Chatelet comme pour se moquer de lui-même. Chacun des russes est bien plus convainquant que dans la décevante Affaire Farewell. Aucun ne parlait un mot de français avant le tournage et force est de constater qu’ils ont dû bosser comme des malades pour parvenir à avoir un débit de français aussi rapide. Mélanie Laurent semble enfin avoir trouvé sa place dans un rôle. Contrairement à sa décevante prestation dans Inglourious Basterds, elle rappelle cette fois qu’elle est capable de jouer juste. La demoiselle n’avait jamais touché un violon avant ce film, le coaching dont allé a bénéficié est donc impressionnant (ainsi que les effets spéciaux ayant substitué la main gauche d’une violoniste professionnelle à celle d’une actrice).

Certes Le Concert comporte quelques maladresses mais le grand talent de R. Mihaileanu est probablement d’avoir dépeint une Russie et une France plutôt justes, et ce avec quelques clichés. On n’est pas dans le consensus mou comme peut l’être L’affaire Farewell, et contrairement à ce même film, Le Concert reste longtemps en tête. Dans sa quête de démonstration que l’homme peut quoi qu’il arrive parvenir à récupérer sa dignité, Le Concert est probablement l’épisode le plus abouti de R. Mihaileanu, le plus émouvant aussi. Les larmes qui coulent dans ce film sont réelles, catharsis réussie de souvenirs douloureux et d’humiliations impalpables du quotidien qui vous rongent petit à petit.

Si seulement on n’avait pour chaque film que des reproches à faire sur l’affiche ! L’habit n’a jamais fait le moine, un film à voir.

Note : 8,5/10

Sortie française : 4 novembre 2009

HUMPDAY – Lynn Shelton

In Chroniques Cinéma on septembre 11, 2009 at 11:29

Film américain / Docu-comédie / 2009

Avant-première dans une salle au quart vide, Humpday peut se vanter d’avoir l’affiche la plus attrayante du moment. « Avez-vous déjà essayé votre meilleur ami ? », on pourrait penser que le film s’inscrit dans la longue tradition des comédies romantiques (Quatre mariages et un enterrement, Le mariage de mon meilleur ami…). Mais non, l’affiche est également sans équivoque sur ce point : il s’agit de deux hommes. Le film se propose donc de répondre à une question que toute femme s’est posé au moins une fois : que se passerait-il dans un lit entre deux amis rigoureusement hétéros ?

Pour son premier film, Lynn Shelton ne s’est probablement pas attaqué au scénario le plus simple qui existe. Deux amis qui ne se sont pas vus depuis longtemps décident de tourner un film porno amateur ensemble pour remporter le concours du Hump Festival. L’un est marié en plein projet de paternité et va donc devoir expliquer son projet à sa chère et tendre. L’autre est plus libre et, considéré comme « un artiste », il se doit d’être capable de transcender ses limites personnelles et de faire l’amour avec son meilleur ami. Plutôt bien réalisé, les moments un peu « bateau » n’excédant jamais la minute, le film est assez jubilatoire, notamment grâce aux deux acteurs principaux qui ne tombent jamais dans le faux semblant. La réalisatrice leur doit tout ou presque.

C’est Mark Duplass, interprétant le rôle de l’homme marié et rangé qui a proposé que Joshua Leonard interprète son acolyte. Ni l’un ni l’autre ne s’était jamais illustré dans un film transcendant jusqu’à présent mais on les aurait bien imaginé dans le jubilatoire Very Bad Trip. On passe l’intégralité du film à être bluffé par tant de justesse, tant dans l’écriture que dans l’interprétation des situations proposées, riant beaucoup et imaginant l’intégralité de ses amis / amants / collègues dans la même situation. Toutes les questions tabous sont abordées (qui est en-dessous / au-dessus ?), tous les éléments pratiques également (bah oui, pourquoi devrait-on savoir exactement comment avoir une relation homo avec son meilleur pote lorsqu’on n’a toujours été hétéro ? Bien entendu que non le fait d’avoir éventuellement eu des rapports anaux avec sa copine n’est pas une réponse, les corps sont radicalement différents quand même ! ), ainsi que des questions d’ordre plus général comme le fait de savoir ce qui se fait au nom de l’Art et/ou au nom de l’amitié, dans quelles limites, sous quelles conditions, etc… La bande son est elle aussi très sobre, alternant musique classique, free-jazz et “musique d’ambiance”.

Car ce film présente paradoxalement la situation la plus banale du monde finalement, ça peut arriver à tout moment, à n’importe qui et n’importe quand. Le traiter sans lourdeur ni longueurs est une très belle performance pour un premier film, qui plus est venant d’une femme. Car il ne s’agit pas d’un film pour filles mais bien d’un film pour tous. Je ne peut pas pousser plus avant l’analyse, ne souhaitent pas révéler le contenu du film, préférant vous inviter à aller le voir. Le public, timide ce soir là, n’a pas franchement osé applaudir, cela méritait pourtant cette attention. On ne parle évidemment pas de “bijou cinématographique” ici mais il mérite plus d’attention que bon nombre de navets fleurissant nos écrans ces derniers temps.

Note : 8/10

SEVERIN – Cheesecake

In Chroniques Musique on septembre 10, 2009 at 9:59

Artiste parisien / Pop-rock rétro / Cinq-7 /2009

En voilà un qui a trouvé le bon plan… Suite à la séparation d’avec sa compagne avec qui il avait le groupe ONE-TWO, le bonhomme s’est entouré de quatorze voix féminines pour… se consoler. Bonne chair et bonne bouffe, en général ensuite ça va mieux.

Les quatorze femmes qui ont prêté leur voix ne sont pas toutes chanteuses mais Séverin a su se concentrer sur la mise en valeur de leur timbre, ce qui rend l’album beaucoup moins pénible que les disques de midinettes qui fleurissent depuis l’avènement des jeux télévisés. Ainsi Elvire Bonduelle (dans la série nom et prénom ingrats…) propose un chant sans la moindre intonation, comme un échantillon témoin, c’est décalé et ça fonctionne parfaitement – pour un titre du moins, on n’imagine pas un album complet de cette manière. L’orchestration est quant à elle est minimaliste, produisant un résultat… synthétique. Années 80 en veux-tu en voilà. Plusieurs textes sont plutôt piquants comme Johnny (Constance Verluca) ou Wasted Life (Lippie).

On a ainsi l’impression d’écouter un gros sampler qui aurait une ligne directrice. Pochette acidulée comme autant de bonbons à croquer… ou cracher. Cela permet d’avoir envie d’en savoir un peu plus sur quelques-unes, comme Marie Flore ou Martina Björn (au parcours foutraque : architecte, basketteuse…) ; et d’en réécouter d’autres, comme Marina de Bonde de Role. Malheureusement on se lasse très vite des synthés et des boites à rythmiques monotones. Et certains titres plombent le disque, comme Ti adin (Natalia et son snobisme pseudo-russe), The Edge of a Sunday (Nadège Winter) ou You run again (Mai, qui massacre la belle langue anglaise).

Il existe deux sortes de cheese-cake. Le premier dans sa version italienne est à base de ricotta fouetté, il est donc léger tout en sachant vous délivrer ses 3000 calories. Le second est une version américaine des émigrés juifs : splendide à regarder mais lorsque vous l’avalez, c’est un peu indigeste. Séverin appartient plutôt à la seconde catégorie d’amateurs de cheese-cake : tout dans le paraître, c’est beau à regarder mais on se lasse très vite de l’écouter.

Note : 6,5/10

Sortie le 28 septembre

NOAH AND THE WHALE – The First Day Of Spring

In Chroniques Musique on septembre 9, 2009 at 2:07

Pop-folk / Grande Bretagne / Young and lost club Records – Coop /2009

Un peu plus d’un an après leur premier album (Peacefull the world lays me down) qui m’avait fait chavirer le cœur, le quatuor de Noah and the Whale (en référence au réalisateur Noah Baumbach) poursuit son exploration des « musiques filmogéniques ».

Environ quarante minutes de douces balades pop-folk qui vous propulsent sur les sentiers champêtres britanniques. Les balades en forêt, l’odeur du sous-bois, le réveil de la faune après l’hiver, les premiers rayons de soleil venant dévorer la nuque… Les mélodies de The First Days Of Spring racontent tout cela avec toujours cette mélancolie à la Virgin Suicide qui imprègne tout les titres. Les violons sont mélancoliques, jamais pleureurs ; les rythmiques sont dynamisantes et structurantes, jamais étourdissantes ; et par-dessus tout cette voix un peu cassée qui pourrait provoquer un réchauffement climatique à elle toute seule. Les sujets traités sont toujours ceux qui restent chers à ces adorables jeunes hommes : l’échec amoureux, les difficultés de réussir à entretenir « une flamme »… etc.

Et une fois de plus, c’est réalisé avec une telle délicatesse qu’on ne peut que succomber. Le débit de paroles est plus lent, le tout est plus posé, mûrit, les fougues et ses élans adolescents s’estompent (It’s time to leave those feelings behind – Blue Skies) pour laisser place à plus de réflexion doublé d’une théâtralisation assez tordante. Ainsi Love of an Orchestra comprend des cœurs d’opéra rappelant Shakespeare. Nouveauté également, les deux titres instrumentaux d’une minute trente qui rythment le disque, sortes de respirations dans cette exploration du « comment vivre avec quelqu’un / comment savoir si c’est la bonne personne ». L’album se termine sur un consensus que l’on retrouve de plus en plus dans nos sociétés : la porte entrouverte. Il n’y a plus de partenaire officiel, chacun est libre de revenir ou non. Morceau à la guitare sèche probablement le plus triste de l’opus, ça fait mal au cœur de voir que Noah and the Whale renonce à une pointe d’optimisme. Il est encore de possible d’y arriver, de s’accrocher un peu. Sur l’autel d’un monde toujours plus pressé, plus stressé, plus exigeant et impatient, il ne faut pas y sacrifier les sentiments.

Un très bel opus qui accompagnera divinement n’importe quel film sur la perte de confiance en soi, l’abandon, la rupture brutale (affective ou amoureuse). Et toujours cette incroyable capacité de mettre les larmes aux yeux tout en étant extrêmement reposant.

Note : 8,5/10

Sortie le 21 septembre

THE DODOS @ La Maroquinerie

In Chroniques Concerts on septembre 8, 2009 at 11:16

Trio San Franciscain / Pop-Rock / 07/09/2009

The Dodos - trioPrécédé d’une suave première partie en la personne de Mina Tindle et ses délicates mélodies pop auxquelles on ne peut que reprocher des textes dans un anglais un peu écorché (ce qui n’est pas le cas selon moi lorsqu’elle chante avec Toy Fight), The Dodos a su se faire désirer en ayant un quart d’heure de retard et en jouant dans une salle où la température avoisinait les 45 degrés.

Ca avait très bien commencé avec des assauts rock-psyché extraits de Visiter, ça s’est vite essoufflé avec l’enchaînement des titres de Time to Die plus mollassons et moins fédérateurs. Longform et Fables qui étaient les titres dont j’attendais le plus, sonnent mal, la voix du chanteur partant dans des aigus incontrôlés, rappelant un adolescent en pleine mue… A musique molle public amorphe : si les murs commençaient à suer, ce n’était pas lié à l’euphorie du concert mais simplement à la chaleur qui régnait dans la salle. Le concert a suivi son cours, sans réelle énergie, un long fleuve tranquille sans relief. Les claves nous perçant régulièrement les tympans, le batteur restant moyennement concentré, le chanteur faisant le minimum syndical.

Ce n’était qu’un concert, dans une salle étouffante, nul doute que les Dodos ont plus de potentiel. Allez, il temps d’aller dormir, pas encore de mourir ni de faire voler des noms d’oiseaux.

Note : 6,5/10

Rock en Seine, un festival qui fait de la peine

In Chroniques Concerts on septembre 2, 2009 at 2:20

Lorsqu’on évoque le festival Rock en Seine, les premières pensées qui nous viennent à l’esprit sont “le festival qui n’a pas de bol” (cf. annulation deux années de suite des concerts d’Amy Winehouse), puis “le festival où se retrouve tout le gratin de la presse médiocre has-been et conservatrice” (cf. Rock n’ Folk et son inénarable “la musique, c’était mieux avant” et la programmation qui se termine avant minuit pour que les papys puissent aller au dodo avant 23h30), enfin “le festival qui n’est pas loin de chez moi et c’est tant mieux parcequ’au moins on sait qu’on passera de bonnes nuits”. Donc cettte année comme les précédentes, nous avions la chance / l’honneur / le supplice – choisissez le mot qui vous convient le mieux – de voir programmés des groupes tombés dans les annales (ou oubliettes) musicales : Faith No More, The Prodigy ou encore Madness étaient au rendez-vous, pas forcément pour le bonheur de nos oreilles.

Vendredi 29 août : NOasis (copyright Michaurel) et Bloc Party sont dans un bateau…

Alors, je ne m’étendrai pas sur le sujet Oasis, le jus d’orange le plus fade de Manchester qui fait bien d’être enfin retiré de la circulation pour le bien de la planète , auquel on préfèrera Bloc Party, un groupe au rock efficace sans OGM. Ces derniers ont d’ailleurs pris beaucoup de plaisir à cracher sur ceux qui avaient exigé que toutes les têtes d’affiches autres qu’eux soient reléguées sur la seconde scène. Bref, bon débarras, ils ont annoncé une rupture définitive et on espère que ce sera vrai cette fois. Bravo à ceux qui ont rédigé le message d’information sur les écrans géants : il y a avait une splendide faute de grammaire “A la suite d’une altercation au sein du groupe, LE CONCERT D’OASIS EST ANNULE”. Cela dit, que les organisateurs du festival ne viennent pas pleurer, parce qu’il faut être un peu demeuré pour inviter chaque année des groupes “à risque” sans jamais prévoir de plan B. Soulignons d’ailleurs que Madness a vraiment bien assuré le remplacement à l’arrachée. (Note : -10/10)

Bloc Party, j’y reviens comme il se doit, fut sans conteste le groupe le plus intéressant de la soirée. Si leur setliste n’était pas adaptée à un festival (pour une salle de jauge moyenne c’eut été parfait), leur rock catchy, très précis et incisif a su réveiller une soirée mal partie. (Note : 8/10)

Pendant que Bloc Party ou les Yeah Yeah Yeahs étaient relégués au second plan (merci Oasis, même si les Yeah Yeah Yeahs étaient mauvais), Vampire Weekend profitait du soleil couchant et de la Grande Scène pour s’humilier (ou presque). Certes leur album était délicieux, oui leur leader Ezra Koenig a des tas de projets intéressants, le dernier date étant probablement The Very Best, mais les new-yorkais vont devoir apprendre à faire mieux en live pour nous épater. (Note : 5/10)

Terminé, on arrête les dégats pour ce soir là, préférant rester cloîtrés au carré VIP pour se déchaîner sur Guitar Heros.

Samedi 30 août : une déception c’est bien, trois déceptions c’est mieux

Bon avouons le, nous avions un compte à rêgler avec un autre groupe ce soir là, The Horrors qui s’était fait porter pâle pour La Route du Rock, ne nous a pas fait le coup cette fois là (fail la double annulation…). En attendant que ces marmots nous crachent ce qu’ils ont de tripes, on se fait pourrir les oreilles par L’angle Mort, projet Noir Désir/Yann Tiersen on vous laisse imaginer les dégats…Tel un énorme bulldozer, The Horrors, groupe statique s’il en est, se déchaîne des doigts à qui sur son micro, à qui sur la basse… L’évolution vers un style qui leur appartient est lente mais certaine. Beaucoup d’effets de mèches, trop proprets dans leurs slims noirs. Rien qui casse la baraque, on a envie de leur dire 1) qu’ils sont jeunes et donc qu’ils sentent un peu trop fort les références directes à leurs aînés de The Cure ou Jesus and Mary Chain et 2) qu’ils sont vraiment jeunes pour ne pas comprendre que jouer à 19h10 ça ne met vraiment pas leur musique en valeur par rapport à un 1h30 à la RdR… (Note : 6/10)

Je ne m’abaisserai pas à dire ce que je pense de la non-musique de Billy Talent (qui avaient droit à la grande scène, allez y comprendre quelque chose…) et vous ne serez pas étonnés de savoir que The Offspring n’a rien changé à sa formule, ils sont simplement plus vieux, plus gras et la recette ne marche pas. On s’amuse quinze secondes en se remémorant ces fantastiques voyages scolaires en car, les premiers comas éthyliques des “camarades de classes” (car assurément cela ne relevait pas de la catégorie “amis”) ou les premiers émois de ces ados prépubères… Au final un concert où l’on croit entendre un seul titre, so boring, so poussiéreux, allez hop bar VIP. (Note : 5/10)

Mais le pire est à venir. Le gâchis d’un joli petit poulain écossais se produit une demi-heure plus tard. Calvin Harris qui avait produit un si bel album qui parlait tant aux gens Born in the 80′s qu’aux plus vieux qui avaient l’impression d’être à nouveau un peu jeunes, vient de signer son arrêt mort en proposant de l’electrodance putassière dégeulasse. Certes il respecte sa progression d’exploration des différentes époques musicales, mais il y avait certainement mieux à retenir des années 90 que ce gloubi-boulga plus inaudible que de la pop soviétique. A côté l’Eurovision c’est de la super came. En même temps, on se doutait bien qu’il ne fallait plus rien attendre d’un type qui déclare que “ce à quoi [il] pense en ce moment, c’est de faire d’un stade une discothèque géante : être sur la scène d’un stade de foot et jouer d’énorme riffs rave. Fini la minimale ! ” Message reçu, exit le Calvin Harris (Note 3,5/10).

Et survient alors le moment de la soirée revival, ce en quoi Rock en Seine excelle, la résurrection de Faith No More après dix ans de black-out. Et là, force est de constater que, s’il ne s’agit pas du tout de toute la musique que j’aime, les mecs jouent avec leur coeur, leurs tripes et honorent leur public. Certes ils sont un peu vieux et ressemble à des pingouins dans leurs costumes pastels de vendeurs électroménager de chez Conforama. Leur rock-fusion en devient quasi-mystique, ces foules qui ont rarement eu l’occasion de voir Mike Patton en live sont transportées d’un même élan. Fédérateur, professionnel et pas désagréable à l’oreille, ça fait tout de même trois qualités si je ne m’abuse ? (Note : 8/10).

Dernier groupe de la soirée à rayer de la playlist une fois de plus, Birdy Nam Nam livre un show aussi mou du genou qu’insipide et nauséeux. Ce n’est pas faute d’avoir apprécié leur prestation l’an passé au Rock dans tous ses états (Evreux), mais force est de constater qu’avoir quatre singes en rangs d’oignons faisant semblant de bidouiller des sons fait peine à voir et entendre. De la musique de fête foraine ou pour le camping de Palavas… (Note : 4,5/10)

Dimanche 31 août : Un jour viendra où Rock en Seine ressemblera à festival digne de ce nom…

Mus par on ne sait quelle énergie, on s’accroche et on revient pour un troisième jour dans un festival qu’on n’estime de moins en moins au fil des heures. On a bien fait.

Première bonne confirmation, Lilly Wood and the Prick, duo glamour foutraque à la pop simple mais touchante. Costumes lycra à épaulettes de carton, groupe qui assure derrière, pas facile d’ouvrir la petite scène sous un soleil de plomb. Ils s’en sortent bien, ils respirent la joie d’être là – ce qui nous change des blasés britanniques. On apprend avec plaisir qu’un album est en route pour le début 2010. Même topo pour la suivante Hindi Zahra qui défend correctement un mélange orientalo-européen aux influences multiples. Son interview en revanche était parfaitement inintéressante, elle n’a rien à dire la dame… Dommage, un album chez Blue Note pointera le bout de son nez avant la fin de l’année. Et avis aux curieux, elle jouera prochainement à l’EMB-Sannois.

Moment fort de la journée, l’enchaînement du combat des aigles contre les vautours. Eagles Of Death Metal sort l’artillerie lourde : moustaches, boots, cuirs… il ne manquait que les Harley. Leur rock brut de décoffrage réveille l’assistance un peu mollassonne – en témoignent les slams ratés qui finissent dans la poussière. Le set met un peu trop de temps à trouver ses marques mais ils ont la chance de voir Josh Hommes débarquer sur scène à leur secours pour I wanna be in La, juste avant de se faire la malle pour Them Crooked Vultures, son autre projet. Présenté sous l’appellation d’origine non-contrôlée de Petits Pois, TCV était probablement la surprise la moins bien gardée du festival (et eux on savait qu’ils auraient l’intelligence de ne pas annuler une date). Dès les premières secondes on prend du rock plein la vue, notamment du fait de cette batterie lancée à plein régime, rappelant les rouleaux des meilleurs spots de surf. Dave Grohl s’ennuie des Foo Fighters (et nous aussi) mais il démontre qu’il en a toujours dans le ventre. T’en re-veux, y’en a encore semblent clamer ce “super groupe” qui a sérieusement commencé à marquer son territoire dans la cour des grands. Il ne reste plus qu’à vérifier si le projet tient la route sur disque (Note : 8,5/10)

On commençais donc à reprendre espoir en la programmation de cette septième édition du festival, lorsque badaboum, les brooklyniens Mgmt font une monstrueuse erreur de leadership. Ca avait pourtant bien commencé. D’entrée de jeu, ils claquent le beignet de tous leur ados-rateurs venus habillés en néo-hippies car ils arrivent vêtus très sobrement en jean et tee-shirts bien coupés (sauf ce guitariste chevelu qui s’est senti obligé de porter des lunettes sarkozistes et de ne pas avoir de chemise). Leur premier titre est nouveau, ils semblent emportés par l’euphorie des Aigles et des Vautours et livrent un titre abrasif. Malheureusement cela s’arrête là, la suite fait peine à entendre et à voir : ils déblatèrent des banalités qui sonnent faux, jouent comme des automates tout leur répertoire, accélérant le tempo comme pour pouvoir quitter la scène au plus vite. Non seulement ces titres galvaudés ont mal vieilli, mais ce groupe empeste le mépris et la condescendance envers son public (et certes je vous l’accorde, du coup je le leur rend bien…). (Note : 3/10)

Mais rassurez-vous, il y avait pire ce soir là. J’ai nommé Klaxons aka “les jean-foutre qui n’ont pas bossé depuis trois et surfent mal sur leurs acquis” et The Prodigy aka “les types tellement mauvais qu’ils sont en playback”. Si Mgmt n’a pas assuré, Klaxons à côté a creusé sa tombe et tendu la pelle pour se faire achever. Il est incroyable d’entendre des titres aussi mal vieillir, non contents de jouer leur disque quasi-intégralement dans l’ordre, les rares nouveaux titres qu’ils proposent sont si mauvais que même les foules bovines cessent de danser. Prodigy quand à eux, font mal : vieux camés en manque de reconnaissance, ils s’avilissent sur des titres se ressemblant tous note pour note. De punk il ne reste que les tatouages. De brillant il ne reste que les paillettes collées ça et là. Les entertainers n’osent même pas se mêler à la foule (cf. Peaches qui elle n’avait pas hésité à se jeter au milieu du public dans un sans-faute surprenant à la Route du Rock). Le chanteur s’excite sur son micro alors que le sample de voix est terminé : eh oui ces mecs sont en playback, pauvre d’eux… (Note : 2/10 pour avoir eu le courage de monter sur scène)

Et voilà, j’ai fait le tour de la catastrophe ou presque… Reste un détail de taille : ce festival devrait changer de nom car je suis navrée de le rappeler mais oui il existe des gens talentueux en France ; oui il y en a même un certain nombre qui habitent à proximité de la seine : Turzi, Toy Fight, Chicros, Oxmo Puccino, EldiaArch Woodman ou Diving with Andy pour ne citer qu’eux ; et oui je trouve ça lamentable de ne mettre aucun groupe français à l’honneur sur des grandes scènes hormis Sliimy et Birdy Nam Nam. Qui plus est présenter deux groupes français qui n’ont rien ou presque de rock alors qu’on s’appelle Rock en Seine, c’est en-dessous de tout.

Bref, voilà j’en ai terminé… (Note globale 5/10)

Crédits photos : Mikropikol, Le HibOO

N. B. 1 : Maintenant, on peut aussi avoir aimé beaucoup de choses et néanmoins être quelqu’un que j’estime, comme Marien pour Playlist Society :)

N.B. 2 : Attention je ne remet absolument pas en cause l’organisation de ce festival qui est plutôt très bien (même si je pourrais trouver 200 points qui clochent), en particulier avoir confié à Ephélide la gestion des professionnels Médias est une excellente chose, c’était mieux organisé que jamais de ce côté là !

L’AFFAIRE FAREWELL – Christian Carion

In Chroniques Cinéma on septembre 1, 2009 at 9:53

Film français / biopic / 2009

Bloc de l’URSS, années 80, les fissures commencent à apparaître et certains plus que d’autres souhaitent sa chute pour que la Russie renaisse correctement de ses cendres en repartant sur des bases solides. Parmi eux, Vladimir Ippolitovitch Vetrov, haut-gradé au KGB, va fricoter avec la DST en leur communiquant 2997 documents top secrets. Au milieu de cette coopération, en guise de passeur, un  ingénieur Thomson, Jacques Prévost. Christian Carion se réapproprie l’Histoire par la lorgnette de l’anecdote comme il avait aimé le faire dans Joyeux Noël. Bien, mais peut mieux faire.

Rien à redire sur le casting, Emir Kusturica en Vetrov et Guillaume Canet en Prévost jouent comme il se doit, Les second rôles également sont touchants, hormis les chefs d’Etats qui sont parfaitement ridicules, en particulier Fred Ward qui ressemble plus au Bouffon Vert qu’à Ronald Reagan. Rien à redire non plus sur la manière dont le tout est filmé, plutôt intelligemment, alternant scènes de paysages et plans serrés sur l’intrigue de manière équilibrée.

Christian Carion avait toutes les cartes en main pour réussir son film et signer un biopic de bonne facture. Cependant, durant tout le film, on ressent ce flottement caractéristique des films qui ne fonctionnent pas. Le scénario n’est pas foncièrement mauvais, les dialogues ne sont pas à côté de la plaque mais l’ensemble coince… Et pour une fois, on se met à penser qu’il manque… de la violence. Oui vous avez bien lu, tout est trop lisse, trop doux. On peut penser sans difficulté que ce film est destiné à un public franco-russe : on ne blesse personne, on ne dénonce rien, on lance des micro-attaques anodines. Les stéréotypes sont esquissés (le français râle et fait de l’humour, le russe boit beaucoup…), les pratiques des services secrets jouant avec le capital humain comme aux dames sont évoquées (quelques phrases, quelques images…), mais soyons honnêtes, si Vetrov est un traître à sa patrie et va de ce fait mourir d’une balle dans la nuque, on s’en soucie peu, ça passe comme une lettre à la poste, c’est normal pour ainsi dire. La tension dramatique n’est pas palpable, on a la désagréable d’être un spectateur voyeur, un collabo qui se tait quoi qu’il voit. Le réalisateur ne se mouille pas.

Bref, après réflexion, on est plus deavnt le bon téléfilm à la France Télévision que devant un grand écran. Un film malheureusement aussi vite oublié que vu…

Note : 6/10