L’AFFAIRE FAREWELL – Christian Carion

Film français / biopic / 2009

Bloc de l’URSS, années 80, les fissures commencent à apparaître et certains plus que d’autres souhaitent sa chute pour que la Russie renaisse correctement de ses cendres en repartant sur des bases solides. Parmi eux, Vladimir Ippolitovitch Vetrov, haut-gradé au KGB, va fricoter avec la DST en leur communiquant 2997 documents top secrets. Au milieu de cette coopération, en guise de passeur, un  ingénieur Thomson, Jacques Prévost. Christian Carion se réapproprie l’Histoire par la lorgnette de l’anecdote comme il avait aimé le faire dans Joyeux Noël. Bien, mais peut mieux faire.

Rien à redire sur le casting, Emir Kusturica en Vetrov et Guillaume Canet en Prévost jouent comme il se doit, Les second rôles également sont touchants, hormis les chefs d’Etats qui sont parfaitement ridicules, en particulier Fred Ward qui ressemble plus au Bouffon Vert qu’à Ronald Reagan. Rien à redire non plus sur la manière dont le tout est filmé, plutôt intelligemment, alternant scènes de paysages et plans serrés sur l’intrigue de manière équilibrée.

Christian Carion avait toutes les cartes en main pour réussir son film et signer un biopic de bonne facture. Cependant, durant tout le film, on ressent ce flottement caractéristique des films qui ne fonctionnent pas. Le scénario n’est pas foncièrement mauvais, les dialogues ne sont pas à côté de la plaque mais l’ensemble coince… Et pour une fois, on se met à penser qu’il manque… de la violence. Oui vous avez bien lu, tout est trop lisse, trop doux. On peut penser sans difficulté que ce film est destiné à un public franco-russe : on ne blesse personne, on ne dénonce rien, on lance des micro-attaques anodines. Les stéréotypes sont esquissés (le français râle et fait de l’humour, le russe boit beaucoup…), les pratiques des services secrets jouant avec le capital humain comme aux dames sont évoquées (quelques phrases, quelques images…), mais soyons honnêtes, si Vetrov est un traître à sa patrie et va de ce fait mourir d’une balle dans la nuque, on s’en soucie peu, ça passe comme une lettre à la poste, c’est normal pour ainsi dire. La tension dramatique n’est pas palpable, on a la désagréable d’être un spectateur voyeur, un collabo qui se tait quoi qu’il voit. Le réalisateur ne se mouille pas.

Bref, après réflexion, on est plus deavnt le bon téléfilm à la France Télévision que devant un grand écran. Un film malheureusement aussi vite oublié que vu…

Note : 6/10

3 comments on “L’AFFAIRE FAREWELL – Christian Carion”

  1. Dommage le casting faisait envie…

  2. Dommage, effectivement, que vous n’ayiez rien compris, ni eu la sensibilité pour comprendre ce film !
    J’ai vu l’Affaire Farewell en avant première, et je dois dire que c’est un film magnifique, avec des images superbes, des acteurs formidables, et une histoire magnifiquement retranscrite…
    Une grande sensibilité ressort de ce film, je l’ai moi ressentie profondement. C’est un “anti james Bond”, comme quoi les histoires d’espionnage ne se résument pas à de jolies filles, et des explosions à tout va…!
    Bravo au réalisateur qui signe içi un des plus grand film français de l’année, et de loin !

  3. Pas encore vu le film, ça ne saurait tarder, mais ce qui est certain, c’est qu’il faudrait arrêter de dire “vous n’avez rien compris”, chère (?) Loulette. Ça ne fait que montrer une étroitesse d’esprit assez méprisable.

    Bizarrement la bande-annonce me fait tout de même plutôt envie, malgré ce que je pense de Carion et malgré tout ce que j’en ai lu (ien que du tiède)…


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