
HUMPDAY – Lynn Shelton
By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord
Tags:film américain, Humpday, Joshua Leonard, Lynn Shelton, Mark Duplass, premier film
Catégorie: des films...
Film américain / Docu-comédie / 2009
Avant-première dans une salle au quart vide, Humpday peut se vanter d’avoir l’affiche la plus attrayante du moment. « Avez-vous déjà essayé votre meilleur ami ? », on pourrait penser que le film s’inscrit dans la longue tradition des comédies romantiques (Quatre mariages et un enterrement, Le mariage de mon meilleur ami…). Mais non, l’affiche est également sans équivoque sur ce point : il s’agit de deux hommes. Le film se propose donc de répondre à une question que toute femme s’est posé au moins une fois : que se passerait-il dans un lit entre deux amis rigoureusement hétéros ?
Pour son premier film, Lynn Shelton ne s’est probablement pas attaqué au scénario le plus simple qui existe. Deux amis qui ne se sont pas vus depuis longtemps décident de tourner un film porno amateur ensemble pour remporter le concours du Hump Festival. L’un est marié en plein projet de paternité et va donc devoir expliquer son projet à sa chère et tendre. L’autre est plus libre et, considéré comme « un artiste », il se doit d’être capable de transcender ses limites personnelles et de faire l’amour avec son meilleur ami. Plutôt bien réalisé, les moments un peu « bateau » n’excédant jamais la minute, le film est assez jubilatoire, notamment grâce aux deux acteurs principaux qui ne tombent jamais dans le faux semblant. La réalisatrice leur doit tout ou presque.
C’est Mark Duplass, interprétant le rôle de l’homme marié et rangé qui a proposé que Joshua Leonard interprète son acolyte. Ni l’un ni l’autre ne s’était jamais illustré dans un film transcendant jusqu’à présent mais on les aurait bien imaginé dans le jubilatoire Very Bad Trip. On passe l’intégralité du film à être bluffé par tant de justesse, tant dans l’écriture que dans l’interprétation des situations proposées, riant beaucoup et imaginant l’intégralité de ses amis / amants / collègues dans la même situation. Toutes les questions tabous sont abordées (qui est en-dessous / au-dessus ?), tous les éléments pratiques également (bah oui, pourquoi devrait-on savoir exactement comment avoir une relation homo avec son meilleur pote lorsqu’on n’a toujours été hétéro ? Bien entendu que non le fait d’avoir éventuellement eu des rapports anaux avec sa copine n’est pas une réponse, les corps sont radicalement différents quand même ! ), ainsi que des questions d’ordre plus général comme le fait de savoir ce qui se fait au nom de l’Art et/ou au nom de l’amitié, dans quelles limites, sous quelles conditions, etc… La bande son est elle aussi très sobre, alternant musique classique, free-jazz et “musique d’ambiance”.
Car ce film présente paradoxalement la situation la plus banale du monde finalement, ça peut arriver à tout moment, à n’importe qui et n’importe quand. Le traiter sans lourdeur ni longueurs est une très belle performance pour un premier film, qui plus est venant d’une femme. Car il ne s’agit pas d’un film pour filles mais bien d’un film pour tous. Je ne peut pas pousser plus avant l’analyse, ne souhaitent pas révéler le contenu du film, préférant vous inviter à aller le voir. Le public, timide ce soir là, n’a pas franchement osé applaudir, cela méritait pourtant cette attention. On ne parle évidemment pas de “bijou cinématographique” ici mais il mérite plus d’attention que bon nombre de navets fleurissant nos écrans ces derniers temps.
Note : 8/10



Bonjour,j’ai trouvé votre analyse et critique de ce film pas initéressante,deux remarques toutefois: Humpday,contrairement à ce que vous dites deux fois,n’est en aucun cas le premier film de Lynn Shelton mais le troisième,une petire recherche ne me parait pas de trop quand on prétend écrire et donner son avis. D’autre part je n’ai pas bien saisi le sens de “le traiter (le sujet) sans lourdeur ni longueurs est une trés belle performance,qui plus est venant d’une femme”. Une femme réalisatrice traite donc ses sujets avec lourdeur et longueurs? existe t’il une vérité en la matière qui m’aurait échappée? ce commentaire me parait inapproprié et ridiculise, du même coup,tout votre propos.
Bonjour Ana, merci pour votre commentaire.
Si j’ai cru que c’était son premier film, c’est parce que la réalisatrice était en face de moi et l’a affirmé, vous avez donc raison de préciser qu’elle a réalisé We Go Way Back (2006) et My Effortless Brilliance (2008).
Concernant la phrase dont vous ne saisissez pas le sens, je voulais dire que le sujet, traité par une femme, risquait d’être caricatural étant donné qu’elle n’est pas un homme, qu’elle n’a aucune expérience empirique possible de ce qu’est d’avoir un pénis entre les jambes. Et le sujet est abordé sans trop de lourdeurs, donc Lynn Shelton marque selon moi un point supplémentaire. Est-ce plus clair ainsi ?
Enfin, à titre de remarque personnelle, vous devriez cesser de rédiger vos commentaires dans un style méprisant et donneur de leçon à la manière d’un prof de CP sous la troisième république, car cela ne donne pas beaucoup envie de vous répondre.
Bien cordialement, M.