
LE CONCERT – Radu Mihaileanu
By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord
Tags:Aleksei Guskov Mélanie Laurent, comédie, film, François Berléand, Guillaume Galienne, Le Concert, Radu Mihaileanu, Tchaïkovski
Catégorie: des films...
Film franco-roumain / Drame comique / 2009
A première vue de l’affiche faisant penser à un mauvais film français avec Timsit, on regrette déjà d’avoir accepté d’aller voir Le Concert, d’autant plus que la grippe A rôde ces derniers temps… Mais il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis et dès les premières minutes du film, on révise notre jugement. Radu Mihaileanu signe ici un film mûri, abouti et avec juste ce qu’il faut d’humour, de contexte historique et de tacle à certains travers des sociétés françaises et russes.
Andrei Filipov (Aleksei Guskov) est un chef d’orchestre déchu sous Brejnev pour avoir refusé d’arrêter de travailler avec des musiciens juifs. Arrêté en plein récital de Tchaïkovski, le traumatisme de l’homme qui brise sa baguette le hante. Il est donc homme de ménage du Bolchoï et tous ses anciens amis musiciens occupent autant de métiers aussi dévalorisants. Mais si tous ont renoncé depuis 29 ans à pouvoir rejouer sur des scènes prestigieuses et en orchestre, cet ex-chef d’orchestre garde au plus profond de son être l’idée de rejouer Tchaïkovski. Un jour, par un hasard des plus loufoques, on lui donne la possibilité d’aller jouer au Théâtre du Chatelet à Paris. Il exigera que la jeune violoniste française Anne-Marie Jacquet (Mélanie Laurent) soit la soliste de ce concert unique et emmène avec lui tous ses amis souhaitant ressusciter leur passion.
Le Concert présente un savant dosage d’ingrédients récurrents chez R. Mihaileanu : mise en valeur de cultures et ethnies minoritaires (tziganes), humour par le biais de la langue (« Je vous baise chaleureusement »), moqueries sympathiques et néanmoins acides sur le communisme (Scène jubilatoire où le communiste russe rend hommage au siège de Colonel Fabien juste avant d’apprendre que le parti compte vendre et n’a même pas 1000 adhérents), dénonciation des tortures faites aux juifs, plaisanteries sur le français critique insatiable, ronchon et ridiculisation de « la Culture » (incarnés ici par Guillaume Galienne et François Berléand).
Le film atteint son climax durant dans sa dernière scène, le Concerto pour violon de Tchaïkovski devient le personnage central de l’intrigue : c’est lui qu’on écoute, c’est lui qu’on regarde être joué, chaque main, chaque tête n’est plus concentrée que sur l’exécution d’un des morceaux les plus difficiles au monde dans le but d’atteindre une harmonie parfaite. On ne rend pas toujours chaque musicien autant à l’écoute l’un de l’autre. La grande qualité de R. Mihaileanu est de ne pas avoir succombé à la tentation actuelle de couper la musique pour enchaîner sur la suite plus rapidement. Non, on savoure chaque note, la tension du film se focalise sur l’agilité des doigts des violonistes. Très vite, on ne sait plus si l’on regarde un film, un documentaire sur un orchestre ou si l’on assiste à un concert dans la salle du Chatelet car l’ambiance est parfaitement rendue.
Il faut ici saluer la prestation de chacun des acteurs qui, comme leur nom l’indique, sont acteurs et non musiciens professionnels. François Berléand semble avoir accepté de jouer son rôle de directeur du Théâtre du Chatelet comme pour se moquer de lui-même. Chacun des russes est bien plus convainquant que dans la décevante Affaire Farewell. Aucun ne parlait un mot de français avant le tournage et force est de constater qu’ils ont dû bosser comme des malades pour parvenir à avoir un débit de français aussi rapide. Mélanie Laurent semble enfin avoir trouvé sa place dans un rôle. Contrairement à sa décevante prestation dans Inglourious Basterds, elle rappelle cette fois qu’elle est capable de jouer juste. La demoiselle n’avait jamais touché un violon avant ce film, le coaching dont allé a bénéficié est donc impressionnant (ainsi que les effets spéciaux ayant substitué la main gauche d’une violoniste professionnelle à celle d’une actrice).
Certes Le Concert comporte quelques maladresses mais le grand talent de R. Mihaileanu est probablement d’avoir dépeint une Russie et une France plutôt justes, et ce avec quelques clichés. On n’est pas dans le consensus mou comme peut l’être L’affaire Farewell, et contrairement à ce même film, Le Concert reste longtemps en tête. Dans sa quête de démonstration que l’homme peut quoi qu’il arrive parvenir à récupérer sa dignité, Le Concert est probablement l’épisode le plus abouti de R. Mihaileanu, le plus émouvant aussi. Les larmes qui coulent dans ce film sont réelles, catharsis réussie de souvenirs douloureux et d’humiliations impalpables du quotidien qui vous rongent petit à petit.
Si seulement on n’avait pour chaque film que des reproches à faire sur l’affiche ! L’habit n’a jamais fait le moine, un film à voir.
Note : 8,5/10
Sortie française : 4 novembre 2009



moi j’avais envie d’aimer et puis je me suis retrouvee devant une version française et les Russes doublés ca marche pas … les clichés avaient un gout de mauvais Kusturica et je me suis presque ennuyée !
Je voudrais connaître le nom de la vraie violoniste qui a joué dans le film Le Concert et qui a été représenté par Mélanie Laurent.
Un film réconfortant, tonique, dans cette froideur d’une ambiance morose et déprimée . J’ai beaucoup aimé.Il faut savoir se laisser aller, ressentir simplement, ne pas tout analyser , intellectualise savamment.
Ouais , François Berléand!!!
mais tout de même, Aleksei Guskov joue magnifiquement son personnage d’artiste blessé…un excellent comédien…avec Sacha
dont on ne parle pas.
J’ai adoré ce film, sensible, drôle et profondément émouvant, ainsi que l’interprétation magistrale du concerto pour violon. Moi aussi j’aimerais connaître le nom du vrai violoniste qui joue, mais chapeau à la prestation de Mélanie Laurent, tout à fait crédible