THE RAVEONETTES – In and Out of Control

Duo danois / Pop – Rock / Fierce Panda

Déjà presque dix ans d’existence pour The Raveonettes, un duo-couple qui tient la route. In and Out of Control est leur cinquième opus, un tous les deux ans, une bonne régularité permettant de ne pas s’essouffler ?

Révélés par leur Pretty in Black (2005) truffé de collaboration fructueuses, notamment avec Moe Tucker (The Velvet Underground) et Ronnie Spector (The Ronettes), leur disque suivant avait terminé de nous rendre accro au groupe (Lust Lust Lust en 2007 et ses prestations scéniques époustouflantes aux Routes du Rock version hiver et été). A l’annonce d’un nouveau disque, on attendait donc la nouvelle pépite avec grande confiance. Après l’amour et la luxure, les drogues et les hallucinations délicieuses, le duo glacé s’attaque aux mêmes sujets du côté obscur. Ce qui était Pretty in Black devient « Dark », ce qui n’était que Lust Lust Lust se mue en « Break up » ou « Break out ». Ca donne Suicide, Last Dance, Gone forever ou Oh, I Buried You Today pour le côté « joie de vivre » et Boys Who Rape (Should Be Destroyed), Heart of Stone, D.R.U.G.S, Break Up Girls ! et Wine pour l’aspect « optimisme, bonté humaine et plaisirs de la vie ».

Malgré ces titres peu engageants, l’ensemble reste terriblement entraînant et pêchu (sauf Wine déprimante à souhait), spirale revisitant les coins les plus tristes et ténébreux de nos cerveaux tristes mais libérant les corps. Bang ! vous envoie d’emblée un coup au plexus pour vous faire quitter votre chaise ; Suicide glisse comme une vodka-tatin : forte mais masquée par beaucoup de sucres ; Last Dance ne donne qu’une envie, celle de continuer de danser… Les influences 60’s ne se sont pas fait la malle, c’est toujours aussi bien fignolé.

Mais… Il y a un « Mais » d’importance cette fois, un de ceux qu’on ne peut pas éluder. The Raveonettes, c’est beau, c’est sympa, ça provoque une adhésion quasi-mystique sur scène mais ce nouvel album, alors qu’il se propose de revisiter les recoins de nos âmes, est en dépourvu justement, d’âme. C’est trop bien terminé, trop bien respectueux des aînés Phil Spector ou Jesus and Mary Chain, trop propre pour parler de suicide, trop clean pour aborder les drogues. On est comme en face de ses dix doigts ressortant d’une manucure Dior : on a peur d’utiliser nos doigts de peur d’écailler le vernis… Et d’ailleurs la véritable réflexion qu’on se fait c’est « Depuis quand je suis le genre de pouffe qui va se faire faire une manucure ? ».

Un album qui contrairement aux deux précédents, ne restera pas longtemps dans nos platines car il s’avère très vite lassant. L’album porte mal son nom, il n’est jamais Out of Control et ne donne jamais l’impression d’être spontané, à l’image de la pochette du disque d’ailleurs, plus calculé tu meurs. Mais nul doute que sur scène, ça sera toujours aussi beau.

Note : 7/10

Sortie début octobre

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