
Toy Fight @ Café de la Danse
By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord
Tags:Bertrand Faure-Brac, David Simonetta, Jean Thévenin, Laurie Lassalle, Maison Neuve, Maxime Chamoux, Mina Tindle, Olivier Marguerit, Pauline De Lassus, Sébastien Broca, The Leisure Society, Toy Fight
Catégorie: des concerts...
Groupe Parisien / Pop – Rock / 26/10/2009
Pour bien attaquer la semaine, rien ne vaut plateau musical complet. Composé ce lundi de Maison Neuve en entrée légère et Leisure Society en plat de consistance un peu indigeste, la soirée fut heureusement sublimée par un Toy Fight en guise de sabayon.
Que dire de Maison Neuve ? Leur concert était une première pour moi et, je l’ai bien senti, ils n’étaient pas au meilleur de leur forme. Nouveaux morceaux difficiles, salle plutôt vide car la soirée commençait trop tôt… le spectacle n’en était pas moins intéressant. On connaissait la Maison Tellier, on s’était fait surprendre par Holden il y a quelques années (je ne parle du dernier album qui, malheureusement, est aussi fantomatismique que le disque), Maison Neuve s’inscrit dans le créneau difficile des chanteurs à texte en français et de qualité. Pas toujours évident de faire jaillir la puissance de la langue de Molière, surtout si on lui ajoute quelques mélodies oscillant entre folk western et rock brut. Bref on sent le talent sous-jacent mais le besoin de plus de scène – mais ça, ça dépend des programmateurs hein… ;). Belle entrée en matière donc malgré ses imperfections qui font aussi le charme de cette nouvelle bicoque à surveiller.
La salle se remplit avec la préparation de Leisure Society. En voyant s’installer les sept protagonistes du groupe, on se demande comment on a pu passer à côté de ce septet qui, au premier abord risque de livrer une pop-folk instrumentale intéressante. On s’est demandé « comment », mais on a vite compris « pourquoi ». Techniquement, le trio violon-violoncelle-flute traversière qui accompagne une formation guitare-basse-batterie-clavier est impeccable. Toutes leurs mélodies sonnent justes, sont parfois entrainantes et ont un certain raffinement dans leur complexité. Oui mais voilà, exactement comme pour Camera Obscura lors de la dernière Route du Rock, l’alchimie ne suit pas. The Leisure Society se cantonne à la catégorie « groupe d’ambiance de bal » ou « groupe concourant à l’Eurovision », de la musique à mettre dans des cases, à évaluer avec une simple grille… Dommage, indigeste prestation dont on n’attendait pas grand-chose.
L’avantage d’être précédé d’un groupe moyen, c’est que votre talent, s’il était passé inaperçu jusque là, resplendit deux fois plus. Ce fut le cas pour les joyeux joujoux de Toy Fight ce soir là. Le trio masculin de base (et de choc) a complété sa formation de deux musiciens aussi doué qu’eux dont le multi-instrumentiste Jean. Et sur scène, ils n’ont pas hésité à inviter leurs amis et collègues (via leurs autres groupes) comme Olivier Marguerit (Chicros, Syd Matters), Pauline De Lassus (Mina Tindle) ou Laurie Lassalle à travers leur dernier clip que je vous invite fortement à aller regarder (My Girlfriend Is Better Than Yours). Le constat immédiat qui saute aux oreilles dès les premiers accords du groupe, c’est qu’ils ont fait de sacrés progrès sur scène depuis le Point FMR ! L’humour caustique de Sébastien Broca est encore plus incisif et efficace, ce qui n’est pas étonnant lorsqu’on a pour nom les meilleurs contes de Pierre Gripari – oui, je sais, Sébastien aurait préféré une référence de son niveau de Fénelonien, Kant ou Deleuze mais ce n’est moi qui rédige là :) …. Maxime Chamoux a toujours la délicatesse de vous prévenir qu’il va se planter dans ses accords pendant la transposition du morceau (et prend la peine de dédier un morceau à ses parents dans la salle). Jean s’amuse comme un gamin dans le fond avec tous ses instruments et gadgets assimilés (et papote avec Olivier, oui je balance car les autres membres sont devant, ils ne voient pas). A côté, Bertrand Faure-Brac et David Simonetta ont l’air d’enfants de cœur avec leurs chemises bien repassées. Enfin Pauline et Olivier font l’animation en passant et repassant d’un bout à l’autre de la scène. Les parties de trompettes d’Olivier sont d’ailleurs un apport intéressant, quand à la voix de Pauline, elle est égale à elle-même, sublime et pétillante. Le groupe a joué la quasi-intégralité de Peplum et nous a gratifié de quelques titres « vieux mais qu’on aime quand même beaucoup » et un nouveau titre (Streetlights) qui rappelle The Limes (tiens tiens…). Lors du rappel, les surprises ne sont pas terminées puisque Toy Fight entame une reprise des Go Betweens (The House Jack Kerouac built) en appelant en renforts Guillaume aka le grand gaillard chanteur de Maison Neuve.
Vous l’aurez compris, si vous n’avez toujours pas écouté Peplum ou vu Toy Fight sur scène, vous avez intérêt à réparer rapidement vos oublis avant de passer pour le dernier has-been. Il ne manquait qu’Orouni pour que cette soirée soit parfaite, mais il était dans la salle ce n’est déjà pas si mal. A force de vous écrire que cette nébuleuse de parisiens est bourrée de talent, vous allez finir par être d’accord avec moi…
Note : 8,5/10
Crédits photo : Not For Tourist Paris, dont je conseille aussi le live report


