Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord

Archives pour décembre 2009

LES ENFERS DU ROCK – Philippe Manœuvre

In Blog Roll, Chroniques Littérature on décembre 29, 2009 at 10:34

Editions Tana / Illustrations Marie Meier/ 2009

Quiconque me connaît bien sait que jamais je n’aurais délibérément acheté un livre de ce vieux schnoque de Philippe Manœuvre (pour des raisons que, par décence, je ne vais exposer ici). Donc la personne qui me faisait ce cadeau à Noël savait pertinemment qu’elle prenait un risque. C’est bien, j’aime les gens audacieux, alors du coup je l’ai lu le bouquin. Et bien, c’est comme dans la chanson « Non non rien a changé, tout a continué… ».

1)   Je comprends parfaitement qu’à la vue de la couverture, on ait envie d’acheter ce petit opus. Il est rouge et relié élégamment, quelques fioritures en lettres d’or achèvent de parfaire ce petit bijou. Plaisir des yeux, assurément, ça fera bien dans la bibliothèque (tant qu’on ne regarde pas qui l’a écrit). Une fois retiré le bandeau noir, Manœuvre n’est pas mentionné sur la couverture d’où le piège…

2)   Les illustrations signées Marie Meier sont plutôt soignées et pleines d’humour. Au moins si le bouquin est nul, vous pouvez regarder les images…

3)   Le sujet était plutôt intéressant. Que des groupes de rock aient accumulé les moments de loose intégrale au point qu’ils se mettent à croire en l’existence de forces maléfiques, pourquoi pas après tout. En revanche, en ce qui concerne les groupes retenus, ne vous attendez à rien d’original, c’est un vieux rabougri qui écrit donc sa vie s’est arrêté il y environ 30 trente ans et il ne perd pas une occasion de vous rappeler qu’après AC/DC et Jimmy Hendrix, point de salut. Evidemment ce vieux crouton ne vous file pas de sommaire, vous êtes censés connaître par cœur ses dadas. Le problème avec un exercice de style, c’est qu’il lui faut du style…

4)   Que dire du contenu à présent ? He bien c’est à l’image de son auteur : mal écrit, grammaire à vomir, références bling-bling (comprendre ici qu’elles ne servent à rien d’autre que de faire croire que cet homme est érudit alors que si vous grattez le vernis, il n’y a rien)… Et surtout cette sale habitude de placer à intervalles réguliers dans le récit ce « je » permettant de ramener sa fraise de vieux con qui dessert franchement la narration. Là vous allez dire que je suis mauvaise langue, alors j’ai choisi un extrait authentique avec les incohérences que je vous laisse trouver en vous donnant quelques indices en rouge) :

« Abandonnant Bon Scott sous une couverture, le copain rentre chez lui. La nuit est glaciale. On retrouvera Bon Scott mort, étouffé dans son vomi. Pauvre diable. Bon Scott fut enterré en Australie, à Fremantle, le 1er mars 1980. Moins de une semaine plus tard, les amis du défunt recevaient de bien macabres cartes de Noël, signées par le mort en personne et postées « avec un peu de retard », début février, de Londres. Depuis, comme tous les rockers, je hais les matins blêmes sur Camden. ».

Vous l’aurez compris, qu’il s’agisse de concordance des temps, de focalisation narrative, d’orthographe ou tout simplement d’intérêt du propos, il n’y a rien, strictement rien qui soit digne d’intérêt dans ce torchon, à l’image de son pseudo magazine musical qui n’apprend que mépris et stéréotypes à une jeunesse en mal de culture musicale digne de ce nom. Cet homme serait tout juste bon à rédiger la bio de Ah-que-Johnny et encore… Je sais qu’elle est facile mais je l’écris quand même : le pire enfer du rock, c’est lui, jamais quelqu’un n’aura autant sapé les espoirs de voir mis en valeurs des groupes français talentueux.

Si je garde malgré tout un bon souvenir de ce livre c’est parce que je l’ai lu dans un train de banlieue, entre Paris et Melun, où un illuminé est venu prêcher l’amour de Dieu. Je lui ai tendu le bouquin en lui expliquant qu’il me cassait les oreilles (ainsi que celles de l’ensemble des passagers) et je lui ai dit d’aller voir ce Philippe Manœuvre qui lui semble avoir besoin d’aide. Il a lu quelques mots et s’est exclamé : « Même cette âme là n’est pas perdue ». A la bonne heure, amen.

Note : 2/10 (pour les images)

TOP DES 15 DISQUES DE 2009

In Blog Roll, Chroniques Musique on décembre 28, 2009 at 3:58

Alors pour ce top je ne peux pas les classer, simplement vous livrer mes quinze albums préférés dans l’ordre de parution (ou du moins d’écoute). Pourquoi 15 ? Parce que 10 c’est trop court et 20 c’est trop compliqué car trop d’ex-aequo.

Dalek – Gutter Tactics

Expérience inédite d’électro hip-hop qui vous vrille le ventre comme avant des montagnes russes méchantes-quifonttroppeur-ouaicht’asvu.

Franz Ferdinand – Tonight

Comme un bon macaron : une coque rock, une coque pop, une ganache qui vous explose en bouche ! Tonight et tous les soirs !

Matt Bauer – The Island moved in the Storm

Le disque de folk le plus épuré et le plus oublié de l’année (malheureusement…) Ecoutez-le et vous serez obligés de concéder qu’une fois de plus j’avais raison (pas de panique ça arrive très souvent, hein Benjamin ;) !)

Dear Reader – Replace Why with Funny

Pourquoi fait-on tout un foin lorsque des blancs font de la « musique de noirs » et ne dit-on rien lorsqu’un pays d’Afrique fait de la musique européenne ?

Micachu and the Shapes – Jewellery

Il existe encore des groupes capables d’assumer un côté déjanté qui ne soit pas uniquement commercial (cf. Animal Collective qui a perdu tout intérêt musical en essayant de théoriser le « barré »).

Peter Bjorn and John – Living Thing

Probablement leur album le plus abouti. Ces suédois partagent mon amour du perfectionnisme : bonne musique, splendide mise en scène, excellente réflexion d’ensemble. Ce n’est pas mensonger, c’est vivant !

Grizzly Bear – Veckatimest

Que peut-on ajouter de plus que « ce groupe est génial » ? Cela : « avant j’étais sceptique, maintenant je suis convaincue ». Tout simplement divin.

Gossip – Music for Men

Je ne peux pas vous proposer uniquement de la musique d’appartement, le dancefloor c’est important. Pour le plaisir des oreilles uniquement. Les temps changent : pour une fois, les obèses ont une utilité ! (Et on parie combien que je vais me faire troller pour ça :) )

St Vincent – Actor

J’ai mis beaucoup de temps à reconnaître la pureté et la qualité de cet opus pour lequel je pensais que l’engouement était factice. Une fois aperçue sur scène, force est de constater que c’est un disque remarquable.

Cougar – Patriot

Jamais je n’aurai pronostiqué qu’un groupe rendant autant hommage à l’US Army aurait un jour sa place dans un de mes classement d’albums préférés… Du post-rock dans les rêgles de l’art, avec la créativité en dosage équilibré.

——

The Very Best – Warm Heart of Africa

Bien plus abouti que le projet Vampire Weekend, bien moins « vernis de la tolérance multiculturelle ». The Very Best est un brin provocateur, un chouia délicieux, sans oublier une pointe de pureté dansante.

Noah and the Whale – The First Day of Spring

Leur premier disque était génial, leur second opus est encore plus cynique. Enfin un groupe qui assume de faire de la pop en réfléchissant objectivement sur la légende urbaine de l’Amour…

Turzi – B

La réponse française à l’acharnement perfectionniste musical. Un alphabet, un travail de titan, des influences multiples… et toute mon admiration, il n’a pas trente ans et va déjà très loin.

Aufgang – s/t

Un trio, trois pays, trois influences majeures, trois chroniques de ma part sur leur compte, trois regards… C’est un peu la Sainte Trinité revisitée dont je suis le Messie J (oui je me lâche).

Esser – Braveface

Pour leurs mélodies pop barrées, pour les coupes de cheveux si délurées, ces touche-à-tout sont résolument craquants !

Déjà fini ? Allez, autorisez-moi ces quelques mentions spéciales :

Health – Get Color : Jamais un acouphène n’a été aussi désirable, un batteur à surveiller de très près.

Fever Ray – s/t : Ah si seulement elle n’avait pas cette infâme voix rappelant la détestable Bjork ! Un album splendide.

Naive New Beaters – Wallace : Faire de l’aérobic en pull-over tricoté par mamie il y a trente ans n’est pas chose courante chez les moins de trente ans… J

Vic Chesnutt – At the cut : Parce que je publie ce top après son tragique décès et ne veux pas me faire accuser de l’avoir mis dans le top juste pour faire des bons sentiments… Un album splendide, comme à peu près tous ses disques.

Ce qui m’émeut… Episode 2

In Blog Roll on décembre 28, 2009 at 11:41

Pour la première fois depuis des années, j’ai passé un Joyeux Noël, réellement. Même enfant j’ai toujours détesté cette période, sauf allumer les bougies, décorer la maison et faire la cuisine pendant des heures…

Et pourtant en rentrant j’ai appris la triste nouvelle, Vic Chesnutt est parti. Je n’ai jamais été « groupie » de quelque groupe que ce soit. J’en aime certains plus que d’autres, j’ai des souvenirs plus ou moins forts aussi. Et Vic Chesnutt était probablement l’un des plus nobles personnages que j’ai pu croiser.

Il faisait froid, je traversais l’une des périodes les plus sombres de ma vie (je sortais justement du plus effroyable Noël de ma courte existence). J’étais au festival de la Route du Rock hiver 2008, seule et moyennement vaillante sur mes jambes. Lorsque Vic Chesnutt est apparu, dans son fauteuil roulant, un verre de lait à la main et un sourire jusqu’aux oreilles. Le genre de sourire qui vous donne envie d’aimer la vie. Nous n’étions que quelques personnes à vouloir l’interviewer et nous n’avions pas beaucoup de temps. Les jeunes éphèbes de Mgmt et la joyeuse troupe de Le Loup étaient là aussi. Nous étions au rez-de-chaussée en plein courant d’air, les interviews avaient lieu au premier étage. Et là il s’est produit en une fraction de seconde, sans que personne ne se soit concerté, un événement qui m’est resté gravé : il y avait un ascenseur pour le fauteuil de Vic, mais tous les artistes ont empoigné la chaise à roulettes et l’ont hissé au premier étage par l’escalier, ils l’ont déposé au centre de la pièce, ils ont mis des chaises tout autour de lui et ont déclarés : « Nous faisons l’interview tous ensemble ». Et l’un deux a ajouté “Cet homme est si grand qu’en nous asseyant nous n’atteignons pas son niveau”. Je n’avais pas de quoi enregistré ce jour là car mon matériel était cassé, maintenant qu’il est parti je m’en mors deux fois plus les doigts. Sur scène comme dans la vie, je n’ai pu voir qu’un homme toujours vaillant, toujours émouvant et humble. A l’image de sa musique d’ailleurs : entre post-rock violent et douce folk, mélodies mélancoliques et combatives.

Ca ne regarde que moi de penser cela mais j’ai toujours trouvé que le suicide était, à l’inverse de ce que peuvent enseigner certaines religions, un acte de bravoure. L’être humain n’est pas constitué pour être capable de se supprimer. Quoi qu’elle ait fait, une personne qui met fin à ses jours est une personne qui souffre, qui a retourné toutes les possibilités de son problème dans tous les sens pour se rendre à l’évidence qu’il n’y a pas d’autre issue que d’en finir. Vic Chesnutt a lutté tellement d’années qu’en finir à l’aube d’une nouvelle décennie n’est pas anodin : l’avenir se construira sans lui, autrement, lui a fait suffisamment pour l’humanité. En matière de musique bien entendu, mais de santé mentale et physique aussi (lutte pour la reconnaissance de la marijuana comme auxiliaire thérapeutique).

Ce qui fait que des yeux sont humains est cette faculté que nous avons de pleurer. RIP Vic Chesnutt. Show must go on…

TOP DES 15 DISQUES FRANCAIS MARQUANTS DE 2009

In Blog Roll, Chroniques Musique on décembre 21, 2009 at 7:00

Pour la première fois depuis des années, j’ai eu envie de distinguer un Top des disques français d’un Top International. En cette période de grands débats sur les questions d’identités nationales, je trouve amusant et intéressant de voir des disques français rayonner justement parce qu’ils ne mettent pas en avant qu’ils le sont, français. Parce qu’ils chantent en anglais, parce qu’ils sont produits par des étrangers ou parce qu’ils font recette surtout ailleurs que dans l’hexagone, je suis fière de souligner encore une fois la qualité de quinze disques français sortis cette année. Et pour personnaliser encore plus le tout, je vous livre quels sont mes morceaux favoris.

Aufgang – s/t

Je crois que j’ai déjà tout dit à leur sujet hein, à force de casser les pieds de chacun avec ça, mes chouchous de l’année se hissent à la sixième place d’un top de blogueurs qui étaient plutôt réticents jusqu’à ce qu’ils écoutent ce premier album.  Aufgang n’est qu’un disque, tout comme un diamant n’est qu’un caillou…

Titre préféré : Channel 8


Turzi – B

Deuxième opus, deuxième confirmation du talent de Romain Turzi. Une intelligence et une sensibilité musicale doublées d’une classe incroyable (élu meilleur porteur de tee-shirt touristiques de l’année). Turzi ou comment réapprendre à lire, écouter, déguster…

Titre préféré : Bombay


Rone – Spanish Breakfast

Beau cadeau que de sortir ce premier opus le jour de mon anniversaire. Rone n’a pas eu cette année le rayonnement qu’il mérite amplement, des boucles élégantes et des samples de qualité, je suis certaine de vous en reparler.

Titre préféré : Tasty City


Toy Fight – Peplum

…ou l’histoire de jeunes musiciens français ayant repris confiance en eux et leur travail grâce à des allemands… Fourmillement d’instrumentation et voix au franglais décomplexé font de cette pop-folk une délicieuse musique pour garder son âme d’enfant.

Titre préféré : Les Indes Noires


Etienne Jaumet – Night Music

Quand un Zombie Zombie doublé d’un Married Monk se consacre enfin à un album solo, cela donne une aventure intergalactique des plus éclectiques. Carl Craig a mis son oreille dedans pour parfaire le tout. Musique nette et précise comme une signature Mont Blanc.

Titre préféré : For Falling Asleep


Sammy Decoster – Tucumcari

Quand un thérapeute d’hôpital psychiatrique par à la conquête de l’ouest, ça donne un opus de rockeur qui a du chien. Un premier album qui démontre qu’on peut signer chez une major et faire de la musique indie. La musique américaine peut aussi venir d’ailleurs…

Titre préféré : Mon dernier rêve


The Limes – s/t ex-æquo Centenaire – The Enemy

Ces deux disques n’ont rien en commun sauf le fait d’être d’excellente facture et de proposer une musique d’origine française, d’origine seulement… Très belle démonstration de ce que peut être l’apport de la mondialisation à la musique.

Titres préférés : City Lights et Testosterone


Chicros – Radiotransmission

Troisième disque et toujours un sans-faute… Un opus concept qui vous fait revisiter et parodie tous les meilleurs canaux radiophoniques. Radio Campus Paris est fière d’avoir soutenu depuis toujours ces doux gentlemen qui ne s’expriment plus qu’en anglais mais habitent toujours Paris !

Titre préféré : Negrita


Boulbar – Requiem pour un champion

Difficile de marcher sur les traces de Serge Gainsbourg sans se casser la figure. Boulbar semble s’être équipé d’excellents crampons et signe un opus concept qui emprunte autant à la culture française qu’américaine.

Titre préféré : Iron Jack


Oxmo Puccino – Larme de paix

Oui le rap et le hip-hop ont leur place en France, non cet album n’est pas la « caution noire » ou le « disque de l’ouverture » de mon top. Je l’aime simplement pour ce qu’il est, pour les textes qu’il propose, pour l’humour bienveillant d’Oxmo Puccino, un artiste bien plus engagé que n’importe qui.

Titre préféré : Soleil du Nord


Krazy Baldhead – The B suite

Un premier album très construit à la régularité de métronome, de l’electro puisant autant dans le jazz que le funk ou le hip hop, de quoi redorer l’image d’Ed Bangers…

Titre préféré : Third Movement / Third Part « Sweet Night » feat. Outlines


Mélanie Pain – My name

Il est rare que j’aime un disque de fille en solo, malgré quelques vices tout à fait perfectibles, Mélanie a sa place dans ce top des disques français marquants de l’année : comme tout bon chocolat, elle est douce avec ce petit piquant qui fait oublier les calories superflues.

Titre préféré : Ignore-moi


Benjamin BiolayLa Superbe ex-æquo Dominique ALa Musique

Grosse surprise pour moi, preuve qu’il ne faut jamais dire jamais, je n’aurai pas cru reconnaître un jour que Benjamin Biolay et Dominique A sont des artistes qui me touchent… Et oi j’ai en plus le culot de les comparer l’un à l’autre ;)

Titres préférés : Brandt Rapsodie et Le bruit blanc de l’été

Mais aussi (car il était difficile de tous les départager) :

Koudlam – Goodbye

GaBLé – I’m Ok

Le Klub des Sept – La classe de musique

Et on attend avec impatience les premiers albums de :

My Girlfriend Is Better Than Yours, Mina Tindle, Eldia

Un Top Musical peut en cacher un autre…

In Blog Roll, Chroniques Musique on décembre 21, 2009 at 4:17

La fin de l’année approche aussi vite que la vague de froid à Paris et l’heure est partout aux « Top ». Sur ce même blog, vous avez d’ailleurs peut-être découvert le Top des Blogueurs 2009 auquel j’ai participé. Mais un Top collectif n’est bien évidemment pas le même qu’un Top personnel. Car il en va (heureusement) ainsi de la société : chacun est sensible à différentes sonorités, différents concepts musicaux etc… Et au final, le Top de Machin ne sera pas meilleur que le Top de Truc, il sera simplement différent.

Pourquoi je continue donc de vous proposer un Top chaque année puisque j’affirme qu’avant tout il ne reflète que mes goûts, bâtis en fonction de ma personnalité (un peu “déviante” vous diront les mauvaises langues, simplement hyperactive vous affirmeront d’autres…) ? Tout simplement parce que j’aimerai que vous lisiez ce classement en y faisant des découvertes, que votre froide journée d’hiver soit éventuellement égayée d’un nouveau disque qui lui donnera des couleurs.

Cette année marque également la fin d’une décennie, c’est pourquoi je vous ai concocté non pas un, mais trois Top musicaux différents.

Le Top des 15 disques français marquants de 2009

Le Top des 15 disques de 2009

Le Top 2000 – 2009

Et comme à chaque jour suffit sa peine, vous pourrez les découvrir en plusieurs fois ;) !

TRACES @ Casino de Paris

In Chroniques Théâtre & Cirque on décembre 20, 2009 at 8:26

Compagnie Les Doigt de la Main / Cirque moderne / du 15/12/09 au 03/01/10

« Mesdames Messieurs Bienvenue, laissez vos portables allumés : on ne sait jamais qui veut vous joindre, n’hésitez pas à prendre des photos avec flash : c’est dangereux pour les artistes, vous pouvez aller aux toilettes à tout moment : personne ne vous racontera ce que vous avez manqué, vous pouvez aussi filmer afin de chérir en famille vos derniers instants » La voix rauque digne des meilleures bandes-annonces de films catastrophes a des accents québécois, les sièges sont plutôt confortables et la nouvelle mouture du spectacle Traces commence. Un spectacle de cirque moderne canadien touchant et qui passe vite, trop vite.

Antoine Auger,  Antoine Carabinier-Lépine, Jonathan Casaubon,  Geneviève Morin, Philip Rosenberg (et un sixième jeune homme) sont les artistes qui ont remplacés les créateurs du spectacle (en 2006). Fait rare, ils se présentent chacun leur tour sur scène, déclinant leur identité. Tous sont issus de l’Ecole de Cirque de Montréal et ça se sent. C’est assez difficile à expliquer. L’Ecole française est essentiellement poétique, l’Ecole de Stockholm est rigoureuse et appliquée, les Ecoles américaines sont très techniques, l’Ecole de Montréal est cynique. Ils ont un univers onirique fait de piques perpétuelles pour vous remettre les pieds par terre. Pas d’agrès particulièrement originaux, mais une exploitation des plus touchantes. Le plus beau passage est sans conteste celui de Philip Rosenberg, qui transcende l’art de l’équilibre sur cannes. D’ordinaire, un numéro sur canne devient rapidement un enchaînement technique de figures en force. Lui a remplacé les cannes par des mannequins de femmes. Il évolue donc entre ces femmes et son numéro devient aussi émouvant qu’érotique. Ce même acteur ponctuera des scènes du spectacle de quelques dessins en temps réel via un rétroprojecteur. Fait tout autant caractéristique des canadiens, les artistes travaillent toujours dans le respect de soi, alors qu’en Europe on assiste encore régulièrement à des spectacles où les circassiens dépassent trop souvent leurs limites (ce qui aboutit au mieux à des mois d’hospitalisation). A la reprise de l’entracte, Antoine Carabier-Lépine exécute le début d’un morceau d’Alegria du Cirque du Soleil, clin d’œil à une institution multinationale à l’éthique située à l’opposé de Traces. Rappel aussi d’une dérive de l’Art du Cirque. La bande-son est d’ailleurs l’un des gros points faibles du spectacle. Si elle se veut contemporaine en incluant des titres de Radiohead ou d’électro berlinoise ultra-minimale, l’absence d’une bande-son propre au spectacle fait amateur (sans compter que les titres retenus sont assez mauvais dans l’ensemble…). Cela bloque aussi l’immersion dans l’histoire contée ici. On assiste plus à un enchaînement de numéros de cirque et saynètes théâtre/cabaret qu’à une trame bien construite autour d’une idée forte pourtant très intéressante (appropriation de l’espace scénique, volonté de laisser un peu de soi dans un territoire). Pour moi, il y a un manque de travail de ce côté là.

Pas question de vous raconter tous les numéros que vous pourrez retrouver dans ce spectacle, allez donc les voir, vous passerez un excellent moment. Traces est un beau spectacle, interprété par des artistes talentueux et mis en scène de façon assez ludique. Les points faibles qu’il comporte sont tout à fait perfectibles (je sais d’ailleurs que vous ne les remarquerez même pas ;) ). A voir seul ou en famille.

Note : 7,5/10

Top des Blogueurs 2009

In Blog Roll, Chroniques Musique on décembre 16, 2009 at 10:00

Le Top Blogueurs 2009 : La sélection des meilleurs albums de l’année :

Le Top des Blogueurs regroupe 37 passionnés de musique réunis autour d’un classement des meilleurs albums de l’année avec pour objectif de défendre leurs coups de cœur et découvertes sans pour autant négliger les incontournables de 2009. Après de longs débats et plus de 580 disques cités, nous sommes heureux de vous présenter cet article collaboratif publié simultanément sur tous nos blogs !

St Vincent - Actor St Vincent – Actor

Panda Panda : Dans le monde merveilleux d’Annie Clark, les instruments à vent et à cordes dansent ensemble d’une jolie manière, parfois balayés par l’horreur tapie dans un coin qui ressurgit sous la forme de déflagrations électriques et tordues, l’imaginaire de la belle étonne et ne ressemble à nul autre avec ses cent idées à l’heure. C’est donc tout naturellement et avec un plaisir immense qu’on retrouve ce drôle d’Actor à cette vingtième place. (A lire également la chronique d’Olivier).

Marie-Flore - More than thirty seconds if you pleaseMarie-Flore – More than thirty seconds if you please

Arbobo : Le parcours de trop de “grands” a fait oublier combien un premier disque pouvait être fort, déjà brillant, déjà puissant. Combien c’est rare de faire des débuts aussi bluffants. L’air de rien, Marie-Flore réussit à nous faire lever les poils du premier au dernier titre. Avec ses morceaux tout sauf standards, son sens de la mélodie et sa voix sortie d’un livre de sortilèges, on se demandait si elle saurait nous impressionner autant sur disque qu’elle le fait sur scène. Oui, évidemment, oui. (A lire également la chronique de Benjamin F).

The Tiny - Gravity & GraceThe Tiny – Gravity & Grace

Saab : Trop souvent, on voudrait intellectualiser la musique, qu’elle rentre dans un format cartésien nous permettant de différencier la bonne de la mauvaise. Mais la musique est essentiellement une question d’émotions et le groupe suédois The Tiny en témoigne avec leur troisième album Gravity and Grace, petit chef d’oeuvre inclassable entre folk boisé et pop de chambre. Le chant déchirant d’Ellekari Larsson y est inoubliable. (A lire également la chronique de Daniel).

The XX- S/TThe XX- S/T

Christophe : Le buzz est un fleuve intarissable qui prend sa source, selon les cas, à Londres ou Brooklyn. Concernant The XX, c’est de la capitale anglaise qu’est parti l’incendie cold-wave et il a tout ravagé sur son passage, jusqu’au line-up du groupe amputé depuis d’un de ses membres. Il y a comme toujours avec ce genre de phénomène, les « pour » et les « anti » mais une chose est sûre, The XX aura marqué d’une belle empreinte l’année 2009. (A lire également la chronique de Paul).

Fever Ray - Fever RayFever Ray – Fever Ray

Kris : Il se déroule toute une vie parallèle dans les univers perpétuels de The Knife, et aujourd’hui chez Karin Dreijer Andersson en solo sous le pseudo de Fever Ray. Chaque rythme, chaque production, chaque profondeur atteint dans cet album sonne comme des anathèmes foudroyants du monde qui est le nôtre. Cette rugosité empathique, cette urgence apocalyptique, font de Fever Ray une expérience incontournable et impitoyable. (A lire également la chronique de Rod).

Benjamin Biolay - La SuperbeBenjamin Biolay – La Superbe

Romink : Conquis, comme tombé sous les charmes de La superbe. Un disque d’hiver, enivrant, enveloppant et compact à la fois malgré son format. Pudique et exhibitionniste, parfois dur, parfois tendre, il berce, stresse, repose et interroge. Comme une météorite qui pénètre l’atmosphère, le double album de Benjamin Biolay illumine l’automne et laissera, c’est certain, son empreinte dans la mémoire collective. (A lire également la chronique de JS).

Dominique A - La MusiqueDominique A – La Musique

Christophe : Depuis la mort de Bashung, ils ne sont plus très nombreux les artistes français capables de réconcilier les amoureux de chansons à texte, à la française, et les adeptes de mélodies pop-rock à l’anglo-saxonne. Dominique A est de ceux-là, sans doute même son plus beau représentant. Après presque 20 ans de carrière, il vient une nouvelle fois de prouver tout son talent sur un double album somptueux. (A lire également la chronique de Benoit).

Current 93 - Aleph at Hallucinatory MountainCurrent 93 – Aleph at Hallucinatory Mountain

Mr Meuble : Album à l’image du groupe, trouble, halluciné et vibrant. Les chants tibétains y côtoient les chants de Maldoror et milles expérimentations cathartiques. Un voyage fascinant qui sonne à la fois comme la bande son de l’apocalypse et celle de la rédemption. (A lire également la chronique de Twist).

Converge - Axe to fallConverge – Axe to fall

Systool : Inutile de le nier, Converge aura une fois de plus attaqué notre cortex de plein fouet via les constructions complexes et les guitares abrasives de Axe to Fall. Si on peut louer les collaborations de membres éminents de Neurosis, Cave In ou encore Genghis Tron, on sait pertinemment que tout le mérite revient à Jacob Bannon et à ses trois acolytes. Une écoute traumatisante, indispensable pour cette année 2009 résolument folky. (A lire également la chronique de Benjamin F).

Bill Callahan - Sometimes I Wish We Were An EagleBill Callahan – Sometimes I Wish We Were An Eagle

Dali : Il se cachait depuis longtemps derrière le pseudo Smog, Bill Callahan sortait cette année un deuxième album en son nom propre : Sometimes I Wish We Were An Eagle. Un disque folk mélancolique et doux, aux mélodies subtiles, en apparence un peu austère : à l’image de Callahan lui même, droit, un peu grave et d’une classe folle, qui se bonifie avec le temps et les écoutes. (A lire également la chronique de Thibault).

DM Stith - Heavy GhostDM Stith – Heavy Ghost

Disso : Cet album est un chef d’œuvre empli de grâce et de douceur. Des fantômes sur la pointe des pieds dansent sur la mousse des sous-bois, les anges emplissent l’air de leurs chœurs et DM Stith, berger mystique d’une troupe céleste, nous envoûte avec sa musique au charme gracile et glacial. (A lire également la chronique de Erwan).

The Limes - S/TThe Limes – S/T

Violette : Un « Groupe Super » où chacun apporte son énergie, sa douceur et sa poésie au petit édifice pour rendre ce premier disque, à première vue basique, unique une fois dans la platine. On ne peut s’empêcher d’être fier et rassuré de voir une jeune relève française sachant s’affranchir des frontières pour notre bien (essayez donc de lire cette phrase à haute voix !). (A lire également la chronique de Arbobo).

Vic Chesnutt - At the CutVic Chesnutt – At the Cut

Mmarsupilami : Vic Chesnutt, vingt ans de carrière, quinze albums et un couronnement de plus avec At The Cut. Les complices musiciens du label Constellation s’effacent pour créer une oppressante ambiance musicale faite de cordes, drones et menaces. La voix de Chesnutt zèbre et éclaire cet orage électrique de sa fulgurance. Prises au piège de l’humanité, les pierres en pleureraient… (A lire également la chronique de Thomas).

Cougar - PatriotCougar – Patriot

Anousonne : Cougar est une des surprises de l’année, mais amplement méritée tant Patriot a réussi à synthétiser le raffinement de Tortoise, l’intensité fleuve d’un Do Make Say Think tout en s’accordant des plongées mélodiques échappées du cerveau de Four Tet. Patriot est un album angulaire, instrumental, bruyant, puissant, jouissif, intense où Cougar redéfinit musicalement sa vision du post-rock. (A lire également la chronique de Martin).

Aufgang - S/TAufgang – S/T

Benjamin L : « 2 pianos, 1 batterie : ascenseur pour l’inouï », voila comment est vendu Aufgang par son label. En réalité, l’album est tout simplement un des projets les plus ambitieux de ce début de siècle. Un savant mélange entre musique électronique et musique classique, composé comme un mouvement symphonique, avec un début, une fin et surtout un contenu. Précis, incisif, puissant mais mélodieux, cet album pourrait, d’ici quelques années, servir de manifeste à une nouvelle génération de musique. (A lire également la chronique de Violette).

Danger Mouse & Sparklehorse - Dark Night of the SoulDanger Mouse & Sparklehorse – Dark Night of the Soul

Laurent : Un casting trop luxueux face à un producteur trop en vue, le tout magnifié par les images de David Lynch, Dark Night Of The Soul avait tout pour n’être qu’un feu de paille de plus. Mais c’était sans compter sur le songwriting de Mark Linkous qui insuffle ici une vraie cohérence via des instrumentations racées, écrin idéal pour les voix abîmées de Vic Chesnutt, Franck Black et Iggy Pop. Au final, une œuvre où les talents ne nuisent jamais à l’intimité. (A lire également la chronique de Ju).

Fuck Buttons - Tarot SportFuck Buttons – Tarot Sport

Ed Loxapac : Le duo Fuck Buttons transforme l’essai avec le magistral Tarot Sport. Bien aidés par la production d’Andrew Weatherall, ils réalisent un album épique, telle une déflagration sonique digne d’un moteur d’avion au décollage. Diffusant un air étrangement euphorisant, Tarot Sport franchit le mur du son en ne laissant derrière lui que cendres et poussières. (A lire également la chronique de Eddie).

Animal Collective - Merriweather Post PavilionAnimal Collective – Merriweather Post Pavilion

Sfar : 2008 déjà : un EP époustouflant, des versions live prometteuses d’un album à venir. Mi janvier 2009 : personne ne sort indemne de la sortie de Merriweather Post Pavilion. On évoque alors tout et son contraire : de l’œuvre géniale à l’imposture musicale. Une tournée, une année sont passées et l’album est toujours présent sur nos platines. CQFD. (A lire également la chronique de François).

Grizzly Bear - VeckatimestGrizzly Bear – Veckatimest

Mathieu G : Veckatimest possède une indéniable force mélodique, quelque chose qui redonne à la pop un peu de son sens originel, la bande son qui améliorerait les petits tracas de notre vie quotidienne. En étant à la fois acoustique et puissant dans ses constructions qui partent dans une multitude de directions ; Grizzly Bear vient de réaliser le grand moment pop de l’année. (A lire également la chronique de Julien).

Ramona FallsRamona Falls – Intuit

Lyle : Qui l’aurait cru en début d’année : un album du leader de Menomena classé ici ? Mais sous le nom de Ramona Falls, Brent Knopf, accompagné d’un tas d’amis, a mis de l’ordre dans la pop foutraque de son groupe pour en garder le meilleur : une musique aux influences variées, complexe dans ses arrangements mais extrêmement entrainante et accessible. Digne d’être plébiscitée par le plus grand nombre. (A lire également la chronique de Thibault).

Les participants au Top des Blogueurs 2009 :

Anousonne de Grandcrew ; Benjamin F de Playlist Society et du Ricard sa Live Music ; Benjamin L de Soul Kitchen, Benoit de Pop Revue Express, de Hop Blog et de Benzine ; une bonne partie de l’équipe de Dans le mur du son avec : Arbobo de Arbobo, Erwan de The man of Rennes steals our hearts, Lyle de J’écoute de la musique de merde, Thomas du Golb et de Culturofil, et Twist de I left without my hat ; Dali de This Is All About Audio Dynamite ; Daniel de Listen See Feel ; Disso de Derrière la fenêtre ; Ed Loxapac de Chroniques Electroniques ; trois Indie Pop Rockeurs avec Christophe de La Tête à Toto, Mathieu de Ramdom Songs et Paul de Pomme de Pin ; Eddie du Choix de Mlle Eddie ; François de Dans Mon Mange-Disque ; JS de Good Karma ; Ju de Des Oreilles Dans Babylones ; Julien de Des Chibres et Des Lettres et de Goûte mes Disques ; Kris d’Au bout du chemin et de Sound Of Violence ; Laure de Not For Tourists ; Laurent de Rocktrotteur ; Martin de Branche Ton Sonotone ; Mmarsupilami de Little Reviews ; Mr Meuble de Sous les pavés, la Plage ; Olivier de Feu à Volonté ; Panda Panda de Ears of Panda ; Pierre de Musik Please ; Rod du Hiboo ; Romink de My(Good)Zik ; Saab de With Music In My Mind ; Sfar de Toujours un coup d’avance ! ; Systool du Gueusif Online ; Thibault de La Quenelle Culturelle et Violette des Rigolotes chrOniques futiLes et insoLentes

Vous pouvez retrouvez l’intégralité des disques cités dans le classement ici

Chef de projet : Benjamin F / Conception et Logo : Laurent / Communication : Waaa

LE CUIRASSE POTEMKINE par ZOMBIE ZOMBIE @ Cité de la Musique

In Chroniques Cinéma, Chroniques Musique on décembre 15, 2009 at 7:26

Film muet de Sergueï Eisenstein, 1925 / 12/12/2009

Ne jouons pas les intellos-bobos téléramistes, aller au cinéma pour voir un film muet demande un effort surhumain. Ne serait-ce que de braver le froid hivernal pendant 25 minutes aurait déjà dû me dissuader d’y aller. Sauf que ce soir là, la curiosité fut plus forte que tout car la bande originale du film était revisitée en direct par les deux protagonistes de Zombie Zombie.

Le cuirassé Potemkine est resté célèbre dans l’histoire russe pour sa mutinerie, prémices de la révolution de 1917. Eisenstein propose une version de l’événement qui est probablement erronée. Donc un film muet c’est long et un peu gonflant, un film historique erroné c’est moyennement intéressant et les techniques cinématographiques ont tellement évolué qu’il est difficile de resté concentrer une heure et demi sur du noir et blanc saccadé.

C’est ainsi qu’on découvre quel peut être l’importance d’une bande son et également qu’on peut mesurer le talent d’un artiste. Etienne Jaumet et Cosmic Nemo se donnent complètement pendant le film, ultra-concentrés sur les images qui défilent parfois trop vite pour eux. Au départ il s’agit plus d’un accompagnement musical, cymbales et nappes électroniques rythmant l’action. Mais petit à petit les boucles hypnotiques et les accès de krautrock trouvent leur place. Ce n’est pas un concert de Zombie Zombie mais bien un exercice spécialement dédié à ce film. Très vite les images prennent une autre saveur. La musique qui accompagnait le film devient leader et transforme de ce fait l’écran en images de Vj-ing. On s’attend presque à ce le film prennent les couleurs fluo de la pochette de A Land for Renegades.

Lorsque le mot Fin s’inscrit sur l’écran, la salle est conquise et applaudit chaleureusement. Salle d’ailleurs très hétéroclite, réunissant retraités, jeunes accro d’électro ou couples bobos en mal d’animation du 104. Le seul problème des films, c’est que contrairement à un concert, il n’y a jamais de rappel…  Espérons que l’expérience se renouvellera, voire s’étendra (je verrais bien A smoked husband remis en musique par Sébastien Tellier tiens…).

Note : 8,5/10

D.R.

Icelandic Trip 5 : LA FEMME EN VERT – Arnaldur Indridason

In Blog Roll, Chroniques Littérature on décembre 11, 2009 at 1:56

Roman islandais / Polar cynique / Traduction Eric Boury / 2006

Je le reconnais sans détour, je n’aurais probablement pas autant aimé ce roman policier si je n’avais pas vu de mes yeux et côtoyé de mes cinq sens les paysages et autochtones islandais. Un roman policier de vraie vie sans être estampillé Histoire vraie.

Erlendur est un inspecteur ronchon qui commence à avoir un peu de bouteille. Il a une vie privée compliquée et deux collègues plutôt agaçants, comprendre par là qu’ils sont plus jeunes que lui et compatissants sur sa pauvre vie. Et histoire de mettre un peu de piment dans sa vie, il décide de résoudre l’énigme d’un meurtre vieux de cinquante ans.

D’emblée, Arnaldur Indridason ne nous plonge pas dans le schéma classique de l’inspecteur partant à la recherche d’un meurtrier mais dans une enquête tordue retraçant l’histoire d’une île ayant connu beaucoup d’aventures au cours du XXe siècle. Occupation anglaise puis américaine pendant la guerre, mœurs locales plutôt rudes (battre sa femme est presque normal) ou portrait au vitriol des quartiers mal famés de Reykjavik (qu’on ne vous présente pas dans le guide touristique curieusement…), La femme en vert  a tout pour plaire : pas de sexe, pas de concessions, pas de Happy End. Descriptions d’automne venteux, transcription du saut générationnel (où les plus jeunes générations utilisent un mot sur dix d’anglais), humour grinçant ou dialogue émouvant, il y a bien longtemps que les polars n’avaient pas été aussi palpitants. On s’y croirait. Il faut d’ailleurs souligner le travail remarquable d’Eric Boury, qui propose une traduction dans les règles de l’art (avec tout le respect des modifications bénéfiques au roman). Je ne veux pas trahir l’intrigue car je souhaite que vous lisiez ce roman.

A déguster bien au chaud sous la couette en plein hiver (prétexter une grippe A pour avoir la paix et éviter la ripaille écœurante de fin d’année). A potasser comme guide d’immersion à la culture islandaise ou à bouquiner après le retour dans sa patrie pour prolonger le voyage.

Note : 8,5/10

Islandic trip 4 : musiques nordiques

In Blog Roll, Chroniques Musique on décembre 9, 2009 at 12:47

Lorsque j’ai voulu acheter des disques islandais, je ne m’attendais pas à une telle pénurie chez les disquaires. Non seulement on ne comptait pas beaucoup de disques, mais il y avait parmi eux une proportion très faible de musique islandaise. Une cinquantaine d’opus, tout au plus, dont la moitié était trustée par Bjork et Sigùr Ros. Rien à dire sur Sigùr Ros, rare groupe pour lequel on ne s’émeut pas de ne rien comprendre aux paroles et dont les orchestrations grandiloquentes sonnent agréablement aux oreilles. En revanche qui me connaît bien sait qu’une bonne définition de la torture auditive est de m’infliger l’écoute de la voix geignarde hérissant le poil de celle dont le nom fait vomir (Beurk !). Donc je commence à fouiller les rayons et il se dégage vite plusieurs constats évidents.

Il existe très peu de mauvais groupe parmi ces disques, l’avantage d’avoir un pays de la superficie d’un cinquième de la France et aussi peuplé qu’une ville moyenne (320 000 habitants) est qu’il y a indéniablement un écrémage rapide et efficace. Donc le plus mauvais disque islandais que j’ai pu entendre était Pall Oskar, dont l’eurodance cradingue pourrait rivaliser avec le nouveau Calvin Harris (la prod en moins, c’est dire…) et les meilleurs tubes d’animations de camping (mais il en faut pour tous les goûts comme dirait l’autre…).

La deuxième tendance réside dans le choix des artistes de chanter dans leur langue natale ou en anglais (la question se pose pour tous les groupes scandinaves finalement). Ainsi on distingue les Sigùr Ros, Hjaltalin ou Vilhjàlmur Vilhjàlmsson d’un côté et les Emiliana Torrini, Apparat Organ Quartet ou Ampop de l’autre. Les groupes ayant choisi l’anglais évoluent dans des styles plus variés allant du rock à l’electro minimale (je n’ai pas trouvé de groupes de rap islandais).

Car oui, l’une des particularités des groupes islandais est qu’ils proposent beaucoup de mélodies rappelant l’univers naturel islandais. Vent permanent (Mùm), geysers (Hjaltalin) ou activités volcaniques (GusGus), leur bonne vieille terre froide semble être un terreau d’inspiration.

J’ai acheté des disques en les choisissant à leur pochette : playmobils sur fond de volcan (Apparat Organ Quartet et ses synthés vintage aux mélodies 8 bit), artworks colorés (Mùm ou Seabear et leurs mélodies douces qui vous font faire des rêves reposants) ou à l’inverse pochettes austères (GusGus ou Bang Gang et leurs portraits sur fond noir…)

Quels qu’ils soient, les groupes ont subi de plein fouet la crise qui a gravement touché  le pays et mis en danger la culture de cette île. Tous se sont réfugiés ailleurs – en Grande Bretagne et en France notamment, guettez bien les agendas ils sont présents régulièrement !

Une fois n’est pas coutume, quelques liens à visiter :

Pop éthérée / musiques douces

http://www.myspace.com/sigurros

http://www.myspace.com/mumtheband

http://www.myspace.com/hjaltalinband *

http://www.myspace.com/amiina

http://www.myspace.com/seabear *

http://www.myspace.com/olofarnalds

http://www.myspace.com/banggangband *

Rock

http://www.myspace.com/ampopband

http://www.myspace.com/mugison

http://www.myspace.com/singaporesling *

http://www.myspace.com/skakkamanage

Hip-Hop foutraque

http://www.myspace.com/ghostigital

Electro

http://www.myspace.com/gusgus

http://www.myspace.com/fmbelfast

Icelandic Trip 3 : beautés polaires

In Blog Roll on décembre 6, 2009 at 11:33

De nouveau éveillée aux aurores (façon de parler puisqu’il ne fait pas jour), j’engouffre un solide petit-déjeuner (œufs brouillés au Tabasco, concombres et tomates au fromage caillé) avant de rejoindre le car pour une visite du « triangle d’or » des spots islandais incontournables. La guide parle un français plutôt amusant, mais le problème du « tour bus » reste le même, on manque de latitude pour pouvoir observer les choses comme on le souhaiterait. On se coltine donc une visite institutionnelle d’une usine géothermique (avant un powerpoint n’ayant rien à envier à Benjamin Fogel) alors qu’on ne passera que 20 minutes sur le site des chutes de Gullfoss. Ces cascades ont des allures de fin du monde, le vent glacial et la neige fondue nous poussent vers ce gouffre où se déversent des milliers de mètres cubes d’eau en partie gelée. En moins de cinq minutes, le vent est parvenu à se glisser à travers les quatre épaisseurs de mes vêtements, et mes doits se raidissent. Le thermomètre n’est pourtant pas très bas (autour de zéro) mais on comprend que le vent peut rapidement devenir dangereux… Ensuite on embarque pour les geysers de Geysir. L’Islande est le seul pays à ne pas appeler le phénomène de geyser « un geyser » car pour eux Geysir n’était qu’un nom propre du lieu où l’on observe des gerbes d’eau sortir du sol parfois jusqu’à 15 mètres de haut. Lorsque nous arrivons, le vent est si fort (à contre-sens) et les plaques de verglas si larges qu’il faut un bon moment avant de faire 150 mètres pour aller observer les geysers. Soudain, le trou béant d’où sortent des remous d’eau chaude se met à bouillonner et une belle gerbe monte à une dizaine de mètres de hauteur avant de se transformer en une espèce de nuage de vapeurs d’eaux glacées. Puis plus rien pendant une dizaine de minute au bout desquelles je renonce définitivement aux geysers islandais pour me réfugier au restaurant et tenter de redonner vie à mes doigts (pourtant à l’abris sous deux paires de gants et au fond de mes poches…). L’observation minutieuse et attentive des geysers ne n’est pas du tout optimale en hiver !

Après un autre trajet de bus (je commence à atteindre les limites de ma tolérance envers le club de ploucs qui fait route avec nous), on arrive dans le Parc Naturel de Thingvellir. Le plus grand lac du pays nous fait face, 83 km2 d’eau qui cachent le rift américano-européen. Les séismes sont fréquents dans la région, ce qui explique les bosses de la route, les plaques tectoniques s’écartent de quelques centimètres par an. C’est au même endroit que le club de barbus vikings qui s’était installé en Islande récitait les tables de la Loi (à raison d’un tiers de la loi par an, il n’y a avait pas de trace écrite alors mieux valait bien écouter lorsqu’on récitait les textes fondateurs, sinon vous finissiez au fond du lac ou bouffé par la faune locale… non je n’en sais rien mais à en juger par les reliques aperçues au Musée la veille, ils avaient plutôt de rire quand ils se brûlaient les types…). On descend en vitesse dans le rift (profond d’une bonne quinzaine de mètres) après la recommandation loufoque (mais touchante) de la guide « Merci d’être supra-gentil avec la nature, c’est un site protégé ! ». Au bout de vingt minutes rebelote, il faut rentrer à la capitale, dommage car le vent s’était calmé et l’on pouvait enfin se promener dehors dans l’air vivifiant sans craindre de choper la pire pneumonie de l’histoire…

Arrivés à l’hôtel, on décide d’aller traîner nos bottes fourrées du côté du port pour un restaurant… mémorable : le Saegrifinn. On entre dans une gargote où trois planches font office de table et où des bidons de lest servent de tabouret. Aux murs sont accrochés divers ustensiles et objets marins (filet de pêche, flotteurs, phoque empaillé, vieilles photos de pêcheurs en plein boulot…). On nous raconte que le propriétaire, un marin d’eaux froides de 86 ans mis à la retraite, ne voulait pas finir ses jours autour d’une table de vieux croutons pour jouer à la belotte. Il avait un petit local sur le port et a alors décidé d’ouvrir un restaurant simple de produits de la mer. Le choix des plats est restreint : soupe et/ou brochettes de poissons. On opte pour les deux. Cinq minutes plus tard fume une soupe de homard et grillent des brochettes de baleine et lotte, le tout servi dans de la vaisselle jetable ! Je repense aux restaurants français et leur ridicule habitude d’habiller le homard de mille choses superflues pour le rendre « met rare, donc cher donc réservé à une élite ». Le contraste est également saisissant dans l’assiette, j’ai l’impression d’être le vilain critique gastronomique qui fond devant la ratatouille du petit rat du dessin animé : le homard au goût si intense est adouci par une cuillère de crème fraiche et adouci par un brin de coriandre et beaucoup de cannelle. Je suis comme propulsé en enfance, retrouvant toute la délectation que peut procurer une soupe après avoir traîné sous la flotte en Bretagne pendant plusieurs heures ; quand les chaussettes sèchent par terre (chauffage par le sol), que cirés ont été contraints de ne pas passer la porte du garage et que chaque moignon d’os gelé réclame un peu de douceur et de chaleur. La chair de baleine dans la petite assiette de plastique à côté ressemble à du boeuf (rouge très foncé). L’Islande a visiblement le droit de pêcher la Mink Whale ? Simple et raffiné à la fois, cet épisode culinaire reste l’un des meilleurs restaurants que j’ai eu l’occasion d’essayer. On parcourt sans broncher les trois kilomètres à pied qui nous séparent de notre chambre douillette, la bouche pleine des subtilités de textures et saveurs marines. Et en prime, notre portefeuille reste alourdi de cette monnaie qui ne vaut plus rien car l’addition n’était pas salée comme la mer : 30 euros pour deux !

Il est temps de boucler les valises et de fermer les yeux, une chose est certaine, je reviendrai vite et resterai longtemps dans cette île qui se déguste fraîche.

Icelandic Trip 2 : et la lumière fut…

In Blog Roll on décembre 2, 2009 at 10:34

L'éclairement maximal de la journée

C’est le petit matin, il est quelque chose comme 6h00 et je suis super en forme, je regarde par la fenêtre pour constater que la lune brille toujours autant. Moi qui pensais que l’obscurité ambiante m’aiderait à dormir, c’est râpé ! Histoire de ne pas s’arrêter au milieu du chemin des chamboulements de mon quotidien, pour la première fois depuis quatre ans, je dévore un vrai petit-déjeuner fait d’œufs brouillés, fromage et crudités.

On décide d’arpenter un bout de la ville à pied jusqu’à un énorme centre commercial, histoire de trouver des trucs à rapporter de cette île. Il fait -2 degrés et force est de constater que, contrairement à la Suède, la voiture est ici reine et l’on peine à se trouver un chemin sur pour marcher. Mais l’on finit par y arriver et je peux ainsi dévaliser Topshop qui ne nous a toujours pas fait le plaisir de venir s’implanter en France. Je tente de relancer l’économie islandaise en achetant des disques du coin : Apparat Organ et Bang Gang ; des livres d’Hugleikur Dagsson (dont je vous recommande chaudement les comic-books les plus cyniques de Scandinavie : Avoid us, Fuck us, Buy us, Bury us…) ou de l’artisanat local (décos de noël en laine, bonbons au réglisse…). Ce qui est curieux dans ce pays, c’est qu’il n’y a pas un seul produit soumis au même pourcentage de taxes qui vont de 5 à 25% (les taxes sont remboursées pour les étrangers).

Eglise luthérienne : béton et absence de fioritures de rigueur...

La journée est sans nuages, et vers 11h on a le privilège d’assister à un lent lever du jour. Le soleil est bas comme en fin de journée. L’après-midi, nous faisons une ballade de la ville en mini-bus avec une guide sarcastique tout à fait objective sur la situation économique de son pays. Elle nous ballade dans le centre historique (petit port de pêcheurs aux maisons en bois colorées et port où l’on continue de chasser les baleines) ; nous laisse entrer dans la plus grande église d’Islande tout en béton et très… dépouillée car luthérienne, où le chœur répète pour Noël (ils chantent un Ave Maria en islandais, c’est magnifique) ; nous raconte que le sport national est la natation – ils font trempette tous les soirs après le travail car les piscines (toutes extérieures) sont ouvertes jusqu’à 22h. Partout la ville porte les marques de la crise qui l’a gravement touché du jour au lendemain : immeubles vides, chantiers en friches, maisons bourgeoises à vendre… Mais les islandais sont de nature optimiste, ils mettront des décennies à s’en remettre mais ce ne sera pas la première ni la dernière crise qu’ils traverseront. Le Musée National d’Islande retrace 1200 ans de culture de façon plutôt dynamique et intéressante. La dernière partie consacrée à l’Islande contemporaine et indépendante et l’époque médiévale luthérienne sont les plus intéressantes et complètes. Le joug danois s’est levé récemment et la rudesse du climat les a longtemps desservis (maintenant ils ont des super technologies qui leur permettent d’avoir des fringues chaudes et ils maitrisent la géothermie pour se chauffer) Des enfants se baladent en costume traditionnel c’est assez troublant. Je savais bien que je n’aimais pas les visites guidées, on ne peut pas prendre notre temps, tout est chronométré et c’est usant. J’ai l’impression d’être dans un de ces groupes d’asiatiques qui « visitent » l’Europe en 10 jours.

Il nous reste quelques heures (dans le noir) pour faire une petite visite des boutiques et cafés du centre. Avant la crise, les islandais sortaient tous les soirs pour écouter de la musique, maintenant ils restent chez eux, du coup l’ambiance est plutôt glaciale. Est-ce un effet de la crise, les magasins ne ferment pas à 17h mais 19h (pas comme en Suède ou au Danemark !). Arrêt au Kaffeta qui propose des « cafés et pâtisseries de Noël équitables », comprenez « café issu du commerce équitable + chocolat + cannelle + sirop de caramel + crème fouettée… le tout  accompagné d’un carrot-cake de 15 cm de haut » et la serveuse me demande si je veux de la chantilly en plus ! C’est dans ce café qu’on découvre le plus mignon bébé du monde qui a le bon gout d’avoir des yeux Blue Lagoon et d’avoir un pull assorti à celui de son père.

Tel père tel fils... tel pull !

De retour à l’hôtel, on ne manque pas au rituel de la piscine, mais l’eau à 35 degrés pour nager, ce n’est pas mon truc, j’ai l’impression d’être le homard qui finira dans mon assiette le lendemain – admirez l’effet de suspens pour l’épisode de demain ;) . Finalement, la visite guidée et le climat (ensoleillé mais froid) auront eu raison de moi, je m’écroule à 21h30 et m’endort en moins d’une minute.

Icelandic Trip 1 : à la recherche du sommeil

In Blog Roll on décembre 1, 2009 at 9:14

Les terres froides d'Islande sous les derniers rayons de soleil

Après quatre heures de voyage en avion avec un soleil éclatant au-dessus d’une Ecosse qui semble avoir massivement investi dans les champs marins d’éoliennes (splendide vu d’en haut), on arrive dans la plus nordique des capitales européennes dans un pénombre déjà bien entamée. Récupération des bagages, saut dans un car et vingt minutes plus tard, on est dans l’endroit le plus merveilleux qu’il m’ait été donné l’occasion de connaître, le Blue Lagoon.

Réfléchissez aux cartes postales idylliques où une bombasse en maillot rouge (type Alerte à Malibu) se baigne dans une baie bleu turquoise sous un ciel sans nuage. He bien il s’agit du même lagon, mais dans notre cas il fait nuit noire – la lune a remplacé le soleil et resplendit, légèrement voilée du fait du vent neigeux – le mercure flirte avec le zéro et une tempête de neige fondue vous fouette le visage. Vous pensez que je n’entrerai pas dans l’eau ? Non seulement on entre, mais on y reste 45 minutes. Dans la nuit, l’eau apparaît blanche, elle est très salée et tapisse les roches d ‘un dépôt siliceux blanc au toucher ultra-doux. A vos pieds du sable, mais surprise lorsque vous en remontez à la surface : c’est du basalte. Un panneau vous explique que la flotte dans laquelle vous baignez (37-39 degrés) vient de 2000 mètres de profondeur (où elle est alors à 240 degrés). Vous barbotez paisiblement en bravant la tempête de neige et tombez sur une cascade… d’eau chaude ! Un peu plus loin après être passé dans une grotte, on vous propose un enveloppement du visage aux boues purificatrices. Effet immédiat, au bout de cinq minutes, la peau du visage est plus soyeuse que les plus précieux tissus et débarrassée du moindre bouton ! On termine l’aventure par un sauna suivi d’un bain de vapeur et on ressort avec un pêche d’enfer, prêt à braver tous les vents de la terre.

Après quarante minutes de bus où il ne manquait qu’un fond sonore relaxant (Apparat Organ ou Sigur Ros par exemple, à la place, on a eu droit à du reggae islandais je vous laisse imaginer le carnage…), on arrive dans le Grand Hôtel LoftLeidir où nous attend une chambre avec trois petits lits… et un open bar café.  Au restaurant (avec vue panoramique sur un aéroport pour jet) nous attend un buffet de Noël. Tous les hôtes sont en habits de fête – mais pourquoi donc ? – et s’empiffrent de  harengs et saumons cuisinés d’une dizaine de manières différentes (avec des pommes, de la crème, des herbes… et même en croute !). Côté viandes au tournebroche et pommes de terres, il y en a aussi pour tous les goûts (frit, bouilli, sauté, vapeur…). Pour les desserts, je jette mon dévolu sur un gâteau aux pommes caramélisées à la cannelle, recouvert de noix et amandes broyées et de mousse crémeuse avec un coulis de framboises :) .

Après cette soirée riche (en émotion, en exercice et en calorie) je pense pouvoir profiter de la pénombre permanente pour pouvoir m’écrouler de fatigue. Et non ! L’obscurité ambiante (de 16h à midi environ) renforce mes difficultés à dormir… Alors je me plonge dans un polar du coin par Arnaldur Indridason (La femme en vert) et je me dis que la nuit donne des idées tordues aux auteurs ici. La mentalité islandaise est bien particulière, sorte de synthèse entre un héritage colonial danois ultra-austère et une coolitude scandinave pleine d’humour noir.