
LES ENFERS DU ROCK – Philippe Manœuvre
By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord
Tags:Les Enfers du Rock, livre, Marie Meier, musique, Philippe Manoeuvre, rock, torchon
Catégorie: Ce que je lis, Ce qui m'énerve
Editions Tana / Illustrations Marie Meier/ 2009
Quiconque me connaît bien sait que jamais je n’aurais délibérément acheté un livre de ce vieux schnoque de Philippe Manœuvre (pour des raisons que, par décence, je ne vais exposer ici). Donc la personne qui me faisait ce cadeau à Noël savait pertinemment qu’elle prenait un risque. C’est bien, j’aime les gens audacieux, alors du coup je l’ai lu le bouquin. Et bien, c’est comme dans la chanson « Non non rien a changé, tout a continué… ».
1) Je comprends parfaitement qu’à la vue de la couverture, on ait envie d’acheter ce petit opus. Il est rouge et relié élégamment, quelques fioritures en lettres d’or achèvent de parfaire ce petit bijou. Plaisir des yeux, assurément, ça fera bien dans la bibliothèque (tant qu’on ne regarde pas qui l’a écrit). Une fois retiré le bandeau noir, Manœuvre n’est pas mentionné sur la couverture d’où le piège…
2) Les illustrations signées Marie Meier sont plutôt soignées et pleines d’humour. Au moins si le bouquin est nul, vous pouvez regarder les images…
3) Le sujet était plutôt intéressant. Que des groupes de rock aient accumulé les moments de loose intégrale au point qu’ils se mettent à croire en l’existence de forces maléfiques, pourquoi pas après tout. En revanche, en ce qui concerne les groupes retenus, ne vous attendez à rien d’original, c’est un vieux rabougri qui écrit donc sa vie s’est arrêté il y environ 30 trente ans et il ne perd pas une occasion de vous rappeler qu’après AC/DC et Jimmy Hendrix, point de salut. Evidemment ce vieux crouton ne vous file pas de sommaire, vous êtes censés connaître par cœur ses dadas. Le problème avec un exercice de style, c’est qu’il lui faut du style…
4) Que dire du contenu à présent ? He bien c’est à l’image de son auteur : mal écrit, grammaire à vomir, références bling-bling (comprendre ici qu’elles ne servent à rien d’autre que de faire croire que cet homme est érudit alors que si vous grattez le vernis, il n’y a rien)… Et surtout cette sale habitude de placer à intervalles réguliers dans le récit ce « je » permettant de ramener sa fraise de vieux con qui dessert franchement la narration. Là vous allez dire que je suis mauvaise langue, alors j’ai choisi un extrait authentique avec les incohérences que je vous laisse trouver en vous donnant quelques indices en rouge) :
« Abandonnant Bon Scott sous une couverture, le copain rentre chez lui. La nuit est glaciale. On retrouvera Bon Scott mort, étouffé dans son vomi. Pauvre diable. Bon Scott fut enterré en Australie, à Fremantle, le 1er mars 1980. Moins de une semaine plus tard, les amis du défunt recevaient de bien macabres cartes de Noël, signées par le mort en personne et postées « avec un peu de retard », début février, de Londres. Depuis, comme tous les rockers, je hais les matins blêmes sur Camden. ».
Vous l’aurez compris, qu’il s’agisse de concordance des temps, de focalisation narrative, d’orthographe ou tout simplement d’intérêt du propos, il n’y a rien, strictement rien qui soit digne d’intérêt dans ce torchon, à l’image de son pseudo magazine musical qui n’apprend que mépris et stéréotypes à une jeunesse en mal de culture musicale digne de ce nom. Cet homme serait tout juste bon à rédiger la bio de Ah-que-Johnny et encore… Je sais qu’elle est facile mais je l’écris quand même : le pire enfer du rock, c’est lui, jamais quelqu’un n’aura autant sapé les espoirs de voir mis en valeurs des groupes français talentueux.
Si je garde malgré tout un bon souvenir de ce livre c’est parce que je l’ai lu dans un train de banlieue, entre Paris et Melun, où un illuminé est venu prêcher l’amour de Dieu. Je lui ai tendu le bouquin en lui expliquant qu’il me cassait les oreilles (ainsi que celles de l’ensemble des passagers) et je lui ai dit d’aller voir ce Philippe Manœuvre qui lui semble avoir besoin d’aide. Il a lu quelques mots et s’est exclamé : « Même cette âme là n’est pas perdue ». A la bonne heure, amen.
Note : 2/10 (pour les images)



Ah ah, j’ai envie de dire “rien de surprenant”. Bien marrant cette petite chronique
On ne dit pas de mal de l’homme dont le nom se trouve juste en-dessous de la bannière de mon blog. Non mais.
Si justement Rob
c’est exactement comme ça que je voyais les choses