Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord

Archives pour janvier 2010

HOT CHIP Black Session @ Maison de la Radio

In Chroniques Concerts on janvier 28, 2010 at 11:00

Groupe anglais / Electro-pop / 26/01/2010

Grand privilège que d’assister à ce concert très convoité, test auprès du public français du quatrième album des anglais avant le Grand Mess du Bataclan le 8 mars prochain. Musiciens angoissés et public guindé au départ, l’atmosphère s’est rapidement détendue pour devenir dansante et bon enfant.

Ils étaient six ce soir là sur scène et les renforts n’étaient pas de trop pour sublimer le travail d’un groupe qui a fêté ses dix ans. One Life Stand était donc à l’honneur, entrecoupé de quelques titres phares de Ready for the Floor pour mieux faire avaler le nouveau virage pris par le groupe : un revival pop-nineties où l’electrodance prend pas mal de place.

Il faut l’avouer, tout le monde était bien content d’avoir enterré l’Eurodance cradingue avec le changement de millénaire et Calvin Harris s’était pris une volée de bois vert méritée pour son ignoble second opus (Ready for the weekend) l’année dernière. Le risque était donc plutôt conséquent pour Hot Chip qui avait enfin su s’imposer autant aux masses qu’aux amateurs d’electro plus exigeants. Bref, connaissant plutôt bien le nouvel album, j’ai eu le loisir d’étudier mes congénères dans la salle et pu vérifier que chaque démarrage de titre à base de basses et samples variétoches-russkoff risquent facilement de faire saigner les oreilles. C’est l’aisance et la bonne humeur de ces musiciens qui finit toujours par l’emporter.

Emission en direct, les anglais ont 55 minutes chrono pour faire leur démonstration. Pantalon de velours jaune et chaussures de clown orange, Alexis rivalise de style avec le batteur qui arbore de splendide espadrilles orange. Tout le monde se souvient encore de leur dernière prestation à La Cigale où ces types avaient des K-Ways fluos alors que la température de la salle flirtait avec les 40 degrés, ce soir ils ont presque l’air de dandys à côté ! Ils se débarrassent rapidement des banalités promotionnelles d’usage (leur album sort la semaine prochaine) et se lancent. Gros sample booty-shake désarçonnant quinze secondes, mais notre petit binoclard rafle la mise dès qu’il se met à chanter. Les titres phares electro-pop (We have Love, Hand Me down your love, One life Stand) sont bien accueillis dès l’introduction abrupte passé. I Feel Better a un peu de mal à convaincre du fait de ses rythmiques très 90’s et ses clap-hands synthétiques, les voix vocodées sont atténuées et tout va mieux. Les six musiciens se regardent et semblent hésiter un instant avant de proposer un de leurs morceaux plus mélancolique. Tout le monde se calme, il fallait bien un enchaînement sur un ancien tube pour réussir à garder toute l’attention des oreilles qui leur font face. Tous les titres de l’opus précédents ont été retravaillés dans la veine du nouveau disque et cela sonne très bien. Le groupe s’autorise des extended versions de ses titres, chacun des trois leaders jonglant entre les instruments et les micros. Le guitariste et le nerd sont ceux qui ont le plus de latitude et qui paraissent s’amuser comme des petits fous. Ils enchaînent les titres sans respiration et l’ensemble, qui regroupe des titres du troisième et du quatrième disque, se lie parfaitement. Leur ligne musicale tient la route.

22h58 pile, le groupe quitte la scène, très pros, assez soulagé d’avoir passé ce premier examen. Nul doute que de nombreux ajustements vont avoir lieu d’ici la date du Bataclan mais Hot Chip a démontré la cohérence de son travail, loin d’être Cheap…

HOT CHIP – One life Stand

In Chroniques Musique on janvier 27, 2010 at 8:00

Groupe anglais / Electro – pop / EMI

Quatrième album pour le quintet electro-geek. Quatrième virage, quatrième réussite, certes moins évidente pour le péquin moyen mais terriblement efficace.

Un seul groupe sait aujourd’hui réunir et réconcilier les exigeants porteurs de lunettes à grosses montures d’avec les fans d’électro Ed Banger accessible dès les premières notes : Hot Chip. Si vous allez jeter un œil sur la toile des blogs français, ils vous assèneront, sans arguments aucun, que ce nouveau disque est mauvais, que seuls les single valent la peine qu’on s’y attarde. Un peu de justification n’a jamais fait de mal à personne, bien au contraire, et c’est ce que je compte faire ici, contrairement à ces rustres à court d’arguments pour expliquer leur point de vue, nous rappelant ainsi des journaleux ayant tourné très vieux cons.

Hot Chip est un groupe solide, voilà dix ans qu’ils tournent et produisent, en plus du travail de groupe, des albums solo particulièrement soignés (notamment celui de Joe Goddard sorti fin 2009). Et ils ont le mérite par-dessus tout, de ne pas produire des albums copies conformes les uns des autres.

Oui, One Life Stand est un disque aussi ambitieux que les autres, simplement il est plus difficile d’accès. Si l’on ne se concentre pas, il est aisé de se laisser à penser qu’il ne s’agit que d’une électro-bling bling, un peu eurodance putassière de bas-étage. Dès les premiers accords de Thieves in the Night, on comprend qu’on ne va pas abandonner le disque de sitôt. Son electro-pop est entraînante, quasi jouissive et se termine de la même manière avec Take it In.

L’album est très pop, qu’elle soit joyeuse (Hand Me Down your love, Alley Cats) ou plus tristounette (Slush), reposant sur des choeurs, des orchestrations un peu kitsh et un tas de petits sons auxquels il faut savoir prêter attention. Premier piège dès le troisième titre, I Feel Better peut paraître baclé à la première écoute, mais si l’on se concentre il regorge de pépites dance distillées dans une electro bien structurée et magnifie les voix d’Alexis et Joe, créant un contraste entre l’apparente simplicité du morceau et le raffinement de la production. Même topo pour One life stand, un des morceaux les moins intéressants de l’opus à l’accroche un peu abrupte et qui se décline ensuite dans la droite lignée des titres de Ready for the Floor.

Rien qu’avec Brothers, titre mélancolique et terriblement émouvant, cet album passe le contrôle qualité haut la main. Que ce soit les lignes de synthé ternaire et de batterie binaire, les chœurs ou les paroles elles-mêmes, on n’a pas signé témoignage plus synthétique et humble de ce que peut être l’amour fraternel, lien extrêmement puissant qui ne se manifeste la plupart du temps que lors des coups les plus durs. Ce titre résume tout ce qu’on n’exprime pas mais qu’on devrait dire plus souvent à ses frères (et sœurs). Ce morceau va de paire avec le plus énergique We have love qui rappelle que peut importe les aléas de la vie, il reste l’amour coûte que coûte. Un message universel trop souvent spolié et dénaturé par des traductions musicales pop dégoulinantes. Ecueil soigneusement évité ici.

On ne peut que déplorer que certains ne se sentent plus *** à l’écoute d’albums aussi classiques et sans valeurs ajoutées de groupes comme les Fuck Buttons, The Horrors, Passion Pit ou le dernier Yeah Yeah Yeahs et se permettent de critiquer aussi vertement et sans aucun effort de justification le nouvel opus d’Hot Chip, un groupe qui, ne serait-ce que par sa longévité et sa capacité de renouvellement et prise de risque, ne peut pas entrer dans la même catégorie que des « groupes hype du moment ». Mettez vos aprioris de côté, à commencer par ne pas regarder la pochette, vissez-vous un casque au crâne et écoutez ce bijou, vous verrez, vous appuierez sur repeat sans même vous en rendre compte !

Note : 8/10 (petite pénalité pour la pochette…)

Sortie le 1er février 2010

Autre chronique sur Sound of Violence

Owen Pallett @ La Maroquinerie

In Chroniques Concerts on janvier 26, 2010 at 1:30

Artiste canadien / folk-pop symphonique / 24/01/2010

Owen Pallett était plus connu derrière l’appellation Final Fantasy. Mais voilà, l’appellation étant devenue protégée, on a contraint Owen Pallett à quitter son patronyme de scène. Fort heureusement, son talent n’a en rien été altéré et son humour n’a pas gâché la soirée.

Je n’avais pas pu écouter un album d’Owen Pallett depuis trois ans, tant certains titres me rappelaient des souvenirs pénibles, démons que je n’étais pas prête à affronter. Le concert de la Maroquinerie devait donc servir à tourner définitivement la page, à ne reprendre que du plaisir à l’écoute des volutes pop d’un cavalier seul qui était ce soir là accompagné de temps à autre d’un ami à la guitare et aux bruitages.

Ce qui frappe, c’est la dextérité déployée exponentielle au plaisir qu’il semble prendre à jouer et chanter. Armé d’une série de pédales, il sample différentes boucles au violon tantôt pincé, tantôt frappé à l’archet, tantôt joué plus classiquement. Un clavier est également présent en renfort, et bien entendu il y a cette voix. Esthétiquement, l’homme est plutôt négligé, en fringues style coton bio équitable qui rappellent fortement les pyjamas de nos jeunes années. On semble faire irruption dans sa chambre où il se donne le droit de rêver sans retenue, racontant les histoires chimériques de He poos clouds.

Owen Pallett raconte son dernier passage en France, deux ans auparavant. Il a l’air embarrassé mais poursuit son histoire : deux ans auparavant, La Blogothèque l’avait invité à jouer un morceau au violon et voix. Le chanteur avait alors réalisé qu’il a toujours recours à l’enregistrement de boucles pour ses morceaux et qu’il était bien incapable de jouer sans joujoux technologiques, tel un hippie. Alors de retour chez lui, il avait travaillé quelques morceaux de cette manière. Et histoire de ne pas s’être enquiquiné pour rien, il nous en livre un ce soir-là. Le dernier mouvement est à nouveau avec toutes les boucles qu’il faut pour sublimer ses douces mélodies planantes. Le résultat est vraiment grandiose. Et voilà comment Owen Pallett vient d’exorciser un mauvais souvenir où il s’était senti minable.

Rappel. L’artiste revient avec une bouteille de vin blanc et l’on comprend que le « verre d’eau pendant le concert» était peut-être plutôt ferrugineux. Owen envoie balader son archet en plein titre et le récupère avec ce petit air contrit et gêné sur son visage d’ado mais néanmoins une classe et un charme inégalable. Un peu plus tard, il se plante dans une boucle, pas grave, il reprend méthodiquement.

Fin du spectacle, les lumières se rallument, le flot moutonneux de la salle pleine se dirige docilement vers la sortie lorsqu’Owen revient pour un second rappel. Un titre assez court mais efficace et plein de poésie, plein de fautes mais rattrapées encore une fois tout en douceur.

Et voilà comment, en moins de deux heures, un homme vient d’exorciser mes dernières blessures d’amour propre qui trainaient depuis trois ans, catharsis dans les rêgles. Assister à un si beau spectacle un dimanche soir permet d’envisager le lundi et tout lendemain difficile différemment, les spectacles d’Owen Pallett devraient être remboursés par la Sécu.

Crédit photo : Le HibOO

Une autre version de cet article est disponible sur Le HibOO

MARIE FLORE Release Party @ Sunset

In Chroniques Concerts on janvier 26, 2010 at 10:00

Artiste française / Pop – Folk / 25/01/2010

Après avoir souligné le talent de cette frêle jeune femme maintes et maintes fois, après lui avoir rendu grâce pour avoir sauvé le niveau de la Release Party de Séverin, après l’avoir hissé au vingtième rang du Top du Blogueurs, la rendant ainsi seule artiste solo française trouvant grâce à nos oreilles parmi 600 disques ; voilà que la belle Marie Flore nous fait enfin le plaisir de nous inviter à SA release party. Une soirée qui commence tôt, pour le plus grand bonheur de mon humanus corpus explosé de fatigue mais qui n’aurait manqué cela pour rien.

Marie Flore a changé. En mieux. De l’image d’une fille émaciée au corps maladif, il ne reste que la voix, toujours sur le fil, semblant pouvoir se casser en un instant. Marie Flore a pris du poids, et l’assurance qui va avec, elle semble bien mieux dans sa peau et l’on peut compter de nombreux sourires sur un  visage qui se cache encore derrière sa frange. La série de concert en première partie d’Emilie Simon semble lui avoir fait du bien, le poulain apprend vite. Elle rayonne dans une robe à paillettes, toujours un peu timide, mais n’ayant rien perdu de son humour piquant. Marie Flore n’est plus seule non plus, un batteur et une choriste (France) l’accompagnent de temps à autre. Les morceaux ont ainsi plus de relief. Notamment une nouvelle création Wake Up, écrite deux heures avant le spectacle racontera Marie Flore pour la petite histoire, est beaucoup plus dynamique, rock empiétant à un répertoire à la Tom Waits. Auparavant, une voix et une fragilité de Cat Power sautait aux oreilles dès les premiers accords, à présent on sent une personnalité plus affirmée émerger doucement. On a envie de lui conseiller d’aller discuter avec Phoebe Killdeer car leurs univers sont proches, une mélancolie entraînante sous-tendue d’une rage pétillante.

Marie Flore alterne entre des titres seule aux accents rock et des collaborations plus folk avec ses amis Joseph Leon et Gaspard Royant. Yours avec G. Royant est particulièrement émouvante, sorte de revanche sur le concert du ScopitoneMarie Flore n’avait pas pu venir jouer car malade. Spécialité de l’artiste, le spectacle s’achève sur une reprise folk des Pussy Cat Dolls, un I hate this part polysémique car ni elle ni nous n’avons envie que cela se termine.

Bien entouré, un artiste va loin et progresse comme il se doit. Marie Flore peut récolter paisiblement les fruits de son labeur et nous pouvons repartir avec le sourire, heureux d’avoir repéré une jeune pousse et d’avoir joué le tuteur lointain. Nul doute qu’il faudra en reparler très prochainement !

L’album de Marie Flore est toujours disponible, n’hésitez pas !

Marie Flore sera en concert à La Flèche d’Or le 10 mars 2010.

BOYS NOIZE – Power

In Chroniques Musique on janvier 25, 2010 at 8:45

Dj allemand / Electro / BoysNoize Records

Le premier album d’Alex Ridha Oi Oi Oi (2007) avait du mordant, le second opus a sacrément du chien. Du bruit de garçons assurément, mais qui séduit les filles ; pour les jeunes et les plus vieux.

C’est souvent le cas en électro, le second opus est plus rapide, plus agressif que le premier. Oi Oi Oi était très structuré et aux sonorités électriques, euphorisant pour plusieurs heures de dancefloor. Power fait l’effet du bouton on d’un ampli actionné alors que la platine tournait déjà, les baffles à plein régime. On est propulsé au cœur de la fête et on suit sans moufter le cyborg qui nous invite à la fête (Kontact me). Et c’est parti pour un trip galactique qui vous retourne le cerveau dans tous les sens (le tourbillon Starter, le ronronnement Transmission, l’ascenseur Sweet Light…).

Il y a deux ans, on retrouvait des clins d’œil à d’autres groupes électro montants (comme le sourire croisé JusticeSimianBoys Noize sur Oh ! ou Shine shine). Cette fois, on perçoit un salut aux collègues de Simian Mobile Disco (Jeffer) et un encouragement clair pour la belle Clara Moto (Drummer).

Nerve aurait pu faire partie intégrante de la BO District 9 où l’on a l’impression de retrouver les dialogues liquides des extraterrestres narcoleptiques. Alors que Gax et Nott seraient plutôt adaptés au Mars Attack de T. Burton. Et pas question d’être à cours de jus en cours de route, Trooper nous propulse illico en pleine guerre : Left right left right left, chargez les canons, scruter le terrain ennemi et tirez sur tout ce qui bouge. On s’exécute sans même se demander pourquoi. Et on s’amuse beaucoup au final. L’artiste prend une dernière fois soin de nous avec son dernier titre planant aux sonorités liquides (Heart Attack), permettant d’éviter la crise cardiaque avant de reprendre une activité classique (comme aller faire cuire des pâtes et scruter le programme électro des nuits parisiennes). Paradoxalement, l’album est plus nerveux tout en restant plus accessible.

Un beau disque, qui passe avec succès le virage raide du second opus. Boys Noize a su trouver sa place dans le panorama des artistes electro à la fois accessibles et un peu raffiné. A retrouver d’urgence dans les clubs, car sa musique se vit.

SOIREE SAUVAGE RECORDS @ Scopitone

In Chroniques Concerts on janvier 23, 2010 at 1:15

Setliste The Limes @ Scopitone

On l’aurait rêvé, ça n’aurait pas forcément été possible… The Limes, Please ! Don’t Blame Mexico et Maison Neuve dans une même soirée, c’est rare et c’est précieux, comme lorsqu’on vous offre un bijou.

Ouverture de l’écrin avec probablement le groupe le plus touchant de la bande. Parce qu’il est notre « super groupe » à la française. Les citrons verts se produisent sans leurs copains américains et ils en sont tout émus. Pauline aka Mina Tindle a encore pris en assurance au chant, on apprend entre deux chuchotis qu’elle travaille à son album solo, ça risque de promettre. L’ami David aka Toy Fight n’a rien perdu de son accent anglais à la française. Et je mets enfin un visage sur Orouni,à la guitare. Jean Thévenin aka The Rodeo / Toy Fight / et tout un tas de groupes chouette s’empare des baguettes en arrière-plan à la batterie, Hullo ajoute son saxophone au joyeux ensemble et c’est part pour la ballade franco-américaine version allégée. Ils nous font même le plaisir de nous offrir des titres inédits. Excellente entrée en matière, on crève d’envie d’un Mojito pour faire durer le plaisir.

Please ! Don’t Blame Mexico est le velours du label : soyeux mais d’un rouge venin qui cache bien des surprises. Maxime Chamoux aka Toy Fight (oh tiens, vous avez déjà lu ce nom de groupe ;) ?) a toujours autant de difficultés avec ses transpositions (à force de nous prévenir à chaque concert, on commence à trouver cela sympa qu’il reprenne un morceau de zéro, finalement, ça fait durer le plaisir). Ses trois collègues font cracher le chaud et le froid à leurs instruments : de la douce mélodie pop, on passe rapidement aux accents rock, le tout entrecoupé de passages plus sud-américains. Un titre « en solo au piano en honneur à Mozart » fait aussi partie des facéties de Please ! Don’t Blame Mexico, qui se boit comme du petit lait.

Enfin, l’audace et goût du risque indispensable à toute personne qui ose offrir un ornement est incarné par Maison Neuve qui met tout son cynisme et sa maladresse désinvolte au service de la musique. Cousin lointain de La Maison Tellier, ils aiment à triturer les mélodies folk et western spaghetti et provoquer nos oreilles de chants pas toujours justes. Mais lorsqu’ils affirment que leur musique vient du cœur, c’est on ne peut plus juste et, mieux, cela va droit dedans. Touché au cœur par ce rock efficace agrémenté de parties de saxoqui vous transportent loin.

Un anneau doté de trois pierres ce soir là… Le joyau de la soirée, c’est Sauvage Records, ce label indépendant, tout petit mais doté d’une forte personnalité en la tête pensante de Stéphane Buron, orfèvre qu’on ne remerciera jamais assez de prendre le relais pour croire qu’une scène parisienne folk-rock a du talent.

DUM DUM @ Les 3 Baudets

In Chroniques Concerts on janvier 22, 2010 at 2:31

Artiste français / Chanson française – Slam – Hip Hop / 20/01/2010

Changement de programme, concert au lieu d’une soirée calme. Dum Dum, jamais entendu ce nom. Les 3 Baudets, une salle que je ne fréquente jamais. Parfois il est bon savoir bousculer ses habitudes car cela réserve des bonnes surprises.

Dum Dum est un gars un peu maigrichon, un peu chauve, qui rappelle un peu Nosfell dans sa manière de se tenir au micro. Renseignements pris, ce n’est autre que Félix Jousserand, créateur du Spoke Orchestra (bravo mon inculture !). Il n’est pas tout seul, une sorte de clone de lui-même en plus grand se tient dans l’ombre d’un Mac et d’une basse (Vincent Artaud) ; un guitariste qu’on trouve de premier abord tombé là par hasard, au look Manœuvre-Eudeline en moins camé et plus doux (Gilles Coronado) ; et un batteur à chapeau qui semble d’excellente composition (Régis Ceccarelli) viennent parfaire le tableau.

Dum Dum attaque sec et, ne sachant pas ce qui m’attendait, c’est d’autant plus brutal : « L’amour c’est le tiercé gagnant oublié dans une poche de pantalon après un programme triple essorage ». Ca commence bien, je sens que je vais m’amuser. La prestation prend de l’assurance après quelques blablas maladroits mais touchants de par leur spontanéité. Le premier morceau plutôt slam-rock laisse la place tantôt à des titres plus doux à texte bien lêchés évoquant des Florent Marchet ou Arnaud Fleurant Didier, tantôt à des accès hip-hop cynique faisant largement écho au Klub des 7 ou TTC. C’est cohérent, intéressant, convainquant.

Soudain se produit un petit miracle : Dum Dum interprète Boris Vian en reprenant Snob. C’est suffisamment risqué pour m’intéresser. Aucun faux pas, la mode est à Gainsbourg ? Dum Dum a choisit plus noble, plus difficile, et bien plus en adéquation avec son univers. Cerise sur le gâteau, la reprise est sobre, rythmée d’accents punk qui sabrent les textes tels des rasoirs.

Incisif et honnête, voilà deux adjectifs à retenir pour caractériser un groupe français de qualité dans lequel, encore une fois, on peut croire.

GUSH & GASPARD ROYANT @ Scopitone

In Chroniques Concerts on janvier 16, 2010 at 5:53

Groupes français / Folk – Rock / 12/01/2010

Arrivée volontairement un peu en retard car je ne pensais pas être intéressée par la première partie de Gaspard Royant, j’ai quitté la Scopitone en ayant eu quelques surprises : d’abord Gaspard Royant n’avait pas encore joué, en prime je m’en serai voulu d’avoir raté cette prestation de mon nouveau petit chouchou, enfin Gush a livré un spectacle de très grande qualité.

J’avais croisé le patronyme de Gaspard Royant par hasard sur Deezer, mon attention ayant été retenue parce qu’il présentait un duo avec Marie-Flore. Je ne pensais pas aimé autant sa carrière solo également. D’abord le jeune est plutôt mignon, habillé sagement et armé de sa guitare et quelques boucles rebelles. Puis il y a cette voix, ni prétentieuse, ni trop trvaillée, mais parfaitement juste, avec ce qu’il faut de coffre et doté d’une énergie charmante. Un acolyte l’accompagne au piano, très à l’écoute et ultra-souriant ce qui est réellement agréable dans un lieu comme le Scopitone, que l’on a connu « Paris Paris » coincé, hautain et junkie. Gaspard Royant ne jouera que quelques titres, des ballades folk toutes de qualité. On ne peut que regretter l’absence de Marie Flore, malheureusement malade ce soir-là. M’étant procuré l’EP vous pourrez lire prochainement plus de choses à son sujet.

Entracte. Salle comble pour un concert privé. Les quatre Gus de GUSH se font un peu désirer. Mais l’attente en valait la peine. Mise en scène soignée malgré l’étroitesse de la scène, un jean rouge à boots, un jean turquoise à bretelle et deux barbus presque hirsutes font leur entrée. Ils sont de bonne humeuret pleins d’énergie et cela devient très vite communicatif. La salle ultra-réceptive oscille doucement du corps, dodeline parfoisde la tête, chante par intervalle. Comparés aux versions sur disque, les titres des GUSH sont bien meilleurs en live (et pourtant l’album est bon, cf. chronique de Everybody’s God à venir). Oscillant entre pop sixties (Killing My Mind), hommage aux Beatles (Let’s Burn Again) ou balades folk, leur talent saute aux oreilles comme une évidence. Il faut en particulier souligner le travail du batteur, qui joue debout, sautille et chante d’une voix claire à faire vaciller toutes les idées sur les sopranos mâles… Petite dédicace à Mano Solo qui était dispensable pour In the Sun.  Sur Vondelpark, le public se déchaîne, GUSH en rajoute donc une couche et le batteur manque de tout casser. Leur spectacle est très bien travaillé, les quatre gaillards ont pris beaucoup d’assurance depuis trois ans (vu dans ce même lieu trois ans auparavant, leur musique n’a plus rien de comparable…). Le final a Capella est sublime (Jealousy), le public et le groupe font chorale, c’est bon enfant, ça fait du bien.

Deux groupes en G (ça change des groupes en « the ») à suivre donc, car fichtrement bons. Partie pour une soirée plutôt banale, je suis rentrée chez moi comblée… seules les imbéciles ne changent pas d’avis !

Chronique initialement rédigée pour Le HibOO

Crédits photos : Le HibOO

Charlotte GAINSBOURG – IRM

In Chroniques Musique on janvier 15, 2010 at 1:49

Artiste française / Pop – Folk / Because

Ne me demandez pas de faire l’éloge de Charlotte Gainsbourg. Elle m’énervait dans ses rôles d’actrice maladive et je la méprisais d’avoir cédé à la facilité de l’actrice arty qui sort un disque… Air featuring Charlotte plutôt que l’inverse, le premier album de la fille de l’homme à tête de choux semblait répondre à un appel d’offre pour « Musique d’accompagnement de compagnie aérienne ». Et puis Charlotte G. a eu des ennuis de santé en bonnes et dues formes et curieusement, elle s’est mise à avoir enfin du caractère, des formes, du cran, à jouer dans des films où elle donnait de sa personne (en particulier le délirant AntiChrist)… Elle a commencé à être la fille de son père au bon sens du terme. Une fois n’est pas coutume, je remets à l’honneur une expression que j’utilise finalement souvent : « Seuls les imbéciles ne changent jamais d’avis ». Le second disque de Charlotte Gainsbourg est une belle collaboration avec Beck, réussie, soignée et dotée d’une classe de la trempe de ces deux artistes.

IRM est un album inégal mais si touchant qu’on a envie de lui passer ses faiblesses. Parmi ce qui me déplaît notamment le titre, IRM. On sait que Charlotte Gainsbourg a eu des soucis de santé, pas la peine d’insister lourdement dessus en l’érigeant en titre d’album. Également des rimes en français dignes des pires « auteurs compositeurs français » (vague V. Delerm, Bénabar etc) qui feraient retourner le Serge dans sa tombe. On le voit bien lui dire « Mais ma fille, c’est d’la merde ce Chat du Café des Arts ! Fous-moi ça tout de suite à la poubelle ! »

Oui mais voilà, tout le reste est bourré de qualités. Des orchestrations à la guitare sèche aux passages (Heaven Can Wait) au vocodeur (Greenwich Mean Time), cet album sonne juste. Des mélodies pop toujours aériennes mais qui donnent envie de les réécouter (Vanities), des voix chaudes (Time Of The Assassins) dont on ne veut pas se séparer et des petites prises de risques où l’on sent que cette femme s’amuse, enfin, comme ce Trick Pony aux airs de The Kills ou Dandelion qui revisite Elvis

Pour avoir flirté avec la mort ces deux dernières années, pour avoir failli perdre l’être de ma famille que j’aime le plus, avoir assisté impuissante à la disparition d’un autre membre de cette famille, avoir haï l’hopital, ses lits et ses couloirs morbides ; je peux enfin affirmer que Charlotte Gainsbourg signe avec IRM un disque poignant, qui sonne juste et a du chien.

BLISS – Drew Barrymore

In Chroniques Cinéma on janvier 13, 2010 at 11:42

Réalisatrice américaine / Premier film / Teen-movie réussi

Drew Barrymore revient de loin. Sa bio ne le cache pas : exposée médiatiquement dès 11 mois, droguée à 11 ans, on ne s’attendait pas forcément à un retour en force de cette qualité. Avec comme personnage principal Ellen Page, jeune actrice douée et hilarante dans Juno, et des personnages secondaires tout aussi talentueuses (Juliette Lewis, Marcia Gay Harden…), Drew Barrymore partait tout droit pour le teenage-movie classique, sans qualités remarquables. La force de ce film ne tient donc pas dans son scénario mais dans des détails.

D’abord, avoir réalisé un casting sans faute est une chose, mais faire exprimer le meilleur de chacune des actrices sans que cela paraisse factice ou que cela soit vulgaire en est une autre. Rappelons que Drew Barrymore se concentre sur un sport méconnu et presque interdit : des filles pratiquant le Roller Derby. Imaginez quinze nanas bien roulées en mini-short, collants moulants et frimousses aguicheuses qui se bastonnent sur des patins à roulettes, c’est terriblement sexy mais on flirte avec le risque de faire un film ultra-vulgaire, du trash-cradingue sans intérêt. C’est donc bien la direction des acteurs qui est ici parfaitement maîtrisée, on n’est pas tant que ça dans le cliché, les filles sont facétieuses et délurées mais certainement pas des biatch.

Ensuite, lorsqu’on réalise un film sur les ados, la tentation est aisée de céder à une adaptation temporelle insuffisante. En général, le réalisateur situe l’action dans l’époque actuelle (il descend dans la rue, laisse tourner sa caméra et c’est plié). Autre grande tendance pas souvent réussie, faire un teen-movie situé dans la jeunesse du réalisateur. On a donc eu droit à une floppée de film « mon adolescence des 70’s » puis une vague « jeunesse des 80’s » et « décadence des 12-18 ans des 90’s ». Drew Barrymore n’a pas cédé à ces deux facilités. Elle a des yeux pour voir, des oreilles pour entendre et un cerveau pas si abimé car il analyse plutôt bien. Il ne s’agit ni de la jeunesse actuelle, ni de la jeunesse de la réalisatrice. Nous sommes au début des années 2000, le monde n’est pas tout rose mais pas encore ultra-policé pour autant. Les jeunes sont en partie désabusés (ils sont mineurs et travaillent pour financer leurs loisirs), pas complètement insouciants (une scène du film est consacrée au fait de boire ou non avant de prendre le volant).

Cette jeune Bliss est une ado type, partagée entre à la fois un violent désir d’émancipation et une envie de rester la fille de ses parents, de remplir leurs attentes et désirs. Alors que j’allais sur mes 16 ans, ma mère m’a proposé en larmes de m’émanciper tout en refusant catégoriquement que je parte en Internat à Londres. Elle n’a pas eu besoin d’en ajouter plus pour que je comprenne qu’il me restait deux belles années de tranquillité avant ma majorité et qu’elle savait simplement que sa fille partirait toujours trop tôt pour elle. Par respect pour elle et sans jamais le regretter je suis restée mineure deux ans de plus chez mes parents. Le film amène cette même morale en douceur : il y a un temps pour tout, l’indépendance viendra, nul besoin de vouloir en profiter trop vite et gâcher tout le plaisir de l’insouciance qu’il nous reste. L’heure de remporter le Roller Derby n’est pas encore venu pour Bliss, son tour viendra.

Enfin, la cerise sur le gâteau vient bien entendu de la bande-son retenue ici. Subtil équilibre de rock des 2000’s (The Strokes en tête bien évidemment malgré un clin d’œil un peu grossier et anachronique à Little Joy) et de musiques de poupées gonflables à prendre au second degré. Le dernier bon point à décerner est le même que celui de Very Bad Trip : son générique de fin. Toutes les scènes trop lourdingues du film ont été coupées et compilées simplement à la fin. Démonstration qu’il n’y a aucune volonté de faire dans le consensuel et le pathos dans ce film.

On ressort de la salle gonflé d’énergie, prêt à affronter n’importe quelle tempête de neige. Drew Barrymore s’est fait bouffé son enfance, matraquée qu’elle était par les médias. Elle s’offre clairement une seconde jeunesse en jouant la casse-cou dans son film. Et si vous l’observez bien, vous verrez son sourire d’enfant de E.T. retrousser régulièrement ses lèvres. Si ce film n’était qu’un navet parmi d’autres, je l’aurai déjà oublié, il me reste dans le crâne c’est bon signe.

En français, 2010 rime avec Bliss, je dédie cette chronique à Emilie, qui se reconnaitra et doit profiter de cette nouvelle décennie qui s’annonce pour la vivre comme elle le mérite : pleine de joies et bonnes surprises.

KAREN O and the kids – Where the wild things are

In Blog Roll on janvier 11, 2010 at 10:36

Bande originale du film de S. Jonze / Pop – Folk

Where the Wild Things are, traduit en français par Max et les Maximonstres, a une résonnance particulière dans ma famille. Livre de chevet, base de nombreux déguisements, idée de mon premier roman à 5 ans (Les Monstres, en 5 actes, évidemment largement inachevé), ce livre m’a été raconté, mimé, théâtralisé, dansé… par l’intégralité des membres des personnes m’ayant bordé une fois. Maxime était aussi un de mes meilleurs amis lorsque j’étais enfant, et il ressemblait tellement au petit garçon de l’histoire que j’étais persuadée qu’on avait écrit le livre en se référant à lui.

Max est un petit garçon plein d’imagination qui s’ennuie et souffre d’un déficit d’attention de sa famille. Ca l’énerve alors il boude et fait et/ou dit des choses qu’il regrette. Il se retrouve donc régulièrement consigné dans sa chambre. Igloo c’est cet enfant qui imagine son monde, il joue seul à être le roi du monde. Mais vite, un petit roi tout seul ça s’ennuie, il va donc embêter sa grande sœur et sa bande de potes (Capsize). Mais le fait d’aller l’enquiquiner n’est rien d’autre qu’un geste d’amour, c’est qu’elle compte pour lui (All is Love), même s’il fait des bêtises qu’il regrette ensuite (Worried shoes).

Puni pour ses bêtises, Max ne comprend pas toujours pourquoi et voudrait que toute sa famille disparaisse pour pouvoir diriger un monde comme il l’entend. Il n’est pas un monstre comme peuvent lui dire ses proches lorsqu’ils sont fâchés après lui, pire, il est le Roi des Monstres. Et pas des tout petits monstres, non des Maximonstres, très grand et qui font très peur. Rumpus et Rumpus reprise constituent à cet égard les deux titres correspondants parfaitement aux illustrations du livre original. Max rêgne, Max est insouciant (Clliffs, Heads Up), Max s’amuse (Animals), Max oublie (Hidaway, Building All is Love).

Mais Max n’est qu’un enfant, et il a beau se dire qu’il est bien là, tout seul au milieu de son monde, ceux qui l’énervent sont aussi ceux qu’il aime et qui lui manque (Lost Fur). Max apprend à faire des choix, sa famille ou son monde. Il rentre à la maison (Sailing Home) pour découvrir que sa mère ne lui en veut pas du tout et que son repas tout chaud l’attend encore (Food Is Still Hot).

En général lorsqu’on a adoré un livre, on n’aime rarement son adaptation cinématographique. Le film de S. Jonze a plusieurs qualités et quelques défauts, que je n’exposerai pas ici. Car parmi les très grandes qualités de cette adaptation il y a cette bande originale à tomber par terre. Moi qui avait classé les Yeah Yeah Yeahs dans la catégories des groupes qui ne produisient plus rien d’interessant (l’album It’s Blitz ! de 2009 était une véritable catastrophe ultra décevante), je reconnais sans mal que Karen O n’a rien perdu de son talent. Mieux, elle en a des cachés. Car qui aurait cru que derrière la femme délurée se cachait une amoureuse du livre le plus poétique et émouvant du monde ? Qui aurait affirmé il y a un an encore que Karen O est capable de composer des mélodies douces sans accros, de remplacer les guitares électriques par un banjo et la voix aguicheuse et piquante par un organe sucré comme le miel et candide. Si le Petit Prince  avait vu ce film il aurait dit en parlant de la musique « C’est exactement comme ça que je l’imaginais ».

VAMPIRE WEEKEND – Contra

In Chroniques Musique on janvier 11, 2010 at 9:41

Groupe américain / Pop – afrobeat blanc / XL Recording

Après un premier album aux influences fortement afrobeat et un projet parallèle tout aussi teinté de culture africaine (cf. The Very Best), Vampire Weekend remet ça avec Contra, un opus qui s’essaye à l’electro-afro.

Le premier disque de Vampire Weekend avait ravi les critiques car il était amusant, touchant et novateur. On revivait régulièrement notre rêve du Roi Lion, se trémoussant au milieu de la savane avec des animaux sauvages. Contra part donc avec un fort a-priori positif (malgré des prestations scéniques presque insultantes de médiocrité). Et surtout il est à la hauteur des attentes qu’on avait placé en lui.

Contra est un disque aux rythmes afro-caribéens beaucoup plus rapides, truffé de surprises electro-pop qui agissent comme de véritables stimulateurs de bonne humeur. Si Run ou White Sky s’inscrivent dans la droite lignée du premier album, le reste est plutôt novateur : Giving up the Guns et ses accords rock enjolivés de chant pop-sucrée vous collent une irrépressible envie d’entamer un solo de danse au milieu d’une gare bondée ; Holiday, comme son nom l’indique, vous replonge dans vos meilleurs souvenirs de vacances au soleil alors que vous affrontez une tempête de neige ; Cousins s’essaye même aux groupes de rock à la New Order. Des morceaux plus doux, voire mélancoliques sont aussi présents (I think you are a Contra, Taxi Cab), ce qui ne retire rien au charme de l’ensemble, agissant comme des respirations dans cet afflux de trémoussements dans tous les sens.

Nul doute que Contra va fournir beaucoup de matière aux DJs sur les dancefloordes mois à venir. Cet opus reste bourré d’influences afrobeat mais est beaucoup plus travaillé ce qui le rend nettement plus intéressant (car ça devenait un peu pénible la case obligatoire « afro »). Le véritable défi sera de se renouveler complètement pour un troisième disque, l’avenir nous le dira !

N.B : Attention Vampire Weekend peut provoquer des effets indésirables, comme chez PlaylistSociety

LE LOUP – Family

In Chroniques Musique on janvier 8, 2010 at 1:50

Groupe américain / Pop-folk / Talitres Record

Après un premier opus déjà très réussi, Le Loup nous livre depuis Washington ses nouvelles marottes typiquement américaines dans le milieu de la pop ces derniers temps : le revival de l’afrobeat. Un disque accompli qui assure sans peine le virage dangereux du second opus.

Oui je continue de le penser, l’Amérique a vibré un an au son de la campagne politique d’un homme noir, qui plus est a été élu à l’issue d’une longue bataille médiatique et culturelle. Et depuis, les groupes de pop indé de la East-coast n’ont de cesse de nous proposer des sonorités africaines (Yeasayer, Vampire Weekend, The Very Best…). Certes il y a aussi le Mondial de foot en Afrique du Sud qui arrive à grands pas, mais je pense que l’élection d’un président noir a encore plus joué. Bref, Le Loup est également de la partie avec ce Family. Un peu Benetton en quelque sorte, la famille d’aujourd’hui est multi-culturelle et métissée, à l’image des rythmes de cet opus. Tantôt ballade pop anglaise (Morning Song), tantôt rythme dynamique pétri de racines africaines (Beach Town ). Les notes de tête voix – banjo – guitare sont complétées des accords de cœur clavier – percussions pour produire un ensemble terriblement entraînant. Family, titre éponyme de l’album est sans doute la meilleure synthèse de ce disque : sonorités chaudes et  aquatiques agrémentées de chants incantatoires de l’hémisphère Nord au départ, elle évolue doucement vers des rythmes caribéens avec un chant folk-pop particulièrement dynamique, très vite rejoint par un chœur qui rappellent les verts pays irlandais. On retrouve beaucoup de Fleet Foxes chez Le Loup et c’est tant mieux.

Un très bel opus dont il aurait été dommage de passer à côté. Les groupes de rock truffent leurs partitions de krautrock, ceux de pop s’adonnent à l’afrobeat, pourquoi pas, voyons si le troisième opus du Loup saura, non plus suivre, mais guider la meute.

PRIVATE DOMAIN @ Cité de la Musique

In Chroniques Concerts on janvier 7, 2010 at 5:38

Projet orchestral français / Electro-pop symphonique/ 06/01/2010

J’ai pour habitude de choisir avec soin le premier concert de chaque nouvelle année. Suite à la suggestion d’une lectrice de ca blog (cf. Aufgang), j’ai donc décidé d’aller jeter une oreille du côté de Private Domain. Une déception tempérée de bienveillance.

Marc Collin aime monter des projets revisitant des genres musicaux ou des époques (cf. Nouvelle Vague, projet seventies qui a repris du service pour un troisième opus et Hollywood mon Amour dédié aux musiques de films cultes des années 80). Il s’est donc associé à Iko dans un projet voulant agrémenter les grands classiques de la musique orchestrale (Rameau, Schubert, Bach, Verdi, Fauré…) de boucles electro et de musique amplifiée. Un chœur accompagne un petit ensemble classique (violons-violoncelles-contrebasse-flutes-hautbois…), des électroniciens et claviers. Marc Collin (à la guitare) et deux chanteuses solistes viennent compléter l’ensemble. Iko s’est bien entourée, on découvre la folkeuse de Moriarty, Rosemary Standley, sous un jour de chanteuse soprano en latin, italien anglais et français. Soulignons-le : cette femme a sauvé le spectacle. Louise (de Paul et Louise) s’essaye quand à elle aux ballades pop et aux chorales d’une voix claire.

De bonnes idées en somme, des arrangements plutôt bien fichus (par Para One et Emilie Simon notamment), une scénographie minimaliste mais qui a le mérite d’exister, des musiciens talentueux… A priori rien à redire. Et pourtant l’ensemble ne prend pas. La setliste fait le choix aberrant de clore le spectacle par un Requiem. Les trois premiers titres étaient intéressants, la ballade pop de Rameau était gentille, mais la dernière demi-heure devient un supplice. On a régulièrement l’impression d’assister à un show de variétoche calibré pour France Télévision, tranches 3e âge et beauf-attitude…

Bref, une belle déception étant donné tout le potentiel qui était déployé. Je préfère remettre ça sur le compte du stress et le rodage en cours du spectacle.

Je terminerai cette chronique spécialement pour Calliope,  à laquelle je dédie ce billet : Private Domain et Aufgang sont définitivement deux projets n’ayant rien à voir l’un avec l’autre.

1) Le premier est un collectif d’une vingtaine de personnes alors que le second est un trio.

2) P.D.* fait étalage d’instruments différents suivant les titres alors qu’Aufgang ne se concentre que sur le piano dont chaque partie est exploitée.

3) P.D.* inclut énormément de chant alors qu’Aufgang n’a aucune voix sauf un sample (Good Generation).

4) Les samples et mix en direct sont dans un cas très pointu et sérieux, dans l’autre presque rétro-ringards à prendre au second degré.

* Pardon pour ces initiales peu élégantes mais je n’ai pas choisi le titre de ce projet… :)

La Cité des Jarres – Arnaldur Indridason

In Chroniques Littérature on janvier 5, 2010 at 11:41

Auteur islandais / Roman policier / Traduction de Bourit

Ayant beaucoup aimé La Femme en vert, j’ai décidé de me plonger à nouveau dans les aventures de l’enquêteur Erlendur, ses problèmes d’identités et ses déboires en matière de relations humaines. Un roman qui n’a pas volé ses nombreuses récompenses littéraires tant l’intrigue et le ton du roman sont plaisants.

La Cité des Jarres a été écrite (et traduite) avant La femme en vert, on remonte donc en arrière mais cela ne pose pas le moindre problème, l’auteur rédigeant correctement ses romans, il prend à chaque fois soin de resituer les choses si nécessaire. Erlendur est toujours accompagné de ses deux fidèles inspecteurs Sigurdur Oli et Elinborg. Et ils vont mettre le nez dans une sordide histoire de « meurtre à l’islandaise », à savoir un crime baclé, sans raison évidente et dans un lieu crado.Le cynisme de l’auteur et de son personnage principal sont encore plus cinglants que dans l’opus suivant. Comme à chque fois, l’auteur prend soin d’insérer son récit dans l’histoire récente d’un pays qui fascine. Il est ici question du grand mythe qui voudrait que tous les Islandais aient vendu leur génôme à la science dans les années 90. Les islandais, de par l’insularité de leur Etat, ont un génôme considéré comme « pur », à savoir qu’on peut facilement établir des filiations et observer les mutations génétiques éventuelles, mais aussi définir les arborescences de maladies génétiques. Et être porteur ou non d’une anomalie dans l’ADN peut alors devenir source de révélation de sordides secrets de famille… Erlendur pénètre donc dans un univers glauque de rêglements de comptes à base de souffrance psychologique, avec la délicatesse qui le caractérise,celle d’un ours mal lêché.

Comme à chaque fois, le romancier retrace l’explosion urbaine de Reykjavik avec force de détails et l’on se figure bien l’ensemble (une fois qu’on y a mis les pied en vrai).Contrairement aux ouvrages d’Arto Paasilina, la narration ne semble pas issue d’un autre temps. L’auteur insiste notamment sur le fait que l’Islandais est une langue qui sera morte dans quelques siècles car la frange de la population la plus jeune ne s’exprime plus qu’en anglais ou presque. Erlendur est ainsi régulièrement en décalage avec Sigurdur Oli et Eva Lin, sa fille, qui truffent leurs discours d’expressions anglaises, parfaitement retranscrites par le traducteur.

Un bouquin plein d’humour, une intrigue pleine de rebondissements, à lire emmitouflé sous la couette, avant ou après La femme en vert.

What’s up pour 2010 ?

In Blog Roll, Chroniques Musique on janvier 3, 2010 at 9:25

D.R.

Après avoir fait le bilan de l’année et le bilan de la décennie, il est temps de regarder ce que nous réserve l’année à venir.

Les disques qui font un peu saliver :

Menomena : Ramona Falls n’est qu’un side project, Ramona Falls n’est qu’un side project, Ramona Falls n’est qu’un side project…

Final FantasyHeartland : leur seul défaut a toujours été d’avoir un nom de jeux vidéos… et de sortir trop peu de disques. D’accord ça fait deux défauts :)

The Strokes : cette fois il parait que c’est pour de vrai, les side projects sont si mauvais qu’il nous faut ce retour…

Hot ChipOne life Stand : quand les binoclards prennent le contrôle du dancefloor…

Les disques attendus :

Midlake - The courage of others : ils ont fait quelques faux pas mais cet album risque de faire pleurer dans les chaumières.

EldiaYayaya (sortie 22 février 2010) : des français qui font de la pop rock correctement, ça existe et je me suis échinée durant 2009 à vous le démontrer. ALors après avoir reçu l’EP qui swingue, je peux déjà affirmer que leur disque sera dans pas mal de platines… Chronique imminente !

My Girlfriend is Better than Yours : après l’EP et le concert, il faut boucler la boucle de ce projet mignon tout plein !

Of MontrealFalse Priest : comme d’habitude, ça promet !

Born RuffiansSay ItBand of HorsesNight RainbowsFleet Foxes ; Four TetThere is love in you ; The National ; Vampire WeekendContra ; YeasayerOdd Blood ; Syd MattersMina Tindle ; Gush

Les disques dont on se fiche un peu :

Cat Power : arrête de pleurer Pénélope, on a trouvé d’autres filles avec ta voix (cf. Marie Flore)

Arcade Fire : leur dernier disque était mauvais, le nouveau peu-il être pire ?

Interpol : Stop ! les come-backs ne sont jamais bons ! (enfin j’écouterai quand même, juste pour rire, hahaha)

MgmtCongratulations : Revus à Rock en Seine, les pauvres jeunes sont bons pour retourner travailler… ils auraient dû suivre l’exemple des Yeasayer !

2000 – 2009, manuel des années 2000 à l’usage des vieux et des plus jeunes

In Blog Roll, Chroniques Musique on janvier 1, 2010 at 3:30

2000 – 2009, manuel des années 2000 à l’usage des vieux et des plus jeunes

Allez c’est parti, nous allons décompter ensemble de 9 à 0 en honneur à la première décennie d’un nouveau millénaire.  Les plus jeunes pourront y trouver quelques éléments de culture qui leur aurait échappé parce qu’ils ont le nez dedans et ne peuvent pas se souvenir de ce qu’était la vie sans mp3. Les plus vieux pourront se remettre à la page question vocabulaire et arrêté de penser que c’était forcément « mieux avant ».

9 concerts… ou presque (c’était parfois trop difficile de trancher alors j’en ai indiqué 2)

2000 : Herman Düne + At the Drive In + De la Soul + Simian @ Transmusicales – Rennes

2001 : Starsailor @ La Maroquinerie & Tool @ Zenith

2002 : Interpol @ Route du Rock

2003 : David Bowie + The Dandy Warhols @ Bercy

2004 : Air + Sébastien Tellier @ Zenith

2005 : Lou Reed @ Grand Rex & The Strokes @ Trabendo

2006 : TV on the Radio @ Rock en Seine & Battles @ Sous la Plage

2007 : Acoustic Ladyland @ Nouveau Casino & Art Brut @ Maison de la Radio

2008 : La Maison Tellier + Syd Matters & Poni Hoax @ EMB – Sannois

2009 : Toy Fight @ Café de la Danse & Turzi + Koudlam @ Elysée Montmartre

8 disques sitôt écoutés, sitôt adoptés

The Strokes – Is this It – 2001

Apparat Organ Quartet – s/t – 2002

Joakim – Fantômes – 2003

Franz Ferdinand – s/t – 2004

Camille – Le fil – 2005

Sébastien Tellier – Sessions – 2006

Caribou – Andorra – 2007

Syd Matters – Gost Days – 2008

Aufgang – s/t – 2009

7 pochettes de disques gravées dans ma mémoire

Thomas Fersen – Pièce montée des grands jours – 2003

Philippe Katerine – Robots après tout – 2005

Of Montreal – Hissing Fauna, are you the destroyer ? – 2007

Chicros – Sour Sick Soul – 2007

Noah and the Whale – Peacefull the world lays me down – 2008

Turzi – B – 2009 (vinyle)

et…

Mauve – Kitchen love – 2008 :)

6 horreurs dont on se serait passé

Les Star Ac’ et tout ce qui va avec (les shows, les sous-artistes…)

U2 (sa vie son œuvre…)

La pochette d’Animal Collective – Strawberry Jam – 2005 (Il existe malheureusement des centaines de disques dévalorisés à cause de leur pochette, Animal Collective gagne le pompon…)

La pochette de Metronomy – Night’s out – 2008

Superbus en première partie : il fut une époque où aller à un concert quel qu’il soit (Stéréophonics, Weezer…) ne pouvait pas se faire infliger l’ignoble Superbus en première partie, on se réjouie de ne plus les voir !

Pete Doherty, sa drogue, sa pauvre life et ses Babyshambles : circulez, y’a rien à voir…

5 enrichissements de notre vocabulaire :

  • Téléchargement : terminé le cd et la queue chez le disquaire. A l’aube de la décennie 2010, la Fnac Bastille, unique enseigne dédiée à la musique, vient de mettre la clé sous la porte. La musique se fait numérique. On a tous commencé avec nos « cd gravés », rapidement remplacés par la clé USB, on a tous fréquenté Emule ou Soulseek et on s’est tous équipé de la FreeBox (tout comme l’Oréal parce qu’on le vaut bien, on a free, on a tout compris).
  • Mac : La bataille Mac/pc existait avant les années 2000, mais avec l’utilisation massive d’Internet, devoir updater des mises à jour anti-virus, anti-bug, anti-plantage anti-anti tape sur les nerfs de tout geek qui se respecte. Et donc, logique, on switche. Internet Explorer se fait raccompagner à la frontière pour Firefox et la suprématie iPod, iPhone finit de bouter les derniers reliquats de Macroshit hors de notre univers. Décennie 2010 celle de l’Empire contre-attaque pour Pc (cf. les mini-pc) ?
  • Myspace : avant lorsqu’on parlait de découvertes musicales, on donnait une démo ou on faisait écouter un disque à ses amis. Les années 2000 ont offert un nouveau tic de langage « T’as un Myspace ? / T’as son Myspace ? / Je vais checké son Myspace » En réalité cet outil a toujours été un peu pourri, ramait sévère entre chaque changement de page, sautait entre les titres… Mais le Myspace pour un groupe des années 2000, c’est un peu comme la Rolex en politique, si t’en a pas t’as raté ta vie. Le même raisonnement est valable pour la vidéo et l’apparition de Youtube et Dailymotion comme mot de vocabulaire à part entière. Et pour Wikipédia comme alternative au Petit Robert.
  • Facebook : l’invention du réseau social virtuel qui fonctionne… Chaque jour, chacun s’est créé une nouvelle dépendance en allant discuter, regarder des photos/vidéos, et raconter la moindre miette de ses activités, le tout virtuel bien entendu. Twitter est passé à la vitesse supérieure en ne permettant de s’expriment qu’en 140 caractères. Ainsi, chacun sait tout ce que chacun fait. George Orwell n’avait pas imaginé un Big Brother si puissant…
  • Blog : en terme de lecture, donc de loisirs, avant on avait les abonnements aux magazines, les fanzine voire les webzine. Après 2000, le Blog fait un boum. Chacun veut raconter les choses comme bon lui semble, marre des lignes éditoriales auxquelles il faut se plier, des deadlines à respecter, chacun veut faire comme il veut quand il veut. C’est ainsi que les Blogueurs ont pris une place considérable dans notre panel de lectures. C’est un mouvement tellement nouveau qu’on ne sait toujours pas comment orthographier les choses : bloggeur, blogueur, blogger… ? Au départ les journalistes ont vu ça d’un mauvais œil, les « sans carte » contre les « avec carte » de presse. Puis très vite ils se sont mis à avoir leur propre blog au sein de la rédac ! Tout comme il y a des mauvais magazines, il existe des mauvais blogs, mais la réciproque est aussi vraie :)

4 mots-clés à retenir en matière de tendances musicales (et tous les groupes cités méritent une attention particulière et constituent de ce fait mon Top 2000 – 2009) :

  • Retour : si l’on peut à jamais faire le deuil du R’n’B qui ne produit plus rien d’intéressant depuis les 70’s, le rock a fait son come-back flamboyant parmi les jeunes. On tient souvent pour responsables The White Stripes,  The Libertines et The Strokes qui ont eu le bon goût de (re)faire de la musique de leurs parents en ajoutant une touche contemporaine. Plus nerveux, plus rapides, aux paroles moins molles et plus réalistes et aux mélodies recentrées sur le minimalisme et l’efficacité, on a assisté à plusieurs déferlantes de « groupes en The » : The White Stripes (1999*), The Strokes (2001*), The Libertines (2002*), The Kills (2002*), The Rakes (2005*), The Spinto Band (2005*) ou plus récemment The Dead Weather (2009*). Lesquels se sont vu opposer l’autre tendance des « noms de derrière les fagots »: Phoenix (2000*), Yeah Yeah Yeahs (2002*), Franz Ferdinand (2004*), Clap Your Hand Say Yeah (2005*) ou Artic Monkeys (2006*). L’Electro est l’autre grand courant à bénéficier d’un joli succès. Alors qu’on pensait que les Djs allaient mal vieillir et devenir les ploucs en survêtements bling-bling, non seulement (à quelques mauvais exemples près dont on ne prendra pas la peine de parler ici) les quarantenaires ont encore de la ressource (Etienne de Crécy, Zdar, Alex Gopher…) mais en prime les relèves ont bel et bien assuré. On va d’ailleurs très vite distinguer deux types d’électro : la musique à (j)ouïr et l’électro intello. A la première catégorie les mélodies sitôt écoutées –sitôt dansées – sitôt oubliées à la Ed Banger** (SebastiAn, Justice, Yuksek, Uffie…) s’identifient les plus jeunes en manque de culture musicale et adeptes de la surconsommation en tout genre. Génération mal-être aussi qui achète sans compter et se vide la tête chaque semaine sur des rythmes binaires. A la seconde branche électro on retrouve des mélodies aux pieds beaucoup plus travaillés, de la musique moins accessible de prime abord : Arnaud Rebotini, Yvan SmaggheEllen Allien… De l’électro qu’on peut écouter en se concentrant dans son salon, pas forcément sur un dancefloor.
  • Mélange : La vraie caractéristique des années 2000 est cette beaucoup plus grande mixité des sonorités. La mondialisation et l’accélération vertigineuse des transmissions des données via l’informatique auront véritablement permis l’émergence de mélanges assez inédits. St Germain (2001) et Gotan Project (2002) ouvrent la voie en popularisant l’électro-jazz et l’électro-tango. L’électro-rock suivra rapidement avec des formations comme Cansei de Ser Sexy (2004*), Klaxons (2006*), Boys Noise (2007*), Midnight Juggernauts (2007*) ou Foals (2008*). Métissage qui s’accompagne aussi de mélanges intercontinentaux. Certains groupes de pop ont d’ailleurs créé une tendance consistant à usurper son identité : I’m From Barcelona (2006*) sont suédois, Architecture In Helsinki (2004*) sont australiens ou encore Of Montreal (1997*) sont américains On a vu un renouveau de la soul et de la funk, du jazz tant bien que mal. La dernière tendance (Obamania oblige ?) est à l’afrobeat d’Hémisphère Nord. Ainsi Ezra Koenig semble se spécialiser dans le domaine avec Vampire Weekend (2008*) et The Very Best (2009*). Nombre de groupes de Brooklyn suivent la même tendance (Mgmt, Yeasayer…).
  • Extrême : Dans la prolongation de la veine des Mélanges, certains ont poussé les expériences à leur paroxysme. Distorsions de sons, bidouillages de machines récentes et dinosaures, triturages d’instruments… tous les genres musicaux se font revisiter par des collectifs bien déjantés. La pop borderline d’Of Montreal, les mélodies entêtantes de GUiLLeMoTs (2006*), les textes acides du Klub des 7 (2006*), les expériences appartementales des sœurs Cocorosie (2004*), la dentelles de batterie de Battles (2007*) ou plus récemment le massacre de guitares à la perceuse par GaBlé (2008*) et la désinvolture des supporters de foot sous-tendu de musique classique de Koudlam (2009*) ont apporté une touche de fantaisie dans le paysage musical actuel qui crie à l’uniformisation des goûts et des labels. Ces artistes ont trouvé une parade très intéressante au piratage et ont su évoluer avec leur temps : certes leurs albums sont bons mais c’est surtout sur scène qu’il faut observer ces drôles de trublions. Et ça un concert, c’est une expérience unique, beaucoup plus difficile à pirater :) !
  • Avènement de la musique Nerd : Et oui, le gros boutonneux à lunettes n’est plus répulsif et reclus de la société. C’est devenu un sex-symbol de certains courants musicaux. Dans un premier temps, il y a eu le retour en force du Post-rock, certes pas sur toutes les ondes de radios (qui elles aussi subissent un formatage poussé), mais dans les cercles musicaux, continuer de cracher sur le post-rock aujourd’hui est presque un pêché capital. Si Tortoise (1994*) ou Godspeed You ! Black Emperor (1994*) étaient l’apanage de happy few, le post-rock des années 2000 est bien plus In, le dernier en date étant le splendide travail de Cougar (2007*). Autre courant qui connaît un beau revival nerd, le krautrock. Zombie Zombie (2007*) est l’exemple français le plus délicieux de cette nouvelle tendance où l’on prend plaisir à voir deux passionnés de musique produire des sonorités assez incroyables de machines bizarres. Etienne Jaumet (album solo 2009*) est à la fois l’ami et l’icône. Sur ces traces et tout aussi talentueux, on place beaucoup d’espoirs en Turzi (2006*) qui manie les machines aussi bien que les guitares. Enfin, les années 2000 sonnent la Grand-Messe pour les musiques scandinaves. Une déferlante de pop glacée et musiques planantes.
  1. Suédois (tendance pop) : The Hives (1997*), The International Noise Conspiracy (2000*), Peter Bjorn and John (2002*), Melpo Mene (2004*), Peter Von Poehl (2006*), Lykke Li (2008*), Fever Ray (2009*)…
  2. Islandais (tendance orchestrale) : Gus Gus (1995*), Sigur Ros (1997*),  Bang Gang (1999*),  Mùm (2002), Apparat Organ Quartet (2005*), FM Belfast (2009*)…
  3. Norvégiens (tendance belles finitions) : Röyksopp (2001*), King of Convenience (2001*), The Whitest Boy Alive (2006*)…
  4. Danois (tendance nerveuse) : The Raveonettes (2002*), Efterklang (2004*) Vincent Van Go Go

Voilà, je m’arrête là pour ce tour d’horizon des bouleversements musicaux des années 2000 et j’espère que vous ferez quelques découvertes :)

* : j’ai choisi de prendre en compte l’année du premier album et non de la formation du groupe.

** : J’ai écrit à la Ed Banger, ils ne font pas forcément partie du label mais s’y assimilent (d’accord Pierre Emmanuel :) ?)

3 morts… On sait tous qu’il y a eu plus de décès que ça parmi les musiciens au cours de cette décennie mais j’en ai retenu trois par-dessus tout.

Au début des années 2000, nombre d’anciens rockers passent de l’autre côté et laissent ainsi s’exprimer une nouvelle vague d’artistes (décrite au numéro 4) : Joey (2001) et Dee Dee Ramones (2002, Ramones), Georges Harrison (2001, The Beatles), Joe Strummer (2002, The Clash), John Entwistle (2002, The Who) ou Nina Simone (2003) marquent la fin de la jeunesse de nos parents et nous laissent un peu respirer et voler de nos propres ailes. Le monde de la rétrospective pour les aînés, la scène pour les cadets.

D’une manière générale les morts violentes sont fréquentes dans le milieu du rock, c’est lié à leur mode de vie et ils l’ont bien cherché, pas besoin de s’apitoyer dessus plus que ça. Les trois décès qui m’ont marqué sont plus récents et d’une autre nature, me touchant de ce fait pour des raisons différentes :

  • Esbjörn Svensson s’en est allé en juin 2008, trop jeune et accidentellement (plongée sous-marine). Il lui restait beaucoup à apporter au jazz et ce milieu peine à trouver des successeurs qui sachent s’imposer.
  • Alain Bashung en a terminé du monde des vivants en mars 2009 et si son œuvre n’était pas totalement achevée (et reconnue à juste titre), le choc pour moi est venu du fait qu’il avait exactement l’âge de mon père… Ayant grandi avec mon papa sous les yeux et Bashung dans les oreilles, c’est un bout de mon équilibre naturel qui fichait le camp.
  • Vic Chesnutt enfin a choisi d’en finir à quelques jours d’une nouvelle décennie. Violence d’un choix qui rappelle la pendaison lointaine d’un très jeune Ian Curtis ; refus de continuer d’accepter de vivre dans certaines conditions (non pas matérielles mais psychologiques). Il n’y pas d’acte plus radical que sa propre mise à mort.

2 séparations de groupes mythiques qu’on ne regrettera pas… (ahahah bon débarras)

2000 : RIP Spice Girls & 2009 : NOasis

1 gros coup de vieux pour moi. Alors là vous riez, vous vous dites « ahah, ben comment donc, elle n’a même pas 25 ans et elle parle de coup de vieux. » Eh bien oui, car la décennie 2000- 2010 marque pour moi le passage à l’âge adulte. Je n’étais pas majeure en 2000. Je vivais dans une douce ville de province grise (où le granite qui recouvre le sol et parfois les bâtiments, une ville assortie au ciel pluvieux, j’ai nommé Rennes), j’habitais un appartement et une maison ultra-confortables (mon appartement parisien doit tenir dans ma chambre d’enfant) et j’étais à mille lieues de certaines préoccupations. Quand on est mineur, on peut assumer sans problème d’écouter Aqua, Britney Spears ou les Freestylers. Adulte il faut savoir argumenter pour pouvoir le clamer.  Il y a encore quelques années, dormir 3h par nuit ne me posait pas de problèmes alors que je restais tranquillement à la maison, maintenant que j’aimerais enchaîner les concerts toutes les nuits, je mets 3 jours à me remettre d’un écart au-delà de minuit ! Et par-dessus tout, argument ultime, en 2000 je n’avais pas de lunettes !

0 regret, il ne faut pas jouer les vieux cons, le standing de vie n’a jamais été si confortable même si l’on sait que, pour la première fois dans l’histoire de l’homme, le niveau de vie des générations futures sera inférieur au nôtre. Alors profitons de la vie et consommons de manière raisonnée, n’oublions pas d’aller voter, ne négligeons pas de sortir le nez dehors (aller voir ce qui nous entoure, les cités, les sdf, les rayons de soleil qui parviennent encore jusqu’à nous…) et puis arrêtons de nous plaindre, ce sera pire plus tard J !

Je vous souhaite que 2010 vous apporte autant de bonnes surprises et de joies que possible.

Avec ton mon amour et toute mon affection virtuels que je peux transmettre via les touches d’un clavier, votre dévouée V.