
CLARA MOTO – Polyamour
By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord
Tags:chic, Clara Moto, electro, Infiné, Mimu, Polyamour, premier album
Catégorie: des disques...
Dj autrichienne / Electro – Minimale / Infiné
Non content d’être un artiste renommé et de qualité, Agoria est également un excellent dénicheur de talents. N’ayant pas l’oreille dans sa poche, il a ainsi révélé les garçons de Rone et Aufgang en 2009 et récidive avec Clara Moto en 2010, une autrichienne qui signe un premier album d’électro sensible.
En 2008, j’assiste mi-médusée mi-perplexe au set de Clara Moto aux Transmusicales. Il n’y a personne et pour cause, ces imbéciles l’ont programmée à 21h. De la minimale de si bonne heure, personne ne se bouscule au portillon, mais du haut de ses 22 ans, Clara joue dans ce gigantesque hangar vide sans se démonter et aligne les titres house de Silently, première collaboration avec Mimu. Combien d’artiste electro femme connait-on ? Vos mains suffiront pour faire le total, dans cet univers nocturne, gagner ses galons lorsqu’on est une femme n’est pas aisé. Clara Prettenhofer a eu recours à un sentiment noble et sans bassesses : l’amour.
De l’amour Clara en a revendre. De la musique d’abord, Clara déroule calmement des influences tantôt pop (Alma ou le splendide Deer and Fox, l’une des masterpieces de cet opus), tantôt punk (The Opposite Is Also Wrong), parfois très masculines (Glove Affair, Take a Second). Du travail bien fait également, son electro est sensible, attentive au moindre détail, les nappes sont étudiées et sonnent souvent comme un appel à prendre le temps d’aimer. De la vie aussi, l’electro est une matière souple et vivante, à condition qu’on sache lui donner suffisamment d’importance pour qu’elle vous raconte des tranches d’existence. A trois reprises, Clara Prettenhofer partage ses titres avec Mimu pour des collaborations extrêmement léchées et dynamiques, notamment le beau paradoxe de Silently qui ne cesse d’inviter au dialogue.
Mimu qui signe par ailleurs la pochette à l’image de l’artiste – féminine par ses formes rondes, rigoureuse de par sa déclinaison de gris et pointilleuse à la Kandinsky – est la touche de classe indispensable au parachèvement de la très belle première œuvre musicale d’une jeune autrichienne parvenue à se faire une place dans un monde masculin et impitoyable. Clara Moto clame sa passion des influences musicales variées (Joy of my heart), affirme son euphorie de faire partie du monde de la nuit (Goodnight Twilight) et cligne de l’œil pour rappeler que « ce n’est que le début, elle est là pour longtemps » (Song of Exhaustion and Ivory).
L’amour, l’amitié et la beauté sont des thèmes si galvaudés qu’il fallait bien l’audace d’une jeune-femme-seule-dans-un-milieu-hostile pour parvenir à les réhabiliter : une Clara Moto à estimer, un Polyamour pour synthétiser.
Son album dans les bacs un an jour pour jour après celui de Rone : sortie le 1er mars 2010
Autre chronique chez le revenant GoodKarma (comprenez par là que si même lui sort de son silence pour parler de Clara Moto, c’est qu’il vous faut vraiment ce disque…)



Tu en parles bien mieux que moi ! D’accord avec toi en tout cas, très bon album que je conseille vivement. Mon disque de musique électronique préféré du moment avec le nouvel album de Four Tet.
Y’avait moi aussi à son set des Trans
J’étais encore plus médusé le lendemain http://is-playing-at-my-house.com/?session=clara-moto
Meilleur album électronique de 2010 je pense
Une autre germanique se débrouille pas mal aussi dernièrement (Anja Schneider), meilleur DJ set de l’année pour moi