
ASWEFALL – Fun is dead
By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord
Tags:Aswefall, Clément Vaché, cold, disque, electro, Electro-pop, Fun is dead, groupe français, Isolering, Leo Hellden, Modulor
Catégorie: des disques...
Duo français / électro – cold pop / Isolering (Modulor)
Avec un titre aussi engageant, il fallait au moins que le label de ce duo français soit suédois pour que j’arrive à me convaincre d’insérer le disque dans la platine… Un peu de courage n’a jamais fait de mal, la preuve.
Clément Vaché et Léo Hellden n’en sont pas à leur coup d’essai. Avant Fun is dead, ils avaient tissé un premier disque aux fortes influences New Order – The Clash. Ils ont pris leur temps, Bleed étant sorti en 2005. Et on préfèrera la prudence à la précipitation dans leur domaine : ne pas tomber dans les travers de Air sans pour autant livrer un album trop électro minimaliste rétro, ce n’est pas toujours évident. Aswefall flirte parfois avec le raté (la boite à rythme introduisant Isolation ou les morceaux sonnant légèrement creux comme Shadows of love ou Ex), jamais avec le mauvais goût.
Ce duo est français, signé chez des suédois et chante en anglais en ayant des références américaines… Musique internationale ? World music ? Musique passe-partout prête à envahir les clubs de partout ? Pas exactement… Car leur univers est moins minimaliste que sobre, plus retro que tendance come back. Aswefall a la capacité de plaire à bon nombre d’amateurs de sad-electro, vers quatre du mat’, avec ses mélodies 80’s et ses parties de basse – rythmique vous plongeant dans Joy Division et New Order (notamment Wich side of me qui clôt cet opus).
Mais Aswefall risque de déplaire à bon nombre d’aficionados de l’electro sombre pour la même raison. Dès la pochette Fun is dead est une sorte de mise en garde comme « fumer tue » ou « boire avec modération ». Car Aswefall réveille un sentiment de genre bien français : le Spleen. Le Spleen, une mélancholia si puissante qu’elle vous pousse dans vos retranchements les plus intimes. Un sentiment de désespérance et d’incompréhension de soi-même si violent (Memphis) que certains consommateurs de stup’ du dancefloor ou de jeunes cerveaux encore trop malléables imbibés d’alcool risquent de ne pas le supporter. Quand le Spleen vous bouffe les tripes, il faut un moral d’acier et/ou les idées bien claires pour pouvoir en apprécier les mélodies. Hommage à Baudelaire, E-A Poe (Prison) ou Verlaine (Nevermore). Fun is Dead doit pouvoir se lire et s’apprécier dans l’autre sens pour l’appréhender dans toute sa subtilité : (be) Fun is dead as (be) dead is Fun. A partir de là, le monde vous appartient, la délivrance s’exprime et vous rester coi pour ne pas perdre une miette de ce flirt létal.
Quelle bonne idée j’ai eu ce jour là, un opus bien fignolé qui donne envie de sortir d’un club à cinq heure du matin, lorsque la ville est sur le point de s’ébrouer, dans les nuits un peu fraiches du printemps en robe légère légère, un fin lacet de sueur tiède serpentant du creux des épaules jusqu’aux reins, l’euphorie du dancefloor cinq minutes derrière soi : « Nous étions seul à seule et marchions en rêvant / Elle et moi, les cheveux et la pensée au vent. »


