
BOOGERS – As clean as possible
By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord
Tags:As clean as possible, At(h)ome, éclectique, Boogers, rock
Catégorie: des disques...
Chanteur français / Pop-rock hétéroclite / At(h)ome – Wagram
En ce jour de votation nationale (mobilisation allant de mal en Pi, haha) et deuil populaire (RIP Jean Ferrat), Basil(hic) mon poisson amoureux de tout sauf de l’eau a succombé à une dernière sortie de bocal. C’est peut-être un détail pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup. Journée difficile à rattraper donc. A moins d’avoir Boogers qui traîne là sur la platine et n’attend qu’une chose, un peu d’attention. Méritée.
A la pochette, on frémit. Un barbu torse-poil imberbe laisse dépasser un caleçon bleu roi « Sport » d’un futal informe et trop court. Encore de la musique de néo-hippie ? Point du tout ! Boogers est un mec qui fait tout, tout seul. Et en prime il le fait bien. Telle une entreprise vertueuse, la pochette de Boogers affiche en toute transparence tout le matériel utilisé pour produire cet album ovni : une platine vinyle, un ampli, une table de mixage, une guitare, quelques baguettes, deux paires de baskets, un micro et quelques bidules de plus. L’album est réellement as cleen as possible, débarrassé de toutes ces fioritures fashionable, Boogers fait de la musique, pas du gloubiboulga sonore.
Premier constat agréable : l’homme semble prendre beaucoup de plaisir dans son travail. Et désolée de devoir le souligner, ce n’est pas si courant ces derniers temps à Paris où, crise oblige, il est de rigueur d’afficher une moue dédaigneuse tout en s’évertuant à paraître sérieux (Gibus’ generation, suivez mon regard…). Le tout rocke à tout va, swingue comme il faut et procure une irrépressible envie de se déhancher. On retrouve quinze ans de culture musicale rock (The Clash, The Ramones, The Streets…) mélangée à des accents beaucoup plus nerveux parfois inattendus rappelant les Eagles of Death Metal, Weezer ou les Queens of the Stone Age.
Le plus étonnant là-dedans c’est que Boogers est tout seul. Il fait tout ça tout seul, sans l’aide de personne (physique car des amis imaginaires je ne doute pas qu’il y ait du monde au portillon). De son petit monde onirique-violent s’échappent des chimères attentionnées et des mélodies pleines de bonne volonté. On compatit pour les parents du bonhomme qui ont dû assister à un sacré paquet de pétages de plomb de leur fiston, habité de mille amis souvent contradictoires : « j’veux des mélodies faussement hard-rock (I’m sorry) – Nan, du rock classique à trois accords (Put your head) – Hors de question ce sera à la Grandaddy ou rien (I lost my lungs) – T’es ouf on a dit Britpop ! (Anywhere) – M’en fiche moi j’veux des cuivres qui flonflonnent sur des textes de Martin Luther King (The Devil) etc etc… »
Et plus on écoute Boogers, plus on se dit qu’il pourrait être super copain avec nos caennais favoris, les déjantés gaBLé. Et on se dit que Jean Ferrat doit swinguer dans son linceul, que les candidats aux régionales pourront se consoler quoiqu’il arrive à notre République, que Basil(hic) peut buller tranquille au paradis des jeunes combattants…
Et puis honnêtement, un gars qui a un titre intitulé Perfect week dont le refrain est « I’m on the radio now », on ne qu’avoir envie de lui faire plaisir : dès demain sur les bonnes ondes parisiennes (j’ai nommé la belle Radio Campus Paris) !
Sortie : 15 mars 2010
A voir aussi la session de Boogers sur SOUL KITCHEN



Ah oui mais alors non, c’est vraiment très mauvais. Très peu de cohérence, des arrangements très gras, pas la moindre once de rage… Je ne vois qui plus est aucun lien avec The Clash et The Ramone…
Cher Benjamin F.
On ne dit pas “c’est très mauvais” mais “je n’ai pas du tout aimé” : les goûts ne se discutent pas, la preuve tu aimes le dernier Mickey 3D et tu ne comprends pas la grandeur du dernier Hot Chip.
Pour The Ramones ou The Clash je ne voulais pas parler de la même rage, bien au contraire, plutôt des arrangements justement.
Avec toute mon affection