
JOHANN LE GUILLERM – Secret (version 2010)
By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord
Tags:Attraction, cirque, Johann Le Guillerm, La Villette, Secret
Catégorie: du cirque...
Artiste français / Cirque contemporain / La Villette du 6 mars au 11 avril 2010
Attention, âmes insensibles s’abstenir. Vous avez toujours rêvé de dompter une bassine de fer blanc ? D’enfourcher un cheval d’arçon hérisson ? De construire une cabane sans clouer de planches ? Alors Johann Le Guillerm est l’homme qu’il vous faut. Il est au cirque ce que Facteur Cheval est à la poésie : atypique, fascinant, indispensable. Etes-vous prêt à le laisser vous livrer ses Secret(s) ?
D’aucuns le diront marginal. Qu’importe, lorsqu’on a traversé une piste en équilibre sur des goulots de bouteille avec des sabots aux pieds, on laisse jaser… Johann poursuit sa quête de l’Attraction depuis bientôt dix ans. Un même spectacle capable d’autant de renouvellement, c’est rarissime. Et lorsqu’en prime, un seul acteur en assure la re-créativité c’est tout bonnement impossible. Impossible n’est pas Le Guillerm !
Dans son monde, votre tuyauterie de salle de bain vous raconte comment Johann lui a redressé la colonne, votre ventilateur ne rêve plus qu’un Johann lui fasse recréer des tornades, même les fusées en papier ne veulent plus d’autre interlocuteur que Johann. Car Johann dompte et apaise les choses. L’homme est grave, mi-fou mi-sérieux, ni fou ni sérieux. Ses longues nattes, prolongement de son cerveau, sont en discussion perpétuelle avec ses doigts, qui calculent plus vite que leurs ombres. Ses yeux sont sans cesse à l’affut d’une interaction qui tenterait de leur échapper. Chaque parcelle d’ADN de ce corps est entièrement dédiée à sa cause. On se prend à imaginer Iggy Pop capable des mêmes facéties : l’homme, son corps comme son spectacle sont en perpétuelle mutation, constamment à l’écoute de l’environnement. S’il est seul sur scène, s’il élabore en solo ses recherches, Johann Le Guillerm comprend mieux que personne les autres et livre tout à son public.
La poétique est sa politique. Quelques pointes sur chaussures-armures de chevaliers à bout pointus (également disponibles en version souple par une réinterprétation des babouches en cuir), un ballet de machines ailées, une méditation bouddhiste transcendant la métaphore du temps qui passe, un mobile en bois allégorie numéro de trapèze …
Est-il alors « resté perché » ? Non, l’homme ne reste pas en équilibre sur sa fascinante structure de 13 lattes de bois, il redescend nous chercher. Et l’on quitte le chapiteau presque à contre cœur, l’esprit léger et en posant un autre regard sur les objets qui nous entourent.
A voir aussi, l’exposition Monstration sous la Grande Halle de la Villette, dont je vous dirai un mot très bientôt.



ça donne très très envie..
merci
chris