LA MAISON TELLIER – L’art de la fugue

By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord

mar 22 2010

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Catégorie: des disques...

4 Commentaires

Groupe français / Folk – Rock – Country / Wagram

Troisième opus déjà pour la famille Tellier, des gars bourrés de talent pour qui il a fallut inventer une appellation : celle de cowboys normands. Back to basics – ouais en anglais pour une fois ça sonne mieux – et tour du propriétaire.

L’art de la fugue, titre polysémique, rappelle immédiatement l’une des qualités du groupe : leur capacité de savoir magnifier la langue française dans des morceaux « à l’américaine ». Donc l’art de la fugue c’est à la fois une référence musicale classieuse aux auteurs classiques et un clin d’œil aux voyous du Far-West qui leur sont chers (leur petit héros-martyr perso s’appelant Cactus Kid). Et ce jeu de mot voyez-vous, n’est possible qu’en français, donc on dit merci et chapeau bas, ce titre ne sort pas de nulle part et a un sens, ce qui devrait être de rigueur pour tout album d’ailleurs (non, je ne m’engagerai pas sur cette pente glissante aujourd’hui). Plus que jamais, la fratrie Tellier manie le double langage avec délicatesse, entre humour et dérision (Aime ton prochain / mais aime-le de loin ou Ils ont renoncé à le pendre / une vie est de nouveau à vendre), à mi-chemin entre tristesse et joie, autant en français qu’en anglais.

Seconde constante du groupe : leur perpétuelle évolution du groupe. Parce qu’une famille ça fait des enfants, ça enterre des morts aussi, alors il est normal que d’un couple des débuts (Helmut et Raoul Tellier en 2006) on en arrive à un noyau de cinq personnes. Avec des électrons libres récurrents comme The Elektrocution (Please Do, Josh the Preacher) ou Lippie (Il n’est point de sot métier Part 2) qui font office de cousin en visite régulière. Et chacun apporte sa pierre à l’édifice : une voix, une trompette, une batterie, quelques accords de guitares… Rien n’est inutile dans un clan, rien n’est essentiel dans une bande.

Troisième invariable du projet, La Maison Tellier suit une route longue et rectiligne (cf. No name dont un épisode est présent sur chaque opus). On ne s’amuse pas à essayer tous les styles, on fait de la musique folk-country et du rock, eh bien on s’y tient. On est réputé pour des reprises géniales (la plus connue étant celle de Killing in the Name, mais celle de Toxic restera ma préférée), eh bien on persévère et l’on démontre que les reprises ça peut être classe et réussi quand c’est travaillé avec amour et rigueur.

Le petit défaut de ces constantes est que le projet de La Maison Tellier a tendance à virer à la maison close. Pas celle du premier opus, fraîche et délicate, mais plutôt dans le sens où il ne sort pas grand-chose de très nouveau de ce troisième album. Cohérent mais pas révolutionnaire. Bien mais pas exceptionnel. Comme un beaujolais, L’art de la fugue ne fait que passer, sans laisser trop d’impression.

On ressent la même légère déception qu’à l’écoute de Second Souffle. Mais on ne se fait pas de bile. Car La Maison Tellier est avant-tout un excellent groupe de scène, capable de vous retourner l’âme, le corps et tout ce qui peut aller avec. Nul doute que cette nouvelle tournée sera encore plus chouette qu’auparavant. Je me plais à croire qu’il me suffit d’attendre et voir…

Sortie le 22 mars

Un live report de La Maison Tellier (2008)

Une interview d’Helmut Tellier (2007)

4 comments on “LA MAISON TELLIER – L’art de la fugue”

  1. ben ça va, tu l’as bien aimé en fait cet album au final, je m’attendais à pire :)

    Après, je suis pas d’accord sur le manque d’évolution sur cet album, mais je suis évidemment pas le mieux placé pour lancer le débat…

  2. Je veux bien lire tes arguments sur l’évolution,
    ça m’intéresse :)

  3. j’ai lu votre attentive critique. N’ayant pour l’instant écouté que Suite Royale et La peste, je suis pour ma part enchantée par ces deux titres et découvrirai les reste demain. La voix me paraît plus assurée et les trompettes déménagent …

  4. Bonjour
    Moi qui avais adoré les deux premiers, me voilà déçu par ce disque.
    Il y a toujours ces ballades country acides, La peste en est le meilleur exemple, ils suivent la même direction que précedement, mais avec moins de superbe. J’y vois même des fautes de goûts, les deux blues et les featuring de Maxime Prieux que je trouve horribles, alors que la voix de Lippie, elle, reste délicieuse.


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