Un an après : ORELSAN au Pays des Merveilles

By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord

avr 30 2010

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Catégorie: des disques...

1 Commentaire

D’aucun diront que j’ai dix trains de retard, mais après une grève ferroviaire de 10 jours, on peut tout se permettre. Il y a un an donc, l’album d’Orelsan et le cas du jeune rappeur interdit de festivals défrayaient une presse musicale française vieillissante n’ayant rien de beaucoup plus trendy à se mettre sous les plume.

Alors pourquoi reparler d’Orelsan maintenant ? Parce que le cinéma n’est plus un lieu fréquentable. Donc là, vous vous dites que je suis fêlée de la cabosse, qu’il n’y a aucun lien. Et vous avez raison, enfin presque. Car pour réussir à supporter Alice aux Pays des Merveilles version Tim Burton, rien de mieux qu’Orelsan.

[Attention, Tim Burton était jusqu’il y a peu, mon réalisateur favori, c’est le seul dont je possède la filmographie complète et que je regarde très régulièrement sans m’en lasser. Mais là, non, ça va trop loin. Ca devrait quasiment être classé X tant c’est choquant de médiocrité.] Loin de moi l’idée de faire l’analyse du film en rapport avec le livre dont il est censé s’inspirer, je m’attacherai seulement à une cohérence bande-son / images. Car Avril Lavigne ça ne passe définitivement pas. Relisons ensemble le scénario.

N’importe quelle commune de Basse Normandie 14000 tu sais où j’habite ? possède  sa « boulangerie Marc et Sophie », sa « pizzéria La Gondole », son « restaurant oriental La Burqua » et sa « foire à tout ». Le Calvados c’est moderne et chatoyant et Orelsan, tout comme Alice, s’ennuie à mourir dans cette société ultra-hiérarchisée socialement et culturellement. Ce qui ne l’empêche pas d’épouser ce carcan pour autant : Alice va épouser un abruti pendant qu’Orelsan fait sa caillera. Tous les jours j’fais l’acteur, j’ai semblant, j’maquille la peur en plaisantant / J’ai peur de l’avenir et de ses déceptions et de la dépression.

Alors, comme ils sont jeunes et risquent de s’encroûter, des éléments extérieurs du registre de l’imaginaire viennent leur secouer la cabosse : Tu vas rester sur la touche si tu bouges trop lentement, pour suivre le changement c’est du taf à plein temps. Et là, nos Alice et Orelsan se disent que ouais, ils sont en retard, toujours en retard comme cette salope de lapin blanc, et du coup, ils le suivent le lapin, histoire de vérifier si l’herbe est plus verte ailleurs.

Alors ils font le point avec un psy-chenille addict de joints bien chargés :

- Qu’est-ce que qui t’amène man ?

- Bah, avant j’écoutais les sons, j’écoutais même ceux que j’aimais pas / Maintenant j’ai 40 giga de mp3 que j’écoute même pas.

- Ha oui mes condoléances, ça craint ton époque… Vas donc voir Chapelier Fou il pourra p’têtre te dépanner ?

Ok roule pour la rencontre d’un autre loustic encore plus branque que le premier. De toute façon le présent les gave, ils ne pigent que dalle. On s’en branle du futur quand on comprend pas le présent.

Et donc le chapelier là, il assume à fond son syndrome de Peter Pan, pas de prise de tête pas besoin de se poser des questions sur l’après. Pour les trois prochaines minutes, j’veux qu’on m’appelle Jimmy Punchline. Alors ils font la teuf, toute la nuit. Une bonne soirée c’est une soirée dont j’ai pas de souvenir / Anti-héros j’suis la version humaine de Calimero.

Orelsan et Alice sont des chouettes jeunes, alors on leur propose de combattre un vilain monstre qu’une vieille peau de Reine de Cœur leur impose. Pour les besoins de l’histoire nous l’appellerons « Médiocrité Culturelle ». Et c’est parti, on se relève les manches et on va mettre sa claque à la bestiole qui dans mon récit porte le doux patronyme de « Responsable de festival frileux ». Alice et Orelsan réfléchissent deux minutes, si coup de main il y a, il ne faudra pas compter sur eux pour qu’ils restent dans ce pays tordu : Si je rentre sur le terrain c’est pour mettre une droite à mon coach.Banco répondent les autres, ça sera toujours une saleté de moins dans les alentours.

En plein combat, Alice et Orelsan ne sont pas certains de l’intérêt de combattre l’armée de la Reine et ses freaks, ils oscillent entre Bien et Mal. La culture française mérite-t’elle d’être aidée ? Qu’est-ce que ça va changer ? Et finalement, même s’ils sont nuls à chier à PES, le monstre trépasse.

Et voilà, il est temps de rentrer à sa petite vie, même s’il a peur de perdre, peur de l’échec, peur d’affronter les épreuves de la vie, Orelsan ne ressort pour moi que grandi de l’acharnement médiatico-politique qu’il a subit. Certes, ses plages de vocodeur sont fatiguantes, ses orchestrations grandiloquentes au violon nous forcent à prendre son disque au second degré pour ne pas rire, mais ce gars là a du talent, du vrai, brut et pas encore parfait.

Nous sommes dans une société de la vitesse et de la contraction, alors allons-y : Orelsan est une Merveille. (Ré)écoutez, vous verrez… Et on attend la suite avec impatience…

One comment on “Un an après : ORELSAN au Pays des Merveilles”

  1. Jamais réussi à accrocher à l’univers de Burton.
    Par contre, Orelsan ne méritait pas tout cet acharnement. Et puis son album est très bon. Tu m’étonnes qu’il a du talent Orelsan. Très bon papier en tout cas!


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