
Jeune à la retraite #2 : Thermes ta gueule !
By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord
Tags:Bourbon Lancy, cure thermale, vieux
Catégorie: Jeune à la retraite
| Aperture: | f/2.8 |
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On ne connaitra pas les joies de la retraite. Alors profitons des loisirs de vieux tant qu’on est jeune.
Pour parfaire ma simulation de vieillesse à Bourbon Lancy, j’ai expérimenté pour vous les soins aux thermes. On choisit soft pour débuter, trio « cataplasme », « bain en immersion » et « douche hydrojets ». Pendant que je me pose la question d’oser demander comment un bain peut se prendre sans être immergé, la réceptionniste des thermes, qui fait aussi dépôt de pain et croissants (cherchez le rapport entre les activités…), me dévisage et lâche un laconique :
« Dites-donc vous êtes un peu jeune pour soigner des rhumatismes ».
Je vais pas me démonter par cette femme sans âge qui se paie ma tronche et réponds derechef que pas du tout, des rhumatismes j’en ai depuis mes 14 ans, que le rhumatisme n’est pas l’apanage des vieux. Pan, dans tes facettes Madame.
Alors je suppose que le bain en immersion ça veut dire qu’on a le droit de mettre la tête sous l’eau thermale car vraiment, à part devoir se planter en face de jets dans une piscine, je ne comprend pas le concept. Les mamies arborent toutes de splendides bonnets de bain choucroutés (simulation de permanente multicolore) et discutent « goujaterie masculine ». Sympa, comme quoi nos centres d’intérêts ne sont pas si éloignés.
La douche hydrojets porte encore plus mal son nom que le bain en immersion puisqu’il s’agit… d’un bain. On vous plonge dans une baignoire individuelle et des jets vous massent aléatoirement chaque partie du corps. Suis certaines que pas mal ont du se faire des plaisirs cochons là-dedans vu la trogne des monsieurs qui attendent leur tour sagement, aussi excités que des puceaux qui vont visiter les SexShop de Pigalle.
Mais le supplice pour moi, hyperactive de mon état, reste l’apposition de ces cataplasmes de boues. Vingt minutes coincées dans un lit avec des 2 kilos de boue brûlante sur les genoux et les épaules. Au-dessus de ma tête un harnais servant probablement à tracter les plus fatigués d’entre-nous. Et surtout ces deux voix que j’entends sans rien voir.
Madame Cataplasme : « Alors Madame Mafiosi, comment allez-vous cette année ? »
Madame Mafiosi : « Oh ben ça a commencé fort, d’abord mon frère a fait deux AVC… »
(Madame Cataplasme regrette déjà sa question j’en suis certaine, bien fait pour elle, je n’ai pas aimé qu’elle me coince sous ces cataplasmes bouillants et actionnant une minuterie histoire de bien me faire entendre chaque seconde de ma torture)
Monsieur Mafiosi : « Et attendez ce n’est pas le pire… »
Madame Mafiosi : « …Oui car ensuite ma belle sœur est décédée, ma meilleure amie est paralysée et le dernier-né de mes petits enfants a une leucémie ».
Voilà, ça vous apprendra Madame Cataplasme à poser des questions indiscrètes. Lorsqu’on me délivre enfin de mon calvaire, je n’ose pas descendre par les escaliers l’étage qui me sépare de la sortie. Je prends l’ascenseur, je me fondrai mieux dans la masse.
Et hop le coup de grâce. Une petite chose fripée et courbée prend l’élévateur avec moi et une infirmière :
La petite chose fripée : « J’ai très mal vous savez… c’est fatiguant ces cures »
L’infirmière : « Allons allons, vous savez bien que c’est pour votre bien ! »
Note pour plus tard : les cures thermales, plus jamais de la vie.



