Parce que notre monde n’est pas celui de Oui Oui et que ça fait un bien fou de pouvoir se défouler une fois de temps en temps. Parce que je sais aussi être mauvaise.
Cette semaine encore je m’offre les services d’un tapotage de clavier par une invitée, attention c’est du VIP super choix, pas la promo de la semaine.
J’ajoute que cette invitée ne se mouche pas du pied et m’a ordonné de publier son texte aujourd’hui (donc La Fiancée, Arandel and co, vous savez sur qui aller gueuler hein, pas moi merci).
[Attention ce billet est trèèès long, adeptes du format riquiqui, passez votre chemin]
© M.L. et N
Edith Piaf
Une des plus belles escroqueries musicales du XXème siècle. À ce titre, j’éprouve une certaine forme de respect mais je crois qu’il est largement temps de remettre les choses à leur place.
Tout est dans le pathos, dans cette histoire d’amour entre Edith Piaf et le monde. Si je me place du strict point de vue de la voix, le petit fond nasillard est exaspérant, cette insupportable manie de rouler les rrr « noooon, rrrrrrrrrien de rrrrrrrrrien » me donne juste envie de la balancer par la fenêtre. « Il fait si frrrroid dehôôôrs milôôôôôrd »… Les « ô » pointus me pousseraient à l’étrangler sur place. Les « â » poussés jusqu’à la nausée m’inciteraient à lui arracher les ongles.
Tais-toi et bois ton verre en silence, par pitié !
Je n’ai jamais supporté Edith Piaf, ni petite ni adulte. Tout est surjoué. Tout est basé sur une espèce de téléréalité, la môme maltraitée par la vie qui est juste devenue une femme à l’égo monstrueux, a bouffé tout le monde sur son passage, et justifiait tout en disant « ha mais je suis malheureuse ». J’ai envie de te dire Edith, il n’y avait pas que toi.
Le pire à mon sens ? On aime Edith Piaf pour ses chansons… Bon, en passant qu’elle n’a jamais écrites, oui, pour ses chansons d’amour désespérées qui n’ont jamais été vraiment sa réalité (Excepté Marcel Cerdan qui a eu le mauvais goût de mourir avant qu’elle ne l’essore, quel salop).
Je lui accorde une enfance malheureuse. Mais elle en a fait son fonds de commerce. Avant même qu’elle n’ouvre la bouche, on est dans l’empathie. Non. On se noie, on s’asphyxie, on plonge, on est submergé par et dans l’empathie.
Edith Piaf, oui, ce n’est pas une question de talent. Oui, c’est une mécanique de téléréalité avant l’heure. Prenez la même voix, collez-la à une jeune fille de bonne famille épanouie, échec cuisant garanti. Il faut du drame, du mélodrame, du sang, des larmes et de la fureur.
On n’aime pas le talent chez Edith Piaf. On aime la légende. Le public se roule dedans, poussé par des méthodes de communication d’avant l’heure. La petite robe noire pour bien accentuer le côté petite veuve dans le malheur. Les grands yeux écarquillés par la souffrance au cas où t’aurais pas bien compris que la vie est une chiennasse ( sa vie d’adulte a été plutôt cool, soit dit en passant) et les mains collées sur la taille qui se crispent dans un tourment sans fin.
CECI EST UN MESSAGE A CARACTERE INFORMATIF : « J’en chie à mort, je répète, j’en chie à môôôôrrrrrt » (Pour la peine, vous aurez droit à un roulage de r en bonne et due forme et un ô pointu dans toute sa splendeur).
En parlant de son fameux effet d’œil, vous savez le regard bleu dévoré par la souffrance qu’elle a tellement mal au fin-fond-de-son-dedans-de-son-soi-même-qui-souffre-tant, vous savez qu’en fait c’est juste une bonne grosse pupille dilatée, hein ? Je note que fin 60, la France bien pensante s’offusque des frasques de ces « sales drogués de hippies », Jimmy Hendrix, Jim Morrison sont le mal, tout en achetant allègrement les disques de la plus grande toxico française de service … Cette chère Edith. Isn’t it ironic ?
J’ai même envie de vous confier une anecdote pour la peine. Son nom de scène, ça n’a jamais été Edith Piaf. C’est une contre-vérité historique. (J’aime bien cette expression, ça faisait un moment que je voulais la placer. Ca, c’est fait.) En vérité, je vous le dis, les amis, son vrai nom, c’est Edith Paf. Ouais. « Une erreur s’est glissée dans cette image ». Paf, comme toutes les baffes que j’ai envie de lui coller quand j’ai le malheur de la croiser. Ou comme « PAF ! Le chien… » qui aurait dû être son destin si j’en avais été le maître.
Même quand les chansons sont gaies, elle gangrène tout avec sa mélancolie surfaite. Edith Piaf, c’est la plus grande des voleuses sans être un gentleman. Quand je la vois, j’assiste au pire : le vol à l’arrachée des sentiments, le hold-up d’émotions. Sa voix en soi ne me touche pas. Un cambriolage comme un bel exercice de marketing avant l’heure, une image soigneusement mise au point. Et le monde s’est laissé dépouiller.
Et il continue.
Pourquoi cela a fonctionné ? Parce que pour durer comme ça, il faut un égo surdimensionné.
Si nous étions capables de discerner ça au lieu de nous laisser baiser la gueule comme des demeurés, nous verrions quoi ? Un chantage affectif qui a duré 30 ans. « Aimez-moi, aimez-moi ou je vais en crever … Non pas toi Catnatt, t’es capable d’arracher les fils, ce fil ténu qui me retient à la vie et qui me permet de faire des concerts catastrophiques à la fin… »
Edith Piaf a fait croire à la planète entière qu’elle était vivante grâce à elle. Moi, je dis que c’est le genre de bête increvable qui enterre tout le monde.
Cocteau, avec lequel Édith entretenait une correspondance suivie, apprenant la nouvelle de sa mort, a dit : « C’est le bateau qui achève de couler. C’est ma dernière journée sur cette terre ». Il a ajouté : « Je n’ai jamais connu d’être moins économe de son âme. Elle ne la dépensait pas, elle la prodiguait, elle en jetait l’or par les fenêtres », avant de mourir lui-même (Source wikipedia)
Je dis pfff. Je dis « Je n’ai jamais connu d’être moins économe de son narcissisme. Elle ne le dépensait pas, elle le prodiguait, elle jetait sa merde par la fenêtre et arrosait tout le monde avec »
Moi, c’est pas mon truc. Je ne suis pas scatophile, désolée.
(c) Catnatt
Non mais c’est qui cette nana ?
Lorsque j’ai proposé à Catnatt de participer à mes Fluide Glacial, sa première réaction a été de me dire « nan j’vois pas, j’aime bien tout le monde moa ».
Tout le monde ? Mon œil ouais ! Et la preuve, elle s’en tire très bien avec cet exercice, je n’en attendais pas moins d’elle. Edith Piaf c’est l’usurpation de talent née, d’autant plus quand une écervelée affable à tête de cocker la représente dans un film tout aussi médiocre (La Môme). Ces deux là, elles étaient faites pour s’entendre.
Bref, donc Catnatt, si elle avait refusé mon invitation, je lui en aurait collé une à la prochaine soirée où je l’aurais croisée, C’est pas ses *** ans de plus que moi qui vont lui donner des droits supplémentaires hein.
© M.L. et N
Enfin si quand même.
Car Catnatt est la seule autorisée à m’appeler « Banane ». C’est un gros don de moi quand même de la laisser m’interpeller de la sorte. Et quand elle ose un « ma quiche » je ne m’énerve pas plus. Incroyable, c’est son super pouvoir à elle.
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Et puis aussi, Catnatt est la seule à qui je pardonne sans confession lorsqu’elle se barre d’une soirée sans même dire au revoir. Ca bouleverse au plus haut point mes valeurs Bree-Van-de-Kampienne – ouh le vilain barbarisme – mais quand ça vient d’elle pas de problème. Bizarre.
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Et pire, lorsqu’elle utilise son fils comme excuse pour annuler des trucs, je ne lui en tiens pas rigueur. Alors que j’avais sorti la boite de Lego pour lui et que je me faisais une joie d’y jouer. Quand même quoi, les Lego, bordel.
© M.L. et N
Ces lignes sont les miennes, je pourrais lui en balancer des vertes et pas mûres plein la figure en toute impunité et… je ne le fais pas.
© M.L. et N
Parce que Catnatt c’est Catnatt, un monument, belles proportions, belles finitions, qui fait couler beaucoup d’encre, qui fascine, qui fait pleurer aussi
– Attention je n’ai pas dit « vieux monument » –
© M.L. et
Parce que Catnatt est une femme belle à en tomber (en même temps avec mes genoux instables c’est facile),
plus vive que les eaux sauvages de Savoie dont on nous rebat les oreilles tous les matins à la radio pour annoncer la Météo de Joël Colado (mais elle n’en est pas moins glaciale parfois),
plus bavarde derrière un clavier qu’en face de moi…
© M.L. et N
Parce que – c’est moche hein ces « parce que » mais c’est à cause du « car Catnatt » qui est, ne nous le cachons pas, encore moins beau – elle me rappelle les garçons de la cour de récré qui me faisaient bisquer à longueur de journée,
© M.L. et N
Et par-dessus tout je crois, parce que Catnatt et moi n’avons absolument pas les mêmes goûts en matière de musique. Elle aime JP Nataf alors que je n’en pense pas beaucoup de bien, elle trouve Cocorosie génialissime alors que je ne peux les entendre même dans un supermarché, elle adore Radiohead alors que je m’apprête à les assaisonner de qualificatifs peu flatteurs, elle méprise Hot Chip alors que leurs rythmiques m’excitent…
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Sauf Bashung. Pas touche Bashung.
Sur lui on est d’accord. On a même écrit des exercices de style similaires au moment de sa mort, sans le savoir, sans se connaitre encore, ici et là.
Et sauf Edith Piaf. Crachons allègrement sur Piaf.
© M.L. et N
Ca nous fait deux sujets de discussion.
© M.L. et N
En revanche Catnatt a un très mauvais caractère, elle ne supporte pas grand-chose comme critique,
– d’ailleurs elle va peut-être décréter de me détester pour avoir écrit ça –
© M.L. et N
Un conseil : soyez toujours d’accord avec elle sinon elle démarre au quart de tour sans prévenir, une vraie Ferrari.
Et le pire ? Elle m’accuse d’être susceptible !
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Derrière cette asticoteuse de première, se dissimule une âme sensible, très, de la trempe du Monsieur Olivier, lisez ça, vous comprendrez,
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Je saisissez aussi pourquoi je ne peux pas régurgiter mon fiel sur elle…
Madame Catnatt, c’est tous les jours que j’aimerai vous chanter cela
:
© M.L. et N
Avec toute mon affection,
Violette R.O.L.L.
(c) M.L.
Fluide Glacial #1 : Alison Mosshart (par Mr Olivier)
Une des plus belles escroqueries musicales du XX eme siècle. À ce titre, j’éprouve une certaine forme de respect mais je crois qu’il est largement temps de remettre les choses à leur place.
Tout est dans le pathos, dans cette histoire d’amour entre Edith Piaf et le monde. Si je me place du strict point de vue de la voix, le petit fond nasillard est exaspérant, cette insupportable manie de rouler les rrr « noooon, rrrrrrrrrien de rrrrrrrrrien » me donne juste envie de la balancer par la fenêtre. « Il fait si frrrroid dehôôôrs milôôôôôrd »… Les « ô » pointus me pousseraient à l’étrangler sur place. Les « â » poussés jusqu’à la nausée m’inciteraient à lui arracher les ongles.
Tais-toi et bois ton verre en silence, par pitié !
Je n’ai jamais supporté Edith Piaf, ni petite ni adulte. Tout est surjoué. Tout est basé sur une espèce de téléréalité, la môme maltraitée par la vie qui est juste devenue une femme à l’égo monstrueux, a bouffé tout le monde sur son passage, et justifiait tout en disant « ha mais je suis malheureuse ». J’ai envie de te dire Edith, il n’y avait pas que toi.
Le pire à mon sens ? On aime Edith Piaf pour ses chansons… Bon, en passant qu’elle n’a jamais écrites, oui, pour ses chansons d’amour désespérées qui n’ont jamais été vraiment sa réalité (Excepté Marcel Cerdan qui a eu le mauvais goût de mourir avant qu’elle ne l’essore, quel salop).
Je lui accorde une enfance malheureuse. Mais elle en a fait son fonds de commerce. Avant même qu’elle n’ouvre la bouche, on est dans l’empathie. Non. On se noie, on s’asphyxie, on plonge, on est submergé par et dans l’empathie.
Edith Piaf, oui, ce n’est pas une question de talent. Oui, c’est une mécanique de téléréalité avant l’heure. Prenez la même voix, collez-la à une jeune fille de bonne famille épanouie, échec cuisant garanti. Il faut du drame, du mélodrame, du sang, des larmes et de la fureur.
On n’aime pas le talent chez Edith Piaf. On aime la légende. Le public se roule dedans, poussé par des méthodes de communication d’avant l’heure. La petite robe noire pour bien accentuer le côté petite veuve dans le malheur. Les grands yeux écarquillés par la souffrance au cas où t’aurais pas bien compris que la vie est une chiennasse ( sa vie d’adulte a été plutôt cool, soit dit en passant) et les mains collées sur la taille qui se crispent dans un tourment sans fin.
CECI EST UN MESSAGE A CARACTERE INFORMATIF : « J’en chie à mort, je répète, j’en chie à môôôôrrrrrt » (Pour la peine, vous aurez droit à un roulage de r en bonne et due forme et un ô pointu dans toute sa splendeur)
En parlant de son fameux effet d’œil, vous savez le regard bleu dévoré par la souffrance qu’elle a tellement mal au fin-fond-de-son-dedans-de-son-soi-même-qui-souffre-tant, vous savez qu’en fait c’est juste une bonne grosse pupille dilatée, hein ? Je note que fin 60, la France bien pensante s’offusque des frasques de ces « sales drogués de hippies », Jimmy Hendrix, Jim Morrison sont le mal, tout en achetant allègrement les disques de la plus grande toxico française de service … Cette chère Edith. Isn’t it ironic ?
J’ai même envie de vous confier une anecdote pour la peine. Son nom de scène, ça n’a jamais été Edith Piaf. C’est une contre-vérité historique. (J’aime bien cette expression, ça faisait un moment que je voulais la placer. Ca, c’est fait.) En vérité, je vous le dis, les amis, son vrai nom, c’est Edith Paf. Ouais. « Une erreur s’est glissée dans cette image ». Paf, comme toutes les baffes que j’ai envie de lui coller quand j’ai le malheur de la croiser. Ou comme « PAF ! Le chien… » qui aurait dû être son destin si j’en avais été le maître.
Même quand les chansons sont gaies, elle gangrène tout avec sa mélancolie surfaite. Edith Piaf, c’est la plus grande des voleuses sans être un gentleman. Quand je la vois, j’assiste au pire : le vol à l’arrachée des sentiments, le hold-up d’émotions. Sa voix en soi ne me touche pas. Un cambriolage comme un bel exercice de marketing avant l’heure, une image soigneusement mise au point. Et le monde s’est laissé dépouiller.
Et il continue.
Pourquoi cela a fonctionné ? Parce que pour durer comme ça, il faut un égo surdimensionné.
Si nous étions capables de discerner ça au lieu de nous laisser baiser la gueule comme des demeurés, nous verrions quoi ? Un chantage affectif qui a duré 30 ans. « Aimez-moi, aimez-moi ou je vais en crever … Non pas toi Catnatt, t’es capable d’arracher les fils, ce fil ténu qui me retient à la vie et qui me permet de faire des concerts catastrophiques à la fin… »
Edith Piaf a fait croire à la planète entière qu’elle était vivante grâce à elle. Moi, je dis que c’est le genre de bête increvable qui enterre tout le monde.
Cocteau, avec lequel Édith entretenait une correspondance suivie, apprenant la nouvelle de sa mort, a dit : « C’est le bateau qui achève de couler. C’est ma dernière journée sur cette terre »[8]. Il a ajouté : « Je n’ai jamais connu d’être moins économe de son âme. Elle ne la dépensait pas, elle la prodiguait, elle en jetait l’or par les fenêtres »[9], avant de mourir lui-même (Source wikipedia)
Je dis pfff. Je dis « Je n’ai jamais connu d’être moins économe de son narcissisme. Elle ne le dépensait pas, elle le prodiguait, elle jetait sa merde par la fenêtre et arrosait tout le monde avec »
Moi, c’est pas mon truc. Je ne suis pas scatophile, désolée.








Haha, chapeau bas. Mais vraiment.
« Nooonnnnnnn Rrrrrrrrrrrien de riiiiiiiennnnnnnnnn… »
Oh ta gueule.
(Message twitter public de @catnatt cette semaine)
Voilà. Ce tweet m’a fait pouffer devant mon écran, au débotté. Paf. Comme ça.
Je me demande s’il n’aurait pas suffit.
Le reste n’est que gourmandise : j’aime bien Catnatt quand elle se met en mode « Mais tu vas la fermer ta gueule, sac à merde ? »
(mais je compte pas, j’aime Catnatt tout court)
« L’injuste colère est la revanche des jolies âmes. »
(cette citation est complètement de moi, je la comprend à peine)
Bravo, vous deux, un beau duo de vipères. Bitches.
Reste que je suis super d’accord. Edith Piaf a fait carrière en montrant son mal être à tous les passants, ce qui est très malpoli.
c’est ennuyeux ce systeme de billet parce qu’on écrit et on est obligé de commenter
et j’aime bien cacher que je suis profondement égocentrique :p
Bref
Il est bien ton portrait. Oui, j’ai mauvais caractère, je suis une teignasse et oui, je suis susceptible…
J’aime bien faire semblant de reconnaître des choses…
Merci banane
Merci ma quiche