
Ma vie sans Internet #2 : Autisme
By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord
Tags:connexion, ennui, Internet, nerd
Catégorie: Ma vie sans Internet
Tout le monde a en tête le binoclard aux tee-shirts vantant des gigabytes ou faisant référence à Star Treck. Un Nerd, un accro de l’ordinateur. Et dans l’imagerie populaire, ce nerd est être à part, coupé du monde, il n’a pas d’amis, pas de relations sociales, pas de passions hormis ses megapixels.
La vérité est ailleurs comme dirait l’autre, je peux vous assurer que ce nerd a l’équivalent des relations humaines d’un commercial doué comparé à moi.
Que l’on soit timide ou non, extraverti ou pas, jeune ou vieux, notre société ne peut plus vivre sans la toile, sans avoir à y recourir. Dépendance ? En quelque sorte, mais le terme plus exact serait plutôt « Valeur ajoutée ». L’évènement réçent du volcan islandais paralysant le trafic aérien et par là-même toute notre économie est un exemple de dépendance. Nous pouvons fonder une économie reposant sur d’autres systèmes d’échanges que ceux de l’ultra-libéralisme (sans faire de politique, c’est objectif). Alors qu’Internet est un outil qui avant tout est bénéfique à l’humain quoiqu’on puisse en penser. Comme toute chose il comporte ses dérives mais l’accélération des systèmes de communication n’est pas mauvaise si elle est utilisée à bon escient :
- Votre famille habite loin. Avant « habiter loin les uns des autres » signifiait « distension inévitables des relations ». Votre propre patrimoine génétique vous apparaissait peu à peu étranger. Aujourd’hui grâce aux outils comme Skype, vous pouvez voir grandir votre neveu, plaisanter avec le fuseau horaire opposé au votre. Vous pouvez avoir l’impression d’appartenir à une famille ce qui, de nos jours, est déjà un exploit en soi.
- Votre ami va mal. Avant « avoir un ami mal dans sa peau » signifiait « passer son temps à se faire du souci et à le harceler de peur qu’il ne fasse une bêtise ». Aujourd’hui le micro-blogging ou les réseaux sociaux permettent de prendre soin des autres sans devenir oppressant. On envoie un petit mot, une blague, une vidéo, on veille sur ses amis sans leur poser frontalement une question qui n’a finalement aucun sens. Sérieusement, « Ca va ? » est devenu un tic de langage qui a perdu toute son intérêt.
- Votre bébé vient d’être refusé à la crèche pour rhume ou votre aventurier de 6 ans vient de chopper la scarlatine. Avant être jeune parent signifiait « l’un de nous deux va devoir sacrifier en partie sa carrière, on se le fait à pile ou face ? » et en général c’était la mère qui devait faire une croix sur son boulot. Idem pour gérer les aléas de la vie (médecin, plombier, livraison….). Aujourd’hui le développement du télétravail (dans des proportions réalistes, à raison d’un ou deux jour max par semaine) permet de gérer un métier et des impératifs sans problème.
Tout comme vous n’envisageriez pas de participer à un colloque sans vos fidèles diapos Pwpt, travailler sans Internet relève de l’absurdité complète. Le véritable autisme du XXIe siècle est de ne pas vivre avec Internet.
Juste pour le plaisir je vous fais ma journée type de deuxième semaine :
9h : Vous allumez de la main droite votre percolateur – un italien de préférence – pendant que votre main gauche attrape votre tasse imprimée Liberty, précieux réceptacle d’un breuvage noir qui tentera de maintenir vos paupières ouvertes les deux prochaines heures. Oui vous êtes encore à la maison, de toutes manières il n’y a rien à faire au bureau.
9h10 : La secrétaire compare vous appelle pour vous dire de prendre votre temps.
9h15 : Il n’est pas mal de café, allez un second expresso pour la route.
9h20 : Tiens et si j’allais au bureau ? Vous embarquez 25 nouveaux disques et les petits mots d’attachés web qui vont avec.
9h30 : Bon allez c’est parti pour une heure de transports en commun…
9h55 : Hahaha le métro est coincé, vous choisissez de terminer à pied.
10h50 : Arrivée au bureau. Formation du jour : apprendre à se servir d’un fax, engin préhistorique au fond du local photocopie..
12h10 : Vous venez d’envoyer le premier fax de votre vie à votre collègue : « Penser à racheter du champagne pour le bureau car on compte tout vider aujourd’hui pour passer le temps ». Vous allez chercher une panoplie de pique-nique de bureau : olives, jambon, quiche, cakes… La salle de réunion ressemble à un local d’extrême-gauche. Les bouteilles de champagne se vident rapidement.
14h00 : Retour au bureau, on est bien assis sur ce fauteuil. Tiens il s’incline super bien en arrière…
14h30 : Réveillé par la sonnerie stridente de ce *%ùµ* de poste de téléphone, vous terminez votre partie de Spider Solitaire.
15h15 : Vous créez une fausse interface Twitter et discutez avec vous-même
« LMauve s’ennuie au bureau
LMauve @LMauve : ah ben j’me sens moins seule, moi aussi je m’ennuie.
LMauve @LMauve : hahaha remise du champagne ? Pas mal ce cru rosé…
LMauve @LMauve : Bon j’te laisse j’ai une course à faire. »
16h30 : SMS de votre copine qui vous demande si vous venez à « la soirée ». Quelle soirée ? Celle qui commence à 17h30 !
17h10 : Tiens vous êtes presque arrivée à la soirée.
18h : Vos amis semblent venir d’une autre planète, discutent d’actualité politique votée dans l’après-midi, du buzz vidéo du jour et de ce putain de site de la SNCF qui rame trop pour prendre des billets pour les vacances.
18h40 : Vous quittez la soirée pour vous vous mettre au lit avec un guide du Minitel pas à pas.



Mais tellement