
PAUPIETTE #1 : le concept de race
By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord
Tags:grands-parents, ordinaire, racisme, vieux
Catégorie: Ce qui m'énerve
Vous rêviez d’être l’héritier Bettencourt ? Bonne nouvelle, j’ai trouvé pour vous…
“Dans village classé, demeure de charme 350 m², pleine pierre et poutres apparentes, jardin 1500 m², piscine, cave, cellier, dépendance, proche commerce et abbatiale 11e siècle (prix : nous consulter)”. Vous l’avez lu en dernière page du Figaro Madame ? Non, mais vous auriez pu. Bienvenue chez Paupiette.
Paupiette est fille unique et a elle-même une seule fille. Paupiette a donc renoncé depuis longtemps à transmettre son nom de famille. Du coup, comme le mâle ne servait plus à rien, elle l’a totalement évincé de sa vie, voyant l’homme comme un géniteur. Veuve noire Paupiette ? Non, misogyne et misanthrope, tout simplement.
Paupiette a vécu la Seconde Guerre Mondiale, enfin pas comme les autres, une enfance heureuse en Lorraine, avec de la viande deux fois par semaine et des cadeaux d’anniversaire importés des Etats-Unis. Collabo la famille de Paupiette ? Non, privilégiée seulement.
Paupiette a obtenu le divorce très jeune et en est fière. MILF la Paupiette ? Non, tellement invivable que tout juge sensé lui aurait accordé le divorce sans hésiter, pour ne pas avoir un procès pour non-assistance à personne en danger de la part du mari.
Paupiette est parisienne. Un duplex de 200 m² dans une impasse du 9e, seule avec une boule de poil infâme qui la suit partout. Cette bicoque dans le sud, ce n’est que sa résidence estivale bien entendu, « pas question de quitter Paris l’hiver, sinon on s’emmaiiirde ». Attention, si Paupiette utilise du vocabulaire parfois peu châtié, ce n’est pas une ouverture d’esprit de sa part, c’est seulement du mépris envers le monde entier.
Paupiette a deux petits-enfants. Une fille d’abord, puis un garçon. La fille, aucun intérêt c’est une fille, Paupiette tâchera de lui trouver un bon parti. Mais le garçon, SA testostérone, SON homme, ça lui parle. Pendant des années, elle n’a eu d’yeux que pour lui, lui a passé tous ses caprices. Et il a fallu qu’il s’attache à une petite. Une juive en plus !
Il faut dire que son petit-fils est parti avec un handicap dans la vie, il a un second prénom juif, Simon. Quelle idée saugrenue a encore eu sa fille de lui coller un deuxième prénom pareil. Oh elle se sent un peu coupable Paupiette, parce que l’aînée n’a été affublée que d’un seul et unique prénom. Alors Paupiette avait fait une réflexion en disant qu’un second prénom c’est bien quand même. Grand mal lui en a pris, un prénom juif !
Et puis il a toujours été particulier ce petit-fils. Un amour bien entendu mais tout de même, vouloir faire de la cuisine son métier ! Un milieu de Pédés la cuisine, elle l’avait bien dit Paupiette. Traîner avec des efféminés ça n’a jamais aidé à avoir les idées claires. Et maintenant ce coup pendable, une juive. Heureusement elle n’est pas trop pratiquante et plutôt jolie. Pas bien épaisse mais serviable. Paupiette lui a tout de même confié la lessive à étendre, les assiettes à débarrasser, les pierres plates du jardin à ré-agencer, la piscine à nettoyer… Et la gosse l’a fait, sans rien dire.
Sa petite-fille est insupportable. Un caractère bien trempé, on ne peut pas la faire plier. Elle a fait des études plutôt correctes, elle marchait bien à l’école. Après ça il a fallu qu’elle aille traîner dans des quartiers plein de basanés. Pas possible de lui rendre visite, on n’est pas en France là-bas. Le 18e arrondissement vraiment, c’est moche, c’est la zone. A part pour le marché de Barbès où l’on fait de bonnes affaires, les tomates à un euro le kilo c’est é-pa-tant. Son premier copain était vraiment brillant. Henri IV, les Grandes Ecoles, il avait la carrure pour l’ENA. Mais elle l’a quitté à ce moment là, naturellement. Enfin le nouveau n’est pas si mal, situation correcte et très gentil. Paupiette lui a demandé de voir ce qui cafouille sur l’ordinateur, tondre la pelouse, changer les ampoules… et le jeune s’est exécuté, sans broncher.
L’autre soir à table, on a parlé bronzage. Parce qu’au grand dam de Paupiette, ses deux petits-enfants ne bronzent pas des masses. Ils restent blancs. Elle leur a déjà proposé de faire comme elle, de s’exposer toute la journée après s’être enduits de Monoï. Elle l’a fait pendant trente ans sans problèmes. Après elle a chopé une saloperie de cancer du sein. Aucun lien avec l’exposition au soleil naturellement, mais plus possible de se mettre seins-nus sur la plage à cause de la cicatrice ! La petite copine juive elle, est très mate. Elle bronze à vu d’œil. Alors Paupiette lui demande quelles sont les origines de sa famille. Israël ! Mais avant ça elle ne sait pas.
Mais vous devez bien savoir s’ils sont de race Assequénaaaze ou Chéfaraaaade quand même ?
Cette pauvre gamine est un estomac fragile, elle s’est levée de table disant qu’elle ne se sentait pas bien. Paupiette n’a pas compris non plus pourquoi sa petite fille la tançait vertement sur le concept de race. Elle ne voit pas où elle veut en venir, il y a plusieurs races c’est évident comme le nez au milieu de la figure, haha c’est le cas de le dire !
Ahem.
Paupiette est ma grand-mère. Je n’ai jamais réussi à l’appeler autrement. Désormais lorsque vous regarderez les spleeeenndides annonces, vous saurez quels drames s’y sont (souvent) joués. Je dédie cette chronique à ma famille.
La suite ? Par ici…



GEANT!!!….mon plexus vient de se débloquer d’un coup d’un seul grâce à mes éclats de rire à cette lecture grandement râfraichissante!
MERCI
Ca balance avec tendresse. J’aime beaucoup !
A quand la suite du feuilleton quotidien ? Ca dilate la rate même quand on en a plus!
La semaine prochaine, vendredi même heure même endroit, l’épisode 2
ça y est, tu réussis à écrire sur ta grand mère ! contrainrement à tes autres post, celui là ne me fait pas rire, au contraire…
très belle maison en tout cas …
@Laure : Je me presse de rire de tout de peur d’être obligée d’en pleurer…
Malheureusement je vais devoir la supporter un bon nombre d’années et elle me rend malade à chaque fois qu’elle m’appelle ou me parle…
@Transport Scolaire : hahaha ce n’est pas la vraie maison mais la vraie est encore plus jolie
On alterne cette lecture entre rire, rage, pleurs, indignation et même incrédulité !!! Mais on se remémore le famille “Je vous hais” et là on se dit que c’est hélas trop vrai.
Et moi qui adorais faire rissoler mes paupiettes avec amour !!!!
Il faut aussi comprendre, qu’à sa façon, Paupiette vous aime.