Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord

ARNO, à la tienne ?

In Ce qui m'énerve on octobre 11, 2010 at 9:23

Mais qui donc aura le courage, l’honnêteté et la grandeur d’âme de laisser descendre Arno de scène ?

En deux mois, voilà deux fois qu’on croise l’artiste belge dans des festivals parisiens. Deux fois que l’homme émeut aux larmes par tant de souffrances. Ivre mort à ne plus pouvoir articuler, à ne plus savoir tenir sur ses jambes, il est un pantin désarticulé en plein délire éthylique. Tic Tac, tangue à gauche et à droite sans la régularité d’un métronome.

Deux spectacles rigoureusement identiques à deux mois d’intervalle. Les mêmes cymbales envoyées par terre à quarante secondes de la fin du morceau, les mêmes plaisanteries sur sa famille – lorsqu’il arrive encore à les déchiffrer sur le pupitre où trônent ses antisèches ou lorsqu’il parvint à articuler chacune des syllabes. La première fois on peut penser que l’homme est engagé, laisse sa rage sourdre comme un marin défiant un tsunami dans le port d’Amsterdam. La seconde prestation laisse comprendre que l’artiste n’est même plus suffisamment maître de lui-même pour réussir à tenir une prestation d’un bout à l’autre, qu’il lui faut des béquilles pour lui rappeler qu’il doit jouer l’insoumis.

Difficile de définir si la scène le tient ou le tue… Néanmoins, à l’écoute de son dernier disque bon à jeter pour moitié et en voyant ces yeux bouffis d’alcool et ce corps malade qui tressaute, on ne peut que compatir et espérer que ses souffrances seront bientôt abrégées, qu’Arno pourra bientôt caresser l’espoir de profiter de la vie comme il l’entend, jusqu’au cou dans la boisson s’il le désire mais sans devoir conserver des apparences, sans se fondre dans un moule ridicule et pathétique.

A vot’ santé Messieurs Dam’…

Crédit photo © Ben Callens

  1. J’ai vu Arno une fois en septembre 2003. Festival en plein air. Il titubait, ratait sa chaise, était incompréhensible et incohérent … on avait beau me dire que « ça faisait partie du personnage », il n’en reste pas moins que j’ai trouvé ça affligeant.

  2. Et donc là, je flippe.