
Jacques HIGELIN : les grands enfants n’ont pas de retraite
By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord
Tags:Cachan, concert, Edgar Bori, Festi'Val de Marne, Jacques Higelin
Catégorie: des concerts...
En cette soirée fraîche, si une large partie du public avait manifesté toute la journée pour la sauvegarde des retraites, personne ne voyait de contradiction à venir applaudir Jacques Higelin, qui a pourtant bien atteint et dépassé l’âge de retraite revendiqué .
Coincé sur la route, Monsieur Higelin arrive enfin sur scène alors qu’on y croyait presque plus. Il suffit d’un mot de sa voix légèrement cassée pour que tout soit oublié, pardonné.
« On navigue à vue, on n’a pas fait de balances non plus »
L’artiste en costard noir et aux cheveux poivre-et-sel s’installe au piano, entamant ce concert comme le service des transports en commun du jour : le Minimum. Les lanternes qui entourent la scène sont autant de phares qui le guideront. Les placages de bois sculptés sous les autres instruments projettent autant de mosaïques que le ciel pourrait compter d’étoiles tombées du ciel ce soir là. Malgré quelques soucis liés à l’angoisse de jouer sans filet, sans balances, Higelin reprend son souffle – « Ne vous occupez pas de mes états d’âmes qui sont très contradictoires, je ne suis pas Michel Sardou je ne sais pas gérer les aléas du stress » – et nous emmène sans difficultés au Septième ciel.
Soudain conscient qu’il joue dans un théâtre, l’homme se mue en véritable bête de scène, singeant les artistes qui grattouillent des guitares sèches en interprétant des chansons mièvres et rébarbatives, ou racontant l’histoire rocambolesque et abracadabrante de Pamela Norton pendant un quart d’heure avant d’enchainer sur Mona Lisa Klaxon et Kyrie Eleison dans une version swing avec ses six compères qui tapent le bœuf.
« Las des chansons d’amour »
Son truc à lui ce sont les hyper-giga-mégastore, « les supermarchés sont la campagne des citadins » et de poser des bouteilles de Champagne sur des macchabés pour les refroidir.
A soixante-dix ans passés, Jacques Higelin possède une telle énergie qu’il est une parfaite illustration de la relativité de la vieillesse. On est d’abord vieux dans sa tête, si La jeunesse a besoin de sa ration d’aération, lui se contente d’attendre dans la salle d’attente de la gare de Nantes le retour du Printemps et prépare ses messages pour les marécages, Tenue du suaire obligatoire !
Lorsqu’après deux heures de show, le maestro salue une dernière fois, on aimerait pouvoir rester là à siffloter comme un enfant qui va ailleurs, qui va nulle part, mais demain la vie active nous attend, il faut bien que quelqu’un les paye ces cotisations retraites, on ne veut pas perdre nos idoles maintenant.
Cet article a été rédigé pour le Festi’Val de Marne
Photo : droits réservés
J’aurai aimé avoir l’occasion d’écrire un billet de ce genre avant le grand départ de Monsieur Bashung qui, avec Higelin et Dutronc, sont les piliers essentiels de ma culture musicale française personnelle. J’aurai aimé partagé ce concert avec mon père qui, dans le salon et la voiture, chantait Tombé du Ciel à tue-tête avec moi. J’aurai aimé serré ce Jacques là dans mes bras. Pas grave, ça viendra. Les grands enfants n’ont pas de retraite, ils partent avant d’en arriver là.



alors pour tomber du ciel,ta mum partage la même chose avec ton Pater
Pour mona Lisa jackson, je te l’ai chanté en intra-utérine!! contente que tu l’aies vu comme ça, j’aurai bien aimé être avec toi !