
MONTREAL EPIQUE [2] Précis de conversation
Les aventures d’une parisienne lasse que le froid délasse
Les Québécois sont-ils francophones ? Je n’en sais rien, mais une chose est certaine, ils ne parlent pas français. Même abstraction faite de leur accent, on ne comprend rien. De la structure des phrases au vocabulaire employé, le québécois est plus difficile à apprendre que l’anglais pour un français de souche – nan mais je précise hein, ce n’est pas parce qu’on a plus de Ministère de l’Identité Nationale qu’on ne doit pas garder cette superbe (typiquement française) pathétique qui consiste à dénigrer le monde entier sous prétexte qu’il y a trois siècles certains ont rédigé une Déclaration Universelle des Droits de l’Homme que nous ne respectons même pas, bref, je m’égare.
- Précis de conversation –
Je ne parle pas québécois. Mais j’ai fait du latin et je n’étais plutôt pas mauvaise en maths. Rien à voir ? Si, tu vas comprendre lecteur. Mon premier contact avec l’autochtone s’est fait à travers trois publicités dans la navette de l’aéroport :
- « Le réseau de téléphones portatifs sans fil efficace en à-côté »
- « Une pizza au fromage pas de fromage c’est une croûte »
- « Pâtisseries du Vieux : demandez les meilleures gâteries ! »
Voilà. Forcément, ça vous met tout de suite dans le bain.
Je ne vais pas vous les traduire car en usant de logique mathématique et en appliquant une réflexion latine on comprend de quoi il s’agit – eh oui lecteur, on t’avait bien dit à l’école que les maths et les langues mortes ça sert à tout, même à lire un blog…
Non, là où on commence à se fendre la poire c’est à l’oral. Non seulement ils parlent comme leurs pubs, mais ils ont un accent et des coutumes locales.
Ainsi à la table du Curtet – Resto-épicerie bio branchouille où tous le monde semble tout droit sorti des films de Xavier Dolan et que je vous recommande vivement – j’ai opté pour un brunch salé mimosa. Retranscription non truquée de mon échange avec ce charmant serveur aux yeux bleus glaciers et pull cachemire trois-fil minimum ici dénommé Michel (car on est toujours le Michel de quelqu’un) :
Michel : Sàlut tu vas bi-hin ?
Moi (Heu on se connait mec ?) : Bonjour Monsieur, oui je vais bien merci, je voudrais un Brunch salé mimosa du Curtet s’il-vous-plaît.
Michel : Pas de laizaard j’t’apporte ça dans le mom-in-ant.
Moi (Encore heureux que tu veux bien m’apporter ma commande mec, je crève la dalle) : Merci.
Michel : Bienvenue !
Très perturbants le tutoiement d’emblée et le « Bienvenue », transpositions trop littérales d’un How are you et You’re welcome. Tentez ça à Paris et on vous dégage à coup de pompes cirées dans l’arrière-train. Je suis en vacances, je suis cool, je ne m’énerve pas, pas même une mèche ne frise. Total Peace dans mon body.
Retour du serveur pour mettre la table et première erreur de ma part une fois la chose réalisée, je dis merci. Ne jamais dire merci à un serveur qui met la table, il devient zinzin. Voilà le Michel parti d’un énorme éclat de rire en haussant les épaules. J’ai dû le perturber grave et je suis certaine qu’il pense tout pareil que moi à cet instant « Elle est en disponibilité, sois cool, t’énerve donc pas. Total Peace dans ton maillot de ca-orps ».
Ma deuxième erreur a été d’avoir commandé un brunch mimosa. J’ai bêtement pensé qu’il y allait y avoir des œufs mimosa en plus du reste, en fait c’était du champagne dans mon jus de fruit pressé…
Deux heures après, je regagne la caisse en tanguant autant que les trois mats du port et je fais un détour par leur coin épicerie bio afin de m’armer d’une bouteille d’eau histoire de survivre à la suite de ma journée qui va s’avérer plus compliquée que prévu à cause de Mimosa. Coup de grâce de la caissière total look American Apparel si détendue du visage qu’une ride ne risquerait pas de s’y installer :
« On n’a pas ço-a nous autres autres. Mais tu peux check chez l’dépanneur d’en fàce lo-à ».
Ok, donc suite de la journée : faire la vidange… bienvenue !
—
T’as raté l’épisode précédent ? T’inquiètes :



Chère Violette,
La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme date de 1948
J’avoue que j’ai du mal aussi à comprendre l’allusion aux logiques matheuses et latines pour transposer le québecquois en angliche afin de comprendre ce qu’il veut dire en français réaliste, mais bon
Cher Casper,
Il faut apprendre à tourner sept fois ses doigts autour de son clavier pour éviter de poster des commentaires inutiles :
- La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme est inspirée directement de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, et énonce les droits fondamentaux de l’individu, leur reconnaissance, et leur respect par la loi. Aujourd’hui la France respecte de moins en moins les 2 textes (cf. rapports internationaux qui l’épinglent), d’où ma remarque.
- Pour le reste, c’est du niveau primaire à collège, il suffisait de faire fonctionner ses méninges 15 secondes au lieu de faire une réflexion désobligeante.
Une pizza au fromage “pas de” fromage c’est une “croûte”
Sachant que “pas de” = “with out” = sans ;
Et “croûte” vient du latin crusta = tout ce qui enveloppe (la croûte de pain n’y est qu’un sens particulier) ;
Alors “Une pizza au fromage sans fromage”, c’est un emballage.
Il s’agissait évidemment d’un texte humoristique, vouloir le décortiquer est un peu ridicule (heureusement ce dernier ne tue pas…)
Bien cordialement
Violette
Non mais, on ne se prend pas pour de la merde!
Votre texte à l’égard de la culture québécoise est d’une condescendance rare. Purement abject.
Vous dites «mon premier contact avec l’autochtone»… Franchement, besoin d’un cours d’histoire?
En supposant que nous «ignorons» les bons usages de la langue française comme vous le faites, c’est votre propre insuffisance, – que dis-je – imbécilité, que vous mettez en évidence. Il y a des sujets avec lesquels on ne blague pas, comme celui la langue française au Québec. Si au moins je peux vous apprendre cela…
J’imagine que vous ne connaissez pas très bien les enjeux socio-politiques de notre province. La survie de notre langue, dont nous sommes très fiers, est un perpétuel combat. Et croyez-moi, elle n’en mène pas large face à la langue impérialiste qui la tient à la gorge…
Allez voir ceci, vous allez peut-être mieux comprendre http://www.lepost.fr/article/2010/11/15/2305961_fred-pellerin-de-saint-elie-de-caxton.html
Puisque votre billet débute avec une erreur de grammaire à Québécois avec un q minuscule, alors que vous affirmez que nous ne parlons pas français, je n’ai pas poursuivi la lecture de votre billet. Avec le ton grinçant qu’il annonçait, je ne crois pas que ce soit bien dommage!
Nan mais allo les gens, Violette tout comme moi sommes français, et contrairement à ce vous pensez, on vous aime beaucoup. Ce texte est écrit sur le ton humoristique, certes noir mais cela reste humoristique, donc drôle, à prendre au deuxième degré.
J’ai vécu au Québec pendant six mois, j’adore ce pays, j’adore les gens qui vivent là-bas. J’ai juste un gros problème avec cette absence de second degré dont vous faites en général preuve sur Internet. Le but n’est jamais de vous insulter, ou de nous moquer de vous.
@ Claudia : le sens d’”autochtone en France n’a pas franchement le même sens que chez vous… (et citer un article du Post, franchement, vous avez fait mieux pour nous expliquer la situation dans laquelle vous êtes et dont nous sommes parfaitement conscient, contrairement à ce que vous croyez).
@ Noemi : malheureusement, en français, il n’y a pas de majuscule aux adjectifs de nationalité.
Bonne nuit.
Chère Noémi,
merci pour votre remarque, il arrive à tout le monde de faire des erreurs de frappes (car une ligne plus tard la majuscule était bien là), c’est corrigé, vous pouvez donc poursuivre votre lecture et m’insulter à loisir comme l’a fait votre collègue Claudia !
Bien cordialement ! pardon, Bienvenue !
Bonsoir Claudia,
Henri a parfaitement résumé ma pensée.
Nous sommes parfaitement conscients des problématiques liées à la langue.
Nous sommes également de grands amoureux de vootre patrie et c’est de l’affection que d’en parler comme cela ici. Il s’agit d’un texte humoristique sur les écarts abyssaux entre votre langue et la notre.
Car non ce ne sont pas les mêmes (il y a des contre-sens entre les mots, la preuve vous en avez fait un sur “autochtone” et l’on nous vend des dictionnaires Français-Joual), non ce texte n’est pas condescendant mais destiné à mettre en valeur en creux que le Québec possède une culture propre…
Quand j’écris “cette superbe (typiquement française) pathétique qui consiste à dénigrer le monde entier sous prétexte qu’il y a trois siècles certains ont rédigé une Déclaration Universelle des Droits de l’Homme que nous ne respectons même pas” croyez-vous sincèrement que je sois méprisante envers vous ? C’est exactement l’inverse, je me moque de mes compatriotes qui se croient supérieurs à tout autre peuple !
Non vraiment, si vous voulez promouvoir votre culture et ses enjeux, passez votre chemin et allez insulter les bonnes personnes, vous me faites de la peine de ne pas avoir d’humour Madame.
En effet, j’y suis peut-être allée un peu fort… Toutes mes excuses si je vous ai insulté à mon tour.
Il faut comprendre que nous sommes très ( comprendre: trop) familiers avec le type d’humour que vous employez et que, même si l’on sait qu’il faut le prendre au second degré parce que, après tout, vous nous aimez bien, il blesse. Spécialement la première phrase: «les Québécois sont-ils francophones?»…
Donc voilà, longue vie à votre blogue, mais sachez qu’il est très difficile pour un Québécois de rire d’une telle satire… Disons que vous mettez le doigt sur un «bobo».