
PARLE A MA MAIN… [1] Maniaque
By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord
Catégorie: Parle à ma main
Histoires de gauche, puisque la droite est foutue. Cinq doigts et un coude suffisent encore à raconter des salades…
Maniaque
Un corps humain c’est très con parfois. Surtout lorsqu’il n’obéit pas. Et le mien n’a rien trouvé de mieux que de déconner un samedi soir. Juste avant d’aller au ciné, histoire de flinguer le week-end en beauté.
Ce n’est un secret pour personne, je suis du genre maniaque, option perfectionniste. Donc naturellement, lorsque je vu cette buée me narguer sur la fenêtre de la cuisine, j’ai voulu lui filer un coup de torchon, pour que ce soit propre. Et c’est ce moment là que le simple vitrage de la cuisine a choisi pour divorcer d’avec les vieux joints du carreau.
Ca faisait longtemps que ça n’allait plus entre Marius (le joint) et Jeannette (la vitre). 20 ans qu’il voit la même cour intérieure sous le même angle. Sans compter qu’il est le seul car tous les autres avaient pris leur retraite lors de la pose de doubles-vitrages. Tous sauf lui ! Et cette vitre qui d’ordinaire lui racontait ce qui se passait de l’autre côté, dans la cuisine de l’appartement, eh bien elle ne voulait plus rien dire. Juste au moment où ça devenait intéressant. Car la nouvelle locataire cuisinait beaucoup. Jeannette ne l’aimait pas précisément pour cette raison. Dès qu’il faisait froid, la cuisine engendrait moultes vapeurs qui ruisselaient sur ses surfaces lisses et propres. Comme de la sueur, mais en hiver.
Et puis avec ce froid glacial, Marius en avait ras-le-bol. Il fallait constamment serrer son mastic sinon Jeannette risquait de se désolidariser. Et quand on est un équipe, on ne se désolidarise pas. Alors ce soir là, fatigué des récriminations du carreau maculé de gouttelettes, il n’a pas pu. Il a voulu donner une leçon à Jeannette qui se plaignait d’avoir chaud alors que lui, il se caillait le plastique sous la neige verglacée…
Et crac, la vitre a éclaté, et est venue se planter dans le poignet de la gamine. Ses grands yeux bleus ont constaté les dégâts, ponctué le tout d’un « Ah merde ! » . Et soudain, une fontaine rouge s’est échappée de son poignet, Jeannette s’est faite déloger du moelleux poignet et la gamine a perdu connaissance.
Marius ne voulait pas en finir comme ça. Il avait pensé à quelque chose de plus classe, plus doux. Mais que voulez-vous, les histoires d’amour finissent mal en général…
Le lendemain, Marius et Jeannette sont partis rejoindre le vide-ordure. Et Monsieur Carton et Mister Scotch assurent l’Intérim en attendant Godot (le nouveau vitrage).
Je vous passe les détails sur les points de suture sans anesthésie de l’urgentiste sadique et aphone (oui je sais, présenté comme ça, c’est appétissant, mais vraiment ce n’était pas drôle).
Ainsi voilà comment, à trop être exigeante, on s’attire des ennuis. Cette leçon vaut bien un fromage sans doute ? Ah non m*** chuis allergique…
La suite ? La voilà ! Les épisodes suivants


