PARLE A MA MAIN… [3] Eh bien, Bustiez maintenant !

By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord

jan 20 2011

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Catégorie: Parle à ma main

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Histoires de gauche, puisque la droite est foutue. Cinq doigts et un coude suffisent encore à zipper une robe…

Avec une atèle de compétition – formant un angle de 45° et large d’une dizaine de cm de diamètre – on ne peut enfiler aucune fringue. Les manches ne passent pas, les pulls vous coincent dans des positions ubuesques, les cachemires se déchirent (RIP le G. Darel). Et puis essayez d’enfiler et boutonner un jean de la main gauche… Donc il reste les jupes à élastique avec un débardeur ou les robes sans manches, ce qui vu la saison est super approprié cela va sans dire, ou… les robes bustiers.

La robe bustier, instrument de torture moderne pour cérémonie guidée et/ou familiale et /ou de mauvais goût – au hasard, un Nouvel An dans une boite de province où l’on est pris à la gorge par l’odeur de gel et d’eau de Cologne bon marché dès le parking.

La robe bustier et ses baleines latérales qui finissent toujours par vous laisser des grandes marques rouges de part et d’autre des seins, ce qui rappelle vaguement les marbrures des rôtis de l’étal du boucher du coin de la rue.

La seule fringue qu’aucune femme intelligente n’achète de son plein gré, sauf à laisser la chose dans la penderie pour ne jamais la porter. Le problème n’est pas que la robe soit jolie, c’est qu’elle tombe quoi qu’on fasse. Ou pire, qu’elle donne l’impression de tomber, nous faisant développer un tic disgracieux et embarrassant de remise en place de la poitrine toutes les soixante-quinze secondes.

Donc, parmi ma soixantaine de robes, je ne peux enfiler… qu’un modèle. Pour une fois, je peux claironner à qui mieux-mieux que je n’ai rien à mettre…

Messieurs calmez-vous, je vous vois d’ici réfléchir au moyen de faire passer votre moitié à travers une fenêtre en vous disant qu’elle sera super sexy en robe bustier à longueur de journées à la maison où tant de tâches domestiques l’attendent sagement… Sauf que.

On ne peut enfiler QUE la robe bustier

Oubliez les bas, impossibles à fixer d’une main, ou les collants fins et élégants, qui se filent avant que vous ayiez pu l’enfiler du fait de votre grâce pachydermique du moment. Donc rabattage obligatoire sur un legging en gros coton ou un « collant grand-mère » en laine et à gousset qui vous donne l’allure d’un môme en couche-culotte.

Oubliez les escarpins car vous ne pouvez pas prendre le risque de tomber (et pour avoir essayé, ça fait mal)…

Oubliez les cheveux délicatement relevés pour laisser apparaître une nuque gracile et de fines épaules. Le brossage de cheveux de la main gauche est déjà une expérience en soi, alors mettre un élastique…

Oubliez les jolies parures, un fermoir ne se ferme pas à une main, une bague ne passe pas la première phalange de vos doigts boudinés d’hématomes.

Oubliez l’épilation – ça y est, vous commencez à vomir ? – puisque vous ne pouvez pas sortir pour aller voir l’esthéticienne.

Oubliez la douce et affectueuse femme préparant des petits plats, repassant, passant l’aspirateur ou terminant la vaisselle. A la place, l’appartement ressemble à Beyrouth après les derniers bombardements, donnant à voir une pile de vaisselle, un panier à linge qui déborde ou une collection de moutons sous la commode digne des meilleurs greniers désertés.

Donc à la maison, je ressemble à Romain Duris écoutant Kim Wilde en pyjama American Apparel (modèle sans manche pour ma pomme), les cheveux en bataille et l’humeur détestable.

Et quand je tente une sortie, je me rassure en me disant que le ridicule ne tue pas. Imaginez quelqu’un au Monop’, faisant ses courses en robe bustier alors qu’il fait 5 degrés, avec un leeging épais, des bottines pas cirées, des cheveux pas coiffés, un visage pas maquillé et avec un bras en moins dont la peau se desquame, vous prendriez peur non ?

Voilà, donc prenez soin de vos fenêtres heu… pardon, de vos proches.

Mais comment on en est arrivé là ? Les épisodes précédents :

Parle à ma main… [1] : Maniaque

Parle à ma main… [2] : Le cake de l’amputée

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