AGORIA – Impermanence

By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord

jan 28 2011

Tags:, , , , , , , ,

Catégorie: des disques...

1 Commentaire

Dj français / Electro chic / Infiné

Enfin !

L’hexagone ne compte pas beaucoup de Dj intéressants et/ou novateurs. Si Agoria était jusque là plutôt un bon élève attentif et appliqué, il passe à la vitesse largement supérieure avec ce nouvel opus. A consommer sans modération…

Souvenez-vous, Agoria c’était ce Dj français qu’on disait incarner la relève d’une scène électro salie par des Guetta et compagnie. Mignon et doué aux manettes, ses productions avaient du bon. Mais il y avait toujours un truc qui coinçait au détour.

Cette vidéo par exemple, le mettant au même niveau Ibiza bling-bling que les autres :

Durant ses mixes il avait souvent une allure laissant à désirer. Certes cela ne remet pas en cause sa musique mais ça donnait un gout d’inachevé désagréable, laissant penser à un homme uniquement intéressé par une maximisation des profits en surfant sur les tendances bankables du moment (Je m’habille comme Guetta & Co comme ça les jeunes vont faire l’amalgame et venir plus facilement m’écouter... ?). Enfin, ses productions certes soignées s’adressaient à un public essentiellement masculin : pieds durs, rythmiques métalliques et morceaux d’endurance faisaient régulièrement penser à un concours de biscotos (T’as capté la référence dans ce sample ? T’as vu je fais durer longtemps hein ? etc…).

Et soudain, trois ans après le très clinquant Go Fast (calibré pour un film et une génération zapping), pour son premier album sorti sur le label qu’il a co-fondé, on reçoit un disque… mauve. Agoria se fait discret et chic, les lunettes miroirs ont disparu au profit d’un joli minois interrogateur, une barbe entretenue et des fringues bien coupées… A n’en point douter, il y a une femme là-dessous.

Hormis l’imperfection Speechless, titre sur lequel il y aurait beaucoup à redire mais où l’on ne prendra pas la peine de s’étendre (titre plat, insipide et déjà-vu qui semble n’être là que pour faire vendre le nom d’un mec en vogue qui devient franchement irritant…), le reste du disque est pure réussite. Si à la première écoute on grince un peu des oreilles à l’écoute de la jeune Kid A qui ressemble à la fois trop et pas assez à Bjork ou Emiliana Torrini, c’est très vite oublié au profit de cette splendeur d’orchestrations.

Des boucles souples, rondes, soyeuses… On dirait une publicité pour du shampoing ? Hé bien on aimerait avoir aussi doux et efficace pour le cuir chevelu que ce ravissement pour les tympans !

Comme face à une marée montante, on se laisse charmer et entraîner progressivement au large des mélodies qui visitent chacune des circonvolutions de votre cerveau. Jusqu’à ce point de rupture avec Heart Beating. On est soudain au milieu de l’océan et les vagues se font tempétueuses. Dès les premiers accords de violoncelle, on sait qu’on ne sortira pas indemne de cette expérience. La voix de Kid A s’ajoute avec pureté cristalline sur ces rythmiques prenantes. Et soudain la montée de violoncelle vous tient les tripes et ne vous lachera pas. Des palmes poussent entre vos doigts, des branchies se sont greffées à votre âme. Vous ne coulez pas, vous prenez plaisir à vous laisser submerger. It’s not all right c’est bien meilleur que ça ! Le doute n’est plus permis que ce titre a été entièrement composé pour les femmes et pour leur jouissance. La splendeur de ce titre fait oublier immédiatement les allusions pataudes de ce vieux Carl Craig libidineux.

Scalde, dont les featuring sur les albums précédents rehaussaient toujours le niveau, signe à nouveau un titre envoûtant. Le Little Shaman capture les battements de votre cœur et les fixe à ses machines pour une transe délicate.

Under the River est une respiration jazzy, un Ascenseur pour l’échafaud teinté de la résonnance apaisante d’un carillon balinais avant d’entamer le grand final. Des Libellules plein le corps, des endorphines à ne plus savoir quoi en faire, l’impression de plonger dans le Blue Lagoon, l’envie de ne jamais plus s’arrêter d’osciller sur ces ondes qui vous triturent directement l’âme. Un feu d’artifice qui appelle une suite, viiiiiiiiiiiiite !

Voilà enfin la démonstration qu’être amoureux peut résolument changer les choses… pour le meilleur. Réjouissons-nous, une année 2011 qui commence par une bonne nouvelle pour la scène électro ne peut pas être complètement mauvaise.

One comment on “AGORIA – Impermanence”

  1. Je renverrai vers ses albums Blossom et The Green armchair. Blossom est plein de pepites, un album marquant. Paradoxalement j’ai souvent été décu par ses prestations live, je ne sais pas nonplus comment l’expliquer…tellement d’attente que la déception n’en est que plus grande.
    Bien hâte d’écouter ce dernier opus au vu de l’analyse qui en est faite !


Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 784 followers