Carnets de voyages inédits #1 : Romanza romana

By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord

mai 05 2011

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Catégorie: Ce que je regarde

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Aperture:f/3.3
Focal Length:24.6mm
ISO:200
Shutter:1/14 sec
Camera:DMC-FZ5

Tout ce que mes pieds ont foulé et que mes yeux ont enregistré…

Il est cinq heures, si Paris s’éveille à peine, Rome s’active depuis longtemps déjà. J’aime Rome pour ses pavés sur lesquels on se tort les pieds, pour ses cafés où l’ont y boit des breuvages si serrés qu’on mon cerveau semble se dédoubler, pour ses centaines de rues que l’on arpente à pied faute de ne jamais réussir à tomber sur un bus ou un métro. J’aime Rome pour me faire rajeunir en me remémorant et en donnant vie aux cours de latin de l’éternelle Mademoiselle Guervéno, qui doit être retraité depuis bien longtemps à présent. Soudain les aventures des empereurs deviennent si animées que j’en relirais l’austère Cicéron. J’aime Rome pour ses cartes postales kitsch du Pape bénissant la ville sur des fonds photoshopés, pour la l’irrésistible dégoulinante pop ritale qui fait le coeur léger léger léger.  J’aime Rome pour le dandisme des hommes abordant la cinquantaine avec une élégante sérénité, pour la fierté des hommes abordant la trentaine aux commandes de leur nouveau Vespa, chaussés de leurs nouveaux bottillons au cuir plus fin que ceux de mes escarpins. J’aime Rome pour ses palais, ses places, ses fontaines, ses jardins cachés, ses patios, la douceur des pierres, le melting-pot des couleurs et des bâtis qui rappellent ici la Toscane, là la Sicile, plus loin les demeures Vénitiennes… J’aime Rome pour ses traiteurs de quartier qui font des artichauts qui vous restent en bouche plus d’une heure après ; pour ses marchés d’odeurs et la qualité incroyablement préservées de ses légumes, des tomates sous toutes les formes et de toutes les couleurs.

 Ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre… Capitale au visage changeant, presque fuyant. Ce matin là, histoire sans paroles, fugace répit dans l’agitation permanente, fourmillement d’une ville asphyxiée. Cinq heures. Un carrefour, trois ouvriers, deux voitures et moi. C’est rouge, j’attends le droit de passer. Les ouvriers eux refont les bandes blanches du passage piéton justement. Les deux voitures ne savent plus par où passer pour ne pas abimer le travail en cours. S’en suit un incroyable ballet de regards : les automobilistes regardent les ouvriers qui regardent l’unique piétonne matinale qui regarde les automobilistes… dont l’attention est portée sur ces bandes blanches encore fraîches qui risquent d’abîmer leurs carrosseries sur lesquelles les ouvriers ont déjà remarqué deux altérités. Feu vert, je passe sur le côté des stries blanches pour ne pas les abimer, échange de sourires sans aucune remarque déplacée…et la beauté du jour qui se lève comme il se couche.

Rome, 8 Avril 2011

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