
METRONOMY – The English Riviera
By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord
Tags:Because, disque, electro, kitsch, metronomy, rétro, The English Riviera
Catégorie: des disques...
Groupe anglais / Electro ringardo-retro-kitsch / Because
Trois ans ont passé entre les deux disques de Metronomy. Entre temps, le trio d’anglais, tout droits sortis d’un film de Ken Loach avec leurs pulls en acrylique aux couleurs criardes et leurs mèches grasses de cheveux trop longs, a subi un relooking par Karl Lagerfeld – un type encore plus ringard qu’eux – et a accepté une fille canon au sein de son équipe de craquants gras-du-bide has-been. Du coup, on avait perdu tout intérêt pour eux, craignant que ces changements aient affecté irréversiblement l’atmosphère surannée de leurs sonorités Bontempisées. Délicieuse surprise et soulagement exquis, leur électro-kitsch désuète est intacte…
Jamais un groupe n’aura aussi bien choisi le nom de chacun de ses albums. Invitation à la fête, Nights Out comportait un concentré de tubes à très haut potentiel dancefloor (cf. chronique d’époque…). The English Riviera est un opus plus calme, invitant à procrastiner et vivre comme un retraité. Si le premier disque vous empêchait de tenir en place de par ses rythmiques entrainantes, celui-là laisse votre bouée abdominale griller au soleil au son des goélands du port. Adipeux, les morceaux suintent le rétro par tous les pores. Basse aux lignes lentes et simples à l’image de ces moules-frites dégustées hier midi (She wants), batterie aux progressions douces pour ne pas provoquer d’infarctus à votre grand-père qui termine ses mots-fléchés force 9 à l’ombre de son bob (We broke free) et chant doux comme les berceuses du jeune neveu qui fait ses dents et vient enfin de vous offrir une accalmie en faisant la sieste sous la pergola (Some Written). Ca sent les vacances, le repos et le sable pas trop chaud, le thermomètre anglais n’excédant pas 77° Fahrenheit. L’ajout de cette part féminine, c’était une idée du tonnerre. Il a suffit d’un regard (The look)…et vous avez dit adieu à votre eczéma. Vos crises de boulimies (Troubles) ont cessé par sa simple présence à vos côtés (Everything goes my way). En plus elle vous achète toujours des chaussettes en fil d’Écosse et n’oublie jamais de racheter de la Worcester Sauce (The Bay).
Album linéaire aux mélodies néanmoins aussi fines que les dentelles de Calais sur les manches de la robe de mariée de l’épouse du Prince William, il est régulièrement traversé de rayons de soleil un peut plus forts que les autres, comme ce Corinne, réminiscence d’un premier disque dont les turbulences vous paraissent à cent miles du calme foyer d’aujourd’hui que vous contemplez la main sur la bouteille d’eau gazeuse. Mais après tout Londres n’est qu’à une heure de voiture… Allez hop, vos escarpins et en voiture ! Let’s have a party ! Ce soir on sort, après tout le Heartbreaker de 15 ans râlant de ne plus avoir de batterie dans son Mac au fond du canapé en rotin a lui aussi le droit de s’amuser et pas question de le laisser se crasher sur cette dangereuse Motorway (Love Underlines).
Un album qui sous ses allures simplement rétros se révèle addictif et deviendra la bande-son de votre été sans même que vous vous en aperceviez. L’Angleterre dans toute sa splendeur, It feels so good to have you back my love !


