
NUITS SONORES 2011 – Bloc Notes
By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord
Tags:2011, Acid Washed, Agoria, Arandel, concert, Dj Shadow, Everydayz, Festival, Lorn, Lyon, Matthew Dear, Nicolas Jarr, Nuits Sonores, Rone, Spitzer, The Sonics
Catégorie: des concerts...
“Comment ça t’es JAMAIS allée aux Nuits Sonores ? Haaaaaan tu rates quelque chose…”
Combien de fois on nous l’a fait celle-là… Alors c’était décidé, cette année on y allait, histoire d’arrêter de passer à côté de la vie. Bribes de pensées consignées trois jours durant au fond d’un cerveau exigeant et (presque) non-alcolisé.
Mercredi 1er juin – tour du propriétaire
Arrivée en train, il bruine, le vent de l’esplanade froide et déprimante de Part-Dieu donnent envie de remonter dans le TGV. Note architecturale : il est urgent de repenser cette entrée de ville répulsive.
Au bout d’une heure les frères les plus cools de la terre, aka les Spitzer, qui ont eu l’idée saugrenue de nous laisser squatter chez eux reprennent les choses en main. On file dare dare à la Piscine du Rhône, la nuit tombe, on grelotte mais la vue est si belle qu’on oublie tout, y compris le set un peu cradingue d’Acid Washed.
Plus tard au Marché Gare, pendant que Dj Shadow fait joujou dans son oeuf électronique et balance les tubes de toujours, on tente d’écouter Lorn. Note pour une éventuelle carrière de manager : briefer les Dj qu’il faut définitivement bannir les samples de jungle et arrêter les V-jing de camés aux acides (avec des éléphants verts !). Ces entrepôts désaffectés sont impressionnants, on se croirait de retour dans les fêtes sauvages des 90′s : graffitis, toilettes chimiques, installations lumineuses et sonores… L’horloge tourne, Battles s’installe, on frétille d’impatience mais, rien à faire, le rock dans un hangar, à part pour nous faire perdre les tympans, ce n’est pas très interessant (constat valable également pour The Sonics). En plus, sans Tyondai Braxton, il manque un quelque chose. Le génie n’est rien l’exploitation adéquate. Le chant en moins et les basses en trop (faute au lieu, pas au groupe), la magie Battles n’opère plus, tant pis les disques sont bien. On arrête là les frais et on descend des bouteilles de champagne en discutant de l’impact écologique des gobelets non consignés et habillage scénographique à la place. Note personnelle : Ce festival est vraiment à la ramasse niveau recyclage, penser à leur envoyer un CV. En revanche les “rouleaux d’herbe-moquette” c’est chouette et les boucles magnétiques d’écoute pour les malentendants ça devrait être mis en place sur tous les festivals.
Jeudi 2 juin - Ascension, non pas celle-là l’autre !
Lyon, ça grimpe de partout. Les guiboles fatiguées de la nuit, on renonce à l’ascension de Fourvière pour siroter des Perrier sur le toit-terrasse du Musée Gadagne pendant que des enfants s’exercent au dj-ing dans le jardin (en massacrant des fraises tagadas au mixer, sisi). Le soir, au lieu de faire le parcours musical proposé, on se retrouve refoulé de la soirée Infiné et on ne peut donc pas rattraper le voleur de portefeuille et téléphone de Rone. Alors à la place, on écoute les pistes non mixées du futur album des Spitzer, dont les sonorités explorent différentes mouvances électro allant de l’ultra-kitsch à l’épure inter-galactique. Ca promet pour la rentrée… Faute d’électro, on chantonne Lyon Presqu’île dans les rues de la Croix Rousse, la tour en stylo bille brille de mille feux, seules les sirènes des patrouilles de Police retentissent, le Rhône suit son cours…
Vendredi 3 juin – Elle est où la musique ?
Il n’est que 21h30 mais les concerts sont déjà entamés au Marché Gare. Le mix hiphop de Everydayz est encore jeune mais prometteur. On prend soudain un monumental coup de vieux à voir ces jeunes filles lascives se déhancher dans leurs robes viscose-élasthane à paillettes. Pendant ce temps là, Arandel livre le meilleur concert qu’il nous aura été possible de voir durant ces trois jours. Son album ultra-conceptuel qu’on craignait de voir s’enfermer dans des arrangements certes splendides mais chaque fois identiques, est transformé par ses acolytes (une violoncelliste, un guitariste, deux bidouilleurs de machines…). Même si l’entrepôt n’est pas plein, l’euphorie bat son plein et on se délecte de cette electro organique hors-norme et raffinée.
Les heures passent, le site est bondé, entre deux tee-shirt I love Croix Rousse , trois casquettes de l’OL et des fluokids on ne sait plus trop où l’on est ni ce qu’on est venu voir. Matthew Dear est en plein revival Michael Jackson avec son costume blanc ultra-kitsh, Nicolas Jarr nous fait l’effet d’un oignon dans un wok à sautiller partout, quand à Agoria, on entend plus les troupeaux de beuglements des viandes saoules que ses samples (pas fracassants pour autant…). Est-ce de la mauvaise foi, de la fatigue, un retournement de veste de notre part ? Nul ne le sait mais on se replie dare dare dans notre lit.
Bon allez, on arrête là pour cette fois, l’année prochaine ce ne sera pas au même endroit et on annonce une méga fiesta pour les 10 ans… A suivre !


