
BREVES DE TYMPANS #3 : Arthur H @ 104
By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord
Tags:104, Arthur H, artiste français, Chanson française, concert, Polydor, répétition
Catégorie: des concerts...
A quoi ressemble une semaine de sorties par une co**** parisienne, invitée partout en connaissant à la fois tout le monde et personne, crachant (parfois) dans la soupe sans vergogne.
Artiste français / chanson / 06/07/2011
Exercice à double tranchant que de proposer à un public restreint des Salons de Musique. Des artistes travaillant à leurs nouveaux albums soumettent le fruit de leur travail live. Ce n’est pas terminé, pas arrêté, c’est aussi stimulant que décevant… bref c’est un défi à relever qui sied à Arthur H.
Arthur et ses musiciens se prêtent au jeu des répétitions en public en nous laissant constamment le doute que c’est surjoué. Pour La Beauté de l’Amour, sur lequel apparaitra Izia, ils proposent une version rock et une version en arpèges. Et le public de choisir… un mixte des deux.
Le nouvel album s’appellera Baba Love. Mince, le titre est éculé et ne donne même pas envie d’écouter. Heureusement que l’artiste n’a perdu de sa répartie et raconte des histoires rigolotes et plutôt intelligentes entre les morceaux. D’autres propositions musicales comme Cheval de feu ou Rayon de soleil nous font l’effet d’entendre du son remixé des opus précédents. On commence à se dire que cet exercice est trop périlleux, que l’on va réussir à s’écœurer avant même d’avoir le disque sous les oreilles.
Enfin, le Arthur H que l’on respecte, celui pour qui la ressemblance de plus en plus flagrante avec Gainsbourg, qu’elle soit physique ou concernant les directions artistiques qu’il prend, se révèle avec Arc-en-Ciel. L’homme va recommencer plusieurs fois le titre, en s’arrêtant en plein milieu, parlant entre les couplets, mettant le doigt sur des soucis (mineurs) avec ses acolytes. Il oublie enfin ses manières avec le public et bosse en se fichant du qu’en-dira-t’on. Il conclue d’un « Ah vous voyez, c’était beaucoup mieux », le public n’a pas le droit de moufeter, pas de non, pas de peut-être, pas de suggestions extérieures, juste le droit d’applaudir ou de s’en abstenir. Et dans tous les cas on s’en balance, ce ne sont que des pistes de travail non abouties. Le meilleur du disque, c’est tout ce qu’il ne va pas nous faire écouter ce soir là. Par exemple, deux poèmes érotiques qui viendront rythmer l’album, dont l’un déclamé avec J-L. Trintignant. Rien que d’imaginer les deux voix rocailleuses à l’unisson, on en frémit.
Il apparait clairement que tous les artistes ne peuvent pas se prêter avec brio à ces exercices compliqués. Et pour cause, c’est un peu comme si vous exposiez une sculpture de votre fœtus mois par mois dans votre salon. S’il n’y a plus de rêve et d’inattendu, plus de surprises ou d’audaces, alors quel intérêt de sortir un album ? Avec un talent de cette trempe là, on sait que tout ce qu’on a entendu ce soir là n’aura rien à voir avec ce qui sera proposé dans trois mois. Circulez, y’a rien à entendre. Ou de l’art de réapprendre la patience à une société de surconsommation qui veut toujours aller plus / trop vite. Chapeau.
Dans la même collection :
Brèves de tympans #1 : Stéphane Belmondo @ Café de la danse
Brèves de tympans #2 : Metronomy @ Cité de la Musique


