
Cie C. LOY – Ombres @ La Carrière du Normandoux
By: Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord
Tags:danse, danse contemporaine, Festival, Normandoux, Soirs d'été
Catégorie: Ce que je regarde
Festival Soirs d’Ete – Poitiers / Danse contemporaine / 11/08/2011
En juillet, la compagnie La Cavale avait enchanté la Carrière en trois actes dynamiques et cachant quelques (agréables) surprises (cf. chronique). Ce soir d’août, Julie Coutant et Eric Fessenmeyer étaient de retour, mais dans le public cette fois, pour assister à une danse contemporaine très différente (mais non moins interessante) de la leur.
Le corps de Cécile Loyer rappelle celui de Pina Bausch, chaque muscle étant dessiné et asséché à l’extrême. La danse, plus que les autres, est un art qui façonne et transforme profondément. Celui de cette femme trahit un rapport passionné au monde. Un investissement si puissant qu’il fait oublier de manger, un rapport si entier qu’il implique une danse permanente. Ombres est un spectacle qui fête ses dix ans, mais il aurait pu avoir été écrit la veille. L’histoire d’une femme en errance. Entre théâtre et danse, un être paumé, qui s’étouffe pendant les démonstrations de consignes de sécurité ou évacue son stress en hurlant au téléphone. La scène est comme constellée de tessons de bouteilles, reflets d’une multitude de morceaux d’aluminium dont le doux bruissement au gré des courants d’air est très reposant, en opposition complète avec la performance abrupte comme les parois de la Carrière de cette artiste. La danseuse, en sous-vêtements couleur chair et avec ses expressions fixes, rappelle soudain ces gros poupons de celluloïd. Se rhabillant d’un imper imprimé panthère, d’une perruque et chaussant des talons, elle se mue en baronne déchue, toujours aussi perdue. Elle tape des talons, on entend tour à tour un hachoir à légume ou le cliquetis d’une machine à écrire. Singeant tout à coup une conversation téléphonique à sens unique, l’assistance est bientôt hilare et les jeux d’écho avec le milieu naturel sont assez impressionnants. Elle finira par s’enfuir en traversant l’intégralité du long hangar à poules.
La performance de cette danseuse seule pendant presque une heure, capable de transmettre une palette d’émotions allant du rire aux larmes, force l’admiration. Encore une soirée d’été faisant honneur au lieu, doux et calme…


