Les belles Histoires #8 : ARNO MORI

Les belles histoires musicales ou, comment, dans un monde de la musique qui crise, on peut encore trouver des rêves qui se réalisent. Parce que je suis une fille qui a aussi le cœur guimauve.

Elle enrageait de lire des bouquins aussi mal écrits, de voir des manifestations aux causes intéressantes se faire récupérer par de douteux partis, de constater que seule sa grand-mère lui disait qu’elle était jolie, de ne jamais trouver le « sommeil des justes » alors qu’elle en faisait partie. Elle voyait noir, gris, noir, noir, noir, rouge, noir, gris.

Elle s’arracha la peau jusqu’au sang, eut mal pour ne plus se concentrer sur son cerveau malmené, but cul-sec une cafetière entière pour vérifier si son cœur battait, laissa fondre sous sa langue un carré de chocolat-bio-sans-lecithine-85%, seule nourriture qu’Il acceptait encore, massa doucement son plexus à l’huile de lavande censée l’apaiser.

Sans succès.

Le vide, le néant, rien, que dalle, nada, le calme plat, elle ne demandait que ça. Alors elle s’allongea et ne se concentra plus que sur ça, trouver cette Musique pour Le Vide. Il y avait bien l’intraduisible splendeur de Murcoff (La Sangra Illuminada) mais ça l’entrainait dans des abymes si profondes qu’elle ne savait pas vraiment en ressortir indemne. Puis elle reçut un mail, comme une bénédiction numérique.

Arno Mori.

Apaiser les ressauts, laisser sourdre les maux. L’action conjuguée des cordes graves pincées et du clavier légèrement mélancolique œuvre sans rien demander. C’est un vieux tourne-disque, c’est une comptine qui surgit d’une de ces vieilles boites à musique où dansait une petite poupée (Nos fantômes), c’est une étendue de building et la violente solitude qui traverse le petit homme qui s’y est perdu (Là où rêve ton cheval).

Sans grandiloquence, faire preuve d’élégance. Et soudain une voix s’élève (Dog at the Window). Elle hurle avec calme, ça sort du cerveau, fugace et d’autant plus important. La catharsis opère. Le repas de famille, ses obligations religieuses, ses prises de bec, ses déceptions et incompréhensions (La Sainte Famille) ne se surmontent qu’en pensant qu’un enfant dort là-haut et mérite toute notre attention (Sarabande pour Justin).

Prendre des décisions, recentrer ses ambitions. Les mélodies se font hypnotiques, insistantes, il faut agir (Clean), poser des jalons, regarder devant pour mieux laisser derrière les désillusions (Soixante secondes pour faire un choix). Le temps passe, avec ou sans vous, alors pourquoi ne pas lui emboiter le pas ? Une nouvelle adresse, des amis solides sur qui compter, les nuits somnambules n’en sont pas pour autant terminées mais il commence à se dégager une certaine unité…

 Il était une fois un niçois qui offrit Une Pause Rêvée, une trentaine de minutes de répit dans le tourneboulis du chantier qu’était une vie. Un recueil de vingt morceaux composés en dix ans, pour illustrer des fragments ou de longues plages d’existences d’humanoïdes.

Arno MoriMusique pour le vide / Disponible sur Bandcamp ici Vous y découvrirez aussi l’EP Louisette, qui raconte d’autres histoires…

En plus de pouvoir se gaver de tourte aux blettes toute la journée, Arno Mori dessine, peint, photographie… allez donc jeter un oeil par là !

Episodes précédents :

Les belles Histoires #1 : LUC VERTIGE

Les belles Histoires #2 : SHINE feat. Terry Reid

Les belles Histoires #3 : THE NARCOLEPTIC DANCERS

Les belles Histoires #4 : LONELY FACTION

Les belles Histoires #5 : CHARLES PASI

Les belles Histoires #6 : MONDRIAN 

Les belles Histoires #7 : MEDHI ZANNAD

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