Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord

Archive pour la catégorie ‘Les belles Histoires’

Les Belles Histoires #4 : LONELY FACTION

In Les belles Histoires on septembre 22, 2010 at 10:17

Les belles histoires musicales ou comment, dans un monde de la musique qui crise, on peut encore trouver des rêves qui se réalisent. Parce que je suis une fille qui a aussi le cœur guimauve.

Il était une fois un groupe parisien très doué en pop/folk et émouvant jusqu’au fond du ventre qui s’appelait Syd Matters. Ils étaient si agréables à écouter qu’on en avait oublié de s’intéresser aux autres musiciens qui racontaient aussi le même genre de balades un poil mélancolique et qui, lorsque vous êtes au fond d’un abysse de désespoir et de désarroi, sont comme ces poissons pilotes qui vous ramènent à la surface.

Cette faction perdue pour âmes esseulées travaille d’arrache-pied à la sauvegarde de la culture musicale et de ceux qui en parlent. La Lonely Faction est venu me chercher une fois, pour que j’écoute ce disque. La Lonely Faction est venue me chercher deux fois, pour vérifier que j’étais encore vivante. La Lonely Faction est venue me chercher trois fois pour me tendre la main, me mettre les pieds sur un trampoline et me catapulter haut, très haut, tout là-haut dans le ciel qui devrait étoiler toutes mes nuits. Ils ont botté en touche mes idées noires, ont raccompagné poliment à la porte mes angoisses et se sont occupés de calmer mes nerfs à vif.

D’autant qu’ils sont bourrés d’humour ces pilotes. Ainsi Cliché Song est parfaite à réécouter deux cent fois en boucle en rêvant de son aimé(e). Prophecies est une splendide berceuse pour narcoleptique, lorsque vous vous retrouvez éveillé à 4h du matin sans retrouver le sommeil, elle agit comme ce bras prévenant dans lequel se lover.

A présent la Lonely Faction peut constater le résultat et être fière d’elle : j’en dis tout le bien que j’en pense. Un album doux comme la soie où les guitares et les carillons mêlées aux voix vous font instantanément plus d’effet que les meilleurs anxiolytiques, The chaos is being alone.

Il était une fois Adrien G. aka Lonely Faction, qui gagne à être connu pour ses vertus thérapeutiques naturelles, illustration de cette musique qui adoucie les mœurs.

Lonely Faction – Quiet Choirs

en téléchargement sur http://lonelyfaction.free.fr/

Episodes précédents

Les belles histoires #1 : LUC VERTIGE

Les belles histoires #2 : SHINE feat. Terry Reid

Les belles Histoires #3 : THE NARCOLEPTIC DANCERS

Episode à venir : Mondrian

Les belles histoires #3 : THE NARCOLEPTIC DANCERS

In Les belles Histoires, des disques... on juin 2, 2010 at 8:00

Les belles histoires musicales ou comment, dans un monde de la musique qui crise, on peut encore trouver des rêves qui se réalisent. Parce que je suis une fille qui a aussi le cœur guimauve.

Il était une fois un petit garçon élevé par sa mère à Saint Etienne répondant au doux nom d’Anton. Anton aimait plus le chant et la musique que le ballon rond. Anton était né à l’aube des années 80 et aimait plus la pop que l’electro.

A des kilomètres de là, aux Pays-Bas, vivait Melody, jolie jeune fille aimant la musique et les légumes. Melody était née après la chute du mur de Berlin mais préférait la pop à l’euro-dance.

Un jour, Johnny, le père de Melody, se sachant condamné à voir ses cellules devenir malades les unes après les autres, décide d’organiser une grande réunion de famille pour dire au revoir et rejoindre l’au-delà tant qu’il en est encore temps. A cette occasion, Melody s’est faite belle et espère bien rencontrer l’homme de sa vie. Elle tombe alors sur Anton et découvre qu’il n’est pas son Prince Charmant mais son grand frère !

Johnny Van Kapers était footballeur et avait donc logiquement eu l’occasion de fréquenter le stade stéphanois. Il meurt en faisant une belle rencontre et en sachant sa fille bien entourée.

Anton et Melody séparés si longtemps ne se sont plus jamais quitté et ont formé les Narcoleptic Dancers, en hommage à la chevelure de leur père. Et en toute logique, plutôt que de céder à la tendance revival electro-dance du moment, ils firent de la pop la pièce maîtresse de leur équation musicale.

Le résultat est ce splendide EP, perle pop cristalline concentrant le meilleur des Au Revoir Simone, Air, Grizzly Bear ou des B52’s. Il vous suffit d’écouter Rastakraut pour comprendre combien ce duo respire l’amour et la joie, vous le transmet encore et encore (il suffit d’appuyer sur repeat).

Il était une fois deux enfants ayant grandi avec une pièce de puzzle vacante et qui peuvent enfin se sentir entiers. Ils vivaient heureux avant et vivront aussi bien à présent.

Le Myspace et le site de Capitaine Plouf (des gens biens qui croient en d’autres gens biens)

Episodes précédents :

Les belles histoires #1 : LUC VERTIGE

Les belles histoires #2 : SHINE feat. Terry Reid

Episodes à venir : Eliot and the Ritournelles, Mondrian

Les belles histoires #2 : SHINE feat. Terry Reid

In Les belles Histoires, des disques... on mai 13, 2010 at 10:58

Les belles histoires musicales ou comment, dans un monde de la musique qui crise, on peut encore trouver des rêves qui se réalisent. Parce que je suis une fille qui a aussi le cœur guimauve.

Il était une fois Guillaume Simon, Antoine Delecroix et Laurent Houdard, trois parisiens musiciens et pas du genre à se dire qu’ils se contenteraient d’un simple groupe de musique. Non seulement ils avaient plusieurs groupes, d’inspirations différentes, mais en prime ils avaient encore ce sentiment trop souvent mal utilisé et galvaudé : la foi. Pas une fois en un genre d’autorité supérieure qui nous observe, plutôt une foi de ceux qui sont à très juste titre convaincus que ce qu’ils font est bien, qu’ils sont faits pour exercer leur talent et que des aventures extraordinaires sont susceptibles de survenir sans prévenir.

Et, un jour qu’ils regardent tranquillement Arte à la maison – parce que bon, ce sont des parisiens qui préfèrent un documentaire à un show de divertissement, on ne leur en tient pas rigueur, bien au contraire – ils tombent en admiration devant Terry Reid qui fait le foufou à Glastonbury.

Terry Reid, c’est le genre d’artiste capable d’avoir l’intelligence de conseiller un petit gars de Birmingham, Robert Plant, au groupe Led Zeppelin qui voulait que Terry Reid les rejoigne. Non Terry Reid il sait que cette place n’est pas la sienne et il décline l’offre en préférant galérer dans son petit bonhomme de chemin qui fait des premières parties comme les Rolling Stones. Terry Reid, c’est le genre de type assez lucide pour comprendre qu’il ne doit pas accepter d’être le nouveau leader des Deep Purple car quelqu’un d’autre est taillé pour le rôle, pas lui.

Mais Terry Reid c’est le gars assez fantasque pour accepter, à plus de soixante berges, de traverser l’Atlantique pour venir jouer et enregistrer des morceaux avec SHINE. Et roule la galère c’est parti pour trois titres.

Terry a une voix entre Rod Stewart et Iggy Pop et il se produit un mélange explosif lorsqu’elle entre en contact avec les mélodies électro-pop tendance jazz-blues avec SHINE.

Paf ! Telles des abeilles trop gourmandes, vous vous coincez les ailes dans ce pot de miel.

Et lorsque Terry Reid vous chante la ballade I’m here, votre cœur peut s’arrêter de battre, votre femme peut vous annoncer qu’elle est enceinte de quintuplés, un juge peut vous condamner à 300 années de prison incompressibles, ce n’est pas grave, vous ne serez plus jamais seuls.

Il était une fois un groupe parisien qui avait foi en son travail et qui, avec un peu d’audace et d’auto-persuasion bien placées, vivait heureux avant et vivra aussi bien maintenant.

On parie combien que vous allez cliquer et écouter ?

Le Myspace ou Le Site.

…et bien entendu, il est fortement conseillé de soutenir ce groupe en achetant la petite chose à l’artwork soigné, sortie chez Tubes à Essais

Episode précédent des belles histoires : Luc Vertige

Prochain épisode des belles histoires : The Narcoleptic Dancers

Les belles histoires #1 : LUC VERTIGE

In Les belles Histoires, des concerts... on mai 11, 2010 at 2:05

Les belles histoires musicales ou comment, dans un monde de la musique qui crise, on peut encore trouver des rêves qui se réalisent. Parce que je suis une fille qui a aussi le cœur guimauve.

Il était une fois un homme qui avait une vie déjà bien remplie mais qui rêvait de devenir chanteur. Chanteur français en plus, parce qu’il n’était du genre à se fixer des défis trop simples. Alors bon, il faut des sous pour réaliser son projet, pas de problème, il va économiser jusqu’à avoir assez pour tout faire comme il a envie.

Et l’homme travaille, monte son business, roule sa bosse, met des sous de côté pendant des années. Il sort un album au format vinyl, se dote d’un site Internet chic, un Facebook, un Myspace même ! Ne reste plus qu’un live…

Alors un lundi triste de mai, il s’offre le Café de la Danse pour fêter avec panache la sortie de son album. Pendant que les nébuleuses musicales s’excitent sur Deftones ou Bonobo, lui fait salle comble et réalise son rêve.

Dégaine entre Bashung et Dutronc, slim en skaï et lunettes noires, il a tout : les musiciens, les photographes, les caméras, les techniciens, le public. Et c’est parti.

Cet homme ne se démonte pas, enchaîne 45 minutes de spectacle alors que c’est son premier concert. Il chante – plutôt juste, il danse – plutôt bien, il s’amuse – plutôt un max, ses musiciens assurent, les textes de Nerval, Verlaine (sublime Kate) ou Rimbaud résonnent comme il faut. Et ses textes à lui sont aussi beaux : J’me saoule, lointain cousin de Je bois (Vian) ou Dans la chambre, encore imparfait mais touchant. L’homme est drôle, attachant, s’en donne à cœur joie. Fin du spectacle, il salue timidement et s’éclipse. Ne maîtrisant pas encore tous les aspects du direct et d’une franchise imparable, il revient très vite sur scène pour le rappel parce qu’ « il a soif et a hâte d’aller boire un verre ». Il sort ses lunettes et lit sa liste de remerciements, réussissant pourtant à en oublier. Le rappel à titre unique, Ne grandis pas, il le dédie à sa fille, papa amoureux de sa progéniture, le temps file toujours trop vite. Et lorsque sa princesse le rejoint avec un bouquet il est tout simplement heureux.

Second rappel ? Non pas question, ce n’était pas prévu et il a soif, alors il s’en va. Comme ça, voilà.

Il était une fois un homme qui, à presque un demi-siècle, a réalisé son rêve. Tout simplement. Il vivait heureux et vivra aussi bien maintenant.

Prochain épisode des belles histoires : SHINE feat. Terry Reid