Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord

Archive pour la catégorie ‘Papotages…’

Interview baroque et surprise d’AUFGANG, un trio qui pense pour six

In Papotages... on novembre 19, 2009 at 10:47

Début du mois de septembre, interview organisée à partir d’un texto. Je retrouve Francesco Tristano, Aymeric Westrich et Rami Khalifé dans un café glauque de Simplon, interview décontractée et un peu fatiguée. La tête ailleurs, je n’avais pas pensé au fait qu’ils puissent parler français, j’avais donc tout préparé… en anglais. Eux non plus ne sont pas tout à fait là. Rencontre pas préparée et en fin de journée = pas une interview mais une discussion qui part tout azimut.

M : Je vous laisse vous présenter comme vous le souhaitez ?

Aymeric : Salut c’est Aufgang… et vous écoutez NRJ (rires). C’est la question la plus difficile que tu puisses nous poser en fait. Ca fait très longtemps qu’on se connaît. En fait j’étais avec Rami au conservatoire de Boulogne il y a quinze ans. Rami est parti à la Julliard School à New York où il a rencontré Francesco. Et moi je suis allé rendre visite à Rami et j’ai couché… (rires, Aymeric devient rouge écarlate) J’ai été avec Francesco heu… mais qu’est-ce que j’raconte !

M : …et tu as rencontré Francesco…

Aymeric : … oui et j’ai rencontré Francesco et… il était super sympa. Et… Aufgang est né de cette union ! (rires)

M : rapidement après votre rencontre ?

Aymeric : Non non… Cinq ans après je crois. On s’est connu en 2000 ou 1999.

Rami : Non j’ai rencontré Francesco en 2000 !

Francesco : Début 2001, avant les attentats.

Discussion pendant 5 minutes sur les dates, des gentils noms d’oiseaux volent.

M : Je ne pensais pas que la question était si difficile ! Donc il vous a fallu huit ans avant de sortir un album ?

Francesco, Rami, Aymeric en chœur : Peut-être / Oui / Non

Eclat de rire général, les gars on se reprend, c’est sérieux ! Francesco reprend le micro…

Francesco : Bon alors, Rami et moi jouions en duo au piano pendant pas mal de temps, en cherchant tout le temps de nouvelles influences, de nouvelles sonorités et collaborations. Et on a eu en 2005 la possibilité de monter un concert avec Rami au Sonar de Barcelone – qui est un peu le festival d’electro de référence. Et Rami a proposé de jouer avec Aymeric qui avait déjà joué avec lui et son père. Moi je connaissais très bien Aymeric mais je n’avais eu l’occasion de jouer avec lui alors qu’eux avaient joué en formation de jazz. Et donc en 2005, on s’est mis ensemble pendant une semaine et on a monté un show d’une heure en une semaine. C’était un peu le lancement du groupe quoi… mais on savait après ce concert qu’il fallait qu’on continue et… il se trouvait aussi que notre futur producteur était dans le public et il a dit « Bon les gars mettez-vous d’accord on enregistre un album ». Après ça a mis, non pas quatre ans mais deux ans et demi. A partir de l’enregistrement jusqu’à la sortie de l’album, il y a eu effectivement deux ans et demi de travail, de postproduction etc.

M : D’où ma question suivante, je me demandais comment est-ce que vous écriviez ces morceaux là, est-ce qu’il y en a un qui donne une ligne et les autres se calent dessus ou c’est vraiment un travail à trois ?

Aymeric : C’est moi qui fait tout… Réponds Francesco

Francesco : Non c’est pour toi

Aymeric : Rami t’es où ? Arrêtes tes mails !

Mince c’est reparti pour un tour, je vais peut-être arrêter de poser des questions en fait, je les dérange et ils ont l’air fatigués… Rami est tendu et fait des percussions avec ses index sur la table sans discontinuer.

Francesco : Ca varie, on a plusieurs façons de bosser ensemble. Mais déjà on vit dans trois villes différentes, c’est-à-dire Paris Beyrouth, Barcelone donc c’est vrai que sans l’email c’est compliqué. On travaille beaucoup en s’envoyant des fichiers. Parfois la base, c’est les pianos, c’est-à-dire qu’on écrit une idée basique, on la développe un peu, on l’enregistre en MIDI, on envoie les fichiers. Aymeric fait des bases rythmiques, des basses, des programmations des synthés, il les renvoie. On redéveloppe les pianos, etc, c’est une espèce de ping-pong à trois. Mais parfois l’idée principale vient d’Aymeric, il nous envoie une espèce de base de track, et sur ce Rami et moi développons des pianos par-dessus mais ça dépend. Mais c’est vrai qu’on se sert énormément de la technologie pour avancer dans le travail étant donné qu’on n’arrive pas encore à se téléporter et à être ensemble toutes les fois qu’on les désire.

Rami : C’est que Logic c’est magique aussi…

Aymeric : Logic c’est magique. C’est le logiciel de production et de composition qu’on utilise pour retravailler les morceaux. On a tous les trois le même pour que chacun puisse travailler et retoucher de son côté.

Francesco : Et puis il y a les moments où l’on retrouve principalement sur la péniche d’Aymeric pour avancer dans l’edit et vraiment concrétiser l’écriture des morceaux, décider des sons. Et après on se retrouve en studio pour mixer. Donc il y a aussi des moments où l’on bosse ensemble pratiquement 24h/24 et puis chacun repart à ses projets et voilà.

Rami : C’est bien d’avoir des projets alternatifs aussi car cela permet de donner un souffle à Aufgang. Parce que si on était que concentré sur Aufgang eh bien… Je pense qu’on a tous besoin de toucher à plein de choses et de pouvoir se retrouver au final pour avancer sur Aufgang. Non ?

Eclats de rire des deux acolytes qui se retenaient. Et c’est reparti pour des désaccords…

Francesco : Si on ne passe pas du temps uniquement sur Aufgang, c’est parce que ce projet n’est pas viable pour nous !

Rami : Si, on pourrait passer plus de temps sur Aufgang, ce n’est pas une question de viabilité mais de richesse culturelle, de pouvoir faire autre chose parce qu’on en a la capacité. On pourrait s’enfermer 6 mois et ne bosser que sur Aufgang, on ne mourrait pas de faim. Ce n’est pas une excuse. L’excuse pour moi c’est plutôt une envie d’explorer autre chose dans la musique.

Ok, tentons de reprendre les rênes…

M : Et si l’un habite Paris, l’autre Beyrouth et le troisième Barcelone, comment se fait) il que le nom du groupe soit allemand ?

Francesco : Bah parce que lui (Aymeric) il est français, lui (Rami) est libanais et moi je suis luxembourgeois.

M : Une triangulation qui ne tombe pas du tout sur l’Allemagne donc…

Francesco : du tout…

Aymeric : Sisi, si tu calcules… nan mais c’est un truc de francs-maçons, tu ne peux pas comprendre !

Francesco : Aufgang l’idée c’est celle de la montée, de monter en altitude. Le Sonnen Aufgang en allemand, c’est le lever du soleil. Pour nous cela se traduit en montée progressive vu qu’on aime la musique minimaliste qui consiste à répéter le même motif et à gagner en intensité et en puissance simplement par le fait de répéter, la montée se produit de façon naturelle.

Aymeric : maintenant tu dois lire sa chronique Titchee car elle avait exactement capté et traduit ça.

A mon tour de rougir comme une tomate, mais je suis contente de constater que je ne me suis pas plantée !

M : Rami tu as évoqué les influences musicales, dans ma chronique je comparais justement votre travail à l’expérimentation à laquelle a pu s’essayer Battles en plaçant la batterie au centre des morceaux, en transgressant les rôles classiques auxquels les instruments doivent s’astreindre. Vos pianos ne sont pas de simples outils, ils deviennent des partenaires dans la mesure où vous expérimentez beaucoup de choses avec, et ils occupent les différents postes du groupe, parfois ils sont centraux, parfois annexes… Quelles influences musicales vous ont marqué pour vous aider, à vous motiver pour façonner votre musique ?

Aymeric : C’est très intéressant cette idée que le piano se substitue à la batterie dans son motif répétitif et sa place pas forcément centrale dans les morceaux.

Rami : De toutes manières, nous ne voulions pas que les pianos soient des solistes dans Aufgang. D’ordinaire on prend le nom du pianiste pour nommer un trio ou un quatuor. Le piano est un instrument soliste par essence. Mais comme nous on est anti-pianistes, et anti-solistes, nous ce qui importe c’est l’atmosphère et le son.

Francesco : Mais c’est ce qu’elle dit, le piano n’est pas un accessoire mais un all-around instrument. On peut jouer des percussions dessus et dedans, on peut jouer des sons qui se rapprochent d’un synthé et qui sont complètement liés dans la programmation qui suit pour l’électronique. Et c’est intéressant car au Sonar en 2005, on avait partagé la scène avec Battles. J’ai entendu cette comparaison plusieurs fois, c’est peut-être pas stylistiquement mais comme nouvelle façon de concevoir comment fonctionne le groupe. Et c’est juste. Après nous on ne veut pas se fixer une formule, là c’est notre premier album dans le sens que déjà on a mis du temps à le produire, à nous focaliser sur la direction dans laquelle on voulait aller, mais il y aura d’autres projets. Le piano est un instrument tellement riche, qui offre tellement de possibilités qu’on va explorer plein d’autres choses. Et on a l’idée pour le prochain album de faire des choses encore plus expérimentales avec des quarts de tons, pousser le côté percussif, et pratiquement jouer de l’anti-piano, s’en servir comme de tout sauf un piano.

Rami : Un nouvel instrument.

Donc là, ils n’ont pas du tout répondu à a question mais c’était intéressant quand même…

M : Sans transition, parce que je n’en trouve pas, il y a au centre du disque un morceau qui marque une symétrie. Il est calme et mélancolique, il est dédié à quelqu’un qui était cher ou vous faites allusion à quelqu’un de connu mais je n’ai aucune culture ?

Aymeric : J’ai perdu un pote très cher en mars dernier et j’ai demandé aux copains à pouvoir lui dédier un titre. C’est un track qu’on avait déjà fait. Au départ j’avais choisi Soumission car Kévin c’était un surfeur toujours parti aux quatre coins du monde. Soumission pour moi c’était une plénitude avec une sorte de chaos complètement fou à la fin. C’était pas mal par rapport à sa personnalité mais je ne voulais pas changer le titre de Soumission donc j’ai choisi ce sans-titre qui semble écrit sur mesure alors que ce n’est pas le cas.

M : Vous avez des dates prévues ?

Francesco : On joue le 19 novembre au Café de la Danse et on bosse sur une tournée fin novembre.

On s’arrête là, mais j’avais oublié d’éteindre le micro. Aymeric est toujours en forme (“Le Pont des Artistes c’est une émission d’Europe 1 ça non ?”), Francesco trouve que Paris manque de vraies nuits et me propose ses services en DJ Set, Rami revient dans la conversation lorsqu’on rêve d’organiser un concert dans le parc de la place des Vosges histoire de secouer tous ces vieux riches…

Merci à Audrey (Discograph) qui a organisé cette rencontre au pied levé.

Cette interview ne sera pas diffusée sur Radio Campus Paris car Rami m’a gratifié d’un concert de percussion de phalanges sur la table et de bip de mails reçus via son IPhone qui ne permettent pas d’exploiter les bandes. Pas de problèmes les gars, vous allez devoir vous y coller à nouveau ;) !

La chronique du disque à retrouver là

La chronique du concert à retrouver ici

TOY FIGHT – Interview de Joujoux très choux @ Coop QG

In Papotages... on avril 23, 2009 at 3:36

21/04/2009 – QG de Cooperative Music

Lorsque j’arrive, Maxime, Sébastien et Jean jouent aux billes. Ils ont l’air content de voir une nouvelle tête et trouvent qu’on pourrait se servir du zoom comme d’un Taser ou d’un Rasoir Electrique. Je leur ai apporté un casse-tête, Jean s’en empare tout content de pouvoir s’occuper. On s’installe, ils essayent de me vendre un disque d’or incrusté dans un parquet.

Interview Hibou, Caillou… Pleine de Joujoux et très Chou, où l’on se retrouve débordés de partout.

Round 1

Round 1

M : Bon allez hop, play, on attaque direct, perso je ne m’attendais plus du tout à votre retour…

(rires) Sébastien : Il est vrai que ça en a surpris plus d’un…

M : Ils ont utilisé quoi chez CitySlang pour vous faire changer d’avis, un jouet hi-Tech ?

Maxime : Ben… ils ont été gentils, ça a suffit !

Sébastien : Ils ont été assez gentils puisqu’au départ on leur a pas forcément donné envie de nous signer vu qu’on faisait partie de plein d’autres groupes, qu’on ne faisait plus de concerts ce genre de choses – et donc ils ont été quand même assez gentils pour continuer à s’intéresser à nous, à bien vouloir nous donner un peu de sous pour faire un disque… donc en fait ça a suffit et c’est déjà pas mal (rires) !

M : Et donc vos projets parallèles c’est encore d’actualité ou ce n’était que des amusements éphémères ?

Maxime : Dans mon cas c’est encore d’actualité avec Please Don’t Blame Mexico ! Dans le cas de David, The Limes c’est plus que jamais d’actualité et puis ben Jean… et sa pléthore de groupe…

Sébastien : C’est la star ! Qui joue dans plein de groupes !

Jean : Je joue dans d’autres groupes, Tahiti Boy… Fugu…

[…]

M : Ok donc c’est toujours d’actualité…

Maxime : oui oui surtout les groupes de Jean…

Jean : Bah toi aussi en ce moment… alors je te retourne le compliment ! (rires)

M : Donc, moi j’avais chroniqué Péplum il y a un petit moment maintenant et…

Sébastien : Non pas Péplum, Anagram Dancies

M : Non Péplum et…

Sébastien : Celui qui va sortir là ? Mais comment tu fais ? Il est même pas sorti ? C’est quoi ton truc ?

M : Coop sont des gens formidables tu sais…

Maxime : ah mais c’est toi Violette !

Sébastien : Ah mais oui merci, en plus elle est bien cette chronique ! Mais t’es hyper en avance sur tes collègues toi ! (rires)

Maxime : … sur ton temps

Jean : … sur ton siècle j’ai envie de dire (rires)

M : Bref (rires) je voulais savoir pourquoi vous l’avez appelé comme ça ce disque, quelle est votre version du Péplum ?

Maxime : Alors l’histoire du titre qui est… cocasse (rire). C’est à dire que une après-midi avec David qui n’est pas là, on avait trouvé comme titre d’album… Contredanse. Et donc le soir on avait l’anniversaire d’une amie, et donc tous nos amis étaient réunis, et on est allé vers une… une amie ! – Puisque toutes mes phrases se finissent par « ami » (rires) ! -qui s’appelle Marika. Et on est donc arrivé vers elle et on lui dit « tiens on a trouvé un titre pour notre album, ce sera Contredanse ». Et à ce moment là elle a répondu « Wow Contredanse, j’sais pas, ça fait un peu pompeux, ça fait un peu péplum ». Et là, on était là avec Seb et David et on s’est dit que c’était ça le mot, et voilà.

Sébastien : Mais du coup y’a pas de rapport vraiment direct avec un amour pour le… genre. C’était plus une association d’idées, on s’est dit que ça convenait bien.

Maxime : En fait c’est le côté archi-prétentieux de ce à quoi ça renvoie le péplum, ce côté surproduction et tout ça… comparé à la relative humilité – et pas humidité (rires) – de la façon dont on a conçu l’album. Le contraste était marrant.

Jean, Sébastien : cocasse.

M : ok, moi je croyais qu’il y avait un lien entre Toy Fight et le fait que le Péplum soit un combat, et puis comme vous n’étiez pas censés revenir alors vous revenez avec grandiloquence, vous faites les choses avec panache… tout ça tout ça…

Sébastien : Pas mal du tout, tu as poussé encore plus loin l’éxégèse que nous en fait !

Maxime : C’est pas mal on le ressortira dans une prochaine interview… (rires) Le prochain album va s’appeler Armageddon en fait… (rires)

M : Bien… Revenons à l’album, j’ai relevé une multitude d’instruments dans cet opus (Sébastien : c’est bien tu as bien écouté !) …et je me demandais si vous étiez plutôt « jouets en bois » – à l’ancienne, classique tout ça – ou jouets super perfectionnés – qui se bidouillent, on peut expérimenter des trucs… ?

Jean : Je tiens à dire qu’on peut expérimenter des trucs avec des jouets en bois (rires) Non mais c’est vrai ! Par exemple tu prends une petite voiture en bois, et ben si t’as une scie par exemple, tu peux la scier et en faire autre chose et…. Tu vois ? (rires) Non mais c’est vrai !

M : Elle ne fonctionne plus ta p’tite voiture si tu la coupes en deux !

Jean : Mais non si tu coupes le dessus tu changes la forme mais elle roule encore ! (rires)

Maxime : Mais comment tu fais de la musique avec une demie voiture en bois ? (rires)

Jean : Non mais ce que j’veux dire c’est que tu peux prendre des choses en bois et expérimenter quand même avec. (rires)

Maxime : Mais ça n’a rien à voir ! (rires) Tu racontes n’importe quoi !

Jean : Mais non parce que tu avais l’air de dire qu’on ne pouvait expérimenter qu’avec des choses très technologiques dans ta question…

Sébastien : Et là je m’inscris en faux (rires) ! Je dis non (rires x10) ! Une voiture en bois sert à expérimenter !

Maxime : Une voiture en bois, une scie et c’est parti !

Fou-rire généralisé… Qu’est-ce qui m’a pris de poser une question aussi déplacée ?

Note à l’attention de Coop : êtes-vous certains de n’avoir mis que de l’eau dans les verres de ces jeunes ??

Jean : Non mais en fait tu voulais parler des instruments acoustiques et des instruments électroniques… C’est pas mal ça comme question… D’où ma réponse, je pense qu’on peut faire de l’électronique avec des instruments d’acoustique… Je pense qu’on peut utiliser un instrument acoustique différemment comme les mecs qui jouent de la guitare à l’archet ou…un Ukulélé avec une baguette quoi !

M : Voilà mais justement vous faites ce genre d’expériences ou pas ? Parce que c’était ça la question ! (rires)

Sébastien : Guitare à l’archet non en l’occurrence.

Maxime : Non non mais en fait de part la limite de nos connaissances en la matière on n’est pas très euh… On n’est pas très matos quoi en fait. C’est juste qu’on s’y connaît assez peu, on va pas tous les après-midis à Pigalle pour chercher les derniers trucs… (petit silence) Non non, t’as eu peur hein ! (rires) On n’est pas des nerds d’instruments, on a quelques petites bricoles avec lesquelles on essaye de tirer le plus de possibilités, desquelles on essaye de tirer le plus de…

Sébastien : Par exemple des boîtes de conserves Jean !

Jean : Y’a des boîtes de conserves et des casseroles qui ont été essayées sur ce disque…

Sébastien : C’est un peu jouet en bois ça non ?

Jean : Sur Minute Song notamment, y’a 2 doubles croches à la boîte de conserve… (rires)

Round 2

Round 2

M : Et sur cet album il y a 16 titres et… (Sébastien : enfin ça ne fait que 35 minutes hein…) je voulais savoir pourquoi il y a ces trois petits teasers : David, Maxime et Sébastien présentent…

Maxime : Alors, l’histoire des interludes… Il se trouve que Toy Fight est un groupe qui polémique énormément et qui débat beaucoup. Donc on passe beaucoup de temps, on a beaucoup passé de temps pendant l’enregistrement à juste discuter.

Sébastien : A débattre des options, à ne pas être d’accord…

Jean : D’ailleurs il y a un ouvrage (rires) qui va sortir, que sont les débats de Péplum (rires), c’est un livre gros comme ça (il écarte les doigts de 10 cm) sur tous les débats…

Maxime : Et Jacques Attali préface hein… ! (rires) … Et donc voilà, quitte à ce qu’on « perde beaucoup de temps » – mais ce n’est pas du temps perdu, sauf qu’on s’en rend compte qu’après mais… Bref, au bout d’un moment, outre parfois l’agacement ou la perte de patience que peut occasionner les débats comme ça, c’est devenu une blague entre nous de toujours tout remettre en cause et tout ça. Et pour prendre le contre-pied radical de ça,  est venue l’idée à un moment de s’accorder dans l’album 33 secondes chacun où l’on ferait absolument ce qu’on veut.

Sébastien : L’idée c’était que les autres n’aient rien à dire, clairement chacun avait son espace de liberté, a seule contrainte étant que cela fasse 33 secondes.

Maxime : 33 secondes voilà… Donc c’étati pensé comme un espace de pure liberté à chacun de nous 3.

M : Et en plus de vous trois, fondateurs du groupe, vous vous êtes fait de nouveaux copains… – Maxime  : Enfin ce sont plus juste des musiciens que des potes hein… / Sébastien : des collègues oui ! (rires) – et vous êtes à présent six dont une fille. Vous avez donc cassé le mythe des garçons qui jouent ensemble, est-ce qu’il y a des jeux de filles et des jeux de garçons ?

Sébastien : Ah ouais en fait tu fais toute l’interview sur le thème du jeu et du jouet c’est pas mal !

M : Oui original hein…

Sébastien : Disons que quand on a décidé de faire ce disque pour CitySlang, on est tombé d’accord assez vite avec Maxime et David pour dire qu’on avait envie d’élargir un peu le groupe… Avoir une vraie batterie, avoir un bassiste et tout. Pauline c’est un peu différent car on la connaît depuis longtemps… elle avait un peu chanté avec nous

Ici digression Classe Prépa ou lorsque l’interview part définitivement en sucette… :

M : en prépa ? Parce que c’est ça, officiellement vous avez fondé Toy Fight en Prépa…

Sébastien : non au lycée. Oui on a fondé Toy Fight en prépa.

M : Littéraire ou Scientifique ?

Maxime : On essaye de le cacher…

Sébastien : oui mais tout le monde le sait (rires). Littéraire.

M : Où ça au fait ?

Sébastien : du coup du coup…

Jean : Où ça elle a dit ! Fais pas la sourde oreille ! (rires) Change pas de sujet tu vas pas t’en sortir comme ça !

Sébastien : Ahhh Où ça ? A Fénelon.

[…]

Maxime : On a des têtes de Féneloniens, « ils ont l’œil droit qui part en vrille c’est des Féneloniens ! ». (rires)

M : Ah et vous ne connaissiez pas une Maroushka.. ; Elle vous aurait plu, elle était complètement barrée, adoratrice de philosophes comme Spinoza et Deleuze. Elle jouait du Bob Dylan et elle venait toujours en cours avec une guitare et son harmonica accroché… Et elle ressemblait à…

Maxime : à rien (rires) ! Non je vois pas mais effectivement ça aurait été un bon sujet d’étude ! C’est donc ton ennemie cette fille ? (rires)

M : Non j’men fiche, ça vient seulement de me revenir (rires)

Maxime : Oh non non j’men fout de cette fille, c’est juste que je la cite dans chacune de mes chroniques, cette chanson est vraiment nulle à chier, ça me rappelle d’ailleurs Maroushka ! » (rires) C’est un peu comme Murat avec Dao quoi, tu la places à chaque fois…

D’accord… Bah c’est marrant. Donc euh…

M : Oui revenons à nos moutons, (rires)

Sébastien : Donc voilà, je reviens à mes moutons. Pauline on la connaît depuis longtemps, elle chantait un peu sur Anagram Dancies, et Jean et Bertrand on les a rencontré plus récemment pour l’album… Donc on cherchait des musiciens on a trouvé des amis… Non je rigole ! (rires)

Maxime : Jacques Ségéla ! (rires)

Sébastien : Bah voilà et puis du coup ça s’est fait assez naturellement…

M : C’était pas une commande de CitySlang par exemple…

Sébastien : Non non c’est nous qui avons décidé qu’on voulait d’autres musiciens.

Jean : Une team

Maxime : Un Krew quoi !

M : D’accord, vous savez quoi c’est la dernière question…

Maxime : Non mais c’est scandaleux c’est quoi cette interview !

M : On continuera autant que tu veux si tu y tiens ! En attendant je termine toujours mes interviews en demandant quels sont les 3 derniers albums qui vous ont marqué ?

[Enorme et long silence]

Maxime : Bon, ce n’est pas du tout du désintérêt pour la question de notre part, on ne répond pas mais c’est parce qu’on est les plus gros nerds de la terre et ça nous prend du temps de répondre à ça…

Donc moi je vais dire Se O Caso E Chorar de Tom Zé. C’est un album de pop brésilienne si on peut appeler ça comme ça. Un album écrit à la fin du mouvement tropicaliste. Des titres assez court de 2-3 minutes maxi. Où effectivement il mêle tradition brésilienne, changement d’accords assez brésilien, perçus et sens du rythme brésilien avec des formats Pop couplet-refrain. Ce qui me plaît c’est la pétulence (rires) Non mais hé ! L’espèce de joie assez enthousiasmante, la façon de jouer et chanter assez vivifiante sur cet album.

Jean : Un peu comme dans le gel douche Ushuaia, il est pétulant… (rires) Bah moi pour prendre quelque chose de plus moderne je dirais le dernier album de Dan Deacon.

Sébastien : et un dernier qui fait consensus auprès du groupe et parce que je trouvais rien d’autre, c’est le dernier album des Walkmen, You and Me, qui est vraiment un de nos albums préférés de l’an dernier.

M : Bon super ! Vous avez autre chose à ajouter ?

Maxime : Non que… Je conseille à tout le monde d’acheter notre disque mais surtout d’écouter les groupes parisiens qui ne sont pas signés comme nos amis de Maison Neuve et Orouni. Et… que y’a plein de choses qui se passent en ce moment en France et à Paris et qu’on espère que les labels vont s’en rendre compte !

M : C’était donc le mot de la fin ! Merci, stop !

Round 3

Round 3

Fin des hostilités, chacun range ses jouets et va chahuter ailleurs que dans les locos de Coop :) ! Maintenant il ne reste plus qu’à aller juger de la performance scénique en mai !

Merci à Michael – Coop, qui a permis cette interview rocambolesque.

Crédits photos : ElDave

MATT BAUER – interview café serré au Père Lachaise

In Papotages... on avril 14, 2009 at 9:20

Paris, 9 avril, début d’après midi. Il fait beau, je retrouve Matt Bauer aux pieds du cimetière du Père Lachaise. Toutes les terrasses de cafés sont prises d’assaut étant donné que le soleil a décidé de pointer le bout de son nez. Je demande à Matt Bauer s’il sait qui est Bashung – qui vient d’être enterré quelques semaines plus tôt – il n’en a jamais entendu parler. Alors je lui raconte les grandes lignes et il prend des notes, consciencieusement. 


Interview café serré, mal préparée.

Salut Matt, comment tu te sens ici à Paris, ça va ?

M.B. :  C’est super, j’aime vraiment cette ville. J’ai de la chance c’est une très belle journée de printemps. C‘est ma troisième fois depuis l’année dernière. J’ai l’impression que les gens sont très gentils et j’ai toujours passé des super moments.

Est-ce très différent de Brooklyn – où tu vis maintenant – ou du Kentucky – où tu as grandi ?

M.B. :  Oui c’est sûr que mon enfance dans le Kentucky à la campagne, près d’une petite ville et également très différent de Brooklyn. New York est aussi une grande ville mais les atmosphères sont très différentes.

Revenons au Kentucky, et parlons de la pochette de ton album. J’ai lu que c’était inspiré du fait divers de The Tent Girl. Lorsqu’on la regarde la première fois, c’est assez frappant. Tu tiens une jeune femme dans tes bras, elle semble morte. Je me demandais si la fille que tu tiens est The Tent Girl, si pour toi la fille est morte ou est-ce qu’elle vit encore ? Est-ce plein d’espoir ou bien de tristesse ?

M.B. :  Je crois que c’est plein d’espoir, sur la pochette je suis censé trouver The Tent Girl et la sortir de l’eau. C’est une fiction car on l’a trouvé emballée dans un drap qui l’empêchait d’être vue. La question reste ouvert car certains pensent que je sauve cette fille et d’autres pensent – vu ma tête (rires) – que je l’ai tuée ou que je la retrouve morte.

Pour moi elle vit, mais c’est parce que j’ai écouté l’album… Car lorsqu’on reçoit le disque au départ, c’est un peu inquiétant. Je me suis demandée quel genre de musique allait ressortir d’un disque avec une telle pochette. Tu as choisi cette image ?

M.B. :  Oui je suis très satisfait de la pochette – réalisée par mon ami Michael Kennedy. On a fait cette série de photos parce que je n’aime pas les photos de promo ou les pochettes classiques des groupes actuels, du style des mecs sont appuyés à un mur et un type les prend en photo comme ça. On voulait quelque chose qui ressemble à la fois à une image extraite d’un film et qui inspire une musique.

Un de mes titres préférés dans ton album est Rose and Vine, Tu peux m’en dire un peu plus à ce propos ?

M.B. :  L’histoire de Rose and Vine – comme toutes mes chansons – est en partie vraie et en partie fictive. J‘aime mélanger 2 ou 3 histoires et qu’il en ressorte une nouvelle version. Rose and Vine est à propos d’un ado qui fuit la maison et il va voir les chevaux et monte une dernière fois avant de partir. Et ma mère et moi avions un cheval que nous avons élevé. Donc pendant cette chanson je pense à mon cheval durant mon enfance mais j’imagine aussi l’histoire de Barbara Taylor – The Tent Girl. On ne sait pas trop si elle s’est enfuie de chez elle mais on ne sait pas exactement où elle était les derniers jours avant sa mort, on l’a aperçu pour la dernière fois dans la ville où j’ai grandi. Donc j’ai pris des tranches de vie de ces différentes histoires et voilà…

Tu étais gamin quand on a retrouvée cette femme ?

M.B. : On l’a retrouvé en 1968 (rires) donc non. Ce qui était intéressant dans cette histoire c’est que personne n’a su qui elle était pendant environ 30 ans après sa mort. Après un homme qui pensait savoir qui elle était a obtenu le droit d’exhumer le corps et de faire des tests ADN et confirmer son identité. Je n’étais pas né lorsqu’elle est morte.

Tu as dit que tu vis à présent à Brooklyn, est-ce que tu as là-bas des amis musiciens ?

M.B. : Oui… en fait j’ai une tonne de super amis (rires). Une de mes préférées, c’est Sharon Beneton. Ses chansons  sont géniales mais sa voix plus encore est fascinante. Je ne peux pas dire à qui elle ressemble, mais sa voix porte tellement… c’est vraiment une de mes préférées. Qui d’autre ? Il y a énormément de très bons musiciens qui jouent dans différents groupes. Je joue souvent avec deux frères, Jay et Alex Foot. Jay joue de la upright basse et Alex de la guitare. Récemment nous avons beaucoup joué en trio. Ils sont vraiment géniaux. Laisse moi trouver d’autres groupes… hem Cristal Stilts est excellent, John Black, Lewis and Clark… pas exactement de New York, mais ils sont bons quand même (rires) ! She Keeps Bees en est un autre, un duo et… il y en a tellement !

Sur ce dernier album, tu as collaboré avec Alela Diane et Mariee Sioux, c’est nouveau ? Tu aimerais continuer de travailler avec des voix féminines ?

M.B. : Oui, Alela interprète un titre sur le dernier, et Mariee chante sur le dernier et le précédent aussi. Je crois que ces voix complètent bien la mienne. J’aimerais réentendre mes chansons sans les voix juste pour voir (rires). Il y a aussi d’autres interprètes comme Angel (Deradoorian, ndt), elle est aussi vient d’un autre groupe génial de New York – des Dirty Projectors que j’aime beaucoup – mais elle chante entièrement sur Sheltering Dark tout au long du titre, sans aucune harmonie. Et lorsque je mixais l’album et que j’ajoutais ma voix, je n’arrêtais pas de penser « cette voix est mieux que la mienne ! » (rires), c’est plus marrant d’écouter les autres (rires).

Lorsque je t’ai vu la première fois, je sortais du concert de Mariee Sioux et je n’avais pas reconnu que c’était la même qui chantait sur ton album, sa voix était différente.

M.B. : Tu as raison, j’ai adoré notre collaboration. Je crois que les gens chantent différemment suivant leurs collaborations. Je chante très calmement et elle réalise des chansons très différentes de cela habituellement. Il s’est passé la même chose avec Alela. Pour le titre avec Alela, elle l’a enregistré lorsqu’elle est passée à New York. Et lorsque je lui ai fait écouter le montage final elle m’a demandé quelle fille chantait (rires) ! Et je lui ai répondu que c’était elle (rires) ! La façon dont elle chante est très calme, nos façons d’enregistrer sont très différentes, là on était dans une toute petite pièce, elle chantait très calmement donc je crois qu’elle n’était pas dans ses conditions habituelles, ça a modifié sa voix et c’est probablement la même chose qui s’est passé avec Mariee. Je crois que c’est d’ailleurs ce qui fait un bon chanteur, capable de chanter différemment, de s’adapter aux chansons au lieu de faire seulement ce qu’il a l’habitude de faire.

… et sans transition (rires) tu joueras la semaine prochaine avec Troy Von Balthazar au Nouveau Casino, est-ce que tu l’as déjà rencontré ?

M.B. : Non je ne l’ai encore jamais rencontré. Mais je suis assez impatient car j’aime beaucoup ce qu’il fait. Je l’ai vu dans quelques spectacles et c’était bien (rires).

Tu prévois de faire quelques titres avec lui ?

M.B. : (rires) J’y avais pas réfléchi mas oui ce serait génial ! Je ne sais pas du tout si on aura cette possibilité ! Viens le 17 pour vérifier toi-même (rires) !

Et pour finir, pourrais-tu me dire quels sont les 3 derniers albums que tu as écouté et qui t’ont marqués ?

M.B. :  J’ai écouté The Pupils de Daniel Higgs et un autre qui viennent tous les deux du groupe de post-punk Lungfish. C’est sorti en 2002 ou 2003 mais je viens seulement de l’écouter (rire). J’ai aussi écouté un artiste de Californie, Garrett Pierce, il sort un nouvel album en ce moment même, ça s’appelle All Masks. Ses titres sont supers et une tonne de supers artistes y ont participé. Et pour finir je recommanderais le nouvel album de Jolie Holland, The living and the Dead, et je ne dis pas ça parce que c’est mon amie (rires). J’adore sa voix mais son écriture est tellement géniale, c’est rare et généreux, je dirais qu’il faudrait l’écouter un million de fois… ! (rires)

Fin du quart d’heure, le rayon de soleil se cache, je raccompagne Matt chez Zamora, il me raconte ses mésaventures liées au jetlag de la veille et ses interrogations quant à la pertinence de ses interventions sur d’autres radios… Radio Campus Paris est finalement la première radio à vraiment s’intéresser à lui en France, ahahah…

Petite digression sur la barbe : après avoir testé la douceur soyeuse de la barbe de Sébastien Tellier, celle de Matt Bauer était plus rêche mais aussi plus moelleuse… 

Pour le plaisir des oreilles, la sélection musicale de Matt Bauer , du punk, du rock, de la folk… bien énergique dans l’ensemble pour quelqu’un d‘aussi calme et doux.

www.myspace.com/crystalstilts

www.myspace.com/shekeepsbees

www.myspace.com/lewisclarke

www.myspace.com/dirtyprojectors

www.myspace.com/garrettpiercemusic

www.myspace.com/jolieholland

METRONOMY – au QG Because – 9 avril 2008

In Papotages... on novembre 14, 2008 at 10:41

Mercredi 9 avril 2008, midi pilepoil, un rayon de soleil perce timidement.

 

Oscar Cash, Joseph Mount et Stebbing

Oscar Cash, Joseph Mount et Gabriel Stebbing

J’ai rendez-vous dans les locaux de Because Music avec Metronomy, le trio anglais dont le carton à venir ne fait pas l’ombre d’un doute. Parquets en chêne, triple moulures, belle hauteur sous plafond, jardin à la française… Joseph Mount, Oscar Cash et Gabriel Stebbing sirotent un café, de l’eau, et du lait, et regrettent de ne pas être encore des stars pour s’octroyer le droit de fumer sans devoir sortir. Sous les maquettes grandeur nature de James Deano et son père le commissaire, ils se lovent paresseusement dans de vieux canapés en cuir.

 

Soudain My heart rate (un peu trop) Rapid lorsque je me trouve seule avec eux, interview chic et cosy avec les mecs les plus cools de Paris ce mercredi.

 

Mauve : Salut Metronomy, ravie de vous rencontrer, Je m’appelle Mauve et je travaille pour la R.A.D.I.O. J’ai encore du mal à croire que je vous ai tous les trois pour moi toute seule !

Joseph Mount, Gabriel Stebbing, Oscar Cash : Hello Mauve ! Oh mon dieu c’est elle Radio Ladio !

M. : Bon donc j’ai quelques questions à vous poser. Peut-être que je vais commencer avec toi  Joseph Mount…

Tous : (rires) ouais !

M. : …parce que tu as écris et composé tous les titres du premier album, après tu as fait des remixes de plusieurs tubes d’autres groupes comme Architecture and Helsinki, ou Sébastien Tellier (J.M. : Oui) ou… je ne sais pas, Kate Nash !

Joseph M. : (rires)… ouais !

M. : …et pour ce nouvel album, c’est encore toi qui a composé toutes les pistes. Pourtant tu n’es pas seul, vous êtes 3 avec Oscar Cash et Gabriel Stebbing, donc tu dirais qu’il y a 2 Metronomy ?

Joseph M. : Il y a 3 Metronomy ahah… Hum, non il y a 2 facettes de Metronomy mais Metronomy c’est nous 3 maintenant : c’est moi pour les trucs de studio et nous 3 pour les trucs en live, ils peuvent m’aider !

M. : Donc vous êtes un groupe ?

Joseph M. : Oui nous sommes un groupe maintenant.

M . : Bien… donc votre second album Nights Out, ça ne parle que de vie nocturne ?

Joseph M. : Oui (rire), non vraiment, lorsque j’ai commencé à l’écrire, c’était vraiment à propos de la vie la nuit. Mais après j’ai ajouté des compos parlant de crash en voiture (rire) !

M. : Ouais, c’est l’ode du « vas-y danse toute la nuit et crashe-toi au petit matin » !

Joseph M. : Elle s’est crashée, pas moi (rires) !

M. : C’est pas une vision très optimiste de la vie nocturne quand même…

 Joseph M. : Si, c’est optimiste de dire que je pourrai rencontrer une fille (rires) et elle pourrait essayer et…

M. : (rire) se crasher ?

Joseph M. : …et se crasher (éclat de rire). Bon d’accord ce n’est pas très joyeux, mais je crois qu’un album joyeux pour Metronomy aurait été vraiment trop facile (rires de tous).

M. : Exactement, vous vous ennuyez sur le dancefloor mais votre album va faire un tabac sur le dancefloor !

Tous : (rires) exactement, voilà c’est exactement ça ! Vous allez écouter ça et apprendre de vos erreurs !

M. : …et on ne se crashera pas sur l’autoroute à la sortie !

Tous : (rires) C’est une sorte d’album de sécurité !

Gros éclats de rires, tout bien considéré on se marrait beaucoup, peut-être qu’ils n’avaient pas que du lait dans leurs verres…

M. : Sur ce nouvel album, il y a pas mal de nouveautés, notamment le fait que vous chantez beaucoup plus, est-ce parce que vous étiez trop timides auparavant ?

Joseph M. : Je pense que oui. Quand j’ai écris le premier album, j’étais en train de faire d’autres choses en même temps, j’essayais de chanter des trucs mais j’imaginais trop ce que les commentaires que les gens feraient. Et après quand on a commencé à jouer en live, on a commencé à chanter Radio Ladio et je crois que depuis qu’on chante tous les trois, ça nous a donné confiance.

M. : C’est aussi pour ça que vous avez des danseuses et des chorégraphies, pour vous donner confiance ?

Joseph M. : Oui oui exactement

M. : Une des mes chansons préférées est My heart rate rapid, vous pouvez m’en dire plus à propos de ce titre ? Parce que Because m’a donné une énorme bio mais il n’y a rien sur cette chanson !

Joseph M. : Ouh là en effet ! (rires) Mais en fait y’a pas grand chose à dire sur ce titre, il n’y a pas de paroles hormis le refrain (Oscar Cash : c’est un titre pour danser…) Oui c’est plutôt un titre dansant, j’ai lu que quelqu’un pense que c’est une bande son pour film de science fiction, genre rencontre du passé et du futur… (Mauve : Vraiment ?) ahahah c’est barge…

M. : Bon parlons de clips vidéos maintenant, ils sont barrés mais vraiment bons selon moi… et d’ailleurs c’est pour vous que je portais ces collants (vert turquoise ndr), je croyais que vous seriez habillés de couleurs mais vous êtes tous en noir ! (éclats de rires, tous : beau boulot ! oh c’est trop chou ! merci et pardon, on se fringue jamais comme il faut !) Vous voulez rendre vos clips les plus kitsh possible ?

Joseph M. : Pour Radio Ladio ce n’était pas notre intention, mais nous avons suivi les instructions du réalisateur du clip. On était vraiment crevés ! Quand on tournait le clip on ne comprenait plus trop ce qui se passait ! (crise de fou rire de Gabriel Stebbing) On faisait une pause dans une tournée très longue, donc on était un peu naze toute la journée (rire). Et ensuite on a réalisé qu’on avait tourné un truc avec une explosion de couleurs et super kitsh… Mais ça a marché au final, c’est bon.

Oscar Cash : Et après, on était tellement traumatisé par Radio Ladio que pour My Heart Rate Rapid on a décidé de ne pas apparaître dans le clip ! (rires de tous) Donc ça a été tourné à Vancouver, au Canada, de l’autre côté de la planète, le plus loin possible de nous, mais j’aime le fait que ce soit bizarre. Radio Ladio a des milliers de vues sur Youtube. On a des proportions égales de gens détestant le clip et l’adorant. Et je pense qu’il n’y aurait pas autant de gens à le regarder si ce n’était pas si bizarre et marginal. (rires)

M. : Comment vous viennent les idées, les sujets de vos albums ? Est-ce au hasard ?

Joseph M. : Oui, je crois que cela provient beaucoup des concerts, l’année dernière on a beaucoup joué toute la nuit dans des boîtes ou des clubs. L’idée c’est que quand je sors je passe du bon temps.

Oscar Cash : Et quand on joue à 2 heures du mat’ ou 3 heures du matin, que tout le monde a des têtes de déterrés et tu dois jouer. A la Fabric de Londres (rires) on a joué plusieurs fois. La première fois c’était « Wow, tout le monde devient barjo » et lorsqu’on a arrêté la musique, tout le monde a continué de danser (rires) et on s’est aperçu que personne ne se souciait de nous ou de notre musique ! C’était juste du bruit ! Comme une vache qui meugle tu vois… Ensuite on a fait un tour dans le club, il n’y avait que toutes ces boissons très chères, et tu vois…

Joseph M. : Oui et le fait qu’on essayait de faire de la musique dans un endroit surpeuplé, où les gens ne savaient pas faire la différence entre les instruments – car on a un saxophone, un clavier ou ce genre de choses ça a beaucoup joué sur les thèmes. Mais sinon non, c’est plutôt au hasard…

M. : Dernière question classique, pourriez-vous me citer vos trois albums favoris de ces six derniers mois ?

Tous : Le premier c’est définitivement Mgmt, il est vraiment bon cet album. C’est difficile heu… c’est trois albums chacun ou à nous trois ? (rires) Ah oui, Mystery Jets, c’est très pop, de la pop mélodique, mais je crois que ça a dépassé les six derniers mois (rires). Moi je n’ai pas écouté d’albums… (M : Vous avez écouté Hercule and Love Affair ?) oui c’est pas mal… Ou si, Vampire Weekend… enfin non je ne peux pas dire ça car je n’ai pas acheté ce disque (rires)… Je n’aimerais pas l’acheter d’ailleurs !

 

On arrête là, les british m’expliquent qu’ils ont faim et comptent profiter de leur passage en France pour se nourrir correctement, ils me claquent la bise et me raccompagnent par le beau jardin. Yop yop, remballage, je file à la maison, écoute les bandes en croisant les doigts pour bien comprendre leurs accents, presque Ecossais parfois, et écoute Mystery Jets la tête encore un peu ailleurs…

OF MONTREAL – Square d’Anvers – 14 octobre 2008

In Papotages... on octobre 17, 2008 at 8:26

Hôtel qui ne paie pas de mine de l’extérieur, mais plein de charme une fois qu’on est dedans, square d’Anvers. Les membres d’Of Montréal ont raté leur avion et du coup leur comité d’accueil est plutôt fourni. Le temps que ce soit mon tour, je discute avec Brian Poole, tout d’orange et rouge vêtu, assumant pleinement son revival néo-hippie (non sans blague je ne pensais pas que ça existait encore : un pantalon rouge en velours à gros chevrons !).

Lorsque vient mon tour de poser mon micro et mes questions, Kevin Barnes est tout étonné que je tienne à interroger ensemble plusieurs membres du groupe, il n’a pas l’habitude et a l’air très content de ne pas devoir se taper seul la promo de 10 personnes pour une fois.

Interview pressée entre un shooting et une télé, du plus borderline et charmant des groupes US.

M : Salut Kevin, salut Brian, moi c’est Mauve, ou Violette si c’est plus facile pour vous.

Kevin Barnes et Brian Poole : Ah cool ! c’est sympa. Ah ah !

M : Dites-moi, je crois qu’en France on a un problème car on dit toujours « Of MonRéal » au lieu d’ « Of MonTRial », j’espère que ça ne va pas trop vous saouler pendant 2 jours !

K.B. : Ouais c’est pas grave, maintenant on sait dire « de Moneréal ».

M. : Donc, Of Montréal c’est 11 ans d’existence et 9 albums, vous vous considérez comme un vieux groupe ?

K.B. : Euh… eh bien…

B.P. : On a grandi tu sais, on a beaucoup évolué depuis les premières chansons de Kevin ou on l’on sortait des petits trucs, c’était plus influencé par les Kinks ou les Beach Boys ou… un tas de choses comiques qu’on ne va pas citer [K.B pouffe de rire]. Mais la façon d’écrire les titres a évolué, les influences ont été digérées et je pense le plus il écrit de titres, meilleures elles sont. Donc on a un peu grandi, plutôt que vieilli finalement.

M. : Kévin, tu écris encore toutes les paroles seul ou… ?

B.P. : Oui Kévin écrit encore tout seul tous les titres

M. : Dans Skeletal Lamping, on trouve selon moi beaucoup de nouveaux thèmes dans votre musique. J’aime par exemple la sorte de rap dans Wicked Wisdom, c’est très drôle [K.B pouffe à nouveau de rire, il lui ont donné de l’oxygène en barre dans l’avion ou quoi ?]. Diriez-vous que c’est un tournant dans votre carrière ? Est-ce que vous recherchez de nouvelles choses ?

K.B. : Oui exactement, je recherche en permanence des choses nouvelles, de nouvelles inspirations… et je le crache dans les studios. Pour moi c’est toujours comme ça, je découvre quelque chose, j’entends quelque chose, et je me dis « Je veux essayer quelque chose comme ça » tu vois ? Donc j’ai laissé trainé mes oreilles du côté de Curse Mayfield et dans différentes grandes villes, j’ai réécouté pas mal de funk et soul des années 70 et… oui ça été une grosse part d’inspiration du nouvel album… Tu sais, la plupart des titres sont beaucoup plus inspiré de ce genre musical. Il y a quelques années ce qui me m’intéressait c’était plutôt la pop sixties et tout ce qui pouvait s’y apparenter et je m’identifiais beaucoup à ce genre, et j’essayais de faire sonner les titres comme ça et maintenant c’est beaucoup plus funk et soul.

M. : Ok …euh…[là, j’étais pas certaine d’avoir tout saisi car il avait parlé à toute vitesse et je me mettais à comprendre pourquoi c’était mieux si Brian parlait , en réécoutant ça a été finalement !] Comparé à vos opus précédents, j’ai trouvé que sur le dernier, vous avez l’air beaucoup moins déprimé qu’avant. Etes-vous plus heureux, est-ce parce que vous comprenez mieux qu’avant la manière dont votre cerveau et vos émotions fonctionnent ?

K.B : Oui exactement, beaucoup mieux.

M. : Au fait, nous les français avons un autre problème, celui de réussir à traduire correctement les titres de vos albums et chansons. Pour Skeletal Lamping, vous pouvez m’expliquer ?

K.B. : Ca peut vouloir dire un tas de choses, mais pour moi, j’ai pensé que ça voulait dire « Mets ton squelette à nu et allumes la lumière » tu vois ? Plein de titres évoquent des sujets tabous ou embarrassants qu’il est de bon ton de ne pas aborder, on les mets sur la table, on enquête, on fouille… Mais « Nonpareil (1)» ce n’est pas un mot français ?

M. : euh… si mais non, on ne pas l’utiliser comme ça, ce n’est pas la même construction, on dirait « pas pareil » et pour votre titre « un parfum sans pareil » ou quelque chose comme ça…

K.B. : ah ah ok zut… j’ai compris…

M. : Avez un morceau préféré sur ce nouvel album ?

K.B. : hinhin… peut-être justement le premier morceau, Nonpareil, c’est nouveau pour moi par rapport à ce qu’on avait l’habitude de faire, c’est plus facile, et il y a une sorte de composition intéressante car le début est totalement différent de la fin. Qu’est-ce que t’en pense Brian ?

B.P. : Heu… j’en sais rien, comme nous avons appris tous ces morceaux récemment et qu’elles fonctionnent en bloc, cela s’apparente plus à un élément d’un tout pour moi. Il faut que j’aille encore écouter l’album et je pourrais peut-être en extraire quelque chose et m’en souvenir ! Je veux dire, quand Kevin nous apporte des nouveaux titres, parfois je les aime tout de suite, parfois il me faut du temps pour me les mettre en tête… Mais pour quelques raisons, ma chanson favorite en ce moment est Beware our Nubile Miscreants.

M. : Bien… à propos de Paris maintenant, vous allez jouer demain à l’Elysée Montmartre, vous aimez bien cette ville ? Parce que là vous avez de la chance il fait beau mais… Vous trouvez un intérêt particulier à commencer votre tournée dans cette ville plutôt qu’une autre ?

K.B. : Je crois que c’est toujours excitant d’être à Paris ou Londres, ce sont des villes super. Quand on joue aux Etats-Unis il y a tellement d’endroits où jouer et la plupart du temps c’est amusant, mais les villes en elles-mêmes ont peu d’intérêt, peu d’histoire, nous on a une vue romantique de Paris. C’est ce que je pense, et toi Brian ?

B.P. : Ouais, j’aime beaucoup Paris, c’est probablement l’une des villes où l’on préfère aller. En fait on n’aime pas tant que ça aller en Angleterre parce que le climat est en général plutôt effrayant et la nourriture est plutôt effrayante… (rires) et je pourrais continuer ! Mais Londres est sympa, y’a plein de trucs à faire et le temps est meilleur ! J‘aime beaucoup Londres et j’aime beaucoup Paris aussi parce que a fait de bons spectacles. On se sent aimés ici

K.B : Et aussi, à Londres on va toujours au même endroit, pour quelques raisons les anglais pensent qu’on fait une All Star tour à l’américaine, mais je n’ai pas ressenti ça en France. En France, on se fout un peu d’où tu viens, enfin c’est mon expérience. Alors qu’en Angleterre, s’ils nous entendent, ils entendent notre accent et on peut passer un mauvais moment (rires) ! C’est pas cool !

M. : Dites-m’en un peu plus à propos de ce Georgie Fruit, est-ce que vous avez choisi ce nom ou il vous a été donné par quelqu’un… ?

K.B. : Je ne peux pas vraiment le dire… Georgie Fruit c’est quelque chose qui a grandi dans mon esprit, c’est une sorte de jeu de rôle que j’aimais jouer, un personnage. Et pour beaucoup de personnes, j’étais ce personnage fictif en dehors de ma vraie personnalité. Et j’ai lentement réalisé que c’est impossible d’être en dehors de soi-même en même temps que cela te définisse. Ca n’a pas d’importance, si ça vient de toi, alors c’est juste une composante de ton psychisme, et c’est une voix de cet autre aspect de ta personnalité que tu n’as n’avais jamais exploré jusque là… Donc maintenant, j’essaie de tuer cette histoire de Georgie Fruit car je n’ai pas envie que les gens pensent que l’album a été fait à des fins fictives, que si ce n’est pas réel alors cela ne vient pas du cœur. C’est pour ça que j’essaie de l’étouffer autant que possible.

Je ne sais pas d’où est venu le nom, Georgie Fruit a une connotation comique. Pour nous Georgie est un nom rigolo comme « Oh Georgie… ? » tu vois c’est un nom bizarre (rires) ! Et « Fruit » ça sonne un peu bizarre, un peu comme « Freaky », un peu naze, c’est un vrai « Fruit Cake ».

M. : Et qu’en est-il de vos dessins ? Vous dessinez toujours tout ?

K.B. : Ce ne sont pas mes dessins mais ceux de mon frère ! Je suis un très mauvais artiste et mon frère a beaucoup de talent (rires). Ma femme et mon frère ont fait tout ça ensemble, tous les trucs comme les objets offerts avec le dernier album (2).

M. : Et sur scène vous avez des genres de mimes, des performers qui exécutent des fresques ou des tableaux, vous planifiez aussi ce qu’ils font ou ils sont libres de s’exprimer comme ils veulent ?

K.B. : Un peu une combinaison des 2, d’habitude on a plutôt des concepts mal dégrossis de ce qu’on veut et les artistes font comme ils veulent. Mon frère a cette fois dirigé les choses en ayant telle ou telle idée, en leur désignant les costumes et en leur expliquant que c’étaient les personnages qu’ils joueraient dans les différentes scènes. Mais parfois les coupures dans les morceaux sont tellement franches que les personnages n’ont plus rien à voir avec la musique. Par exemple dans She’s a rejector (3) les 4 sont déguisés en cowboys et s’assoient à table pour jouer aux cartes, l’un d’eux en a marre et comme dans les films d’Hollywood il commence à fracasser la bouteille sur les autres. Et là j me suis dit « d’accord on va avoir une grosse bagarre et tout le monde va se mettre à poil sur les tables et se bastonner et même en dehors de la scène. Mais c’était une vision barjo et on l’a finalement fait sous forme d’images statiques.

 

  1. : Nonpareil of flavour, premier morceau de Skeletal Lamping.

  2. : Vous pouvez au choix avoir un lampion chinois, des décalcomanies…

  3. : album précédent

Sébastien Tellier à l’EMB – Sannois

In Papotages... on février 1, 2008 at 6:22

1er février, EMB – Sannois, 17h…

Un calme olympien règne dans la salle, Sébastien est devant les loges au premier, au fond d’un canapé, perdu dans ses pensées, il ne nous a pas vu arriver…

Un homme, une femme, entretien sexué et non-censuré de Monsieur Tellier…

Mauve : Pour vous présenter, pouvez-vous me faire un autoportrait façon speed-dating ?

Sébastien Tellier : (rire) oui ! Alors c’est peut-être pas mon exercice préféré mais enfin je dirais que je suis un… mettons un… blind speed-dating. Je suis un grand jeune homme barbu, j’ai les cheveux longs, je suis évidemment musicien et je pourrais me définir comme euh… comment, lunatique ! Voilà je dirais que lunatique c’est bien.

M. : Et la barbe, c’est un intérêt dans le cadre du…

[nb : Sébastien a la barbe aussi douce que la soie, j'ai pu m'en rendre compte lorsqu'il m'a fait la bise]

S.T. : Ben déjà le premier intérêt de la barbe c’est qu’on n’a pas à se raser, ce qui est déjà un intérêt énorme. Et puis aussi ça fait qu’on n’a pas un visage de bonhomme en plastique, ça fait quelque chose de plus vivant…


M. : du relief !

S.T. : Ouais voilà…C’est moins conventionnel et ça fait peut-être un peu moins… salarié d’entreprise peut-être… (rires).

M. : Ok, donc Sexuality est votre troisième album… déjà ou enfin…au choix (rire Sébastien : au choix oui)… Encore une fois vous vous êtes entouré de conseillers de qualité, il s’agit cette fois de Guy Manuel, le second, celui qu’on appelle « le second Daft Punk » (S. : Oui, un des Daft Punk). Votre album comporte 11 titres, on commence sur la plage à Biarritz, et l’on termine sur des interrogations plus personnelles sur votre vision éventuellement de la sexualité en général (rire). Comment est-ce que vous avez fait ce choix d’organisation ?

S.T. : Euh… Moi je vois toujours… Ben déjà j’aime les albums « concept », pour moi les albums qui ne sont pas des albums concept ne sont pas des vrais albums. Ensuite j’ai toujours la même vision pour tous mes albums, même si la musique est très différentes, c’est euh… voilà un album ça commence quand le jour se lève et puis ça se termine à la fin de la nuit. Et je dirais que c’est un petit peu ça que j’ai essayé de faire, c’est-à-dire que ça commence un peu avec la fraicheur, le réveil et puis l’espoir (rire), et ça se termine en …en…bah en… en bilan psychologique (rire).


M. : Et ce bilan vous le voyez où ? Plutôt au fond de votre lit ou vous êtes…dans la cuisine en train de vous engueuler ?

S.T. : Je me vois en fait, non je me vois en fait quand je m’imagine, je me vois toujours au piano dans mon salon (sourire), en fait c’est là que j’aime bien être. Et puis c’est vrai que souvent, c’est là que tout commence puisque c’est avec le piano que je compose presque tout et puis c’est là que tout se fini aussi puisque de toutes façons quand je fais un concert ou n’importe quoi…quand je rentre chez moi je pianote toujours un petit peu donc euh…pour moi le piano c’est toujours le début et la finquoi, voilà.

M. : Et est-ce que l’ordre des titres correspond à l’ordre de composition ?


S.T. : Euh… non non non non ça… Moi… une fois… déjà pour cet album j’ai composé entre 30 et 40 morceaux mais, et donc un fois que j’ai fait le tri et tout ça, j’avais pas d’ordre… C’est une fois que les morceaux sont mixés, moi je choisis un ordre je dirais qui… C’est l’efficacité que je recherche avant tout avec l’ordre… voilà, là le concept il est général, mais bien que ce soit un album conceptuel c’est pas un album qui raconte une histoire donc on peut mettre les morceaux dans le désordre.

M. : Dans Divine, qui est un des titres donc, on sent une sorte d’appel aux seventies, est-ce que c’est une période que vous aimez particulièrement, où le sexe était plus libre ?

S.T. : Bon alors j’étais tout enfant, tout bébé on peut dire dans ces années là donc le sexe, bon évidemment je ne l’ai pas trop vécu, enfin vécu d’une certaine façon mais pas comme on l’entend… et mon coeur sera toujours seventies puisque je suis né en 75 donc j’aime toujours la musique de mon enfance. C’est les notes qui m’ont le plus marqué, c’est les notes qui me touchent le plus et…je pense que je serais toujours seventies de coeur même si j’ai de plus en plus de mal à écouter des sons seventies, à écouter à la maison un disque seventies. De plus en plus ça me plombe et ça me plonge dans une ambiance un petit peu cafardeuse mais bon, mon coeur est toujours dans les seventies voilà.

M. : Et des films seventies ?


S.T. : Des films seventies bah oui complètement. C’est vrai qu’un petit peu bon, les seventies c’était à la fois le… comme c’était avant le numérique c’ était la fin de l’analogique où tout le monde sur-maîtrisait l’analogique, la pellicule tout ça donc, il y avait aussi cette espèce de maîtrise de… on avait eu le temps de s’adapter pendant longtemps à un mode d’enregistrement donc on était au sommet. C’est une sorte d’age d’or mais qui était aussi la fin de quelque chose mais voilà les disques des Beegees, bon ce n’est pas du cinéma mais, c’est bien fait parce que les mecs avaient l’habitude de chanter comme ça, sans faire dix millions de prises, faire des prises au début et à la fin des morveaux et en même temps les ingés sons, toute l’équipe, les… l’analogique ils connaissaient parfaitement, les studios étaient parfaitement maîtrisés et… voilà c’était la grande époque. Mais c’est vrai que pour le cinéma euh… oui le cinéma seventies aussi. Bon j’aime un peu tout de toutes façons…

(sourires, un ange passe…)

M. : Donc le single, qui était Sexual Sportwear, est comp…euh, est instrumental. Donc on n’entendait pas votre voix, vous vouliez faire durer le plaisir un peu plus longtemps ?

S.T : (rire) Bon alors Sexual Sportwear oui, alors c’est vrai que c’est ce qu’on a sorti en premier mais ce n’est pas le premier single c’est l’apéritif ! C’est-à-dire que c’est l’instru justement que voilà qu’on a sorti pour dire attention le disque va bientôt sortir et les vrais singles vont bientôt sortir mais c’est plus un apéritif. Et puis sinon je n’ai pas mis de paroles parce que pour moi Sexual Sportwear c’est les vêtements de sport, parce que tous mes fantasmes sont remplis de vêtements de sport, de shorts en mousse, de petits hauts très courts et tout ça. Et pour moi, disons que la musique c’est le mouvement et les paroles c’est l’esprit et donc là comme je parle de sport et de vêtements de sport, il n’y a pas d’esprit, il n’y a pas de cerveau finalement donc il n’y a pas de paroles…

M. : D’accord, ce n’est pas du tout évoquer soit que le sexe vous fait suer (rires) ou soit qu’il faut suer pour le sexe ou…

[nb : Sébastien se met à parler très vite, attention il faut suivre :-) ]

S.T. : Pour moi finalement cette chanson, c’est la plus conceptuelle de l’album parce que finalement, je parle de Sexual Sportwear, j’imagine un petit short éponge. Donc ça semble assez superficiel tout ça mais n’empêche que le désir que crée ce short en éponge, c’est le désir sexuel en général, c’est finalement l’origine de la vie, c’est la reproduction, c’est la biologie. Ce désir là c’est ce qui fait finalement que le monde existe et puis… et donc finalement un petit short en sport qui semblait comme être rien du tout, donc finalement, avec ce genre de trucs ou… un string ou… des trucs comme ça, finalement on touche à la création de la vie.

(l’ange repasse)

M. : D’accord… Lorsqu’on arrive vers la fin de l’album, il y a une des chansons qui est dédiée à la bisexualité (rire Sébastien), est-ce que les bisexuels ont deux fois plus de plaisir ?


S.T. : bah alors… (rire). Ce qu’il y a c’est ce que je dis dans la chanson, c’est que déjà ils sont très chanceux parce que bon effectivement ils goûtent à tous les plaisirs. Mais ce qui me plaît surtout chez les bisexuels c’est qu’ils font preuve d’ouverture d’esprit et que…c’est, à part le plaisir sexuel, ce sont souvent des gens qui goûtent effectivement à tous les plaisirs même dans la vie, c’est des gens qui… je veux dire… je sais pas c’est comme si… c’est quelque chose que j’imagine mais c’est comme si je ne me sentais pas jugé par les bisexuels… ah ah ah ah (rires) ou je ne sais pas je me sens accepté par les bisexuels (rire).

M. : Alors on arrive vraiment vers la fin de l’album, Manty retentit de rires cristallins (Sébastien : oui), plutôt cristallins, elles rient de quoi ? Elles rient de l’amour à l’italienne ?


S.T. : Euh ben je pense que, finalement d’une certaine manière même si c’est l’homme qui… si l’homme est plus puissant que la femme par sa force physique, il est quand même maîtrisé par la femme et je veux dire que quand j’imagine le monde, j’imagine que les mecs les plus cool – bon dans mon esprit c’est très divisé, c’est-à-dire qu’il y a les gens bien, les merdes, enfin…c’est très simple ! - et je dirais que les mecs qui essayent d’être vraiment cool, c’est des mecs qui commencent un petit peu à ressembler à des femmes. C’est-à-dire que Mick Jagger ressemble un peu à une femme, c’est pour ça qu’il est tellement cool. Et je dirais que c’est un petit peu comme ça, c’est-à-dire euh… Prince il est tellement archi-cool que maintenant c’est presque une femme, et c’est pour ça qu’elles rient, elles l’achèvent quoi… (rires)

[Essais de micros sur scène PomPomPomPom !]

M. : Enfin, donc on en a parlé au départ, L’Amour et la Violence, donc c’est le dernier titre, euh… est-ce que c’est, cela pourrait être une métaphore de ce que procure votre barbe : à la fois c’est tout doux mais ça peut piquer ?


S.T. : Ah oui non, je crois que ma personnalité est comme ça, c’est-à-dire vraiment je suis… l’assemblage [Essais de micros à nouveau : POMPOMPOMPOM !] si on peut dire [POMPOPOTUU... Sébastien se retourne et se penche vers la scène : Attention pas de bruit on enregistre une émission de radio ! / Oups excusez-moi ! / Pas de problèmes !] (rires) et heu…. on peut dire qu’effectivement je suis l’assemblage de deux moitiés et que j’ai vraiment un côté très doux, très normal finalement, et à côté de ça j’ai un côté un peu plus, peut-être cinglé, plus violent, avec un grand passé de… enfin grand c’est pas le mot mais enfin, j’ai fait beaucoup de vandalisme et tout ça, j’ai fait beaucoup de choses dont j’ai honte euh… j’ai eu des problèmes de tout en fait ! Ah ah ah (rires)


M. : Comme tout le monde !


S.T. : ah ah oui voilà ! Mais bon… nan mais c’est vrai que… par une sorte de, en fait je ne sais pas c’est le destin mais la violence ça a changé plusieurs fois ma vie et…ma vie est un petit peu rythmée par la violence, mais sans qu’elle vienne forcément de moi d’ailleurs… bon voilà.

 

M. : Alors en sexe comme ailleurs, il y a des sujets qui fâchent, et voilà j’ai une question un peu moins douce pour vous : est-ce finalement Sexuality ne va pas être seulement hype juste parce qu’il y a l’appellation Daft Punk qui est associée ?


S.T. : Wow ! Oh bah… déjà, bien longtemps avant que je travaille avec les Daft, j’ai toujours été catalogué hype hein, ça a toujours été mon créneau (rire). Mais moi je ne suis pas spécialement mais il y a beaucoup de choses que j’ai dans la hype c’est : l’argent facile, les filles faciles, les voyages en business…euh bon tout ça c’est ce que j’aime dans la hype. Après tout le reste j’aime pas. Parce que l’art hype est que superficiel. Moi j’aime l’art… j’aime pas l’art trop profond parcequ’il m’ennuie, j’aime pas l’art trop superficiel parcequ’il est stérile, je pense que la perfection se trouve dans, un petit peu au croisement de ces deux trucs, c’est… voilà moi c’est ça que j’aime. Donc c’est un petit peu aussi le classicisme dans un vêtement avec une touch’ de bling-bling comme Karl Lagerfeld par exemple j’aime bien. J’aime bien quand les trucs opposés se rencontrent, et si j’étais que hype, ben je pense que… ça servirai plus à rien de faire de la musique mais… D’un autre côté j’aime bien l’être, après si les Daft me rendent encore plus hype, pourquoi je m’en fout, euh… je serai à la fois encore plus hype et encore plus profond et puis voilà (rire) ce sera la fête magistrale (rires).

 

M. : Et puis toujours en sexe comme ailleurs, il y a des questions qu’on n’ose pas poser la première fois, c’est pour ça que j’ai attendu la fin : c’est qui la fille du clip dans Sexual Sportwear ?


S.T. ah non alors… bon , au début je voulais que ça soit ma petite-amie mais finalement elle prend des poses tellement lascives et tout ça, j’voulais pas… trop choquer sa famille en fait, j’voulais pouvoir continuer à avoir de bons rapports avec son père en fait (rires Mauve et Sébastien). Et donc c’est pour ça qu’on a pris une mannequin mais je ne sais même plus comment elle s’appelle mais… Moi je suis toujours très gêné en fait, le clip au final j’ose à peine le regarder, et sur le tournage j’avais toujours le dos tourné parce que finalement la nudité c’est pas que ça me met mal à l’aise, mais ça m’excite tellement justement que si ça m’excite trop après je ne me contrôle plus donc il faut que je me force à ne rien voir en fait (rires) tout simplement !

M. : Et dans ce clip vous terminez dos à dos il me semble (Sébastien : ah oui, c’est vrai ! rires), est-ce que comme une… c’était juste un fantasme mais elle est passée et…


S.T. Oui voilà, alors oui, non mais c’est vrai que moi je vis toute ma vie dans le fantasme et peut-être que parfois je prend, peut-être pas plus de plaisir que l’étreinte amoureuse elle-même mais disons que le fantasme qui précède l’acte, le… comment… Mes moments préférés c’est quand j’imagine comment je vais faire plaisir… à mon amie la prochaine fois ou qu’est-ce qu’il faudrait faire de mieux encore et tout ça. Et quand j’imagine des choses et des situations finalement ça, ça me plaît parce que ce qui me plaît le plus finalement c’est de rêver, et même en matière de sexualité, je crois que je préfère encore rêver… Je sais pas mais je crois que rêver ça me plaît autant que la vraie vie quoi voilà…

M. : Et ben donc voilà, c’était Sébastien Tellier à l’EMB, merci !


S.T. : Merci ! (rires)

La Maison Tellier, transie de froid au fond d’un café

In Papotages... on novembre 8, 2007 at 12:47

Jeudi 8 novembre. Matinée grisonnante, routine parisienne…

La Maison Tellier a une heure et demi de retard… Ils se la jouent star les cowboys normands ? 
J’apprends par la suite que les shérifs du XVIIIe arrondissement les ont ralenti…
Yannick, le chanteur du groupe, est malade et n’a presque plus de voix… Bon, on fera avec. Trois thés, un chocolat, un café, un pain au chocolat, et nous voilà partis pour une très courte interview. Interview sans retouche, sans trucage, sans omission, avec tout son relief, ce qui fait aussi son charme…

Yannick : « My name is Helmut, ça va ça marche ?


Gaël : Rapprochez vous ça être super mignon !

 

Mauve : Donc bonjour ! Aïe on a tout fait tomber… Ca fonctionne en tous cas, en plus y’a des piles neuves… Allez c’est parti : La Maison Tellier, c’est une maison en extension ?


Helmut : Heu… pour le moment non, on est sur des fondations solides. On a trouvé notre formule qui marche plutôt bien donc on est cinq. Cinq sur scène, cinq pour le studio, avec effectivement des gens qui viennent de temps en temps nous donner un coup de main. On peut dire qu’on a trouvé une formule qui nous convient, qui n’est peut être pas définitive mais qui pour le moment est solide.


M : Des intervenants comme Lippie ou The Electrokution ?


H : Voilà ouais, on s’était fait plaisir sur ce disque là, on avait voulu un petit peu inviter et profiter de l’influence de gens qu’on connaît et dont on aime le travail. Et voilà, on…on…on  ira peut-être jusqu’à perenniser ce truc là en faisant des projets à part avec heu… d’autres groupes ou d’autres chanteurs…à l’avenir.

 

M : Ok… heum… les santiags en Normandie, ça vous botte ?


H : (rire) ouais ! pas mal…! Heu non moi je ne suis pas trop santiags, voilà si ce n’est pour ce que ça représente, enfin et encore ce que ça représente en France les porteurs de santiags non c’est pas trop…pas trop mon truc. Et puis si je voulais en proter ce serait du 56 donc voilà c’est pas… on s’en passe en fait ! Plutôt jeans poussiéreux, mais pas santiags.

 

M : Dans ce second opus, Second souffle, heu vous creusez la veine mélancolique. Donc c’est plutôt dans la lignée de vos productions précédentes mais moi j’ai trouvé qu’il y avait de nouveaux ingrédients – bon, notamment avec les influences extérieures, et puis parce que vous étiez trois et que maintenant vous êtes cinq quand même (rires) – la politique, c’est nouveau ?


H : Non y’a pas du tout de politique parce que ça serait heu… on ne serait pas du tout à notre place là dedans, c’est plus la façon d’écrire les chansons. Disons qu’on fait en sorte que les histoires qu’on raconte puissent être comprises de différentes manières et euh… et que chacun y trouve ce qu’il souhaite quoi, mais on ne veut… enfin on est à 1000 lieues d’être des artistes engagés ou des choses comme ça quoi, c’est juste pour le plaisir qu’il y a des petits clins d’œil (1) qu’on peut effectivement lire comme ça quoi…

 

M : Vous alternez toujours, comme dans le premier album, des titres en anglais et en français, ça se passe comment le choix de telle ou telle langue, cela vient comme ça ou…


H : euh ça dépend un peu de celui qui ramène les chansons, puisqu’on est deux à écrire et composer. Moi j’ai plutôt tendance à ramener des chansons écrites en français parce que ça m’intéresse d’essayer d’écrire en français et… et que ça sonne correctement. Raoul le guitariste préfère écrire en anglais et donc déjà, de par ce fait là, ça fait un peu une espèce de moitié-moitié. Et c’est vrai qu’il y a des chansons sur lesquelles la musique ne se prête pas du tout à des paroles en français et voilà… Donc, on n’a pas voulu être sectaire et se dire il faut absolument que tout soit en français ou que tout soit en anglais… c’est euh voilà… c’est pas du tout putassier ou pas du tout pour taper à tous les rateliers, c’est juste que ça s’est fait comme ça et que ça nous semblait logique dans notre démarche.

M : Justement pour reprendre ces paroles, elles sont toutes retranscrites dans le livret – ce qui devient rare, il faut le préciser…sauf la dernière : c’est délibéré, nous n’aviez plus de places ?


H : Non c’est parce que c’est une reprise en fait, c’est aussi parce qu’on n’avait plus trop de place dans le livret, mais on a choisi, quite à en zaper une, de zaper celle qui était une reprise et…voilà. Mais, non c’est vrai que pour nous, on voulait un peu un disque à l’ancienne, comme les cds qu’on avait quand on était plus jeunes avec euh… Où l’on peut prendre du temps à regarder le livret tout en écoutant le disque et… voilà qu’il y ait au moins un intérêt à ne pas télécharger le disque dans le fait d’avoir un beau livret quoi.


M : Oui et l’on peut préciser que c’est à chaque fois rendre hommage à La Langue que de la réécrire…


H : Oui, oui oui oui…


M : …et vous ne portez pas le nom d’une nouvelle de Maupassant pour rien !


H : Exactement !

 

M : voilà! Et donc parlant de reprise, le public vous avait quand même essentiellement connu grâce à votre reprise de Rage against the machine. Donc… vous en aviez une très belle de reprise, une reprise de Britney Spears, Toxic, vous avez fait le choix de ne pas la mettre sur l’album, pourquoi ?


H : Heu eh bien on ne voulait pas devenir Le groupe à reprise quoi, que cela fasse recette. Donc on va pas du tout cracher sur Killing (2) parce que ça nous a permis d’avoir accès à des… à des choses qu’on n’aurait peut-être pas eues sans cela. Donc on n’en est pas du tout à dire Oh on veut plus la jouer ou On renie cette chanson, pas du tout quoi, c’est toujours aussi plaisant à jouer. Par contre, d’une part Toxic – bon ça aurait fait un petit peu recette de faire la même chose avec Toxic et de la mettre sur l’album, et d’autre part honnêtement nous on la trouve un peu moins bien quand même que Killing, c’est euh… voilà. On n’aime pas forcément trop la jouer en concert, et puis c’est franchement galvaudé comme tu le disais, en 2007 il y eu de nombreuses reprises de Toxic (3). Donc là on a préféré faire une reprise d’une chanson un peu plus obscure, honnêtement plus obscure d’un point de vue international en tous cas, une chanson de Dominique A. Et puis de faire un peu la démarche inverse quoi, au lieu de partir de quelque chose qui était vraiment chargé au niveau du son et d’en faire un truc plus léger comme on l’avait fait pour Killing, eh bien là on a fait le contraire. C’est une chanson qui est extrêmement dépouillée à la base et euh… nous on l’a un petit peu maximalisée on va dire…

 

M : Ce sera ma dernière question, que je pose toujours, est-ce que tu peux me donner les 3 albums que tu as préféré en 2007 ?

H : Alors je dirais Déjà Vu de Crosby Stees Nash and Young, euh…The letting go de Boni Prince Billy et puis euh… allez soyons fous le live de Pierre Bachelet au Palais des Congrès en 1987 voilà, j’ai un faible pour Pierre Bachelet donc je peux me permettre d’en parler là…


M : Sans aucun problème ! Merci beaucoup !

H : Merci… 

 

Clac, besace rouge sous le bras, je remballe en vitesse, dévale les escaliers du Chao Ba quatre à quatre, et enfourche mon vélo pour un rodéo entre les voitures de Paris, mon train m’attend… ! 

Bon bon, c’est promis je vais essayer de me débarrasser de ces fichus tics de langages à l’avenir…

 

1. cf. Grève Générale, qui contient tous les mots à la mode en politique dernièrement « moratoire », « réforme », « 49.3 »… Imaginer notre président et sa Cécilia avoir un dispute chez leurs amis Bush avec ce titre en guise de dialogue me les rends soudain plus sympathiques…


2. Kiling in the name, Rage Against the Machine


3. Notamment celles de Marc Ronson,  de Yaron Herman et de Yaël Naim.

The Do à l’EMB – Sannois

In Papotages... on septembre 28, 2007 at 8:15

Vendredi 28 septembre, 19h30, à l’EMB – Sannois.

Le micro dans une main, le cahier dans l’autre, l’angoisse titillant mon estomac, je m’apprête à réaliser la première interview pour la nouvelle émission de RadioCampus, Iconoclash.
Tout va bien, l’heure passe, l’interview se déroule correctement dans la joie et la bonne humeur, lorsqu’au bout de 25 minutes je me rend compte que je n’avais appuyé sur “rec”…
The Do, aka Dan Levy, Olivia B Merilaht, et Jérémie Pontier, pas perturbés le moins du monde par cette nouvelle, alors que je traverse un grand moment de solitude, accepte de refaire une interview “pour que je ne finisse pas dans La Croix ou Radio Camping Sauvage”.
Voilà la retranscription fidèle de nos discussions, avec tous ses ratés, ses tics de langages, ses questions mal formulées…, mais aussi ses moments amusants. Merci à eux.

Mauve : The Do c’est qui ?


Dan : C’est Gérard Blanc et…
`

Olivia : et Henry 4… (rires) 


D : à cheval… (rires) Non alors The Do c’est qui ?


O : Il y a 2 The Do. A la base c’est Dan et Olivia.


D : Pourquoi ?


O : euh…


M : parce que vous étiez deux ?!


D : Parce qu’on s’est rencontré sur une musique de film, on a fait 4 longs métrages ensemble. On a fait plein de musique pour de la danse contemporaine, on a fait de la musique pour le théâtre, pour la Comédie Française, on a fait euh… pleins de trucs. Et petit à petit on faisait des chansons comme ça euh, toujours une chanson soit pour un film, soit pour se détendre, soit pour oublier le stress du cinéma et…

O : parceque ce n’est pas facile non plus d’être au service des gens


D : Jusqu’au jour où l’on a rencontré MonteCristo – qui a fait les contes (rires étouffés et rires francs) – a qui on a demandé un jour : « Voilà –on était dans un restaurant – on lui dit Monte ce serait très intéressant pour nous de faire un album un jour ». Et là il a été très dur avec nous, et il nous a dit « mais avant de faire un album, faut faire des chansons les cocos. » Donc on n’avait que 5 chansons en oubliant tout ce qu’on avait fait pour le cinéma. Donc on s’est mis à travailler, travailler, et on a commencé à voir plus clairement ce qu’allait être le projet The Do. Sauf que moi je n’avais aucune expérience de la scène, Olivia elle en avait…


O : …un petit peu


D : Et du coup une fois qu’on avait fini l’album il fallait monter sur scène. Et sur scène The Do a pris une autre ampleur et une autre profondeur. Et on a rencontré Jérémie Pontier, qui est notre batteur, et ça pas été (rire) tous les jours facile pour lui de travailler avec nous parceque là pour le coup on était un peu…euh… relous et barrés. On l’a entouré de casseroles, je voulais absolument des casseroles, je lui ai fabriqué des instruments avec des clés de 12, des cloches de vaches, et il a une espèce de soucoupe volante au-dessus de sa tête ».

M : C’est donc comme cela qu’il s’est retrouvé avec une batterie plus une batterie de cuisine…


D : C’est comme ça que The Do c’est aussi Dan, Jérémie et Olivia sur scène. C’est sùr que jusqu’à aujourd’hui l’album on a été connu que par nos chansons et pour une publicité


M : …pour des cahiers…


O : … que tu tiens dans les mains… pas tout à fait…

 

M : Ca ne m’empêchera pas de vous poser mes questions décalées. La scène ça quelle odeur ?

O : ça dépend quelle scène, cela dépend d’où l’on se place…


D : des marées aussi… Je ne me baignerais pas dans la Seine…
Jérémie : ça dépend à quelle heure aussi parcequ’à un moment on commence à sentir plus fort


D : Non non coupes tout ça, reposes ta question…

[toc toc, là quelqu'un entre dans la pièce pour demander des précisions pour l'installation sur scène]


O : …une odeur de lumière et de poussière…c’est difficile…


D : En fait sur scène t’es tellement concentré sur la musique et sur ce qu’on va faire que… Sur scène t’es aveugle et sourd… Ah non peut-être pas sourd non plus quand même


Jérémie et Olivia : non ! (rires)

O : Non justement c’est la dernière chose qu’il te faut…


D : Non t’es aveugle, t’as pas de nez non plus, et t’es juste rempli de musique

M : Donc il ne vous arrive jamais d’avoir envie de croquer le public ?


D : Non pas moi


O : Non


M : Et vous pensez qu’il aurait quel goût ? D’autant plus que toi Dan tu as grandi dans un univers plutôt gastronomique alors tu devrais savoir…


D : Mais comment tu sais ça toi ?


O : T’inquiètes, ils savent tout. Donc non on n’a pas trop envie de croquer le public même s’ils sont…

D : Par contre moi j’en connais qui voudraient bien te croquer Olivia… après les concerts
(rires)


O : Bah toi aussi alors…


D : Non pas moi, enfin ça ne m’est encore jamais arrivé, on ne veut pas trop me croquer moi…


J : Ouahhhh…


O : Pff ! (rires) Tu verras ça arrivera bientôt…



 

M : Est-ce que les mots ont une place particulière dans vos chansons, vous ne chantez pas en français alors que vous le parlez parfaitement, et l’on croit souvent que vous n’êtes pas francophones …


O : J’ai toujours écrit mes chansons en anglais, un peu en finnois, mais c’est la langue que je préfère pour chanter. J’ai toujours écouté de la musique anglo-saxonne, je n’ai pas vraiment d’affinités avec le français chanté en fait. Je pense que c’est très compliqué et je pense que les artistes qui arrivent à faire sonner le français sont des héros aussi…


D : Et moi je peux dire aussi ce que je pense, même si ce n’est pas moi qui écrit les paroles.


O : Oui…


D : Pour moi écouter Olivia chanter en anglais ou en finnois, c’est la continuité de la poésie. C’est-à-dire qu’il y a un mystère qui perdure, c’est la continuité du mystère. On ne comprend pas forcément tout ce qui se passe. Et c’est marrant parce qu’on revient de Londres où les ingénieurs du son m’expliquaient qu’ils n’écoutaient pas forcément les paroles, même si c’était en anglais. C’est-à-dire qu’il y a un truc entre l’anglais et la musique, et le français et la musique. En France, on parle de chanteurs à texte et on s’occupe une peu moins de la musique. En Angleterre on s’occupe beaucoup plus de la musique et la voix devient un truc vraiment très musical. Et c’est vrai que ce qui est beau dans le chant en anglais, ou en finnois, voilà c’est cette part de mystère aussi qui est aussi valable pour les anglais ou les américains.


O : Oui moi ce qui me plaît aussi c’est que cela reste la langue universelle aujourd’hui. Peut être que bientôt ce sera le chinois ou le finnois et peut-être qu’il faudra que je change (éclats de rires), mais j’aime cette idée d’universalité, et c’est ce que l’on recherche dans la musique, essentiellement dans les textes.


J : voilà


D : Tout à fait, c’est vrai

 

M : Alors on va terminer avec…


D : Oh non…


M : …votre album, on sait qu’il sortira en janvier prochain. Est-ce que vous lui avez donné une dominante ou est-ce vraiment touche à tout, expérimental, un premier album quoi ?

D : On ne réfléchit absolument pas à cela, c’est un problème de maison de disque et de journalistes. Nous notre premier truc c’est de faire de la musique. Dans l’album, Olivia rappe aussi…


O : On est partis un peu dans tous les sens, on a fait énormément de chansons depuis qu’on se connaît, et on en a gardé 15… 13 ?


D : Et puis on fait de la musique voilà c’est tout, c’est pas une histoire de quel style, de comment on peut absolument nous… nous… comment on dit… 


O : …nous fixer, nous cataloguer dans un style particulier, on ne peut pas, on se sent claustrophobes.

 

M : Et donc aujourd’hui, vous souhaitez donner la priorité au groupe, à la scène donc, plutôt qu’aux collaborations cinématographiques et publicitaires ?


D : Truc incroyable, c’est que moi je n’ai travaillé que pour les autres jusqu’à avant The Do. C’est-à-dire que c’était des réalisateurs qui venaient me voir et qui me disaient « Je veux ça », jusqu’à il y a peu de temps puisque je viens de finir une musique de film. Et là c’est la première fois de ma vie où j’ai l’impression de faire ma propre musique, avec Olivia. Mais vraiment c’est un truc où on est libre à 100%, c’est-à-dire qu’il n’y a aucune barrière. Et je pense que dès que l’on touche à ça on a plus envie de revenir à un truc où l’on essaye de nous…encore une fois de nous enfermer dans des directives qui ne sont pas forcément artistiquement les bonnes pour nous. Et c’est ça qui est très frustrant dans le cinéma, et dans le théâtre, et… et qui était très bien car finalement cela me permettait de faire tout sans complexes. C’est-à-dire pour le cinéma on peut aussi bien faire de la musique symphonique que du jazz, que de la musique électronique, sans qu’on nous montre du doigt. Là quand même, on a l’impression de faire vraiment notre musique mais à 100%, et c’est une liberté qui n’a pas de prix, franchement.

O : Hmm Hmm


D : Et là je pense qu’on aura du mal à ce qu’on nous demande une musique de film sans qu’on pense à The Do. Maintenant que les gens commencent à penser à The Do, ils veulent du The Do. Là on nous a appelé pour une pièce ede théâtre mais ils veulent du The Do. Ca va se croiser cette idée de faire de la musique pour quelqu’un, et le grand public qui va commencer à nous connaître avec la sortie de l’album, et c’est ça qui va faire que les gens vont nous demander aussi de… choisir notre propre liberté de choisir dans la directive et nos choix artistiques.

 

M : Pour finir, pourriez-vous me donner 3 albums sortis en 2007 que vous avez vraiment apprécié ?


O : Le premier, c’est celui qu’on vient d’acheter hier, le dernier PJ Harvey.


D : …qui est extraordinaire…


O : …qui est vraiment beau, White Chalk


D : L’autre qui nous a rendus fous c’est le dernier Beck, The information,


O : Mais il est de fin 2006


D : mais on l’a écouté en 2007. Et sinon on écoute des choses qui ne sont pas forcément sorties comme quelqu’un qui fait de la musique dans notre entourage qui s’appelle Arthur Bibiche, et qui est extraordinaire… Un auteur-compositeur-interprête qu’on écoute en boucle. On est parti en Finlande cet été, on l’a écouté en boucle ce garçon… qui n’a pas d’album encore…

 

M : …mais cela va venir. C’était donc The Do, pour Radio Campus Paris, merci.


O : Merci !