Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord

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AUFGANG @ La Machine du Moulin Rouge

In des concerts... on mars 26, 2010 at 3:49

Groupe français / Electro-piano / 25/03/2010

Ayant passé une première partie délicieuse en compagnie de Mathieu Amalric (enfin c’était surtout en compagnie de Mathieu de Spoka parce que Amalric j’ai pas osé lui parler après être restée à côté de lui 25 minutes), venu assister comme moi au spectacle de Fortune (Nouveau Casino), encore un peu trop “jeune groupe qui se lance et qu’a pas encore l’habitude du public parisien parce qu’à Morlaix les bretons c’est vite bourrés donc toujours sympas” (copyright Claire)  mais en progrès, j’ai failli rentrer chez moi sans aller voir Aufgang… Quelle énorme bévue j’allais commettre…

Après deux chroniques de leur disque, une interview et un live report de leur dernière prestation au Café de la Danse je trouve encore le moyen de vous parler du groupe le plus intéressant depuis un an ? He oui, car le trio piano- batterie me surprend et subjugue encore. Bien loin du chic récital du Café de la Danse, Aufgang devait convaincre sur le dancefloor à un horaire bien plus tardif. L’équation « puissance d’Aufgang + sound system de la Machine » laissait présager du pire, mais le pari fut remporté haut la main, encore une fois.

Configuration laissant Aymeric Westrich et sa batterie plus en arrière de la scène, Francesco Tristano et Rami Kalifé ont des mines enjouées et des fringues plus simples. Oubliées les chemises de popeline de coton, place aux tee-shirts permettant de se démener comme il se doit pour démontrer qui sont les maîtres à bord.

Spectacle encore mieux rôdé qu’il y a quelques mois, les pianos ne mouftent pas, dociles bien comme il faut. Ce soir le public peut se déhancher à loisir et ce sont les samples et la batterie qui sont à l’honneur.

Si certains pouvaient reprocher au groupes quelques boucles trop nineties désuètes sur leur disque (et leurs premières prestations), tous les samples ont été retravaillés avec des textures moins oldies mais tout autant dangereuses, flirtant en permanence avec la variétoche internationale. Jubilatoire de voir ces excellents équilibristes ne jamais tomber du côté obscur de l’electro-techno mariée à des instruments plus classiques.

Si ce soir la batterie a repris un rôle plus conventionnel de rythmique d’accompagnement par des boucles quasi-automatiques, les pianos continuent d’être des substituts détournés de leur fonction d’instruments rois.

En particulier, comme promis d’ailleurs lors de leur interview, le trio livre un nouveau titre hypnotique où la fonction de chaque son n’a pour but que de vous faire perdre vos repères. Déstructuration maximale pour mélodie optimale, on ne sait plus où donner de l’oreille, génial…

Décidément, les petits prodiges d’Infiné sont en mesure de tenir tête à pas mal de préjugés et entretiennent les paradoxes : groupe élitiste et accessible, morceaux élaborés et simples, public exigeant et easy-listening… On rêve d’une collaboration féminine « pour voir » (au hasard, Clara Moto).

L’autre live-report chez Good Karma

TOP DES 15 DISQUES DE 2009

In des disques... on décembre 28, 2009 at 3:58

Alors pour ce top je ne peux pas les classer, simplement vous livrer mes quinze albums préférés dans l’ordre de parution (ou du moins d’écoute). Pourquoi 15 ? Parce que 10 c’est trop court et 20 c’est trop compliqué car trop d’ex-aequo.

Dalek – Gutter Tactics

Expérience inédite d’électro hip-hop qui vous vrille le ventre comme avant des montagnes russes méchantes-quifonttroppeur-ouaicht’asvu.

Franz Ferdinand – Tonight

Comme un bon macaron : une coque rock, une coque pop, une ganache qui vous explose en bouche ! Tonight et tous les soirs !

Matt Bauer – The Island moved in the Storm

Le disque de folk le plus épuré et le plus oublié de l’année (malheureusement…) Ecoutez-le et vous serez obligés de concéder qu’une fois de plus j’avais raison (pas de panique ça arrive très souvent, hein Benjamin ;) !)

Dear Reader – Replace Why with Funny

Pourquoi fait-on tout un foin lorsque des blancs font de la « musique de noirs » et ne dit-on rien lorsqu’un pays d’Afrique fait de la musique européenne ?

Micachu and the Shapes – Jewellery

Il existe encore des groupes capables d’assumer un côté déjanté qui ne soit pas uniquement commercial (cf. Animal Collective qui a perdu tout intérêt musical en essayant de théoriser le « barré »).

Peter Bjorn and John – Living Thing

Probablement leur album le plus abouti. Ces suédois partagent mon amour du perfectionnisme : bonne musique, splendide mise en scène, excellente réflexion d’ensemble. Ce n’est pas mensonger, c’est vivant !

Grizzly Bear – Veckatimest

Que peut-on ajouter de plus que « ce groupe est génial » ? Cela : « avant j’étais sceptique, maintenant je suis convaincue ». Tout simplement divin.

Gossip – Music for Men

Je ne peux pas vous proposer uniquement de la musique d’appartement, le dancefloor c’est important. Pour le plaisir des oreilles uniquement. Les temps changent : pour une fois, les obèses ont une utilité ! (Et on parie combien que je vais me faire troller pour ça :) )

St Vincent – Actor

J’ai mis beaucoup de temps à reconnaître la pureté et la qualité de cet opus pour lequel je pensais que l’engouement était factice. Une fois aperçue sur scène, force est de constater que c’est un disque remarquable.

Cougar – Patriot

Jamais je n’aurai pronostiqué qu’un groupe rendant autant hommage à l’US Army aurait un jour sa place dans un de mes classement d’albums préférés… Du post-rock dans les rêgles de l’art, avec la créativité en dosage équilibré.

——

The Very Best – Warm Heart of Africa

Bien plus abouti que le projet Vampire Weekend, bien moins « vernis de la tolérance multiculturelle ». The Very Best est un brin provocateur, un chouia délicieux, sans oublier une pointe de pureté dansante.

Noah and the Whale – The First Day of Spring

Leur premier disque était génial, leur second opus est encore plus cynique. Enfin un groupe qui assume de faire de la pop en réfléchissant objectivement sur la légende urbaine de l’Amour…

Turzi – B

La réponse française à l’acharnement perfectionniste musical. Un alphabet, un travail de titan, des influences multiples… et toute mon admiration, il n’a pas trente ans et va déjà très loin.

Aufgang – s/t

Un trio, trois pays, trois influences majeures, trois chroniques de ma part sur leur compte, trois regards… C’est un peu la Sainte Trinité revisitée dont je suis le Messie J (oui je me lâche).

Esser – Braveface

Pour leurs mélodies pop barrées, pour les coupes de cheveux si délurées, ces touche-à-tout sont résolument craquants !

Déjà fini ? Allez, autorisez-moi ces quelques mentions spéciales :

Health – Get Color : Jamais un acouphène n’a été aussi désirable, un batteur à surveiller de très près.

Fever Ray – s/t : Ah si seulement elle n’avait pas cette infâme voix rappelant la détestable Bjork ! Un album splendide.

Naive New Beaters – Wallace : Faire de l’aérobic en pull-over tricoté par mamie il y a trente ans n’est pas chose courante chez les moins de trente ans… J

Vic Chesnutt – At the cut : Parce que je publie ce top après son tragique décès et ne veux pas me faire accuser de l’avoir mis dans le top juste pour faire des bons sentiments… Un album splendide, comme à peu près tous ses disques.

TOP DES 15 DISQUES FRANCAIS MARQUANTS DE 2009

In des disques... on décembre 21, 2009 at 7:00

Pour la première fois depuis des années, j’ai eu envie de distinguer un Top des disques français d’un Top International. En cette période de grands débats sur les questions d’identités nationales, je trouve amusant et intéressant de voir des disques français rayonner justement parce qu’ils ne mettent pas en avant qu’ils le sont, français. Parce qu’ils chantent en anglais, parce qu’ils sont produits par des étrangers ou parce qu’ils font recette surtout ailleurs que dans l’hexagone, je suis fière de souligner encore une fois la qualité de quinze disques français sortis cette année. Et pour personnaliser encore plus le tout, je vous livre quels sont mes morceaux favoris.

Aufgang – s/t

Je crois que j’ai déjà tout dit à leur sujet hein, à force de casser les pieds de chacun avec ça, mes chouchous de l’année se hissent à la sixième place d’un top de blogueurs qui étaient plutôt réticents jusqu’à ce qu’ils écoutent ce premier album.  Aufgang n’est qu’un disque, tout comme un diamant n’est qu’un caillou…

Titre préféré : Channel 8


Turzi – B

Deuxième opus, deuxième confirmation du talent de Romain Turzi. Une intelligence et une sensibilité musicale doublées d’une classe incroyable (élu meilleur porteur de tee-shirt touristiques de l’année). Turzi ou comment réapprendre à lire, écouter, déguster…

Titre préféré : Bombay


Rone – Spanish Breakfast

Beau cadeau que de sortir ce premier opus le jour de mon anniversaire. Rone n’a pas eu cette année le rayonnement qu’il mérite amplement, des boucles élégantes et des samples de qualité, je suis certaine de vous en reparler.

Titre préféré : Tasty City


Toy Fight – Peplum

…ou l’histoire de jeunes musiciens français ayant repris confiance en eux et leur travail grâce à des allemands… Fourmillement d’instrumentation et voix au franglais décomplexé font de cette pop-folk une délicieuse musique pour garder son âme d’enfant.

Titre préféré : Les Indes Noires


Etienne Jaumet – Night Music

Quand un Zombie Zombie doublé d’un Married Monk se consacre enfin à un album solo, cela donne une aventure intergalactique des plus éclectiques. Carl Craig a mis son oreille dedans pour parfaire le tout. Musique nette et précise comme une signature Mont Blanc.

Titre préféré : For Falling Asleep


Sammy Decoster – Tucumcari

Quand un thérapeute d’hôpital psychiatrique par à la conquête de l’ouest, ça donne un opus de rockeur qui a du chien. Un premier album qui démontre qu’on peut signer chez une major et faire de la musique indie. La musique américaine peut aussi venir d’ailleurs…

Titre préféré : Mon dernier rêve


The Limes – s/t ex-æquo Centenaire – The Enemy

Ces deux disques n’ont rien en commun sauf le fait d’être d’excellente facture et de proposer une musique d’origine française, d’origine seulement… Très belle démonstration de ce que peut être l’apport de la mondialisation à la musique.

Titres préférés : City Lights et Testosterone


Chicros – Radiotransmission

Troisième disque et toujours un sans-faute… Un opus concept qui vous fait revisiter et parodie tous les meilleurs canaux radiophoniques. Radio Campus Paris est fière d’avoir soutenu depuis toujours ces doux gentlemen qui ne s’expriment plus qu’en anglais mais habitent toujours Paris !

Titre préféré : Negrita


Boulbar – Requiem pour un champion

Difficile de marcher sur les traces de Serge Gainsbourg sans se casser la figure. Boulbar semble s’être équipé d’excellents crampons et signe un opus concept qui emprunte autant à la culture française qu’américaine.

Titre préféré : Iron Jack


Oxmo Puccino – Larme de paix

Oui le rap et le hip-hop ont leur place en France, non cet album n’est pas la « caution noire » ou le « disque de l’ouverture » de mon top. Je l’aime simplement pour ce qu’il est, pour les textes qu’il propose, pour l’humour bienveillant d’Oxmo Puccino, un artiste bien plus engagé que n’importe qui.

Titre préféré : Soleil du Nord


Krazy Baldhead – The B suite

Un premier album très construit à la régularité de métronome, de l’electro puisant autant dans le jazz que le funk ou le hip hop, de quoi redorer l’image d’Ed Bangers…

Titre préféré : Third Movement / Third Part « Sweet Night » feat. Outlines


Mélanie Pain – My name

Il est rare que j’aime un disque de fille en solo, malgré quelques vices tout à fait perfectibles, Mélanie a sa place dans ce top des disques français marquants de l’année : comme tout bon chocolat, elle est douce avec ce petit piquant qui fait oublier les calories superflues.

Titre préféré : Ignore-moi


Benjamin BiolayLa Superbe ex-æquo Dominique ALa Musique

Grosse surprise pour moi, preuve qu’il ne faut jamais dire jamais, je n’aurai pas cru reconnaître un jour que Benjamin Biolay et Dominique A sont des artistes qui me touchent… Et oi j’ai en plus le culot de les comparer l’un à l’autre ;)

Titres préférés : Brandt Rapsodie et Le bruit blanc de l’été

Mais aussi (car il était difficile de tous les départager) :

Koudlam – Goodbye

GaBLé – I’m Ok

Le Klub des Sept – La classe de musique

Et on attend avec impatience les premiers albums de :

My Girlfriend Is Better Than Yours, Mina Tindle, Eldia

AUFGANG @ Café de la Danse : vous montez ?

In des concerts... on novembre 20, 2009 at 4:25

Trio libano-hispano-parisien / Electro-piano / 19/11/2009

Salle comble pour le premier concert d’Aufgang à Paris depuis la sortie de leur premier album. Précédés d’une premier partie présentant le travail électronique de Rone allié aux improvisations de Gaspard Claus au violoncelle, la soirée fut telle qu’on l’attendait : exceptionnelle.

Rone et Gaspard Claus

Rone fait partie de ces artistes discrets mais doués qu’on peut dénicher à Paris. Il est rare de voir un électronicien porter des petites besicles rondes, ça lui donne un côté gamin en décalage complet avec ce qu’il est capable de faire cracher à ses machines. Il livre des nappes d’electro minimale qui, si elles étaient un peu trop douces au départ pour une première partie d’Aufgang, ont pris progressivement de l’ampleur jusqu’à une intensité telle que le public en a redemandé. Gaspard Claus pendant ce temps là improvise quasiment en permanence des partitions de violoncelle un peu barrées, rappelant Erik Satie ou les partitions texturées de Kaija Saariaho. La prestation manque de temps pour pouvoir dévoiler toutes ses subtilités mais il y a indéniablement quelque chose à creuser.

Court entracte, excitation et papillons dans le creux du ventre. Contrairement à leur prestation en mai dernier à la Cité de la Musique où les pianos étaient tête-bêche et où le batteur tournait le dos au public (cf. la vidéo de Grandcrew), la configuration adoptée ce soir prend plus de place. Aymeric Westrich et sa batterie sont le personnage principal de l’histoire, les machines sont dissimulées sur le côté. Les pianistes et leurs mastodontes sont de trois-quart de part et d’autre du batteur. On repense à Battles qui place également la batterie au centre de l’attention du public. L’avantage de la configuration de la Cité de la Musique créait plus de complicité entre les deux pianistes. Là, ils vont devoir livrer chacun un combat contre leur bel animal. Oubliez le polish et les honneurs habituellement rendus aux pianistes dès qu’ils mettent un pied sur scène. Ici les pianos sont poussiéreux, les pianistes n’ont pas de queue de pie et les mouvements de bras et de jambes ne sont pas sanctionnés, au contraire.

Si d’ordinaire le public n’apprécie guère d’assister à un concert où les titres suivent rigoureusement l’ordre du disque, la donne est un peu différente pour ce groupe. L’album d’Aufgang comporte une progression en trois mouvements qu’il est indispensable de respecter pour comprendre l’objet de la musique de ce trio peu banal. Retroussement de manches, grande inspiration, regards complices et c’est parti pour une bataille d’une heure.

Channel 7 plonge les spectateurs dans l’univers batterie-piano en un temps record. On entend jusqu’aux déclics des appareils photos, la tension est déjà palpable. Dociles, les 250 kilos de bois et cordes se laissent manipuler et guider par la batterie vers des musicalités rappelant Detroit. Dès Barock, le système de résistance aux conventions s’enclenche. Tout va pour le mieux pendant les trente premières secondes où les partitions s’apparentent à de la bonne musique de chambre du XVIIIe siècle. Mais ensuite, la batterie et les nappes discrètes se font plus insistantes et prennent la direction des choses. Pris en otages, les pianos sont réduits à l’état d’instruments parallèles, un rôle d’accompagnement par la répétition de motifs hypnotiques. Le tout est terriblement entraînant, le public commence à dodeliner de la tête pour suivre les circonvolutions des mélodies captivantes. Enfin surgit Sonar, titre phare qui les a fait connaître (au festival barcelonais du même nom), dans une version nettement plus travaillée. Les mélopées parasites faites de bidouillages sonores envahissent peu à peu le morceau. Rami répète toutes les boucles deux fois plus que dans la version originale, Francesco insère des motifs en quart de ton. Aymeric reste plus concentré que jamais et est simultanément très à l’écoute de ses acolytes. L’équivalent vestimentaire de ce morceau pourrait s’apparenter à une robe en dentelle de Bruxelles (pour les incultes : dès le 16e siècle, Bruxelles produisait une superbe dentelle aux fuseaux en non-continu, c’est-à-dire dont les motifs étaient faits séparément puis joints par un réseau. Cette dentelle se caractérisait par le travail en relief autour des pétales, feuilles et autres motifs). Les corps sont déployés, les musculatures s’expriment, le trio est maître du jeu.

Soumission - Aufgang

Interlude où Rami Khalifé prend la parole. Lui qui est pourtant le plus timide rend compte de son émotion de voir la salle pleine, de présenter le fruit d’un travail de cinq ans devant un public très attentif. Les deux pianistes échangent leurs postes, histoire de montrer aux instruments vernis noir qui commande. Francesco et Rami offrent Prélude du passé à Aymeric. Lui reste tête baissé, on s’attend même à ce qu’il remonte les jambes contre son torse, comme un fœtus. Morceau mélancolique dédié à l’un de ses amis chers (cf. l’interview rocambolesque), il se recueille avant d’emboiter le pas au duo pour parfaire des sonorités qui viennent triturer votre cœur de rythmiques enjouées comme peut être la Vie : des coups durs parsemés de bonheurs intenses de courte durée. Good Generation inverse définitivement la balance, on entre dans ce troisième mouvement où les pianos se retrouvent un peu plus asservis chaque minute jouée. Machine à jouer subordonnées à la musique amplifiée, eux les nobles pianos ? C’est dans 3 Vitesses que le bras de fer saute aux oreilles puis aux yeux. Il y a certes trois humains sur scène mais c’est comme si chaque corde, chaque cymbale, chaque bit prenait vie. Le piano est ici un instrument qu’on laisse vivre et s’exprimer à sa guise, il tousse, il rouspète et s’énerve. Francesco et Rami résistent de tout leur corps (en témoignent leurs chemises littéralement trempées), ils se lèvent, se ruent sur les pédales, font le grand écart entre les octaves. Enfin survient l’apothéose, la Soumission. Les claviers tiennent à reprendre l’avantage et le font savoir. Francesco Tristano et Rami Khalifé tentent de les contenir, et ils ne se contentent pas de s’occuper de leurs touches d’ivoires. Non, ils l’encombrent de partitions éparpillées, ils grattent les cordes, ils bidouillent les tables d’harmonies, ils caressent le bois, ils triturent les marteaux et les feutres en prennent pour leur matricule. Les trois corps des musiciens se voûtent, les instruments leur obéissent mais semblent répondre d’un impératif supérieur. Chaque note, chaque sonorité s’expriment pleinement. Sous des allures déconstruites, on retrouve bien une rigueur implacable.

Fin. Applaudissements. Salut. Le trio semble exténué mais revient pour un ultime morceau en guise de rappel. Très belle soirée où Rone et Gaspard Claus servaient de marchepied à l’envolée de marches que nous a fait gravir le trio d’Aufgang avec élégance et modestie.

Note : 9,5/10

Setliste :
Channel 7
Barock
Sonar
Prélude du Passé
Good Generation
3 Vitesses
Soumission

Crédits photos : Michaurel

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Interview baroque et surprise d’AUFGANG, un trio qui pense pour six

In Papotages... on novembre 19, 2009 at 10:47

Début du mois de septembre, interview organisée à partir d’un texto. Je retrouve Francesco Tristano, Aymeric Westrich et Rami Khalifé dans un café glauque de Simplon, interview décontractée et un peu fatiguée. La tête ailleurs, je n’avais pas pensé au fait qu’ils puissent parler français, j’avais donc tout préparé… en anglais. Eux non plus ne sont pas tout à fait là. Rencontre pas préparée et en fin de journée = pas une interview mais une discussion qui part tout azimut.

M : Je vous laisse vous présenter comme vous le souhaitez ?

Aymeric : Salut c’est Aufgang… et vous écoutez NRJ (rires). C’est la question la plus difficile que tu puisses nous poser en fait. Ca fait très longtemps qu’on se connaît. En fait j’étais avec Rami au conservatoire de Boulogne il y a quinze ans. Rami est parti à la Julliard School à New York où il a rencontré Francesco. Et moi je suis allé rendre visite à Rami et j’ai couché… (rires, Aymeric devient rouge écarlate) J’ai été avec Francesco heu… mais qu’est-ce que j’raconte !

M : …et tu as rencontré Francesco…

Aymeric : … oui et j’ai rencontré Francesco et… il était super sympa. Et… Aufgang est né de cette union ! (rires)

M : rapidement après votre rencontre ?

Aymeric : Non non… Cinq ans après je crois. On s’est connu en 2000 ou 1999.

Rami : Non j’ai rencontré Francesco en 2000 !

Francesco : Début 2001, avant les attentats.

Discussion pendant 5 minutes sur les dates, des gentils noms d’oiseaux volent.

M : Je ne pensais pas que la question était si difficile ! Donc il vous a fallu huit ans avant de sortir un album ?

Francesco, Rami, Aymeric en chœur : Peut-être / Oui / Non

Eclat de rire général, les gars on se reprend, c’est sérieux ! Francesco reprend le micro…

Francesco : Bon alors, Rami et moi jouions en duo au piano pendant pas mal de temps, en cherchant tout le temps de nouvelles influences, de nouvelles sonorités et collaborations. Et on a eu en 2005 la possibilité de monter un concert avec Rami au Sonar de Barcelone – qui est un peu le festival d’electro de référence. Et Rami a proposé de jouer avec Aymeric qui avait déjà joué avec lui et son père. Moi je connaissais très bien Aymeric mais je n’avais eu l’occasion de jouer avec lui alors qu’eux avaient joué en formation de jazz. Et donc en 2005, on s’est mis ensemble pendant une semaine et on a monté un show d’une heure en une semaine. C’était un peu le lancement du groupe quoi… mais on savait après ce concert qu’il fallait qu’on continue et… il se trouvait aussi que notre futur producteur était dans le public et il a dit « Bon les gars mettez-vous d’accord on enregistre un album ». Après ça a mis, non pas quatre ans mais deux ans et demi. A partir de l’enregistrement jusqu’à la sortie de l’album, il y a eu effectivement deux ans et demi de travail, de postproduction etc.

M : D’où ma question suivante, je me demandais comment est-ce que vous écriviez ces morceaux là, est-ce qu’il y en a un qui donne une ligne et les autres se calent dessus ou c’est vraiment un travail à trois ?

Aymeric : C’est moi qui fait tout… Réponds Francesco

Francesco : Non c’est pour toi

Aymeric : Rami t’es où ? Arrêtes tes mails !

Mince c’est reparti pour un tour, je vais peut-être arrêter de poser des questions en fait, je les dérange et ils ont l’air fatigués… Rami est tendu et fait des percussions avec ses index sur la table sans discontinuer.

Francesco : Ca varie, on a plusieurs façons de bosser ensemble. Mais déjà on vit dans trois villes différentes, c’est-à-dire Paris Beyrouth, Barcelone donc c’est vrai que sans l’email c’est compliqué. On travaille beaucoup en s’envoyant des fichiers. Parfois la base, c’est les pianos, c’est-à-dire qu’on écrit une idée basique, on la développe un peu, on l’enregistre en MIDI, on envoie les fichiers. Aymeric fait des bases rythmiques, des basses, des programmations des synthés, il les renvoie. On redéveloppe les pianos, etc, c’est une espèce de ping-pong à trois. Mais parfois l’idée principale vient d’Aymeric, il nous envoie une espèce de base de track, et sur ce Rami et moi développons des pianos par-dessus mais ça dépend. Mais c’est vrai qu’on se sert énormément de la technologie pour avancer dans le travail étant donné qu’on n’arrive pas encore à se téléporter et à être ensemble toutes les fois qu’on les désire.

Rami : C’est que Logic c’est magique aussi…

Aymeric : Logic c’est magique. C’est le logiciel de production et de composition qu’on utilise pour retravailler les morceaux. On a tous les trois le même pour que chacun puisse travailler et retoucher de son côté.

Francesco : Et puis il y a les moments où l’on retrouve principalement sur la péniche d’Aymeric pour avancer dans l’edit et vraiment concrétiser l’écriture des morceaux, décider des sons. Et après on se retrouve en studio pour mixer. Donc il y a aussi des moments où l’on bosse ensemble pratiquement 24h/24 et puis chacun repart à ses projets et voilà.

Rami : C’est bien d’avoir des projets alternatifs aussi car cela permet de donner un souffle à Aufgang. Parce que si on était que concentré sur Aufgang eh bien… Je pense qu’on a tous besoin de toucher à plein de choses et de pouvoir se retrouver au final pour avancer sur Aufgang. Non ?

Eclats de rire des deux acolytes qui se retenaient. Et c’est reparti pour des désaccords…

Francesco : Si on ne passe pas du temps uniquement sur Aufgang, c’est parce que ce projet n’est pas viable pour nous !

Rami : Si, on pourrait passer plus de temps sur Aufgang, ce n’est pas une question de viabilité mais de richesse culturelle, de pouvoir faire autre chose parce qu’on en a la capacité. On pourrait s’enfermer 6 mois et ne bosser que sur Aufgang, on ne mourrait pas de faim. Ce n’est pas une excuse. L’excuse pour moi c’est plutôt une envie d’explorer autre chose dans la musique.

Ok, tentons de reprendre les rênes…

M : Et si l’un habite Paris, l’autre Beyrouth et le troisième Barcelone, comment se fait) il que le nom du groupe soit allemand ?

Francesco : Bah parce que lui (Aymeric) il est français, lui (Rami) est libanais et moi je suis luxembourgeois.

M : Une triangulation qui ne tombe pas du tout sur l’Allemagne donc…

Francesco : du tout…

Aymeric : Sisi, si tu calcules… nan mais c’est un truc de francs-maçons, tu ne peux pas comprendre !

Francesco : Aufgang l’idée c’est celle de la montée, de monter en altitude. Le Sonnen Aufgang en allemand, c’est le lever du soleil. Pour nous cela se traduit en montée progressive vu qu’on aime la musique minimaliste qui consiste à répéter le même motif et à gagner en intensité et en puissance simplement par le fait de répéter, la montée se produit de façon naturelle.

Aymeric : maintenant tu dois lire sa chronique Titchee car elle avait exactement capté et traduit ça.

A mon tour de rougir comme une tomate, mais je suis contente de constater que je ne me suis pas plantée !

M : Rami tu as évoqué les influences musicales, dans ma chronique je comparais justement votre travail à l’expérimentation à laquelle a pu s’essayer Battles en plaçant la batterie au centre des morceaux, en transgressant les rôles classiques auxquels les instruments doivent s’astreindre. Vos pianos ne sont pas de simples outils, ils deviennent des partenaires dans la mesure où vous expérimentez beaucoup de choses avec, et ils occupent les différents postes du groupe, parfois ils sont centraux, parfois annexes… Quelles influences musicales vous ont marqué pour vous aider, à vous motiver pour façonner votre musique ?

Aymeric : C’est très intéressant cette idée que le piano se substitue à la batterie dans son motif répétitif et sa place pas forcément centrale dans les morceaux.

Rami : De toutes manières, nous ne voulions pas que les pianos soient des solistes dans Aufgang. D’ordinaire on prend le nom du pianiste pour nommer un trio ou un quatuor. Le piano est un instrument soliste par essence. Mais comme nous on est anti-pianistes, et anti-solistes, nous ce qui importe c’est l’atmosphère et le son.

Francesco : Mais c’est ce qu’elle dit, le piano n’est pas un accessoire mais un all-around instrument. On peut jouer des percussions dessus et dedans, on peut jouer des sons qui se rapprochent d’un synthé et qui sont complètement liés dans la programmation qui suit pour l’électronique. Et c’est intéressant car au Sonar en 2005, on avait partagé la scène avec Battles. J’ai entendu cette comparaison plusieurs fois, c’est peut-être pas stylistiquement mais comme nouvelle façon de concevoir comment fonctionne le groupe. Et c’est juste. Après nous on ne veut pas se fixer une formule, là c’est notre premier album dans le sens que déjà on a mis du temps à le produire, à nous focaliser sur la direction dans laquelle on voulait aller, mais il y aura d’autres projets. Le piano est un instrument tellement riche, qui offre tellement de possibilités qu’on va explorer plein d’autres choses. Et on a l’idée pour le prochain album de faire des choses encore plus expérimentales avec des quarts de tons, pousser le côté percussif, et pratiquement jouer de l’anti-piano, s’en servir comme de tout sauf un piano.

Rami : Un nouvel instrument.

Donc là, ils n’ont pas du tout répondu à a question mais c’était intéressant quand même…

M : Sans transition, parce que je n’en trouve pas, il y a au centre du disque un morceau qui marque une symétrie. Il est calme et mélancolique, il est dédié à quelqu’un qui était cher ou vous faites allusion à quelqu’un de connu mais je n’ai aucune culture ?

Aymeric : J’ai perdu un pote très cher en mars dernier et j’ai demandé aux copains à pouvoir lui dédier un titre. C’est un track qu’on avait déjà fait. Au départ j’avais choisi Soumission car Kévin c’était un surfeur toujours parti aux quatre coins du monde. Soumission pour moi c’était une plénitude avec une sorte de chaos complètement fou à la fin. C’était pas mal par rapport à sa personnalité mais je ne voulais pas changer le titre de Soumission donc j’ai choisi ce sans-titre qui semble écrit sur mesure alors que ce n’est pas le cas.

M : Vous avez des dates prévues ?

Francesco : On joue le 19 novembre au Café de la Danse et on bosse sur une tournée fin novembre.

On s’arrête là, mais j’avais oublié d’éteindre le micro. Aymeric est toujours en forme (“Le Pont des Artistes c’est une émission d’Europe 1 ça non ?”), Francesco trouve que Paris manque de vraies nuits et me propose ses services en DJ Set, Rami revient dans la conversation lorsqu’on rêve d’organiser un concert dans le parc de la place des Vosges histoire de secouer tous ces vieux riches…

Merci à Audrey (Discograph) qui a organisé cette rencontre au pied levé.

Cette interview ne sera pas diffusée sur Radio Campus Paris car Rami m’a gratifié d’un concert de percussion de phalanges sur la table et de bip de mails reçus via son IPhone qui ne permettent pas d’exploiter les bandes. Pas de problèmes les gars, vous allez devoir vous y coller à nouveau ;) !

La chronique du disque à retrouver là

La chronique du concert à retrouver ici

AUFGANG – Aufgang

In des disques... on août 28, 2009 at 11:41

Trio / Electro – Piano / Infiné – Discograph / 2009

Le piano a cela de particulier et fascinant qu’il possède, plus que tout autre instrument, la faculté de vous faire passer par toute la palette des émotions en un temps record et dans toutes les situations. Seul ou en orchestre, classique ou contemporain, reposant ou excessivement excitant… Rien n’est impossible pour un piano, encore faut-il trouver le pianiste capable d’exploiter toutes les capacités de son instrument. Ils s’y sont mis à deux pianistes et un batteur-électronicien pour relever le défi. Il ne s’agit pas seulement de mélanger du piano à l’électro mais bien de réussir à révéler tout le potentiel d’un clavier aux touches d’ivoires. Aufgang réussit ce petit exploit, en trois actes.

Franscesco Tristano et Rami Khalifé sont pianistes classiques, l’un s’illustrant dans des interprétations toniques de Bach, le second ayant la fougue et la rigueur de Rachmaninov. Tous deux ont fricoté avec le jazz, leur troisième acolyte, Aymeric Westrich, apporte la touche rock (batteur de Cassius) et hip-hop pour parfaire la maîtrise des genres. Le résultat est détonnant, original et envoûtant. Channel 7 et Channel 8 ouvrent l’opus avec cette douce montée des pianistes des sonorités principalement classiques vers des rythmiques de plus en plus hip-hop et électro. Barock porte bien son nom, rappelant les clavecins du XVIIIe siècle où s’immiscent des boucles de minimal hypnotiques. Sonar, titre qui a fait leur succès au festival barcelonais du même nom parfait cette plongée dans les vagues électroniques de plus en plus acides. Ce qui est remarquable, c’est qu’à aucun moment, les pianos ne perdent de leur force, au contraire, ils se font de plus en plus répétitifs, les mélodies comportent de moins en moins d’accords mais le rythme est démultiplié ce qui rend la tache finalement bien plus complexe. Les rôles traditionnels sont inversés : les partitions électroniques respirent, s’arrêtent régulièrement, alors que les claviers continuent sans cesse. On devient euphorique, on rêve de Saint-Malo pendant les grandes marées ou d’une piste de danse sur la terrasse d’un gratte-ciel new-yorkais.

Prélude du passé (in Memory of Kevin) marque une pause dans l’opus, très calme, mélancolique, on retrouve l’univers des partitions funèbres, sans pour autant tomber dans le pathos ou le grandiloquent. Good Generation est le seul morceau avec paroles intelligibles. Morceau éthéré, on pense à Air avec une touche de classe supplémentaire. C’est peut-être le morceau le moins intéressant en cela qu’il paraît plus banal et surfait. Il n’en reste pas moins agréable.

3 Vitesses marque le second tournant de ce disque. On plonge dans des rythmiques rappelant le post-rock expérimental de Battles, ce que Battles a réussi avec sa batterie, Aufgang le recrée au piano. Les samples de voix sont réduites à des simples onomatopées. Aufgang est le morceau probablement le plus trompeur. S’apparentant à une housse traditionnelle dans un premier temps, on commence à perdre nos repères auditifs dès que les claviers se mettent dans la partie. Tout tourbillonne, on se fait embarquer dans une épopée musicale polymorphe, jonglant avec les influences musicales. Les partitions sont à la fois très banales et relevant de l’improvisation, à la fois très construites et déstructurées comme la musique contemporaine difficile d’accès, à la fois linéaires et donnant l’impression de sauter dans tous les sens. Les membres du trio sont plus que jamais à l’écoute afin de nous rendre les distorsions soniques semblables à des montagnes russes.

Le disque se termine sur Soumission, la nôtre, public soudain concentré sur chaque intervention des percussions. C’est une soumission au piano, instrument massif capable de tant de finesse. Chaque marteau venant frapper ses cordes, chaque doigt effleurant son vernis, chaque frôlement de semelle contre ses pédales, l’odeur puissante du bois mêlé à la poussière des années lorsqu’on lui ouvre la table d’harmonie. Ce moment précis dans la pratique d’un instrument où l’on ne souhaite plus faire qu’un avec sa machine musicale, où l’on répète chaque geste, chaque note jusqu’à penser en discerner toutes les subtilités. Et toujours cette tension palpable, cette puissance qui nous fait jouer jusqu’à l’épuisement, une fois qu’on goûte à ces plaisirs là, on ne peux plus s’en libérer et cet ultime morceau de dix minutes en est la preuve. Le clavier se fait rattraper par la batterie, prisonnières les quatre mains n’ont d’autre choix que de jouer encore et encore. Et soudain l’instrument les libère, sans crier gare, le morceau est terminé.

Ni Ascenseur pour l’échafaud, certainement pas une fade musique d’ascenseur, le trio Aufgang signe un opus très éprouvant. Les instruments semblent y être les rois, on ne décide pas de la fin du morceau, elle est comme dictée. Ce n’est que l’écoute d’un disque et pourtant, vous avez la sensation d’avoir couru un marathon. Défi réussi de nous emporter au-delà des genres musicaux, bien au-dessus de l’a priori rétrograde prônant que les musiques amplifiées ne doivent pas côtoyer les mélodies de chambre. Un premier album d’une heure dont on ressort avec une irrépressible envie d’appuyer sur repeat. Vous n’appuierez plus jamais sur le bouton de l’ascenseur de la même manière !

Album coup de coeur. Note : 9,5/10

Sortie le 12 octobre 2009

Vous en voulez encore ? Une chronique différente mais écrite par la même personne sur Le HibOO

AUFGANG – Sonar (Maxi)

In des disques... on mars 19, 2009 at 1:11

Electro / trio / Infiné

Je chronique rarement des maxis, donc lorsque je le fais, il faut vraiment que la chose m’ait tapé dans l’oreille… C’est le cas du projet Aufgang qui mérite comme il se doit une sortie chez Infiné.

Une batterie et deux pianos réunis pour réinterpréter de l’electro, la recette est simple mais il fallait y penser. D’abord on a Rami Khalifé, pianiste de jazz d’origine libanaise et bon interprète des œuvres de Rachmaninov. Ensuite on trouve Francesco Tristano, pianiste de classique aimant Mozart et Bach et de jazz, qui s’était déjà fait remarquer avec Not for Piano (2007) où il réinterprétait les grands classiques électro (Autechre, Jeff Mills…). Enfin, Aymeric Westrich, batteur de Cassius, vient rythmer les deux instruments à cordes…

Si leur titre phare, Sonar, est un peu trop répétitif et finalement assez consensuel, on perçoit toute la subtilité du travail de ce trio avec le splendide Barok. Les deux remixes de Spitzer (Lyon) et Krazy Balhead (Ed Banger touch) présents sur le maxi sont également de bonne facture. Cet ascenseur n’a pas l’air parti pour l’échafaud…

Note : 8/10

Leur album Aufgang est sorti : découvrez-en l’apologie ici !