Violette R.O.L.L. n'est jamais d'accord

Articles avec le tag ‘Because’

SYD MATTERS – Brotherocean

In des disques... on octobre 21, 2010 at 2:01

Groupe parisien / Pop – Folk / Because

Deux ans qu’on était sans nouvelles de notre groupe favori de Paris. Il faut dire que la joyeuse troupe n’a pas chaumé en travaillant à divers projets parallèles (Chicros, Tahiti Boy and the Palmtree Family, My Girlfriend is Better than Yours…). Une manière d’autant plus efficace de vérifier que le projet Syd Matters n’y a pas perdu son identité.

Album aux sonorités un peu plus électroniques dès le second titre (Hi Life), Brotherocean contient cependant tous les ingrédients gagnants des opus précédents : chœurs, arpèges joués en boucle, piano hypnotique…

Syd Matters grandit et se construit peu à peu, sans rien renier, ainsi A Roberry reprend le thème de l’album précédent, clin d’œil bienvenu tant ces trois accords sont apaisants malgré leur mélancolie.

Parfois, la douleur vous prend au milieu de tous. Tout s’agite, la ville fourmille et vous restez comme paralysé, terrassé par l’incompréhension de l’inadéquation entre votre cerveau et votre corps. Vous êtes à la fois en terrain connu et complètement paumé. Vous êtes comme comme une roche au milieu d’un cours d’eau de montagne. What a strange feeling to be lost. River Sister pourrait être une allégorie à Virginia Woolf, entrer dans le cours d’eau pour tout oublier, à la fois profond désespoir du présent et puits sans fond de foi en l’avenir comme le souligne également Lost et Brotherocean.

L’autre talent de cette troupe de garçons est d’avoir un cœur plus pop que la majorité des filles. De grands rêveurs pas effrayés à l’idée de vous entraîner avec eux. We are invisible, grande balade pop nous entraine dans ces rêveries, on chevaucherait une licorne qu’on ne serait même pas étonné. Une sorte de « Tout devient possible ». On oublie un instant nos angoisses si récurrentes qu’elles nous font honte.

Par ses textes et mélopées, Syd Matters est la transcription musicale d’un massage du cuir chevelu : dénouer les tensions, les apprivoiser, les emporter ailleurs pour les laisser torturer les vilains de ce monde. L’espace d’un disque on respire profondément et l’espace d’un disque, ce n’est déjà pas si mal…

Charlotte GAINSBOURG – IRM

In des disques... on janvier 15, 2010 at 1:49

Artiste française / Pop – Folk / Because

Ne me demandez pas de faire l’éloge de Charlotte Gainsbourg. Elle m’énervait dans ses rôles d’actrice maladive et je la méprisais d’avoir cédé à la facilité de l’actrice arty qui sort un disque… Air featuring Charlotte plutôt que l’inverse, le premier album de la fille de l’homme à tête de choux semblait répondre à un appel d’offre pour « Musique d’accompagnement de compagnie aérienne ». Et puis Charlotte G. a eu des ennuis de santé en bonnes et dues formes et curieusement, elle s’est mise à avoir enfin du caractère, des formes, du cran, à jouer dans des films où elle donnait de sa personne (en particulier le délirant AntiChrist)… Elle a commencé à être la fille de son père au bon sens du terme. Une fois n’est pas coutume, je remets à l’honneur une expression que j’utilise finalement souvent : « Seuls les imbéciles ne changent jamais d’avis ». Le second disque de Charlotte Gainsbourg est une belle collaboration avec Beck, réussie, soignée et dotée d’une classe de la trempe de ces deux artistes.

IRM est un album inégal mais si touchant qu’on a envie de lui passer ses faiblesses. Parmi ce qui me déplaît notamment le titre, IRM. On sait que Charlotte Gainsbourg a eu des soucis de santé, pas la peine d’insister lourdement dessus en l’érigeant en titre d’album. Également des rimes en français dignes des pires « auteurs compositeurs français » (vague V. Delerm, Bénabar etc) qui feraient retourner le Serge dans sa tombe. On le voit bien lui dire « Mais ma fille, c’est d’la merde ce Chat du Café des Arts ! Fous-moi ça tout de suite à la poubelle ! »

Oui mais voilà, tout le reste est bourré de qualités. Des orchestrations à la guitare sèche aux passages (Heaven Can Wait) au vocodeur (Greenwich Mean Time), cet album sonne juste. Des mélodies pop toujours aériennes mais qui donnent envie de les réécouter (Vanities), des voix chaudes (Time Of The Assassins) dont on ne veut pas se séparer et des petites prises de risques où l’on sent que cette femme s’amuse, enfin, comme ce Trick Pony aux airs de The Kills ou Dandelion qui revisite Elvis

Pour avoir flirté avec la mort ces deux dernières années, pour avoir failli perdre l’être de ma famille que j’aime le plus, avoir assisté impuissante à la disparition d’un autre membre de cette famille, avoir haï l’hopital, ses lits et ses couloirs morbides ; je peux enfin affirmer que Charlotte Gainsbourg signe avec IRM un disque poignant, qui sonne juste et a du chien.

MOBY – Wait for Me

In des disques... on juillet 7, 2009 at 12:22

Artiste américain / Electronica / Because

Comme il y a Air la révolution de la musique électro-planante de qualité, il y a Moby la machine à musique de spots publicitaires. Alors lorsqu’on reçoit le nouvel album de Moby accompagné d’une lettre de l’auteur pour présenter le disque, on devient curieux et on fait l’effort d’insérer le disque dans la fente de la chaîne prévue à cet effet.

Après Play (1999), Moby n’avait plus produit que des musiques parfaitement calibrées pour la publicité, chaque fois un peu plus sans âme ni originalité. Dix ans après, le chauve renverse enfin la vapeur et revient avec un opus home-made. Evidemment, Because ne nous aura pas aussi facilement, je ne vais pas lire le communiqué, la lettre ni le descriptif de l’histoire des morceaux titre par titre avant d’avoir écouté l’album plusieurs fois en entier. Et le résultat n’est pas décevant.

D’abord, les titres cessent un peu d’être calibrés pour la promotion radiophonique en ayant des durées entre 55 secondes et 4,40 minutes. Il y a plus de spontanéité dans cet opus, moins d’arrangements pointilleux, les sonorités se font plus brutes (Jltf), les voix sont parfois hésitantes (Pale Horses). L’ensemble, à l’image de sa pochette, n’est pas original, mais il est reposant sans être lénifiant. Et c’est déjà beaucoup. Même si cet album reste aussi mélancolique et parfois plombant comme Moby l’a toujours fait, on sent que l’auteur respire derrière.

Dans les explications fournies par Moby morceau par morceau, on retrouve toutes les remarques que tout critique aurait pu faire de l’album, Study War pourrait être un extrait de Play2 moins intéressant que le Play original, Mistake est de loin le titre le plus conventionnel de l’album, Gost Return est un morceau « Lynchien »… Moby a une vision et une analyse assez honnête de son travail et, même si son discours est calibré (il ne cesse de répéter que le tout a été enregistré dans des conditions pourries avec un matos cheap), il transparaît une véritable satisfaction de l’auteur à vouloir livrer un travail humble, sans prétention.

Dans sa lettre présentant son travail et sa démarche, Moby parle d’une révélation survenue après un discours de David Lynch qui soutenait l’idée d’une créativité artistique comme objectif premier, émancipée de toute pression de rentabilité de l’œuvre. Qu’il ait fallu ce genre de discours à Moby pour prendre conscience que le travail premier d’un artiste ne s’inscrit pas dans une logique marchande, soit. Qu’il ait accepté de relever le défi, on ne peut s’empêcher de penser qu’il l’a fait car son portefeuille peut largement se le permettre. Qu’il accompagne son disque d’une description, ça sent la tentative d’amadouer les chroniqueurs, mais seuls les mauvais auront besoin de cela. Mais qu’il termine son courrier en demandant aux auditeurs de faire l’effort d’écouter le disque en entier et non par single, cela m’inquiète. Sommes-nous donc dans une société où l’on se fait une idée d’un travail sur un simple single ? Les émissions de télé-réalité et certaines Major produisent certes leur lot de boulets et leur flot de singles inaudibles, voire d’albums transpirant la médiocrité (Julien Doré en tête). Mais j’ose encore croire qu’il existe une majorité de population sensée, capable de discerner le bon grain de l’ivraie. Si Moby prend la peine de faire ce genre de requête, elle ne doit pas être infondée, elle me fiche le cafard c’est tout. Et du coup, je remets le disque à tourner sur la platine.

Note : 7/10

KAP BAMBINO – Blacklist

In des disques... on juin 24, 2009 at 12:59

Duo français / Electro-noise et Pop-grindcore / Because

Dans la série Je suis jeune et je veux bouger mon corps sur autre chose que punk-hardcore de mauvaise facture ou de l’electro sans âme, Kap Bambino constitue un bon exemple français d’une relève énervée de qualité.

Le premier gage de qualité dans ce domaine, c’est de réussir à aller sans se forcer jusqu’au bout de l’album, car méfiance avec toute musique comprenant « core » ou « noise » dans sa bio, on sait qu’en général, au delà de trois minutes ça ne tiendra pas la route. Dans le cas présent, au bout d’une demi-heure, vous en demandez encore.

On se souvient de Crystal Castles, assez insupportable sur scène mais terriblement efficace sur disque. Et en entendant Caroline Martial et Orion Bouvier, on ne peut s’empêcher de faire le rapprochement, concernant l’opus tout du moins. Les rages électroniques font core avec les assauts enragés de la voix féminine vocodée. Les textes sont plutôt kitsch, s’interrogeant ainsi sur ce que ça fait d’enlever sa peau (Lezard) ou l’hymne au retour aux Batcaves. Les mélodies sont dans l’ensemble très pop, ce qui mélangé à l’electro-noise, produit un mélange explosif. Alors même s’il manque encore un peu d’originalité dans certains titres (Plague ou Blond Roses), ce petit disque aidera bien à faire onduler les boucles blondes et shorts en mousse sur les plages tout l’été (et certainement pas les émos ou ce genre de fléau).

A vérifier sur scène, mais Kap Bambino ne devrait pas terminer sur les Blacklists des pires disques de l’année.

Note : 7/10

ASYL – Brûle Brûle Brûle…

In des disques... on mai 25, 2009 at 8:00

Groupe français / Rock / Because

Préambule : mon habitude est de ne pas prendre la peine de chroniquer les bouses musicales qui peuvent venir échouer dans ma boite aux lettres, mais cette fois, Because ayant joué à pile ou face en envoyant un communiqué de presse censé être humoristique et ironique, je me devais de rendre à un label comportant plusieurs qualités, la monnaie d’une pièce à qui je n’avais rien demandé.

Rien qu’au titre et avant même d’avoir tenté d’écouter le nouvel album d’Asyl, on avait des raisons d’être enjoué. Car Because ne se contente pas d’inonder les boites aux lettres de choses qui vous font saigner les tympans, ils ont du fric à dépenser pour vous en faire la promotion et tenter de vous convaincre du bien fondé d’un groupe qui n’a aucune raison valable de perdurer. Présentation de la meilleure barre de rire d’un mois de mai parisien humide.

Alors résumons, Asyl est un groupe de rock français, qui chante plutôt mal en français sur des accords de guitare entièrement recyclés à partir de groupes talentueux et produit par des gens pour qui on pouvait avoir de l’estime (Andy Gill des Gang of Four s’est abaissé à les aider pour leur premier opus). Donc le groupe au nom le plus insultant de l’Hexagone revient nous casser les oreilles et les pieds avec un second album.

A la manière des gallinacés, Asyl est un groupe qui caquette et vient nous déranger dès 5h du matin par des cris aussi irritants que disgracieux. Asyl pourrait en être au 2e ou au 94e album, la différence ne serait pas perceptible : une grosse batterie irritante, des lignes de cordes qui donnent envie de pendre haut et court ou étrangler les sous-musiciens et pire que tout, cette voix qui atteint des sommets de médiocrité plus élevés que le beau palmarès de Nicolas Sirkis. Pour résumer, à l’écoute d’Asyl, vous avez la même envie irrépressible que quand les clandestins yougoslaves du métro viennent perturber l’écoute des nocturnes de Chopin dans votre casque : qu’ils s’arrêtent et fichent le camp au plus vite avant que vous ne soyez de mauvais poil avant même d’arriver au boulot. Ce nouvel album aurait été enregistré dans le studio de Michel Sardou que ça ne nous ferait ni chaud ni froid (ahahah), si vous souhaitez vous donner la peine de rencontrer ces jeunes, balancez-les à la Seine, ça refroidira peut-être les ardeurs de pauvres types qui n’hésitent pas à affirmer « qu’il faudrait être sourd pour ne pas entendre que le talent d’Asyl à rafraichir une musique née il y a plus de trente ans, pour en faire un rock moderne à l’image de son époque, c’est-à-dire délétère et implacable ». Ne vous fatiguez pas à écouter ou acheter ce disque de zouk toulousain tendance « tais-toi » voire « ta mère ne t’as jamais appris qu’on ne braille pas comme ça ? ».

Je me permettrai ce dernier très mauvais jeu de mot en disant que cette fois, Because a joué avec le feu… Brûle Brûle Brûle, une bonne blague de pyromane de type qui ont finalement bien choisi leur nom en érigeant les ancêtres des hôpitaux psychiatriques comme un label de qualité, l’Asile je ne vous souhaite que ça Messieurs… de partir en fumée et de nous laisser en paix.

Note : 0,5/10 pour Because qui a su reconnaître implicitement que ce sous-groupe fait tache dans leur catalogue…

KRAZY BALDHEAD – The B Suite

In des disques... on avril 4, 2009 at 11:43

Dj français / Electro / Ed Bangers – Because

Ed Banger sait régulièrement redorer son blason un peu trop fluokids en livrant de belles productions électro. Pierre-Antoine Grison, aka Krazy Baldhead, fait partie de ceux-là. Après des remixes (dDamage, Aufgang) et des EP’s (Bill’ s Break – 2004 et Dry Guillotine – 2007) très efficaces depuis 2004, voilà enfin le premier album solo, orné de quelques collaborations intelligentes.

The B Suite comporte seize titres présentés avec une géométrie parfaite en quatre mouvements, rappelant par là la formation classique de l’artiste. Quatre thèmes donc, aux pieds simples et rigoureux, déclinés avec brio grâce aux incorporations de jazz, hip-hop (Third Movement – First part) ou funk. Le Second Movement – Second Part offre à cet égard une belle synthèse des genres. L’album s’écoute en entier, pas de zapping de titres, la progression s’apprécie dans sa totalité. Le quatrième mouvement présente les titres les plus intéressants, paradoxalement moins mainStream, adoptant presque des rythmiques post-rock, jouant de décompositions et distorsions sonores, réintégrant des plages de scratch, pour terminer sur un featuring de Beat Assaillant assez réussi au cut très sec.

Ed Banger Records a encore quelques atouts en main, Krazy Baldhead ne devrait pas avoir de difficultés à trouver sa place sur la scène électro. Avec des influences à mi-chemin entre les Chemical Brothers et Miles Davis ou Bill Evans, son album electro a la capacité de réconcilier des genres parfois fâchés, c’est aussi ça la tolérance sur un dancefloor… Nul doute que la suite de la B suite sera tout aussi intéressante.

Note : 8/10

FREDO VIOLA – The turn

In des disques... on mars 25, 2009 at 11:02

Chanteur américain / pop / Because

Inconnu à mes oreilles il y a quelques mois seulement, Fredo Viola est devenu rapidement un de mes disques de chevet du moment. Rien de transcendant, rien de vraiment original, mais un opus pop frais et très agréable à écouter. Un disques pour les nostalgiques de la britpop des 70’s ? Pas seulement…

De la pop assurément. Et interprétée comme il faut. Claquement de doigts et de mains assurant la rythmique, cœurs dynamiques, flûte et carillon joyeux, orchestration classique (piano-voix-synthé,) et parfois un peu kitsch… Son timbre de voix fait tour à tour penser à Sigur Ross ou Peter Von Poehl (Friendship Is…, Robinson Crusoe), aux Beatles et Beach Boys (Red States, Moon after berceuse), voire à Mika (Puss).  Le premier titre The turn, qui a aussi donné son nom à l’album, est assurément le plus agréable, s’inscrivant dans la tradition un peu tombée en désuétude des Flying Pickets, impulsant un rythme assez lent et reposant, agrémenté de diverses sonorités vacancières : un café où l’on discute, des goélands guettant le retour de chalutiers…

Mais l’intérêt du disque est d’être régulièrement entrecoupé de titres plus inhabituels comme K thru 6, qui joue de distorsions de sons un peu angoissantes, ou les plus graves Death of a Son et Umbrellas rappelant les requiems et les chants traditionnels du nord de l’Angleterre.

Fredo Viola, dont le nom rappelle ce vieil instrument à vent, produit un très bel opus qui réalise une belle synthèse de héritage musical sur lequel se fonde la pop actuelle : musique de chambre du XVIIIe siècle, chœurs liturgiques médiévaux, mélodies planantes et entrainantes, sonorités aquatiques…

Et ce n’est pas tout, car il faut mentionner le splendide objet qu’est ce disque, accompagné d’un Dvd de montages vidéos de l’artiste tous plus réussis les uns que les autres, rappelant une fois de plus un temps révolu où l’on avait recours à des kaléidoscopes et autres rubans de photos pour créer le mouvement. A noter une très belle interprétation de ‘Silent Night’ avec le baryton norvégien Nils Christian Fossdal. Le livret n’est pas en reste, très soigné, orné de différents dessins rappelant le travail des moines copistes du XIIIe siècle.

Vous l’aurez compris, Fredo Viola est un artiste complet, qui tel un chevalier, a attendu the (right) turn pour nous conquérir… Reste à vérifier que la prestation scénique sera à la hauteur de cet opus.

Note : 8,5/10