Groupe parisien / Pop – Folk / Because
Deux ans qu’on était sans nouvelles de notre groupe favori de Paris. Il faut dire que la joyeuse troupe n’a pas chaumé en travaillant à divers projets parallèles (Chicros, Tahiti Boy and the Palmtree Family, My Girlfriend is Better than Yours…). Une manière d’autant plus efficace de vérifier que le projet Syd Matters n’y a pas perdu son identité.
Album aux sonorités un peu plus électroniques dès le second titre (Hi Life), Brotherocean contient cependant tous les ingrédients gagnants des opus précédents : chœurs, arpèges joués en boucle, piano hypnotique…
Syd Matters grandit et se construit peu à peu, sans rien renier, ainsi A Roberry reprend le thème de l’album précédent, clin d’œil bienvenu tant ces trois accords sont apaisants malgré leur mélancolie.
Parfois, la douleur vous prend au milieu de tous. Tout s’agite, la ville fourmille et vous restez comme paralysé, terrassé par l’incompréhension de l’inadéquation entre votre cerveau et votre corps. Vous êtes à la fois en terrain connu et complètement paumé. Vous êtes comme comme une roche au milieu d’un cours d’eau de montagne. What a strange feeling to be lost. River Sister pourrait être une allégorie à Virginia Woolf, entrer dans le cours d’eau pour tout oublier, à la fois profond désespoir du présent et puits sans fond de foi en l’avenir comme le souligne également Lost et Brotherocean.
L’autre talent de cette troupe de garçons est d’avoir un cœur plus pop que la majorité des filles. De grands rêveurs pas effrayés à l’idée de vous entraîner avec eux. We are invisible, grande balade pop nous entraine dans ces rêveries, on chevaucherait une licorne qu’on ne serait même pas étonné. Une sorte de « Tout devient possible ». On oublie un instant nos angoisses si récurrentes qu’elles nous font honte.
Par ses textes et mélopées, Syd Matters est la transcription musicale d’un massage du cuir chevelu : dénouer les tensions, les apprivoiser, les emporter ailleurs pour les laisser torturer les vilains de ce monde. L’espace d’un disque on respire profondément et l’espace d’un disque, ce n’est déjà pas si mal…

Ne me demandez pas de faire l’éloge de Charlotte Gainsbourg. Elle m’énervait dans ses rôles d’actrice maladive et je la méprisais d’avoir cédé à la facilité de l’actrice arty qui sort un disque… Air featuring Charlotte plutôt que l’inverse, le premier album de la fille de l’homme à tête de choux semblait répondre à un appel d’offre pour « Musique d’accompagnement de compagnie aérienne ». Et puis Charlotte G. a eu des ennuis de santé en bonnes et dues formes et curieusement, elle s’est mise à avoir enfin du caractère, des formes, du cran, à jouer dans des films où elle donnait de sa personne (en particulier le délirant AntiChrist)… Elle a commencé à être la fille de son père au bon sens du terme. Une fois n’est pas coutume, je remets à l’honneur une expression que j’utilise finalement souvent : « Seuls les imbéciles ne changent jamais d’avis ». Le second disque de Charlotte Gainsbourg est une belle collaboration avec Beck, réussie, soignée et dotée d’une classe de la trempe de ces deux artistes.
Comme il y a Air la révolution de la musique électro-planante de qualité, il y a Moby la machine à musique de spots publicitaires. Alors lorsqu’on reçoit le nouvel album de Moby accompagné d’une lettre de l’auteur pour présenter le disque, on devient curieux et on fait l’effort d’insérer le disque dans la fente de la chaîne prévue à cet effet.
Dans la série Je suis jeune et je veux bouger mon corps sur autre chose que punk-hardcore de mauvaise facture ou de l’electro sans âme, Kap Bambino constitue un bon exemple français d’une relève énervée de qualité.
Rien qu’au titre et avant même d’avoir tenté d’écouter le nouvel album d’Asyl, on avait des raisons d’être enjoué. Car Because ne se contente pas d’inonder les boites aux lettres de choses qui vous font saigner les tympans, ils ont du fric à dépenser pour vous en faire la promotion et tenter de vous convaincre du bien fondé d’un groupe qui n’a aucune raison valable de perdurer. Présentation de la meilleure barre de rire d’un mois de mai parisien humide.
Ed Banger sait régulièrement redorer son blason un peu trop fluokids en livrant de belles productions électro. Pierre-Antoine Grison, aka Krazy Baldhead, fait partie de ceux-là. Après des remixes (dDamage,
Inconnu à mes oreilles il y a quelques mois seulement, Fredo Viola est devenu rapidement un de mes disques de chevet du moment. Rien de transcendant, rien de vraiment original, mais un opus pop frais et très agréable à écouter. Un disques pour les nostalgiques de la britpop des 70’s ? Pas seulement…
